Chapitre 13 : La course aux jouets

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Cassie

Le jeu peut durer longtemps, et en temps normal j'aurais même pu en rire et le laisser faire jusqu'à ce qu'il se lasse, avant moi, bien entendu. Mais je vais finir par être en retard et Scarlett risque de me faire la peau. Si j'ai bien tout compris, le véritable rush de Noël commence aujourd'hui, à J-10.

L'horreur.

Correction. Le mieux qu'il puisse m'arriver aujourd'hui, c'est de me faire étriper par ma sœur.

Heu ... NON ! Le mieux qu'il pouvait nous arriver, c'était de laisser le Père-Noël venir inspecter notre hotte !

Je prends une grande inspiration pour me calmer et m'éviter de céder à ma pulsion de lui sauter de dessus. Pour l'étrangler.

- Tu vas finir par faire griller la fermeture centralisée ! Laisse-moi sortir de cette voiture, je vais être en retard ! je râle une main sur la poignée et l'autre tentant de pousser la sienne de ce minuscule bouton qui est pourtant mon graal, à cet instant.

- Pas tant que tu ne m'auras pas donné ton numéro.

- C'est du kidnapping !

- Non Cassie, c'est une négociation avec une carotte.

Mes yeux s'écarquillent d'eux même. Je ne mangerai plus jamais de carotte de ma putain de vie, plus jamais ! De toute façon, moi, ça ne m'a jamais rendu aimable, je dois être l'exception qui confirme la règle. D'ailleurs, je crois bien que je suis l'exception à toutes les règles de cette vie. Casey se met à rire à gorge déployée, et si je n'étais pas autant scotchée à mon siège par sa réplique qui m'évoque deux pensées bien différentes, j'aurais ri, moi aussi. De ma tête. De la tournure que prennent mes idées quand je suis près de lui. Mais là tout de suite, je suis figée de stupéfaction mais aussi prise de frissons particuliers déclenchés par la chatouillement que me provoque son rire. Je suis un cas d'école oui, tout en ambiguïtés.

- Merde Cassie ! La carotte, c'est ta libération, je ne parlais pas de ce à quoi tu n'as pas voulu goûter tout à l'heure ... Au sens figuré, bien-sûr, précise-t-il en retenant son rire autant qu'il le peut.

Ouais, bien-sûr ... comme s'il aurait dit non au sens propre, la torche humaine ...

- Je vais faire semblant de te croire, oui. Maintenant laisse-moi aller bosser ... ou me pendre, je n'ai pas encore choisi l'itinéraire de ma journée, je termine en ronchonnant encore.

Je déteste décembre !

Pas moi.

Sa grande main toujours posée sur mon graal, il me fixe, rieur, les sourcils levés. Putain mais il est beau, ce con ! Je regarde l'heure du cadran numérique - pour échapper à ses yeux envoûtants, aussi -, les secondes défilent me rapprochant inexorablement du point d'impact avec ma chef de grande sœur. Moi qui pensais petite que quand nous serions adultes, la barrière entre ainée/cadette s'effacerait, j'avais tout faux. Mais je l'aime, cette casse-pieds !

- Tu comptes fixer l'horloge encore longtemps mon lutin ?

Mais c'est qu'il m'énerve lui ! D'être aussi canon, premièrement, et puis ... d'être agaçant.

Tuer, c'est toujours mal Cassie, je me répète comme un mantra. Et tuer un beau gosse pareil, c'est sûr, ça doit au moins doubler la peine de prison. Je suis certaine que c'est écrit quelque part dans un livre de loi. Et à mon procès, il n'y aura que des femmes dans le jury. Elles vont me haïr d'avoir privé l'humanité du Père-Noël le plus sexy de la création ... OK OK, je m'égare. Putain de champagne !

Ou pas... même moi je te ferais pendre. Pas touche

- Non, j'aimerais pouvoir éviter de me faire virer, donc si tu pouvais remettre à plus tard ton plan de kidnapping totalement puéril au passage, ce serait plutôt sym...

- C'est une proposition ou je rêve ? me coupe-t-il le sourire jusqu'aux oreilles et regard pétillant de malice tout en détachant sa ceinture de sécurité.

Quoi ?

Non, je n'y suis pour rien !

Mon corps réagit instantanément à la lueur licencieuse que je devine sans mal dans ses yeux, signal on ne peut plus clair qu'il est grand temps que je sorte de ce traîneau de l'Enfer, avant de donner mon âme à Sexy Lucifer, sataniquement influencée par les effluves d'alcool qui dansent encore dans mes veines, et ma tête. Oui, il faut que je sorte. Ou je devais porter des heures durant une culotte aussi trempée que si j'avais oublié d'enclencher le sèche-linge ... et le mode essorage. Je crois que le cerveau de ce type est directement relié à mon vagin. Sa tête questionne, mon intimité répond.

Oui, je suis encore bourrée. La journée va être terrible ...

- Non, ce n'est pas une proposition, je soupire en soutenant son regard perçant. Je te l'ai dit tout à l'heure, c'était sympa cette petite incartade absolument imprévue, mais aujourd'hui est un nouveau jour et au risque de passer pour une dévergondée, tu resteras le souvenir d'une unique nuit. Un coup d'un soir.

Je crois que cette fois, il a compris. Il me sonde, laissant ses billes bleues balayer ma silhouette, et tort sa bouche en rictus renfrogné pourtant absolument gracieux. Il est chiant ce mec aussi ! C'est quoi, son défaut ? Il a forcément un vice caché quelque part... Je suis à peu près sûre qu'il n'a pas ronflé cette nuit, il m'a simplement tenu bien chaud, une véritable bouillotte humaine. Plastique parfaite. Bon il est têtu, c'est bien un défaut, ça non ? Je crois qu'il va dire quelque chose, mais non. Il sort de cette voiture qui me fait penser que le père-Noël ne gagne pas trop mal sa vie, en fin de compte. Il ouvre ma portière et m'invite à descendre. Mais tout à coup, je n'en ai plus envie et la perspective de me faire renvoyer passe au second plan. Son air espiègle est un avertissement lumineux qui m'indique qu'il ne va pas me laisser gagner si facilement, finalement.

- Cassie ?

- Je suis encore capable de descendre de ton carrosse sans que tu ne doives jouer au preux chevalier, Santa !

- Je m'appelle Casey, je te l'ai déjà dit. Et puis, ajoute-t-il en badinant tout en posant l'air de rien son avant-bras sur la portière, tu l'as très bien prononcé cette nuit quand je m'occupais de toi. Plusieurs fois si mes souvenirs sont bons. Et ils le sont, crois-moi.

Y'a pas que les souvenirs qui sont bons ...

Oh mon Dieu ! L'enfoiré. Je dois être aussi rouge que l'enseigne du magasin. La honte !
Impossible que ce type ait le dernier mot ! J'ai quand même une fierté, qui a bien été piétinée par ce salopard de Mika, et qui doit d'autant plus redorer son blason. Je reprends une contenance en priant chaque cellule de mon corps d'être coopérative, me redresse droite comme un i , papillonne exagérément des cils et lui sort mon plus beau sourire après voir posé une main sur son blouson en cuir au niveau de son torse. Ses yeux suivent mon geste, puis reviennent se fixer aux miens.

- Écoute Casey, lui dis-je en insistant sur son prénom, ce n'est pas que je ne veuille pas vous croire toi et ta belle gueule, mais déjà ce matin quand tu t'es pris pour un sex-toy géant déjà tout lubrifié et prêt à l'emploi sous ta douche, en parlant et extrapolant sur mon extinction de voix, tu t'es planté, et moi je n'ai pas souvenir d'avoir imité la Castafiore, mens-je. Alors remballe un peu ton égo beau gosse, parce que si moi j'en crois mes souvenirs, cela n'était pas si mémorable que ça puisque ... je n'en ai presque pas. Enfin tu n'es qu'un homme après tout, et votre vanité vous aveugle souvent sur vos capacités, Messieurs. Finalement c'est moi qui ai bu mais toi qui a des problèmes cognitifs, je me moque. Ou alors tu aimes baiser avec des filles bourrées pour pouvoir leur faire croire après que tu es un Dieu du sexe ? T'as une vanité en toc dorée au plaqué-or Santa ?

Vilaine petite menteuse !

Fière de ma sympathique repartie malgré mon cerveau encore cotonneux, je hausse les épaules et le dépasse pour m'en aller. Ce type a vraiment un don pour titiller un point de ma personnalité que j'ignorais même posséder. Mais je n'ai pas fait deux pas que je me sens retenue puis repoussée en arrière. Mon dos heurte la carrosserie noire du SUV, un grand corps d'Apollon aux yeux d'un bleu surréaliste joue les murs de prison et avant que je n'ai eu le temps de crier à l'enlèvement, ses lèvres s'abattent sur les miennes sans préavis. Mon corps choisit son camp. Celui de mon bourreau, évidemment. Mes lèvres s'ouvrent en une seconde comme s'il en détenait la clé alors que mes mains ne trouvent rien de mieux à faire que d'aller s'agripper à ses cheveux. Sa langue capture la mienne avec voracité et c'est ma faim à moi qui semble remercier son entrain, comme si j'étais atteinte du Syndrome de Stockholm. Il me fouille délicieusement mais avidement, sa brusquerie enhardit mon envie. Casey prend mon visage en coupe pour approfondir encore sa prise et son baiser. Notre baiser, puisque je le lui rends. Je suis doublement prisonnière. De lui et de mon corps qui ne répond plus qu'au désir que cet homme infiltre en moi comme un poison brûlant à effet immédiat. Je sens mon épiderme réagir trop vite à ces assauts luxurieux en se couvrant d'un duvet de frissons. Mes reins sont en feu, mes lèvres sud pulsent à une cadence infernale, et c'est bien la première fois de ma vie que je les sens gonfler ainsi dans mon sous-vêtement. Nos langues virevoltent ensemble. Elles expriment sur un même tempo un plan d'action dont je n'ai pas la partition. Casey passe ses mains sur ma taille, sur mes hanches, puis sous ma veste. La preuve de son désir ardent va réellement finir par laisser un tatouage sur ma peau, alors même que cette fois, je la sens à travers son jeans contrairement à notre étreinte sous la douche où seul mon tanga était une barrière entre nos peaux brûlantes. Un gémissement m'échappe, il sourit contre ma bouche tout en me rendant ma langue.

- Tu vois Cassie, tu peux essayer de te convaincre que tu as juste passé un moment sympa avec moi, mais même ton corps est en rébellion contre cette pensée. Je t'embrasse à peine et déjà tu geins de plaisir contre mes lèvres. Alors imagine un peu ce que ma bouche a bien pu provoquer chez toi quand elle est allée explorer chaque recoin de ta succulente chatte mon lutin.

Son vocabulaire cru me tire un hoquet de surprise, je ne m'y attendais pas. Et ça le fait rire ! PUTAIN DE CHAMPAGNE !

Rabat-joie.

Nos deux bassins toujours soudés, il continue :

- Mais je te dis ça alors que je mettrais ma main à couper que tu me prends pour un con quand tu me dis que tu ne t'en souviens pas, chuchoter-t-il contre ma bouche en se faisant se mélanger nos souffles. Tu as vibré si fort cette nuit que ton corps en tremble encore et la faille de San Andréas a dû en être jalouse. Alors épargne nous une chasse inutile car je vais t'attraper, sois en sûre.

- C'est encore ton ego qui parle, je lui glisse en retour en me permettant de lécher ses lèvres au passage prise d'une pulsion qui ne me définit pas et m'étonne. Je t'ai laissé me prendre dans tes filets hier soir parce que j'en avais envie. Je suis allée dans ce club avec une raison bien précise en tête, celle de trouver un beau jouet pour ma nuit, je lui avoue en ne le lâchant pas des yeux. Toi ou un autre, c'était pareil et ...

- Un autre aurait profité de toi Cassie ! gronde-t-il soudain en me coupant la parole mais sans me rendre ma liberté. Moi je t'ai respectée, je n'ai pas franchi la limite et ce n'est pas faute d'en avoir crevé d’envie !

ARRRGGGHHHHHH ...

Casey 1 Cassie 0

Si même ma conscience me largue, ça va être une journée de merde. PUTAIN DE CHAMPAGNE ! Il a raison, il n'a pas profité de mon état d'ébriété, enfin pas totalement. Il s'est montré prévenant et avenant. Mais je ne changerai pas d'avis pour autant. Les mecs pour le moment, c'est fini. Mon ex m'a bien vacciné, et il a choisi son moment pour le faire : le premier décembre.

Je déteste décembre !

- C'est tout à ton honneur et je t'en remercie, mais c'est que les choses devaient se passer ainsi entre nous, je réplique sincère. Voyons ça comme un signe que nous ne devons pas aller plus loin ...

- Moi je ne crois que ce que je vois ma belle, et ce que je vois depuis que nos yeux se sont croisés c'est une quête que je vais gagner. Cette nuit n'était que les prémices de quelque chose de beaucoup plus long et satisfaisant pour nous deux. Mais si tu veux retarder l'inévitable et t'amuser, je suis prêt à jouer cette partie avec toi ...

- Descends un peu de ton trône Apollon ! Et intègre la chose suivante : c'était un one shot, un coup d'un soir, je ne remettrai pas le couvert avec toi !

Je ne peux pas être plus claire. Ses lèvres bougent, formant un sourire parfaitement diabolique alors qu'il secoue sa tête de droite à gauche.

- Voilà comment de mon trône sur lequel tu vas bientôt me rejoindre je vois les choses mon lutin, dit-il en me dominant de sa hauteur. Ce qu'il s'est passé il y a quelques heures à peine, c'était la mise en bouche, même pas l'entrée susurre-t-il, et toi qui sembles aimer les métaphores, je suis certain que celle-ci va te plaire, tout autant que je ce que je te ferai la prochaine fois. Cette nuit je m'en suis tenu aux préliminaires et déjà tu as pris ton pied, plusieurs fois. Alors quand nous pourrons enfin nous laisser aller à la dégustation de tout le menu, quelque chose me dit que tu crieras grâce avant même le dessert, Cassie. Et ne viens pas me dire que tu ne remettras pas le couvert, que je ne suis qu'un coup d'un soir car à en croire ta propre définition que tu m'as donné sous la douche, puisque ma baguette n'est pas allée illuminer ton dortoir, je n'en suis pas encore un. Par conséquent, nous n'avons pas encore débarrassé la table. Et j'ai hâte de passer au plat suivant, termine-t-il avant de m'embrasser, encore.

C'est qu'il est doué, ce type ! Il utilise mes propres armes contre moi. Mais je n'aime pas perdre. Bon, je le laisse gagner en le laissant m'embrasser à pleine bouche, mais je considère ça comme un baiser d'adieu. Car c'est le dernier. Puisque je suis maintenant officiellement en retard, et que Scarlett va me tuer. Est-ce que " Je me suis faite enlever par le Père-Noël et il m'a roulé des pelles si torride que toute la neige à fondu " est une excuse valable ?

Ça se tente.

Je me détache de lui et le pousse par une impulsion sur son torse. Il me libère enfin pour que je retrouve ma liberté et bien qu'il ne fasse pas froid à Los Angeles mi-décembre, une brise plus fraîche que la température annoncée à la radio glisse sur ma peau et s'engouffre par toutes mes pores dès qu'il s'éloigne de moi. J’essuie ma bouche que je sens encore luisante de notre étreinte et cette image lui plaît. Son regard sur moi est gourmand, rempli de concupiscence en pleine orgie de luxure. La chaleur remplace le froid dans mon sang, comme s'il venait encore de me caresser à m'en faire griller les neurones. Toute en ambiguïtés, j'ai dit. Je me file une claque mentale, avant de m'en prendre une bien plus douloureuse par ma sœur qui doit compter les secondes et ordonne à mes pieds de fonctionner de nouveau. Mais pas avant d'avoir remis une dernière fois les pendules à l'heure au Père-Noël le plus insolent et bouillant de cette ville, et peut-être même du pays :

- C'était sympa, mais c'était écrit que toi et moi, ça s'arrêterait sur ce parking entre ton traîneau. et cette immense magasin de jouets. Alors range ta carotte sous OGM et va l'offrir à une elfe affamée qui veut être promue Mère-Noël cette année, car ce n'est plus mon cas. De toute façon, il n'y aura pas d'autre occasion.

Je peux démissionner ?

Car je suis un cadavre en devenir qui marche vers la potence dont le bourreau a maintenant les traits de mon ainée.

Tout de suite ?

- Il ne faut jamais dire jamais Cassie ! lance-t-il alors que je me suis déjà éloignée. L'occasion pourrait se représenter plus vite que tu ne le crois ...

Merde ! vendredi. Il était là les deux derniers vendredis ! Donc nous nous reverrons inévitablement dans six jours, et nul doute qu'il ne se contentera pas de rester dans son univers de Père-Noël mais qu'il va encore venir me chercher pour une distribution de bonbons !

- Mais il ne peut rien arriver entre deux rayons, me dis-je en rentrant dans le magasin.

***


Alors pour décuver, j'ai décuvé ! Mais je suis ivre d'autre chose : les gens me saoulent ! Des heures que je cours dans tous les sens. A force, je vais pouvoir m'inscrire à un marathon tellement je serai entraînée. Scarlett m'a punie de mon retard en échangeant mon poste avec celui d'un autre employé qui est normalement au " ravitaillement " : il l'est l'un des lutins qui non seulement remplit les rayons, mais est en plus chargé d'aller en réserve dès que cela est nécessaire, même pour un seul putain de jouet, même s'il est occupé à déballer une cargaison de camions de pompier télécommandés à trois rayons de là. Mon retard a donc au moins fait un heureux : Troy. Car son travail est aujourd'hui MA corvée ! Et moi je chercher désespérément une corde pour aller me pendre à une poutre dans cette foutue réserve au niveau -1 qui fait dans les deux mille mètres carrés. Dans mon malheur, je remercie néanmoins l'électronique et l'informatique : je n'ai qu'à scanner l'étiquette en rayon pour savoir où aller le chercher. Sinon je me serais déjà recroquevillée dans un coin sombre de l'entrepôt à attendre que la faucheuse vienne me chercher.

Je déteste décembre.

Forte de ce constat que je prévois de me faire tatouer quelque part comme une vérité absolue tout droit sortie des textes sacrés, c'est avec dans les bras un énorme emballage qui fait ma taille, une collection de figurines des héros Marvel, que je remonte à l'étage où son futur propriétaire m'attend de pied ferme. Et au lieu de me remercier lorsque je le lui tends, il souffle excédé en regardant faussement sa montre pour me signifier que j'ai été longue.

- J'ai bien cru que vous étiez allée les fabriquer vous-même ! peste-t-il en récupérant le carton. Mais vous n'en avez pris qu'un seul ? ajoute-t-il en me fusillant des yeux.

Si je lui lance avec beaucoup d'élan, combien de figurines je peux lui foutre dans le cul à ce sale con ?

Il doit déjà avoir un bon manche à balai dans le rectum ...

- Vous ne m'en avez demandé qu'un seul Monsieur ...

- Parce que je pensais qu'il ne fallait pas avoir fait de longues études pour se dire que quitte à en apporter un, vous en apporteriez plusieurs ! fulmine-t-il de plus belle. Bon, vous pensez que cette fois vous pourriez améliorer votre record en étant un peu moins longue ou c'est trop espérer ?

Y'a bien un record auquel je pense là connard, mais tu vas en chier ton estomac une fois qu'il sera battu ! Et ce n'est pas qu'une figurine que tu pourras te carrer après ça, mais toute une forêt ! Ta prostate va aimer Ducon ! je me hurle en fermant les yeux pour ne pas lui arracher les siens.

NON, JE NE VEUX PAS ALLER EN PRISON ! Mais je vais finir en HP. Préférant rompre notre altercation verbale et visuelle, je tourne les talons et refais le chemin inverse, prends l'ascenseur, marche jusqu'à la réserve. Dans l'allée 54, je sens que mes nerfs sont sur le point de me lâcher. Ma gorge se noue, mon thorax pèsent soudain une tonne et peine à se soulever pour permettre à mes poumons de se remplir d'air. Je savais bien que j'allais mourir aujourd'hui, au moins passer une belle journée de merde. Déjà, quelques gouttes chaudes perlent sur mes joues et sont victimes de la gravité. Je les essuie d'un revers de la main, mais la fine pluie se transforme sans avertissement en torrent quand le barrage cède. Finalement, peut-être aurais-je mieux fait de rester sous cette douche avec Casey.

Merci de le reconnaître ... moi j'étais pour !

Quelqu'un m'en veut forcément, là-haut. Il y a douze mois sur le calendrier, mais il faut que les merdes m'arrivent en décembre. Je déteste décembre. Je n'aime pas les fêtes de fin d'années et je me retrouve en plein cœur du tumulte de la course aux jouets, moi qui évite même de mettre un pied dans un supermarché d'habitude à cette période trop folle !Je suis un comble ambulant, ma propre plaie d'Egypte, et pas sûre que je survive à cet ultime blague que me fait la vie. Prise de tremblements qui annoncent qu'il me faudra du temps pour retrouver mon calme, je n'ai d'autre choix que d'utiliser le petit téléphone qui nous sert à être appelés - à tout bout de champ.

- Emma j'écoute ?

- Scarlett ... je renifle dans le combiné.

Pas besoin d'en dire plus, ma sœur a déjà compris au simple ton de ma voix.

- Oh non Cassie, où est-ce que tu es ma puce ? me demande-t-elle de sa douce voix de maman.

- Réserve, allée 54, je pleure de plus belle.

- J'arrive.

De toute façon, même si je le voulais, je ne pourrais pas bouger. Assise sur le sol froid qui paralyse le bas de mon corps, je regrette qu'il ne referme pas sur moi ses bras tout entiers. Car là, j'accepterais volontiers le gel de l'anesthésie pour peu qu'il serve de chloroforme aux ténèbres qui m’habitent. Décembre est ma peine, et cet entrepôt semble être prêt à devenir mon tombeau.

Oui, le Père-Noël était plus chaud.

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