Chapitre 5

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L’aube pointait le bout de son nez quand Marie ouvrit les yeux. Par réflexe, elle observa les alentours. Sarah dormait encore à côté d’elle mais Emilie n’était pas à son poste. Où était-elle donc passée ? C’était pourtant à son tour de monter la garde.

Des branches craquèrent. Alertée, Marie se releva et réveilla Sarah par la même occasion.

— Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle encore à moitié endormie.

Elle ne répondit pas, trop occupée à guetter le moindre mouvement. Instinctivement, elle avait tendu ses muscles, prête à se battre. Ce réflexe lui venait des enseignements de sa tante. Il y a plusieurs année, Agatha avait entreprit d’apprendre à sa nièce quelques techniques pour qu’elle puisse se défendre en cas de nécessité. Pendant ses leçon, Marie s’était montrée très attentive et avait vit assimilé les bases du combat.

Une ombre sortit de derrière un arbre. Elle se détendit quand elle reconnut la jeune fille blonde.

— Où étais-tu ? L’interrogea-t-elle avec sévérité

— Je suis allée cueillir des baies pour le petit déjeuner, répondit l’intéressée toute guillerette

Emilie sortit quelques baies rouges de la poche de son pantalon et, fière de sa trouvaille, les montra à Marie. En voyant ça, elle s’emporta :

— Tu étais de garde ce matin ! tu sais ce que ça veut dire monter la garde ? ça veut dire que tu dois surveiller que personne n’approche. Tu ne dois pas aller te promener je ne sais où. En plus, ces baies sont toxiques !

— C’est bon je crois qu’elle a compris, intervint Sarah. Et puis, ça partait d’une bonne intention.

— Peut-être mais les conséquences auraient pu être désastreuses.

— Je suis désolée, s’excusa Emilie toute penaude.

Elle avait la tête basse, jouait avec ses doigts et frottait la pointe de son pied droit sur le sol. Elle se sentait vraiment coupable. Marie leva les yeux en l’air. Qu’est-ce qu’il lui avait pris ? Pourquoi avait-elle accepté que ces deux-là la suivent ? La jeune fille prit le temps de se calmer avant de dire :

— C’est bon oublions ça, nous avons plus important à faire.

Emilie releva la tête soulagée. Elle remercia ensuite son amie d’un sourire. Sourire que Sarah lui rendit avant de demander à Marie :

— Qu’est-ce que tu entends par « plus important à faire » ?

— Il faut prendre une décision. Qu’allons-nous faire maintenant. Il est évident que nous ne pouvons pas rester dans cette forêt indéfiniment. J’y ai réfléchi une bonne partie de la nuit et j’en suis venue à la conclusion qu’il fallait quitter le royaume le plus vite possible.

— C’est vraiment nécessaire ?

On sentait dans la voix d’Emilie une pointe de déception. C’était déjà dure pour elle d’abandonner sa famille mais quitter son royaume avait l’air d’être une épreuve encore plus difficile.

— Marie à raison, répondit Sarah. Ici nous ne sommes plus en sécurité, alors que dans un autre royaume, Lord Phorus ne pourra pas venir nous récupérer. Il n’en a pas le droit. Marie, tu as une idée d’où tu veux aller ?

— Plus vite on aura quitté le royaume mieux cela vaudra. Le royaume le plus proche de notre position est le royaume d’Allad, au sud. Mais il est quand même à plusieurs jours de marche. Il va falloir être très prudente.

— Bon si c’est vraiment nécessaire, céda Emilie, Mais on ne pourrait pas manger avant de se mettre en route, je meurs de faim.

Marie soupira, non seulement cette fille était bavarde mais en plus elle ne pensait qu’à son estomac. C’est alors que son ventre se mit à gargouiller, lui rappelant qu’elle n’avait rien mangé depuis hier soir. Elle abdiqua :

— Très bien, je vais chercher de quoi manger. Vous deux, restez ici et attendez-moi.

Marie s’éloigna du campement et s’enfonça dans la forêt. Elle espérait trouver des baies comestibles. Des mûres ce serait parfais. En cette période de l’année, il était possible d’en trouver. Emilie n’ayant amené que des baies toxiques, il ne devait pas y en avoir dans ce coin-ci du bois. Elle devrait donc s’enfoncer plus loin.

En chemin, elle repéra une colonie de lapins. Elle s’arrêta pour confectionner un piège. Elle viendrait le relever après avoir dégoter des baies. En plus des techniques de combat, sa tante lui avait appris tous ce qu’elle savait sur la survie en forêt. Pour quelle raison, elle l’ignorait. Quand elle avait posé la question, Agatha lui avait répondu : « on ne sait jamais ce qu’il peut arriver ». Aujourd’hui, elle devait reconnaitre que ces connaissances lui étaient bien utiles. Une fois le piège installé, elle se remit en route.

Voilà un moment qu’elle était partie et elle n’avait encore rien trouvé. Elle s’était déjà trop éloignée du campement. Elle ne pouvait pas laisser Sarah et Emilie seule trop longtemps. Marie allait abandonner quand elle vit enfin des ronces. Elle s’en approcha mais il n’y avait pas de mûres dessus. En observant mieux les buissons, elle remarqua qu’elles avaient toutes été cueillies. Elle n’avait pourtant pas remarqué d’empreinte. Elle regarda plus attentivement le sol et trouva quelques traces de pas mal effacée. La jeune fille était intriguée. Pourquoi quelqu’un aurait-il prit la peine de masquer les traces de son passage ?

La jeune fille hésita. Sarah et Emilie l’attendaient et si elle ne rentrait pas bientôt, elles allaient commencer à s’inquiéter. Après un instant de réflexion, elle décida de suivre les traces de pas. Elle n’avait pas l’intention d’abandonner ses deux comparses. Elle avait promis de les aider et elle n’avait qu’une parole, mais elle avait besoin de savoir ce que cachait ce type.

Les empreintes la menèrent à une vielles cabane délabrée située en bas d’une pente. Un homme montait la garde devant l’entrée. Elle s’accroupit pour ne pas se faire remarquer et l’observa. Que pouvait-il bien garder comme ça ?

— Que fais-tu là, toi ?

Surprise, Marie se releva d’un bond. Derrière elle, se trouvait un homme au regard sévère. Il avait une main posée sur la garde d’une épée qui pendait sur son flanc gauche. Il avait tout l’air d’un mercenaire.

— Je voulais cueillir des mûres, mais je n’en ai pas trouvé alors je me suis enfoncée plus profondément dans la forêt. C’était une mauvaise idée. Mes parents vont s’inquiété, il faut que je rentre.

Pas convaincu par les dire de la jeune fille, l’homme sorti son arme de son fourreau. Par réflexe, Marie fit un pas en arrière oubliant complétement qu’elle se trouvait en haut d’une pente. Emportée par son poids, elle dégringola et roula jusqu’en bas. Pendant sa chute, elle avait essayé de se rattraper aux arbres, mais sans succès. Elle atterrit pile devant le deuxième homme qui montait la garde.

Avec agilité, Marie se remit sur ses pieds et détala à toutes jambes. Surpris, l’homme devant la cabane ne réagit pas tout de suite.

— Mais qu’est-ce que tu attends ? Attrape-là ! lui cria son comparse.

Il se mit alors à courir derrière la jeune fille.

Marie avait beau courir vite, celui qui la poursuivait avait de plus grandes jambes qu’elle et il finirait par la rattraper. Il allait falloir qu’elle ruse, si elle voulait s’en sortir. Elle n’eu malheureusement pas le temps de réfléchir à un plan. L’homme arriva devant elle et lui coupa la route. Sans réfléchir, elle tourna à droite. Elle n’alla cependant pas loin, au bout de quelque pas elle se retrouva bloquée au pied d’une falaise. L’escalader était mission impossible, elle n’était pas entrainée à ce genre d’exercice et elle risquait de se tuer.

Elle voulut faire demi-tour mais les deux hommes arrivèrent déjà derrière elle. L’un d’eux s’avança

Marie le laissa s’approcher mais dès qu’il fut à sa hauteur, elle lui flanqua un violent coup de pied dans l’entre jambes. L’homme tomba à genoux en hurlant. La jeune fille en profita pour déguerpir. Mais le deuxième mercenaire lui fonça dessus et la plaqua au sol. Elle était si bien maintenue qu’elle ne pouvait plus bouger. Il la releva et lui maintint les bras dans le dos pour qu’elle ne puisse plus se débattre.

Le premier homme, qui s’était remis debout entre temps, vint se placer devant elle.

— Tu es une sacrée petite peste toi. Je répète ma question, que fais-tu ici ?

— Je vous l’ai dit, je cueillais des mûres.

Il s’approcha et lui pris le menton entre deux doigts.

— Dans ce cas, pourquoi nous espionnais-tu ?

Marie se dégagea d’un brusque mouvement de tête sur le côté.

— Je ne vous espionnais pas, je suis tombée sur vous par hasard.

Elle avait beau donner des explications, il ne l’écoutait pas.

— Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire de toi ? demanda-t-il après un instant.

Il ferma fermement la main sur la garde de son épée. Il s’apprêta à la brandir mais il interrompit son geste. Il hésitait.

— Tu ne vas quand même pas la tuer ? demanda le mercenaire qui tenait la jeune fille.

— Tais-toi ! Je réfléchis.

— Mais ce n’est encore qu’une enfant.

Il dévisagea son compagnon, puis finit par lâcher son arme.

— D’accord, on l’emmène.

Le mercenaire força Marie à avancer. Ils n’avaient pas fait quelques pas, que l’homme en tête, se retourna. Il fixa la jeune fille et dit :

— Tient toi tranquille, compris ?

Elle hocha la tête

— Pff, quand Lord Phorus va apprendre ça, il ne va pas être content.

En entendant ce nom, Marie tressaillit. Qu’avait avoir le chef de l’armée royale avec des mercenaires ?

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