Boules de Noël et sucre d'orge

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Casey.

Une heure plus tôt.

Will me suit dans les allées bondées jusqu'à ce que j'emprunte la porte "Staff Only" . Il est bien moins nerveux que tout à l'heure. Et par nerveux, je veux dire fâché. Il a changé d'attitude dès que nous avons passé les portes grand public. Il laisse maintenant balader ses yeux de linx pour regarder la "marchandise".

- Franchement Casey, permet-moi de te dire que tu abuses, là. Une fois ok, mais deux fois ? D'habitude tu viens un après-midi ici en mode incognito. Pourquoi tu t'infliges ça une deuxième fois ?

Je souffle. Il m'énerve. Il m'a déjà posé cette question.

- Allez Casey, je veux te l'entendre dire, insiste-t-il d'un geste sur mon épaule. Je suis certain que ce n'est pas un délire fétichiste d'être habillé en gros type rouge à longue barbe, y'a autre chose, cette fois.

Il me gonfle là.

- Tu sais très bien pourquoi je fais ça, j'aime Noël et écouter les souhaits des gosses avec leurs grands yeux illuminés quand ils pensent parler au Père Noël. C'est un truc de famille, ne fais pas l'ignorant, je lui réponds en ouvrant la porte de ce qui sert de loge ici.

- Donc tu vas aussi aller plusieurs fois à l'hosto cette année ? C'est ça que je dois comprendre ?

Ok. J'ai compris son manège.

Et il a compris le tien.

- Tu verras bien, et ce n'est pas comme si tu n'avais pas un faible pour les femmes en blouses. En attendant, enfile ton costume mon elfe des plages, je m'esclaffe en lui tendant sa tenue verte. J'ai toujours su que tu étais un type fait pour te déguiser !

- Ta gueule Casey ! se renfrogne-t-il encore. Y'a intérêt que je puisse récupérer des numéros de téléphone aujourd'hui !

Il est incroyable ce mec !

- Demande à Doris, j'explose franchement de rire cette fois, en imaginant la scène. Elle a une bouche qui pourrait te convenir, j'ajoute avec un clin d'œil.

J'imagine la scène ... de la demande, pas de la ... bref. Mieux vaut que je m'arrête là, je refuse d'avoir ce genre d'images en tête. J'en ai de bien meilleures à exploiter, aujourd'hui. J'enfile déjà mes bottes et boucle ma large ceinture noire. Il n'est que quinze heures. Parfait.

- Je te laisse Doris mon pote, moi c'est à la petite Cassie que je vais aller demander son numéro, elle à l'air géniale cette meuf mec ! s'exclame-t-il en se reluquant une fois de plus dans le miroir.

Je ne réponds rien, tente de ne rien montrer de la petite pointe d'agencement qui vient de se loger dans ma poitrine. Enfin c'était ma première idée, mais les mots sortent sans que je ne puisse rien y faire.

- Oublie, Will.

Mon pote se tourne vers moi, un sourcil levé mais sourire lubrique cloué sur sa sale tronche de connard. Le con, il l'a fait exprès !

- Je le savais ! Merde Casey qu'est-ce qui t'arrive mec ? T'es là pour la fille ?! J'en étais sûr ! T'as flashé sur elle la semaine dernière ! s'écrie-t-il si fort que tout l'étage doit l'entendre.

- Ferme-là ! je lui grogne en m'approchant de lui avant de lui balancer un coup de poing dans l'épaule. Et sois sympa Will, quoi qu'il arrive, tu ne lui dis rien, ok ? Je gère.

Sa mine change du tout au tout en un quart de seconde.

- Attends mon pote, tu me fais quoi là ? Tu es sérieux ?

- Oui. Ici et avec ce déguisement, c'est l'environnement idéal pour passer incognito, tu l'as dit toi-même. Tu as bien vu qu'elle ne sait pas qui je suis en plus. C'est parfait.

Will me scrute, je sais exactement ce qu'il pense, et qu'il a compris où je veux en venir. Oui, cette fille me plaît, elle m'a plu dès que j'ai posé mes yeux sur elle, physiquement du moins. Et quand elle a planté sur moi son regard vert émeraude avec une petite tâche ambre dans son œil gauche, puis qu'elle a ouvert la bouche pour me rembarrer, elle m'a presque tué. J'ai adoré ! J'ai très vite supposé qu'elle ne savait peut-être pas qui se trouvait sous le costume rouge puisqu'elle m'a avoué que c'était son premier jour, et j'ai prié pour que ni Doris ni Brie, ni personne d'autre d'ailleurs, ne l'en informe. Emma ne m'ayant finalement pas vu, elle ne pouvait pas le lui dire elle-même. Et quand j'ai finalement retiré ma barbe pour révéler mon visage, j'ai eu la confirmation qu'elle ignorait totalement que je suis. Et c'est tant mieux. Et j'espère que depuis, rien n'a changé. Je veux voir si avant qu'elle découvre mon identité, il y a toujours cette tension entre nous. Je suis certain qu'elle l'a senti, elle aussi.

- Depuis quand tu aimes te faire rembarrer par une nana, Casey ? s'enquiert Will toujours incrédule.

- Depuis que je me suis fait rembarrer par celle-là, j'avoue nonchalamment tout en terminant de m'habiller. Et avant que tu n'ouvres la bouche, oui, c'est bien la première fois.

- Et donc mec, te prendre un râteau, continue-t-il avec ses yeux en soucoupe et sa voix presque caverneuse tellement il n'en revient pas, ça va devenir ton trip ?

- Non abruti ! Je compte bien qu'elle ne me jette pas, cette fois. Mais ce que je veux dire c'est qu'au moins, cette fille ...

- Elle n'a pas joué un rôle en face de toi, termine-t-il à ma place. Bien sûr, je l'ai remarqué aussi. Pas comme Brie. T'as vu à quel point elle te léchait les pompes ?

- Oui, comme à chaque fois que je viens ici, je lui réponds la mine dégoûtée. Et crois-moi qu'il n'y a pas que mes pompes, qu'elle aimerait lécher si tu vois ce que je veux dire !

Sauf que ça n'arrivera jamais. Je sais que je plais aux femmes, mais je ne suis pas naïf et au contre bien conscient que trop sont prêtes à tout pour se faire entretenir, et ce n'est en rien mon projet de vie. Être avec une femme qui aimera tout autant mon compte en banque - ou mon banquier - que moi, si ce n'est plus, non merci. Certains recherchent ce type de relation, pas moi. Mes parents s'aiment sincèrement et ont fait un mariage d'amour et non d'argent ou de société, tout comme leurs parents avant eux. S'ils ont réussi en dépit des convenances de leurs époques respectives et de la désapprobation de beaucoup qui voulaient voir mon père épouser une autre jeune femme, bien plus fortunée que ne l'était ma mère et sa famille, alors moi aussi je le peux. Malheureusement, je ne suis pas aidé. A cause de mon nom de famille, justement, et de ma notoriété. Faire de vraies rencontres sans arrière-pensée financière est compliqué, et je suis souvent parano. C'est pour cette raison principalement que depuis deux ans, je me fais plus discret dans les soirées mondaines et dans la presse, people surtout, et que je suis rentré en Californie l'an dernier. Je ne supportais plus New York pour l'attraction qu'il y avait autour de ma petite personne. Ici, à Los Angeles, même si je suis connu, c'est surtout dans mon cercle professionnel et les hautes sphères, et j'arrive beaucoup mieux à échapper à la jet-set et aux croqueuses de diamants qui me voient comme une planche à billets. Hollywood, le monde des stars ... C'est bizarrement là que je me fonds le mieux dans la masse.

- Ok vieux, je comprends, acquiesce mon meilleur ami en hochant la tête, mais tu ne crois pas que c'est risqué comme plan Casey ?

C'est qu'il n'est pas con, lui, quand il veut !

- Bon je n'ai pas dit que j'allais l'épouser non plus ! Je veux juste voir comment ça peut tourner avec une fille normale qui me traite comme un gars normal.

- Elle va te jeter mon pote ! Je t'aurai prévenu. Tu vas t'y casser les dents. Cette fille à l'air d'avoir un sacré tempérament ... Bon Père Noël, ce n’est pas que je me fais chier, mais va vite te faire lourder qu'après je puisse te montrer comment on drague une fille ! me lance-t-il en jouant des sourcils.

Super le soutien ... Mais non. Il n'ira pas jouer les séducteurs avec elle. Je ne me ferai pas "lourder ".

Pas vrai ?

Ou pas.

***

- Ecoute Santa, apparemment tu as le sucre d'orge qui te démange et au cas où je n'aurais pas été suffisamment explicite la semaine dernière, moi je n'ai aucunement l'intention de jouer avec tes boules de Noël. Alors tu me lâches le pompon et tu vas te chercher une autre Mère Noël avec qui te frotter la bûche, ok ?

Alors là, elle m'a cloué, le petit lutin. Heureusement que Will n'est pas là pour entendre ça, il serait en train de s'étouffer de rire, ce con. Et de réfléchir à comment faire mieux que moi, aussi.

Elle me défie toujours du regard, yeux plissés tout en se mordant la lèvre inférieure. Elle a une bouche superbement appétissante qu'elle a sublimée avec un rose mat sur ses lèvres, je me demande quel goût elle a. Celui du défi, nul doute, c'est inscrit dans ses iris. Et je suis un homme de défis, ça tombe bien. Et puis putain ce qu'elle est sexy, comme ça ! Dans cette tenue assortie à la couleur de ses yeux. Pourtant, elle me fait bien plus penser à un dragon sur le point de cracher du feu qu'un gentil lutin sage venu du Pôle Nord. Les chaussettes hautes rouges et blanches moulent ses magnifiques jambes toniques et galbées. Pour le coup, c'est elle, le sucre d'orge, et moi je crève d'envie de la lécher, cette divine sucrerie. Elle me fait un effet de malade et elle ne semble même pas s'en rendre compte. Et je ne parle pas que de mon membre qui est déjà au diapason dans mon pantalon tellement elle m'excite, entre sa tenue de petite fille de Noël, sa répartie cinglante aux métaphores saisonnières, et son physique de diablesse. Non, cette fille c'est un tout. Merde, j'ai une trique d'enfer juste pour une petite joute verbale et un regard. J'ai l'impression d'être un puceau devant les seins d'une pin up pour la première dans un bar à filles faciles. Mais cette fille-là, elle n'est pas facile, ça ne va pas être aussi simple. Tant mieux, elle m'excite et m'intrigue d'autant plus. Parce qu'elle est vraie, elle ne joue pas avec moi. Je vais adorer la faire craquer, la voir craquer, car elle va craquer. Je ne peux pas perdre. Elle claque des doigts devant ses yeux tout en pouffant de rire, fière d'elle.

- Eh oh, Saint Nick ? Tu nous fais un AVC ou quoi ?! Je te préviens, je ne te ferai pas du bouche à bouche ! Moi les antiquités, c'est pas mon truc, déclare-elle avec un grand sourire pour reprendre contre moi mes propres mots de la semaine dernière. Ni les pilosités trop développées, pour info ...

Oula mon lutin ! Tu pars sur une pente glissante, là. Et je l'en remercie déjà silencieusement.

Oh oui, elle finira par craquer. J'aime déjà ce jeu et m'apprête à placer mon prochain coup. Je l'oblige à reculer en avançant, collant nos deux torses l'un à l'autre. Elle se retrouve dos au miroir, et je lis son trouble au fond de ses yeux. Elle se questionne, se demande à quoi je joue, je le vois. Je peux même presque sentir l'odeur de ses craintes mais aussi celle de l'ardeur qu'elle mettra dans la bataille. Elle sent bon, elle sent l'odeur de ma victoire. Et soudain, je comprends mieux pourquoi Will aime tant partir en chasse, jour après jour. Parce que la quête est aussi excitante que le repas en lui-même. En tout cas, c'est ce que je me dis en voyant cette petite bombe au longs cheveux blond foncé qui dévoilent des mèches plus claires ici et là, au corps de déesse qui semble parfaitement féminin, avec des formes à faire bander un sapin. Elle a comparé ma queue à une bûche, non ? Si elle savait à quel point elle a raison, mais si je suis le bois, elle est ma flamme. Je vais m'enflammer, et je vais adorer, car je ne serai pas le seul, à me consumer.

- Reprenons depuis le début mon petit lutin, je lui glisse tout près de son oreille. Premièrement, de nous deux, celle qui ressemble à un sucre d'orge, c'est toi ou du moins, tes ravissantes jambes. Et pour info, mon joujou est effectivement plus une bûche qu'un petit bâton à faible circonférence - non, ce n'est pas mon égo qui parle - Deuxièmement, la seule chose qui me démange à l'heure actuelle, c'est de poser mes lèvres sur les tiennes. Troisièmement, je continue en me rapprochant encore de son lobe, ce n'est pas parce que tu n'as pas l'intention de t'amuser avec mes boules de Noël maintenant que tu ne finiras pas par le faire, je suis un homme patient, et j'ai hâte, sache-le ma belle, je lui susurre. Et en ce qui concerne ma pilosité, elle est loin d'être développée contrairement à la bûche ...

- Mais pour qui ... siffle-t-elle en posant ses petites mains manucurées à plat au niveau des abdominaux.

Mais je ne la laisse pas poursuivre. Ce temps de parole, c'est le mien. Elle a eu son tour.

- Quatrièmement, je la coupe en grondant, pour ce qui est de ton pompon, je te conseille de bien y faire attention, car il risque de prendre feu. Et puisque tu es une jeune femme avec beaucoup d'imagination, je te laisse deviner à quoi il va se frotter pour s'enflammer. Mais promis, uniquement pour ton plus grand plaisir, et je suis un homme de parole ...

Je me recule d'un pas. Bon sang, celui qui brûle pour le moment, c'est bien moi ! Je ne me reconnais pas. Enfin si, c'est moi, mais jamais je n'avais pu jouer à un tel jeu, car d'ordinaire, nul besoin d'activer le mode dragueur quand je veux une femme. Un regard, deux phrases et encore, et c'est plié. Mais pas avec elle. L'air dans la cabine est chargé en électricité. Si elle me touche, je m'incendie, je grille. Mais au regard qu'elle me lance, la température pourrait bien chuter drastiquement, dans trois, deux, un ...

- Merci pour le descriptif du menu Santa, mais je n'ai pas faim.

J'en reste pantois. Je m'attendais à tout, sauf à ça ! Elle profite de mes quelques secondes de léthargie pour réenclencher la descente de l'ascenseur dont les portes s'ouvrent deux secondes plus tard.

Mais je n'ai pas dit mon dernier mot.

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