Prologue

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  • C'est inacceptable ! Jeune prêtresse, veuillez m'expliquer les raisons de votre acte, tonna une voix enrouée par les ans.

Un homme d'un âge avancé venait de prononcer (ou plutôt de hurler) ces mots, tout en donnant un violent coup de poing sur une table de jugement en bois poli. Une longue barbe blanche bien peignée mangeait une grosse partie de son visage, et ses yeux ridés étaient cachés par ses épais sourcils broussailleux. Cependant, ils brillaient d'une telle colère qu'ils pourraient faire trembler de peur le plus terrible des criminels. Son corps avait beau être rabougri, les cinq autres personnes rassemblées autour de lui ne purent réprimer un sursaut.

Derrière un imposant bureau très ancien aux motifs précis et finement taillés, celui qui présidait la séance était assis sur un siège ressemblant à s'y méprendre aux trônes des grands rois. La scène se déroulait dans une pièce à peine éclairée par la lumière de petites loupiotes en cristal de soleil. Ceux présent dans cette pièce se trouvaient être le Haut Druide de Lumis, qui présidait, deux druides qui se tenaient à sa gauche et deux scribes chargés de noter les échanges de l'audience sur un parchemin à droite. Tous portaient une couronne en laurier, mais qui différaient selon leur fonction. La couronne du Haut Druide était dorée, celle des autres druides argentées, celles des scribes de la couleur du bronze. Chacun d'eux avaient atteint un certain âge, mais restaient plus jeunes que le Haut Druide. Ils fixaient tous, à l'exception du druide à la droite de son supérieur, avec beaucoup de sévérité un jeune homme d'environ dix-neuf ans, aux cheveux noir ébène plaqués avec du gel et dans son plus beau costume, la tête respectueusement baissée et tournée vers eux. Mais également, et tout particulièrement, une jeune fille plus jeune que lui. Elle n'avait que treize ans, des cheveux miel attachés en queue de cheval qui lui arrivait jusqu'au creux du dos, d'où quelques une de ses longues mèches s'étaient échappées devant ses oreilles.

Contrairement à son voisin, bien qu'elle baissait la tête devant ceux qui la jugeaient, elle détournait le regard et se contentait de scruter le vide. Ses bras pendaient le long de son corps et elle se dandinait presque imperceptiblement. Il était évident que son comportement affichait le dédain qu'éprouvait la jeune fille envers les juges devant elle.

Après avoir posé sa question, le Haut Druide patienta quelques secondes, sentant sa colère augmenter devant le silence et l'attitude de celle-ci. Alors, braquant ses yeux sur le jeune homme, il s'exclama d'une voix grave et alourdie par la colère :

  • Rogue, c'est la deuxième fois que cette enfant se permet de sortir de la cité alors que nous lui avions formellement interdit toute expédition. Vous aviez la responsabilité de veiller à sa sécurité, surtout depuis les horribles évènements dont nous sommes victimes. Et où la retrouvons nous ? Aux abords des Terres Damnées ! Je vous prie d'imaginer l'état d'esprit dans lequel seraient plongé nos chers frères et soeurs si la prêtresse venait à disparaître ! La peur ne cesse de s'intensifier dans leur âme, le doute à notre égard ronge leur conscience ! Savez-vous ce qu'il adviendrait si jamais nous échouons à garder la prêtresse en vie ? Les conséquences seraient désastreuses, et notre avenir plus qu' incertain !
  • Bien sûr, Votre Excellence, je vous comprends et je suis de votre avis. Cette enfant à dépassé les limites, comprit l'interessé.
  • Heureux de constater que nous partageons le même point de vue, convint le Haut Druide, je déciderai donc avec mes chers frères de la sanction. Elle devra lui apprendre la bonne conduite qu'il convient d'adopter dans la société et lui enseigner le bien-fondé de nos règles. Sommes-nous toujours d'accord ?
  • Il en sera fait selon votre volonté, Votre Excellence.

Quand la dénommée Mina entendit Rogue se plier à sa volonté sans broncher, elle lui darda un regard lourd de ressentiment.

  • Très bien. Vous allez donc vous retirer le temps que nous nous mettions d'accord. Veuillez attendre dans la salle derrière vous et revenez uniquement lorsque nous aurons décidé.

En l'entendant, Mina ne put s'empêcher de relever la tête, le visage rempli de mépris. Elle allait répliquer lorsque Rogue l'attrapa par le bras et la força à quitter la salle, sous les murmures consternés de ceux présents.

S'affalant avec violence sur l'une des nombreuses chaises de la salle d'attente, Mina se retrouvait désormais sous le courroux de Rogue, qui faisait les cents pas en essayant très probablement de reprendre le contrôle de ses nerfs. Quand il lui parla enfin, sa voix laissait penser que le contraire s'était produit.

  • J'espère que tu es satisfaite de toute la pagaille que tu as créée ! Comme d'habitude, cette bêtise vient de surpasser toutes les autres ! Par ta faute, il va y avoir des répercussions terribles sur tous ceux qui sont mêlés de près ou de loin à cet incident !
  • Non, il n'y a que moi que cet idiot de druide veut atteindre ! Il ne m'a de toute façon jamais aimée ! Il devait à mon avis avoir bien du mal à ronger son frein d'avoir l'espoir de me punir !
  • Prends garde aux mots que tu prononces, Mina ! Ne t'attire pas plus d'ennuis que ceux que tu encours déjà !

Dans un soupir d'exaspération, Mina détourna le regard et, pour se détendre, s'amusa à faire tourner son bracelet attaché autour de son poignet. Rogue, de son côté, essaya de se reprendre et de se calmer. Aucun d'eux ne parla plus durant plusieurs minutes. Et ce silence était particulièrement pesant. Surtout à cause des très nombreux tableaux des anciens Hauts Druides, dont celui qui vivait, qui avaient été peints avec une mine sévère. La jeune fille ne put s'empêcher de penser que ces regards couroucés s'adressaient à elle, et à elle seule. Finalement, Rogue s'asseya aux côtés de Mina, et reprit la conversation d'un ton bien plus calme, crevant l'atmosphère désagréable qui s'était installée sur eux.

  • Mina, je sais que tu es très intelligente. Et oui, le Haut Druide ne t'apprécie pas. Ton caractère et tes manières lui déplaisent. Je ne peux donc pas croire que tu aies pris ce risque sans une bonne raison.

En l'entendant, Mina le regarda du coin de l'oeil. Elle n'y vit aucune colère, seulement de l'inquiétude et beaucoup de bienveillance. Hésitante, elle tordit ses mains.

  • Tu ne veux pas m'en parler ? Tu sais, je pourrais peut-être t'aider. Je peux même te promettre de ne rien répéter de ce que tu me diras, même au Conseil.

Cette fois, Mina le regarda droit dans les yeux, les mots se formant dans sa bouche mais que sa volonté l'empêchait de prononcer. Pas parce qu'elle doutait de sa parole, le jeune homme était quelqu'un de fiable, mais elle savait que les murs avaient des oreilles. Et qu'elle avait fait une promesse à celui qui l'attendait en-dehors de la cité. Il lui faisait confiance pour préserver le secret de sa présence, et en aucun cas elle ne le trahirait. Même si celui qui le lui demandait était un proche. Aussi, Mina ne put que dévisager tristement Rogue, et détourner à nouveau la tête.

  • Je suis désolée Rogue. Il n'y a rien, vraiment.
  • ... D'accord, comme tu veux Mina. Mais à toi d'assumer seule ce qui t'arrivera. Espère seulement que cette punition ne sera pas trop sévère, la prévint-il.

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