Chapitre 1. 1 : Traditions et origines : Lumis, la cité                                                         bénite

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  • Dame Mina, où êtes-vous encore passée ?! La procession va bientôt débuter ! Ce n'est vraiment pas le jour pour me faire ce tour ! hurla une femme à la mine furieuse.

Et, bien évidemment, personne ne lui répondit. La pauvre servante, du nom de Sofia, une robe à la main et une brosse de l'autre, courait dans les couloirs recouverts de tapis blancs d'un gigantesque temple depuis maintenant plus de deux heures. Ignorant la mine outrée des femmes et des hommes qui progressaient dans les allées avec dignité et lenteur, s'excusant très rapidement lorsqu'elle bousculait les apprentis druides et druidesses, elle hurlait le nom de la jeune fille dès lors qu'elle parvenait à retrouver son souffle.

Il faut dire que cette dernière avait l'habitude de rechercher désespérérement la jeune prêtresse de ces lieux lors des plus importants évènements.

Le matin encore, elle essayait de dompter les cheveux de Mina, emmêlés et recouverts de poussière, malgré ses vives protestations et ses cris de douleurs. Sofia se devait de rendre présentable celle qui était l'élément clé de la procession. Tous ceux qui la verrait devait avoir devant eux l'image même du temple et de ceux qui y vivaient. Ce qui n'était pas une mince affaire, surtout avec la difficulté qu'avait la jeune fille à garder son sérieux durant ces cérémonies, aussi importantes soient-elles.

Aussi, Sofia savait par expérience qu'il ne fallait surtout pas la perdre du regard, car elle prenait un malin plaisir à lui filer entre les doigts. La gouvernante avait donc fait en sorte de ne pas s'éloigner de Mina et de l'avoir toujours sous les yeux. Cependant, alors qu'elle se décidait sur la coupe de heveux et la robe à porter, l'un des apprentis venait lui apporter un message sur le déroulement de la céromonie. La maligne profita de son court instant de distration pour s'enfuir le plus rapidement possible par la seule fenêtre de la pièce qui menait dans une petite cour.

Bien sûr, Sofia lui avait courut après, lui ordonnant de s'arrêter sous peine d'être priver de dîner. Mais, sourde aux menaces et possédant encore de jeunes jambes pleines d'énergie, Mina avait finit par la semer à un croisement. Et cette poursuite s'était métarmorphosée en une traque où la proie lui échappait toujours.

Finalement, la fatigue eut raison de sa volonté. Haletante, elle s'appuya sur l'un des nombreux meubles du bâtiment, une main massant son vieux dos. Sofia prit le temps de pouvoir souffler un peu, d'avoir les idées enfin plus claires et, aussi, de pouvoir vérifier le temps qu'il lui restait avant le début de la cérémonie. Pour ça, elle se dirigea d'un pas rendu lent et boiteux par la course vers le jardin du temple.

Ce lieu était l'une des merveilles de la Cité Bénite. Ces allées étaient recouvertes de beaux galets blancs et noirs dans leur totalité. Jamais il n'y avait le moindre trou dans ces passages, le moindre défaut. Ceux qui s'occupaient de l'entretien du jardin y veillaient tout particulièrement. Comme si leur honneur était en jeu, que leur propre personne dépendait de l'image d'ordre et de beauté que devait inspiré cet endroit.

Aussi veillaient-ils sur les beaux plants de fleurs qui faisaient la fierté des occupants du temple et de ses visiteurs. Les roses rouges se mariaient avec les blanches, tranchant de leurs couleurs vives les yeux qui s'y déposaient. La douce odeur du lilas qui entourait les plants n'étaient pas en reste. Elle calmait l'esprit des personnes qui inspiraient son parfum. Bien évidemment, les jardiniers n'avaient pas que plantés ces fleurs. Il y en avait de tous les genres : des orchidées, un tapis de boutons d'or, quelques mugets et d'autres fleurs qui amenaient en elle leur parfum, les vertus et les symboles que l'on leur accordaient.

Il n'y avait bien sûr pas que des fleurs. Les décorations jouaient un rôle capital sur la majesté des lieux. Les murs de marbre blancs recouvert de gemmes bleues scintillaient sous la lumière éclatante du soleil. À leur surface était inscrit de nombreuses scènes de saints et de druides priant devant une colonne de lumière dorée par des paillettes. Des héros vêtus en armures, épées et lances à la main, affrontant des créatures effrayantes et d'êtres humanoïdes ailées d'où l'on distinguait des cornes sortant de leur tête. Certaines des créatures semblaient également presque humaines, mais des humains recouverts de volutes de fumées noircies par de la peinture. Chaque personnage avaient été sculptés avec un incroyable réalisme, de la même taille que les humains, les rendaient presque vivants.
Comme si le temps avait figé à un instant précis cet évènement et l'avait collé à ce mur.

Quand l'une des allées se divisait, il y avait à chaque tournant une statue de cristal, qui pouvait ressembler à des humains ou à des animaux. Du lion arborant un air féroce, rugissant de colère et dévoilant ses crocs à une jeune femme regardant le ciel de ses yeux implorants et tendant ses bras en une prière. Chacune d'elles étaient comme les sculptures du mur : ils rayonnaient de vie que le temps semble contenir et enfermer.

Au centre du jardin l'on pouvait trouver une magnifique fontaine où l'eau jaillissait sans interruption de nombreuses gueules de dragons. Une fois que l'eau retombait dans le bassin, on comprenait vite qu'elle était d'une incroyable propreté. Il n'y avait pas la moindre trace de saleté, ni de feuilles mortes ou d'insectes qui s'y seraient noyés. Elle était très bien entretenue, et les ondulations des vaguelettes produites par sa chute en rayonnaient. En s'attardant à ce fameux bassin, on pouvait y trouver d'étranges pièces. Et ce qu'il y avait d'étrange avec ces dernières, c'étaient les inscriptions y figurant. Elles représentaient toutes l'abréviation d'un ou de plusieurs prénoms et noms. Il s'agissait d'offrandes et de prières sur les voeux d'un être. Elles étaient si nombreuses qu'elles formaient un véritable monticule brillant et étincellant.

Mais la réelle fierté de tous était l'arbre gigantesque qui poussait à l'extrêmité du jardin. Sa taille était absolument hors du commun. Bien plus grand qu'un arbre ordinaire, il devait bien faire plus de cent mètres de haut. L'écorce qui constituait son corps était d'un blanc complétement immaculé. Il était aussi incroyablement lisse. La résine qu'il produisait le recouvrait complétement et empêchait n'importe quel être vivant de le blesser ou de l'abîmer. Et ses feuilles ne faisaient que renforcer son étrangeté. Elles étaient bleues claires, d'un bleu qui devenait phosphorescent la nuit tombée. À sa base jaillisait des cristaux de la même couleur et qui émettait une lueur identique. Ils étaient très nombreux, au nombre d'une vingtaine, de toutes les tailles.

Sofia se dirigeait justement vers cet arbre incroyable. C'était ici que se trouvait un cadran solaire. Cet objet permettait de connaître l'heure de la journée grâce à l'ombre du gnomon. Il s'agissait d'un piquet situé au centre du cadran qui formait une ombre qui se déplaçait en suivant la course du soleil et indiquait par conséquent l'heure.

Heureusement, ce jour-là, il faisait particulièrement beau. L'ombre était très claire, et Sofia faillit défaillir en voyant qu'il ne lui restait plus que dix minutes pour retrouver la jeune fille. Consciente de son impuissance, Sofia contempla l'Arbre Divin et formula une prière muette, joignant ses mains et tâchant de calmer son angoisse, afin de retrouver Mina au plus vite, songeant également aux conséquences si ce n'était pas le cas. Elle en était à prendre le ciel à témoin du caractère insupportable de sa protégée lorsqu'à cet instant précis un étrange miaulement se fit entendre, interrompant sa mélancolie.

Ce bruit provenait de derrière le tronc de l'Arbre Divin, et Sofia reconnut très aisément ce miaulement. S'approchant à pas de loup, elle distingua bientôt l'ondulation de cheveux de couleur miel sous l'effet du vent. Et bientôt, Sofia distingua enfin le corps endormi de Mina qui paressait sous la chaleur du soleil avec une expression détendue. Elle s'était assoupie tout contre le tronc dans une position assise avec, à ses genoux, un petit animal à l'allure d'un chat au pelage blanc, aux pattes et aux oreilles noires. Les oreilles étaient, pour ainsi dire, particuièrement longue pour un chat. Il était aussi muni d'une queue qui faisait la longueur de son corps et qui se terminait par une touffe de poil noir, comme celle des lions. Cet étrange mammifère fixait de ses grands yeux bleus Sofia, qui n'en croyait pas ses yeux de la chance qui semblait s'être produite à elle.

Sous le choc et le soulagement, Sofia ne pipa pas le moindre mot, le moindre reproche. De voir Mina ainsi avait calmé le torrent de colère qui l'avait poussé à la rechercher toute la matinée. Aussi, elle ne se contenta que de secouer gentiment l'épaule de la jeune fille, ce qui fit s'en aller l'animal des genoux de sa maîtresse qui poussa un autre miaulement, mais cette fois de dépit. La prêtresse émit un petit gémissement, ouvrant avec beaucoup de lenteur ses yeux encore engourdis par le sommeil. Mais quand elle vit le visage de sa gouvernante, Mina sursauta de stupeur et se releva très rapidement, manquant de perdre l'équilibre tant le mouvement a été brusque pour son corps encore lourd par sa sieste.

  • So... Sofia, balbutia-t-elle, depuis quand êtes-vous là ? Heu... Enfin... Pardon pour ce matin. Je... Je suis vraiment désolée !
  • Je ne veux rien entendre, jeune fille ! Dépêche toi donc de t'habiller et plus vite que ça, s'il te plaît ! lui ordonna Sofia, oubliant le vouvoiement en rigueur, tout en tendant sa robe de procession. Je n'ai pas le temps de te sermoner, la procession ne va plus tarder. Mais attends toi à m'entendre dès que ce sera fini ! Occupe toi au moins de bien remplir ta tâche !
  • Heu... Entendu, répondit Mina, surprise de s'en tirer à si bon compte.

Aussi, lorsque Sofia lui donna un rapide coup de peigne dans ses cheveux et tâcha de les arranger au mieux, elle ne protesta pas, même si cela lui faisait toujours aussi mal, tâchant de se faire oublier.

Après sa fuite, Mina avait très rapidement regretté sa conduite, surtout en entendant Sofia l'appeler avec colère. Mais tout était de la faute de la procession. Elle n'aimait pas les regards que lui jetaient les habitants de la cité. Des regards pleins d'espoir, de gratitude... ou alors de suspicion et de peur. Car Mina était bien différente d'un simple être humain.

...

Les êtres humains vivaient depuis maintenant plusieurs siècles dans les cités d'un monde qui n'est pas celui où leur civilisation à vu le jour. Nul ne sait comment, mais des milliers d'humains arrivèrent ici, dans cet autre monde constitué d'un seul supercontinent nommé la Rodinia, en mémoire d'un ancien supercontinent qui aurait existé sur Terre, qu'ils durent apprendre à connaître. Ces décennies furent appelées les Temps Sombres.

À cette époque, beaucoup d'humains ne purent survivre, à cause de la disparition des nombreuses connaissances, mécaniques et biologiques de leur ancien monde, et que peu savaient reproduire. De même, certains des matériaux nécessaire à leur fabrication ne pouvaient être retrouvés, ce qui avaient réduit de beaucoup l'espérance de vie d'une majeure partie de la population.
Mais pour ce qui était de la nourriture, des hommes pratiquant la chasse apprirent au population cet art. Ils y trouvèrent des cervidés ressemblants à des cerfs, bien que dépourvus de cornes et bien plus petits, des lagomorphes, des rongeurs et des oiseaux. Quant aux pêcheurs, ils prirent rapidement leurs aises et pêchèrent des poissons aux formes et aux écailles incroyables, fabriquant de leurs propres mains des bâteaux, des cannes à pêche et apprirent à utiliser les bons appâts afin de les attraper. Quant aux dangers qu'ils découvrirent comme les grands félins, les loups d'une taille imposante et les reptiles, ils apprirent à les éviter ou à les comprendre afin de les domestiquer.

Ensuite, les hommes eux-mêmes jouèrent de beaucoup dans leur difficulté à s'adapter. Il y eut des conflicts politiques, des terrains convoités qui faisaient naître la colère, le régime qui devait être prédominant dans cette toute nouvelle société aux habitants de différentes origines, ainsi que sa religion. Très vite, il y eut des émeutes, des menaces furent prononcées, des coups d'états et des tentatives d'assassinats sur ceux qui finirent par posséder un semblant d'autorité. Les criminels prolifèrent également durant cette période, libres de commettre tous les délits et les atrocités qui leur plaisaient, faute d'avoir un quelconque gouvernement et système juridique ayant les moyens nécessaires de les arrêter. Aussi, durant de nombreuses années, l'anarchie a été présente dans toutes les cités qui commençaient à se construire.

Les hommes durent pourtant s'unirent malgré leurs différends, plusieurs années après que d'étranges découvertes furent signaler.

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