Le début des emmerdes

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[ Petite info : Cette romance est en cours de correction sur Word et sera intégralement repostée ici d'ici début décembre avec les corrections. Merci à tous les auteur-e.s et lecteur-crice.s qui rendent mon travail de relecture bien plus agréable grâce à leur aide précieuse. ]

Cassie

1er décembre

Mon mug de café fumant à la main, je regarde le calendrier aimanté sur la large porte anthracite de mon tout nouveau réfrigérateur. C'est officiel, nous sommes bien en décembre. Le pire mois de l'année. Déjà depuis Thanksgiving, le top départ des fêtes de fin d'années avait été donné. Mais à partir d'aujourd'hui, dans ma tête, c'est officiellement le début de la fin. Et je ne parle pas du début de la fin d'année, non. Pire. Le début de la fin de ma bonne santé mentale annuelle. Car oui, je suis une femme à peu près normale du premier jour de janvier au 30 novembre, mais passée cette date, le mode cocotte-minute s'active en toute autonomie dans ma tête.

Pourquoi ?

Parce que tu es dérangée, Cassie.

Parce que comme je viens de le dire, c'est le pire mois qui soit pour moi. Pourtant, je suis loin d'être une rabat-joie, en temps normal. Je suis même loin d'être la dernière pour les coups de folie et les conneries. J'aime rire, sortir avec mes amies comme quand j'étais encore une ado insouciante, pleine de rêves et sans responsabilité. Mais décembre à un pouvoir sur moi, néfaste. Il anéantit toute patience, et annihile les pires côtés de ma personnalité et de mon tempérament, déjà bien trempés.

Si la plupart des gens attendent avec impatience le douzième mois de l'année, moi j'aimerais pouvoir hiberner trente et un jours durant. Alors oui, je dois tout de même avouer que si je devais faire une liste des « pour » et des « contre », il y aurait quelques petites choses inscrites dans la première colonne. En gros, le mot « CHOCOLAT» notamment. Mais cet antidépresseur, le meilleur au monde après le sexe - quoi que le débat reste ouvert dans ma tête - ne pourra jamais effacer la liste à rallonge que je ferais dans la colonne voisine. Des exemples ?

Tout d'abord, les chants de Noël qui passent partout et en boucle. J'ai dit qu'ils passent de partout ? Radio, télévision, réseaux sociaux, magasins, chorales de rue ... nous sommes littéralement envahis. Et chaque année pour les fêtes, c'est la même chose : Mariah Carey sort de son hibernation plus que prolongée pour nous chanter les mêmes chansons. Ensuite, les gens ne parlent plus que de ça : de bouffe, de cadeaux, de repas de famille ... D'ailleurs parlons-en des repas de famille : ils durent mil ans, c'est la fête à la grimace dans la belle famille, les enfants ne sont jamais contents mais toujours aussi bruyants ... Venons-en aux cadeaux : il faut les acheter. Et je ne suis pas radine, au contraire, mais pour se les procurer, il faut aller en magasins, car ici les livraisons se perdent toujours ...

Ceci est une manière politiquement correcte pour dire qu'ils sont le plus souvent volés par ma voisine ... Et pas qu'à Noël.

La connasse de voisine !

Bref, les magasins ... Ma bête noire. Les files d'attente interminables dès l'entrée pour se procurer le dernier jouet à la mode de la nièce et du neveu de mon compagnon, les bousculades à l'intérieur pour tout et n'importe quoi y compris le dernier sachet de haricots verts surgelés, puis la queue en caisse, les putains de chants de Noël ... non je ne radote pas, je m'exprime. Les enfants qui crient dans les rayons jouets - ou à proximité pour y aller - les parents qui oscillent entre la crise de nerfs et de larmes. Les disputes conjugales pour savoir chez qui ont doit passer le 24 au soir et le 25 au midi. Bon, pour moi, il y a une variante : la dispute réside dans le fait que je ne veux pas aller chez mes beaux-parents. Jamais. Alors encore moins pour les fêtes. Et cette année encore, je ne devrais pas y couper. Voilà, la liste est non exhaustive. Ah oui, et je n'aime pas le froid ! Bref ... Je n'aime pas cette période. Et dans mon entourage proche, c'est de notoriété publique. D'ailleurs mon téléphone vibre déjà sur l'ilot de la cuisine et sans même l'approcher, je sais déjà qui m'écrit : Scarlett, ma sœur aînée.

{ Coucou Ma Puce ❤️

Un petit message pour te dire que je pense à toi.

Oublie le calendrier, respire un bon coup et lève le menton ! Cette année, tout va bien se passer.

Pense positif Cassie, tu auras du positif !

Et si tu veux éviter la vieille folle, tu es la bienvenue à la maison.

Je t'aime. Appelle-moi vite. }

Penser positif ... Comme si c'était possible. J'avale ma dernière gorgée de café puis pose mon mug dans le lave-vaisselle. Dans l'entrée, je jette un dernier coup d'œil à mon reflet, pour deux raisons : la première, vérifier que tout est à sa place. La deuxième, graver comme chaque matin d'hiver l'image d'une Cassie coiffée, pas trop mal maquillée, sans le nez rouge et les traits tirés par le froid. Ce soir, je ne ressemblerai plus à ça. Je déteste le froid, je déteste l'hiver ici, je déteste décembre.

- Aller courage Cassie ! je m'encourage en enfilant mon bonnet et mes gants. Tu fais ce que tu as à faire aujourd'hui, tu fais un drive pour les courses, et tu rentres le plus vite possible entre les murs de la maison, au chaud.

Mon sac de travail à la main, j'ouvre la porte d'entrée permettant au blizzard glacé de s'engouffrer à l'intérieur sans autorisation. Et comme si ce froid avait boosté mes méninges autant que mon agacement, je me rends compte que j'ai oublié de passer mes bijoux. Une fois fin prête, je sors affronter la météo qui a bien choisi son jour pour faire chuter la température de plusieurs degrés. Il doit faire moins dix -mille - et l'idée de rouler plus d'une heure pour me rendre à mon rendez-vous fait elle grimper ma tension et par la même occasion, température corporelle. Je descends les quatre marches du perron en ayant la très désagréable sensation que j'oublie encore quelque chose, mais je ne vois pas quoi. Ou alors, c'est juste un mauvais pressentiment, et je n'aime pas cela. Une fois à l'abris dans ma voiture, je me promets de redoubler de vigilance sur la route.

Je ne sais pas pourquoi, mais je ne la sens pas, cette journée.

Les prémonitions, ça ne sent jamais bon.

***

- Madame, je vous prie de m'excuser, il s'agit simplement d'une erreur, je vous assure qu'il ne s'agit en rien d'une arnaque ! Calmez-vous s'il vous plait.

La sexagénaire me jette de nouveau un regard circonspect, mais finit par cesser de crier en me menaçant avec son rouleau à pâtisserie rempli de farine. Enfin, à force de le secouer dans tous les sens entre nous depuis plusieurs minutes, la farine a migré vers mes cheveux et ... mon long manteau noir.

Génial.

- Je vais appeler mon patron, il a dû se tromper d'adresse, je ne vois que cela. Pardonnez-moi de vous avoir dérangé.

Je tourne les talons et manque de glisser dans l'allée.

Ça va aller Cassie. Souffle un bon coup !

- Rentrez-vous réchauffer Mademoiselle, vous allez attraper la mort dehors !

Je ne me fais pas prier et la remercie en acceptant sa proposition, me demandant néanmoins si elle ne prévoit pas de me découper. Après tout, elle me menaçait encore il y a une minute. Bon, elle à l'air plutôt gentille, et des photos de ses enfants et petits-enfants tapissent les deux murs de son hall d'entrée. Les dix minutes suivantes, je n'ai de cesse de téléphoner à Michaël, mon patron et accessoirement, mon petit ami depuis bientôt deux ans. La petite agence immobilière pour laquelle je travaille à Riverdale, lui appartient. Petite, car nous ne sommes que trois à y officier. Deux Real Estate, lui et Alyssa, et moi, mais je ne suis qu'Agent Junior pour le moment.

Je tente une énième fois sous le regard cette fois plus compatissant de Madame Pawlson, la propriétaire de cette charmante petite maison, de joindre mon patron mais rien, il ne répond pas. Je lui laisse donc un deuxième message vocal, en plus des deux SMS déjà envoyés.

- Mika c'est Cassie, est-ce que tu peux me rappeler rapidement s'il te plaît ? C'est vraiment urgent. Tu m'as dit de me rendre au 8, Fisher Street et j'y suis mais tu t'es trompé dans l'adresse, la propriétaire ne nous a jamais contactés. Et tu ne m'as pas donné le nom de mon rendez-vous d'ailleurs, ce qui aurait pu m'aider. Pour le moment cette gentille dame m'accueille pour me protéger de la tempête dehors mais je ne veux pas la déranger longtemps. Rappelle-moi.

Deux grandes tasses de chocolat chaud à la guimauve plus tard, rien n'a changé. Ni Mika ni Alyssa ne m'ont rappelée. Madame Pawlson s'est révélée être une dame adorable qui tout en continuant de pâtisser m'a raconté sa vie ainsi que celle de son quartier. Quartier dans lequel je n'avais jamais mis les pieds jusqu'à aujourd'hui, puisqu'il est hors du secteur habituel de l'agence.

- Vous êtes certaine que vous avez envie d'affronter l'extérieur, Cassie ? me demande la dame avec un regard inquiet.

Alors réfléchissons ... Ai-je envie de me la jouer bonhomme de neige ? Non. D'attraper une pneumonie ? Encore non. Suis-je suicidaire ? Non, mais j'ai des envies de meurtre, en revanche. Pourtant je n'ai pas vraiment le choix, j'ai un autre rendez-vous qui m'attend dans une heure, et de la route à faire. Je remercie donc ma charmante hôtesse en lui laissant l'une de mes cartes de visite, au cas où l'un de ses voisins se plaindrait que je ne sois pas venue au rendez-vous.

Une heure plus tard, je me gare devant la petite propriété que je dois faire visiter à deux couples d'acquéreurs potentiels. Il pleut toujours des cordes et je prie pour qu'il ne fasse pas aussi froid dans la villa que dehors. Mais lorsque j'ouvre la pochette dédiée au dossier de visite, c'est la douche froide : les clés n'y sont pas, enfin plus.

- Non non non ! je m'affole en vidant l'intégralité de mon sac de travail sur le siège passager.

Je ne comprends pas, elles étaient pourtant bien là hier soir quand j'ai vérifié, dans l'enveloppe avec les deux dossiers de visites. Il n'est que 11h30 et je peux d’ores et déjà dire que c'est une journée de merde ! Une belle journée de merde pour un mois de merde !

- Allez, réfléchis Cassie, tu as bien dû les sortir à un moment donné.

Ou pas.

Non, je ne vois pas. Et le pire - oui c'est possible - c'est que comme c'est Mika qui m'a refilé ses rendez-vous au pied levé pour aller s'occuper de rentrer le mandat d'une très grosse propriété sur Chicago, je n'ai presque aucune information si ce n'est, cette fois, les noms des deux couples qui ont pris rendez-vous. Mais aucun numéro pour les joindre. Mika a vraiment fait n'importe quoi, lui qui se dit être le roi de l'organisation, je me demande bien à quoi ressemble son royaume, aujourd'hui. Je n'ai donc pas d'autre choix que d'attendre ici que le premier n'arrive pour m'excuser de ne pas pouvoir leur montrer plus que l'extérieur. Alors j'attends. Je consulte Facebook, laisse des commentaires à ma sœur sur les photos de mon neveu qu'elle a postées ces derniers jours. Cinq minutes passent. Je guète, mais personne. Cinq autres. Etrange. Je m'arme de courage - et de sang froid pour tenter d'éloigner mon agacement grandissement - , tends le bras pour attraper mon parapluie à l'arrière et me décide à quitter l'habitacle douillet et sec de mon véhicule. Les gens sont certainement eux aussi restés à l'abris et attendent de me voir devant le ... panneau de l'agence qui a disparu ! Non mais qui irait piquer un panneau de vente planté dans l'herbe ?

Oui oui, elle se pose vraiment la question.

Je sors mon téléphone de la poche de mon manteau et prends une photo, puis l'envoie à Mika pour le prévenir que nous nous sommes faits voler le panneau. Et bien-sûr, que j'ai un léger problème de clé. Mais comme plus tôt, aucune réponse, et cela commence à m'inquiéter. Il a son téléphone vissé à la main presque H24. J'ai tenté de le rappeler par trois fois déjà depuis que j'ai quitté la chaleur de la maison de Madame Pawlson, pour le prévenir que je partais et que je me rendais aux visites. Mais je n'ai eu aucune nouvelle et l'angoisse que j'avais déjà ressenti quand j'ai quitté la maison a gonflé d'un cran.

J'attends, encore, mais personne ne vient. L'heure de la deuxième visite arrive. Je suis toujours sous le porche d'entrée de la villa, tremblotante et maudissant la météo, cette saison, ce mois, cet état même. Je ne suis pas originaire de l'Illinois, non, moi je viens de la côte ouest, et Mika, du Michigan. Nous nous sommes rencontrés à une convention sur l'immobilier lors de ma dernière année d'étude. Il animait un stand et nous avions une connaissance en commun. Nous nous sommes revus quelques fois, le courant passait bien entre nous. Puis nous avons commencé à sortir ensemble de temps en temps, sans rien nous promettre et pour passer du bon temps. Très vite, il a eu l'opportunité de réaliser son rêve : diriger sa propre agence immo près de Chicago. Et moi j'avais besoin de changer d'air, alors je l'ai suivi. J'avais simplement négligé un détail : le climat ! Je le déteste ! Tout autant que sa mère, pensé-je.

Je regarde ma montre : l'heure de la deuxième visite est passée depuis dix minutes. Cette fois-ci, c'est bon ! Si je reste ici, je vais vraiment lui serrer la main, à Madame La-Pneumonie!

- Non mais il se fout de moi ou quoi ?

Ok, les choses ne sont pas au beau fixe en ce moment. Je refuse toujours d'aller passer la semaine de Noël chez ses parents, mais ce n'est pas comme si ma décision n'avait pas été prévisible. L'an dernier, si j'avais pu choisir entre une semaine dans une hutte non chauffée au milieu de l'Alaska et passer huit jours sous le même toit que sa mère, je me serai acheté une combinaison de ski ! Ça a été horrible. Je ne suis jamais assez bien habillée ni coiffée, pas assez riche, pas assez diplômée pour être digne de son fils prodige.

Je lui en foutrais du prodige moi ! Tout le monde lui dit " Amen " comme s'il avait en lui la divine parole. Alors oui, c'est mon copain, mais je suis tout de même capable de sens critique : Il est peut-être intelligent, beau parleur, beau garçon, mais il a un sens de l'organisation de merde ! S'il n'y avait pas Alyssa et moi, je ne sais pas comment il ferait. La preuve encore aujourd'hui. Il est de plus en plus tête en l'air, mais quand je le lui fais remarquer, il me fait remarquer que je ne suis que '' Junior'' , ce con !

Quarante minutes plus tard, je suis devant l'agence. Mais la grille de fer est baissée, comme si personne n'y était venu ce matin. Et là, quelque chose me frappe violemment : plus de vitrine, plus aucune annonce de vente ou location, et en m'approchant au plus près, je remarque que le local est vide.

- Ok j'ai compris, c'est un rêve, dis-je en riant, à la limite de l'hystérie. Je vais me réveiller. Tout ceci n'est qu'un rêve !

Mais je suis toujours là.

Je regarde autour de moi, Diana, la fleuriste d'en face, est dans sa petite boutique. Je traverse la rue, rentre dans son magasin, ses yeux s'écarquillent à ma vue, tout autant que mon mauvais pressentiment.

- Bin Cassie, qu'est-ce que tu fais ici ?

- Je venais à l'agence mais j'avoue que je ne comprends absolument pas ce qu'il se passe, je lui chuchote presque en scrutant les environs. Le local est ...

- Vide, termine-t-elle pour moi.

Et sans attendre d'autres explications et malgré ses cris pour que je reste, je me rue à ma voiture prise d'une angoisse sans nom.

***

Assise à même le sol au milieu du salon depuis je ne sais combien de temps, je contemple les flammes qui dansent dans la cheminée. Seule chose qu'il n'a pas pu emporter. Enfin non, dans sa grande bonté, il m'a laissé un matelas dans la chambre, ainsi qu'une couette. Ah oui, et le calendrier avec la date d'aujourd'hui entourée au milieu de l'entrée. Ultime message pour se foutre de ma gueule, en plus ! ENFOIRÉ !

Nous sommes le premier décembre, et comme depuis des années, contrairement à ce que pense ma sœur, rien ne va changer. C'est juste un putain de mois de merde !

Et il ne fait que commencer.

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