Jackpot de Noël

17 minutes de lecture

Cassie

It's the most wonderful time of the year
With the kids jingle belling
And everyone telling you "Be of good cheer"

It's the most wonderful time of the year
It's the hap-happiest season of all

With those holiday greetings and gay happy meetings
When friends come to call It's the hap- happiest season of all

(....)

Je t'en foutrais moi, de la meilleure période de l'année !! Mon cul c'est de la dinde !? Non d'une guirlande, j'en envie de me pendre !

Putain j'ai pensé "non d'une guirlande" ? Moi ? Oh oui, il faut que j'aille me pendre à un putain de sapin ... Non!

NON !

NON !

NON.CASSIE.TU.DEVIENS.DINGUE!

Je réprime un frisson de désarroi qui allait me gifler. Je vais me pendre à un arbre, un arbre tout simple, mais avec des grosses branches pour supporter mon poids et celui de tout le chocolat que je m'enfile dans la journée ... Ce ne sont plus des fesses que j'ai, ce sont des énormes boules ... si je pense Noël, je jure que je monte sur le toit et que je me balance ! Donc, oui, mes deux boules de bowling, bien lourdes ....

Mais je n'ai pas prévu de mourir moi !

Toi tu fais ce qu'on te dit, et en l'occurrence, c'est moi qui décide à ce que je sache !

Oui bon tu décides mal ...

Merde mais il faut tuer qui dans ce magasin Laponne pour que cesse ce vacarme de chants de Noël en ininterrompu ? Et toutes ces lumières clignotantes qui m'attaquent les yeux ... Je vais finir par porter plainte ! Je marche vers la salle de pause, souffle, regarde droit devant moi sans me soucier du reste du monde. Calme-toi Cassie, ça va aller...

Mes pensées partent dans tous les sens. Merci la migraine, je me rends bien compte que c'est du grand n'importe quoi, je m'agace toute seule depuis déjà plus d'une demi-heure, et je ne supporte plus rien. Non, je ne vais tuer personne, je ne tiens toujours pas à passer du temps derrière les barreaux.

Pas même si un flic sexy te fouille ?

Je ne veux jamais être enfermée seule avec moi-même, enfin avec elle, je veux dire ! Mais si elle sort de l'équation, je veux bien faire un effort... en fait non, je ne veux jamais voir l'intérieur d'une cellule. Jamais.

- Pourquoi tu verrais l'intérieur d'une cellule ? me questionne une voix grave derrière moi alors que je traverse un couloir.

Merde, de mieux en mieux, je ne me rends même plus compte que je parle seule. Je dois avoir l'air d'une folle, pour changer...

- Visiblement parce que je suis bonne à enfermer, je marmonne dépitée à Will qui me rattrape à grands pas.

- Hey ma belle, ça ne va pas ?

Non. Ça ne va pas. J'ai encore un horrible pressentiment depuis ce matin qui ne m'a pas quittée. Même mon ombre est moins fidèle que lui, car lorsque je suis dans l'obscurité, elle a au moins la décence de disparaître, alors que cette sensation qui m'assaille depuis mon réveil me suit partout. Mais nous sommes en décembre, après tout ! A quoi pourrais-je m'attendre si ce n'est une autre péripétie dont moi seule semble avoir la recette secrète ? Et ici, rien n'est pas pour tempérer mon angoisse, bien au contraire.

Le stress des gens m'atteint, je me fais l'effet d'une éponge capable d'absorber une partie des émotions des uns et des autres par leur simple présence près de moi. Leur anxiété est de plus en plus grande au fur et à mesure que les grains dans le sablier s'écoulent, les rapprochant inexorablement du jour fatidique où ils devront offrir tout ce qu'ils ont acheté, et leur rappelant au passage que chaque minute qui passe sans qu'ils aient dégoté les fameux cadeaux leur fait toucher du doigt le presque inévitable "Rupture de stock". Pour certains d'ailleurs, le presque n'existe pas. Ils sont en plein dedans. C'est ce qui arrive quand on s'y prend au dernier moment ! Alors voilà, les gens courent de partout dans les rayons comme s'ils étaient dans le premier épisode d'une série apocalyptique qui annonce l'arrivée d'un virus qui ramène les morts à la vie, ou comme s'ils devaient préparer en une seule journée les dix Noël à venir. Ils s'énervent contre eux-mêmes mais encore plus contre nous pauvres vendeurs, nous reprochant par exemple de leur gâcher la vie car nous n'avons plus ce qu'ils "doivent absolument trouver", pour ne citer que cela. Les clients pestent, vocifèrent, se montrent hargneux, PARFAITEMENT DETESTABLES, en somme. Rien de neuf sous la neige. Et devinez quoi ?

Tu n'aimes pas la neige, on sait !!!

- Cassie ?

La voix de Will dont le ton transcrit la pointe d'inquiétude me ramène à cette horrible réalité. Heureusement, je l'aime bien. Hannah passe son temps à nous parler de lui sur notre groupe de discussion depuis qu'ils ont joué à saute-mouton. Pas la peine de se demander qui a sauté qui, évidemment...

On a déjà eu tous les détails.

Et depuis que nous l'avons croisé il y a deux jours à Candy Cane Lane - c'est à dire le jour où ils ont choqué la populace prude et pieuse qui a dû procréer par l'opération du Saint Esprit - c'est encore pire. Je ne sais pas ce qu'il lui a fait -enfin si je sais- ... bref, il a complètement retourné le cerveau d'Hannah.

Tu t'éloignes, là ...

Ça tangue !

- Cassie ! me secoue Will par les épaules, tu me fais flipper là ma belle ...

Moi aussi ...

- Je ... je ... excuse-moi, je bafouille rouge de honte tout en ouvrant la porte, j'ai une migraine du tonnerre, j'ai beaucoup de mal à me concentrer.

Oui, je dois bien le lui avouer, je suis entre deux mondes, et il fallait justement que je m'éloigne du monde, des mondes : de la foule et de l'univers trop criard de Noël qui me donne le tournis, encore plus que les autres jours. Je ne suis pas dans mon assiette, aujourd'hui.

- Pas de soucis. Tiens, me dit-il en me tendant une carte de visite tout sourire, si jamais un jour tu as réellement besoin d'un conseil juridique, n'hésite pas à m'appeler.

- Tu es avocat ?

- Je suis dans ce domaine, on peut dire ça comme ça, oui. Donc je réitère mon offre Cassie, si d'aventure tu as besoin de moi, n'hésite pas à m'appeler, j'ai des contacts si je ne peux pas t'aider moi-même.

- C'est gentil, mais ne me porte pas la guigne s'il te plait ! je plaisante en allant ranger le petit bout de carton dans mon sac à main. Tu travailles aujourd'hui ?

Non il vient planter les sapins sur le parking pour l'année prochaine ...

Question stupide Cassie ! Qui viendrait à son boulot un jour de repos ? Pas moi en tout cas ! Pourtant nous ne sommes pas vendredi... Alors qu'est-ce qu'il fiche ici ? Et quand mes neurones se remettent un peu en place, retrouvant un semblant de connexion synaptique, soit à la seconde où mes yeux se reposent sur la carte que je rangeais, une autre question me foudroie :

- Attends mais si tu es juriste, qu'est-ce que tu fous à bosser ici Will ?

Les yeux ronds comme des mandarines, et probablement la bouche si grande ouverte que je pourrais y enfourner une orange, j'attends impatiemment que le grand blond aux allures de Viking plus que de potentiel elfe de Noël éclaire ma lanterne. Les lèvres serrées, il se frotte la nuque en se raclant la gorge avant d'agripper mes yeux en souriant franchement :

- Tu m'as découvert ! Je ne suis pas vraiment employé ici, je fais simplement du bénévolat une fois par semaine avant Noël.

Je ne suis pas sûre, mais je crois bien que quelques convulsions viennent de me traverser des pieds à la tête. Effarée de ce que ses mots impliquent, je reste là, ancrée dans le sol à le regarder comme si son habituel bun blond venait de s'illuminer sur le sommet de son crâne ...

... Comme une vitrine de Noël !

Donc, si je résume la situation : ce type n'est en rien obligé d'être dans la fosse aux lumières bien plus criarde et excitée qu'une arène un jour de combat de gladiateurs, mais il vient tout de même, et bénévolement ? Sans arme à feu sur la tempe ? Sans couteau sous la gorge ? Il est malade ! Machinalement, mes mains se saisissent de mon téléphone, impossible que je laisse Hannah s'illusionner sur la perfection qu'elle croit voir quand elle est avec Will. Cet homme est fou ! Qui fait un truc pareil ? Et gratuitement ?

Ceux qui aiment Noël, Cassie ... Qui ont l'esprit de Noël ...

Evidemment ... J'ai toujours l'impression d'être le vilain petit canard, tous les ans, alors que je suis en fait la seule ici à comprendre que c'est une putain de mascarade que la vie a inventé sur le calendrier pour nous illuminer un instant, et mieux nous poignarder.

- Cassie ? Tu devrais vraiment rentrer chez toi, tu es toute pâle. Tu veux que j'appelle Hannah ?

- Non ! je m'écrie en revenant vers le monde extérieur à ma tête embrumée. J'ai juste besoin de...

- T'envoyer en l'air pour te détendre un peu ? me coupe-t-il en gloussant, les yeux pétillants de malice.

Sans qu'il en dise plus, je comprends ce qu'il a en tête. Il était au club vendredi soir, peut-être même était-il venu avec son pote le Père-Noël. Casey n'a pas dû manquer de lui faire étalage de ... de ... de notre tripotage de collégiens, le soir et le matin.

Si les collégiens font ça ... il faut plus de cours d'éducation sexuelle.

Pas faux. Tripotage de lycéens alors.

Alors Santa est le quarterback du sexe !

Oui, et il s'est rapidement trouvé une nouvelle pom-pom girl, le chaud lapin à la grosse carotte.

- Non, j'allais dire prendre un anti-douleur, je lui réponds laconique.

- Le sexe est un très bon anti-stress, et anti-douleurs tu sais ?

- Le sexe seulement s'il termine par un bon happy ending, car dans le cas contraire la frustration se rajoute à la migraine. Mais merci du conseil, j'en parlerai à mon sex-toy dès ce soir, sans faute ! je lui rétorque finalement amusée par cet échange bien plus agréable que tous ceux que j'ai eu depuis que je suis arrivée il y a plusieurs heures. Mais il est plutôt du genre silencieux lui, alors je ne te garantis pas qu'il ait en retour un message pour toi ...

Son sourire s'élargit, lubrique au possible tandis qu'il se frotte le bord des lèvres de deux doigts. Will penche sa tête, ses billes me détaillent. Puis il acquiesce silencieusement. A quoi ?

- Quoi ?

- Tu es parfaite ! s'exclame-t-il en levant les mains en l'air.

Will réduit la distance entre nous et me serre dans ses bras sans que je ne comprenne ce qu'il vient de se passer. Les bras figés le long de mon corps, je n'ose pas bouger ni lui rendre son étrange étreinte. Mes pensées se bousculent pour refaire le film des dernières minutes. Non, je ne vois pas ce que j'ai raté.

Moi non plus.

Lorsqu'il se détache de moi, il ne semble pas gêné pour un sou. Il ne s'est pas départi ni de sa bonne humeur qui semble l'accompagner partout, ni se son sourire enjôleur. Ouais, je comprends en revanche pourquoi Hannah a littéralement craqué pour ce beau Viking. Je vais donc m'abstenir de lui parler de ce vilain défaut. Le bénévolat, je suis pour bien entendu, mais il faut quand même qu'il se fasse dans de bonnes conditions, non ?

Mais ici, les cris à tout va, la musique trop forte, les néons jaunes ou colorés qui se croient dans une boîte de nuit quand il jouent à la boule à facettes, les voix qui s'échauffent d'agacement tout autant que les têtes de colère, les enfants qui pleurent d'impatience en faisant la queue pour voir le gros bonhomme rouge qu'ils pensent venir du Pôle Nord ou parce que leurs parents ont eu la merveilleuse idée de les amener dans un magasin de jouets alors qu'ils ne vont strictement rien leur acheter au prétexte que " Le Papa Noël va bientôt passer ", ce n'est en rien l'idée que je me fais de bonnes conditions de travail ! Enfin sauf pour un maso qui prend son pied à chopper la migraine en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, et potentiellement tous les virus en libre circulation ici qui sont tout aussi nombreux que les clients dans la journée, grâce aux mains qui touchent à tout et aux nez qui coulent ... Charmant non ?

C'est toi qui me files la migraine là !

- Je crois que tu as besoin de lunette mon grand ! je lui lance en avalant deux cachets blancs.

Mon téléphone se met à vibrer dans ma main, mais je ne reconnais pas le numéro. Je laisse donc la boîte vocale faire son travail. Pour autant, impossible de détacher mes yeux de l'écran, y compris quand mon smartphone cesse sa crise de parkinson. Cette fois plus aucun doute, je viens bien de frissonner comme si je venais de rentrais dans un frigo. Mes sens semblent être en alerte et je n'aime pas ça.

- Merde je suis en retard ! A plus Will !

A toute vitesse, je balance mon portable dans mon casier et le referme. J'ai l'impression de revenir à mes années lycée quand j'étais à la bourre en classe car Hannah, Wyatt et moi nous retrouvions toujours devant mon casier entre deux cours. Cela nous a valu quelques heures de retenue, et des réprimandes d'anthologie de la part de Scarlett, aussi. Le pire n'étant pas l'heure supplémentaire entre les murs du lycée ...

Je cours dans les couloirs du staff, manque de me casser la figure deux fois au moins, et arrive à bout de souffle et en nage à mon poste au troisième étage... et fait chier ! Quand on pense au loup, on en voit la queue ... de cheval, j'entends. Celle de ma sœur qui m'attend les bras croisés, son air de manager agacée bien griffé au visage. Comme si cela pouvait me sauver de son courroux, je ralentis sur les derniers mètres en tente de prendre une attitude totalement détachée, plaquant un faux sourire sur ma bouche.

- Cassie Green ! Sur quel fuseau horaire tu penses travailler aujourd'hui ? m'assène-t-elle les points sur les hanches.

Les clients nous regardent du coin de l'œil, friands d'une possible réprimande en public entre une cheffe et une simple employée. Nul doute qu'ils cherchent à se distraire au milieu de toute cette cohue qui les exaspère tout autant que moi. Comme la pauvre truffe que je suis - truffe verte puisque toujours affublée de ce costume digne d'une fervente irlandaise - ils aimeraient sûrement être ailleurs. Mais en teigneux charognards qu'ils sont, ils espèrent voire un retroussage de bas d'elfe en bonne et due forme.

Bande de sales vautours !

Je lève les yeux au ciel. Ma sœur a le chic pour bien nous faire remarquer. Mais contre tout attente, au moment où je me poste devant elle et m'apprête à m'excuser car elle n'a pas tort, je suis en retard je ne peux pas dire le contraire, son regard se fait plus tendre. Elle pose doucement le dos de sa main contre mon front. Donc je dois vraiment avoir une tête de bonhomme de neige malade, aussi blanche que les cachets que j'ai pris il y a cinq minutes.

- Je vais bien ! je grogne avant qu'elle ne prenne inutilement la parole pour jouer les mamans. Pardon pour le retard. On se voit plus tard.

Je la dépasse, voyant arriver à la vitesse de la lumière un flot de questions qui n'a pas sa place ici. Surtout pas ici, devant un public plus avide que des chinois devant la Joconde.

- Cassie ...

- Non ! je me retourne pour lui faire face. Je vais bien, c'est une migraine, rien de plus!

Cinq minutes plus tard, Scarlett rode toujours dans les parages, ce qui n'est pas habituel... Je me sens sous surveillance, ce qui ajoute à l'angoisse qui a pris place sur mes épaules mais aussi dans chacune de mes cellules. La sensation de peser des tonnes ne me lâche pas, ni celle que tous les yeux sont braqués sur moi.

Putain de journée !
Je m'apprête à entamer un décompte officiel de fin de service quand la Manager Générale vient me porter le coup de grâce. Quand je dis que c'est une journée pourrie ! Je l'ai senti dès que mes paupières se sont ouvertes ce matin !

- Cassie, j'ai besoin que tu descendes au Royaume - nom qu'elle donne au pays de Santa - il y a un monde fou, ils ont besoin d'aide.

Réfléchissons ... un quart de seconde. Si Will et là, Sexy Santa ne doit pas être loin. Donc c'est non !

- Plutôt me crever un œil avec l'un des stalactites du sapin ! je lui réponds sans même la regarder, faussement concentrée sur le rangement du rayon. Cette fois, je refuse. Je n'irai pas là-bas Emma.

Je l'entends souffler et marmonner un truc du genre "sale caractère d'elfe mal léchée".

Mal baisée par son ex, oui, mais mal léchée c'est plutôt tout le contraire ! Il a une langue magique, le Sexy Santa !

Je le savais ... Tu sautes sur toutes les occasions toi !

Et toi tu en as raté une de te faire sauter ma vieille !

Le deal sur la cellule de prison sans elle, c'est trop tard ?

- Je ne te comprends pas Cassie, tout le monde adore aller au Royaume pour assister Tim, il n'y a que toi refuse comme si je t'envoyais au bagne !

- Mais pourquoi tu l'appelles Tim enfin ! Il s'appelle Ca...

Sans se soucier de ce que je lui dis, elle me fait signe de me taire en décrochant son téléphone, puis part à toute allure à l'autre bout du rayon, et disparaît.

Bien, je vais pouvoir me concentrer sur ma tâche. C'est à dire trouver un moyen de me tirer d'ici avant de me tirer une balle. Une vraie, pas celle des Nerf pour petits garçons. D'ailleurs ça ne choque que moi que des parents offrent des armes, factices ok, mais avec des grosses balles en caoutchouc quand même à des gosses de six ans à peine qui se prennent pour les prochains membres des Expandables ? Certains prennent un peu trop au pied de la lettre cette histoire de second amendement ...

***


Mon costume retiré, je respire un peu mieux. Un peu seulement, car l'impression d'avoir mangé des parpaings au petit déjeuner est toujours bien là. Mes escarpins enfilés, je récupère le reste de mes affaires dans mon casier et enfile mon long gilet gris. Devant le miroir, je prends une minute pour me remettre une petite couche de rouge à lèvres, et me fais la réflexion que je devrais envoyer un mail à mon ex pour le remercier. Après tout, si je passe ce mois de décembre dans un État où il ne fait pas moins cinq degrés à devoir déblayer de la neige sur ma voiture tous les matins, c'est tout de même grâce à cet enfoiré. Je commence à chercher quelques phrases bien senties à lui transmettre pour lui exprimer tous les bons sentiments que j'ai à son égard quand Scarlett entre comme une tornade dans la pièce.

- Alors ! C'est pas trop génial ? Tu vois que décembre est un super mois ! Tu as trop de la chance ! sautille-t-elle en se tapant dans les mains.

On peut aller se coucher ? Cette journée m'a assommée.

Oui, moi aussi ...

- Mince Scarlett ! Il faut vraiment que j'aille vérifier dans ton bureau si tu ne caches pas des bouteilles d'alcool ! Qu'est-ce que tu as pris ?

Dépitée, ma sœur me prend par les épaules et me fait pivoter vers le tableau de communication. Tout s'éclaire, bien que je ne comprenne pas comment une telle chose est possible.

- Tu te rends comptes ?

Non, pas vraiment. Voyant que je ne réponds pas, Scarlett me secoue comme un Orangina.

- Oh Cassie ! Si tu n'en veux pas, moi je le prends le gros lot tu sais ? Cinq jours dans un chalet pour deux personnes !! s'exclame-t-elle encore plus fort.

Je m'avance vers l'affichage. "Loto du personnel" est inscrit en gros sur une affiche au couleur de Noël, évidemment ...

Bin pas de Pâques, oui !

A en croire ce qui est inscrit, je fais partie des cinq gagnants qui ont été tirés au sort pour remporter un lot. Le mien est donc un séjour pour deux personnes, de cinq nuitées dans un chalet à la montagne, entre le 26 et le 31 décembre, tous frais payés.

- Je te signale à toutes fins utiles que je n'ai pas de jour de congés, alors oui, tu peux y aller à ma place si cela te fait plaisir, je lui dis en haussant les épaules.

Je n'aime pas la neige, je n'ai pas besoin de le lui rappeler, elle se vexerait.

- Et moi je te signale qu'il est bien noté ici, me montre-t-elle du doigt, que les gagnants se voient aussi offrir les jours de congés nécessaires. Tu as donc non seulement gagné une semaine de vacances, mais dans un super chalet ! Car tous ceux qui ont déjà eu ce cadeau n'ont pas tari d'éloges sur l'endroit que loue les patrons pour l'occasion. C'est une chance Cassie ! Pars avec Hannah, décompresse, repose-toi, je sais que tu en as besoin, surtout en ce moment. Essaie de voir le bon côté des choses, pour une fois. Tout n'est pas toujours tout noir ma puce, ajoute-t-elle en me prenant dans ses bras.

- Je ne me suis jamais inscrite à ce tirage au ...

- Il n'y a pas d'inscription, toutes les personnes qui travaillent ici sont automatiquement mises sur la liste. Je m'occupe de récupérer ton lot avant de partir. Bon, je dois y retourner, je vais finir tard mais le dîner est dans le four ! lance-t-elle avant de s'éclipser aussi vite qu'elle était arrivée.

Je ne m'attarde pas une minute de plus dans ce Royaume de l'horreur, j'ai besoin de rentrer à la maison, d'une douche chaude et me lover dans ma couette avec un bon bouquin. Après ma séance de câlins avec Jackson, bien-sûr. En passant la porte principale du magasin, j'aspire une gigantesque bouffée d'air frais. Mes bronches méritent bien cette attention. Le soleil est déjà parti rejoindre les bras de Morphée, il a bien de la chance.

Tout en marchant jusqu'à ma voiture, je sors mon téléphone. Encore trois appels manqués, dont deux en numéros inconnus. J'ouvre notre fenêtre de conversation WhatsApp à Hannah et moi. Si je suis bien incapable pour l'instant de sauter au plafond malgré l'idée d'avoir gagné une semaine de congés payés car c'est encore dans le froid que je vais devoir aller, Hannah elle va grimper aux rideaux quand je vais lui annoncer que par extension, elle l'a aussi gagné, ce séjour ! Elle s'émerveillera pour nous deux, j'en suis certaine. Je ne veux pas paraître ingrate, mais m'envoyer encore dans le froid... Quelqu'un m'en veut, forcément. Ce cadeau, c'est comme offrir les nouvelles lunettes de soleil Dior à un mal voyant, ou des Louboutin à un unijambiste...

Mon Dieu, j'en peux plus d'elle !

Je commence la rédaction d'un message mais n'ai le temps que de taper trois mots quand une grosse voix me fait lever le nez.

- Mademoiselle Cassie Green ? me demande l'un des deux hommes qui me font face.

- Oui, c'est moi.

Ils se rapprochent de moi qui suis statufiée et prise dans le bitume. Celui à ma droite sort quelque chose de sa poche arrière, je crois, et énonce d'une voix assurée des paroles que jamais je n'aurais cru entendre. Pour moi en tout cas. Le givre s'abat sur et en moi, me paralyse, mes poumons se bloquent. J'ai l'impression de devenir livide, à un cheveu de faire un malaise. Seuls les premiers mots m'atteignent avant que je ne comprenne plus grand chose :

- Cassie Green, vous êtes en état d'arrestation ....

Putain de journée de merde ! Double Jackpot ...
PUTAIN DE PREMONITION A LA CON !

Et je suis toujours là, moi ...

Tuez-moi. Pendez-moi même à un foutu sapin, mais achevez-moi, ayez pitié.

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