Chapitre 5 : Retour à Châtaigne (4/9)

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Lorsqu’ils approchèrent des portes de Rosépine, le soldat de faction signala leur arrivée d’une voix forte. Maintenant qu’ils avaient accepté la réalité de l’attaque subie par Châtaigne, le conseil avait ordonné que la garde soit renforcée. Désormais la grille ne s’ouvrait plus que pour le passage des habitants et tout nouveau venu devait attendre l’accord des dirigeants locaux pour de se voir accorder l’entrée.

Comme les jeunes progressaient en direction de la maison de Rosalie, le visage de Matt s’illumina.

Rionnel se reposait sur une chaise en bois, devant l’herboristerie. Torse-nu mais les épaules couvertes par une fourrure, un grand bandage lui barrait l'abdomen. Il avait meilleure mine que la veille, mais restait pâle. Les jeunes le saluèrent mais sans s’attarder auprès de lui, sachant que le soldat avait besoin de repos. Ils reprirent leur marche, régulièrement interrompue par des habitants qui les saluaient ou posaient des questions au sujet des évènements de l’auberge.

Thuran remarqua un duo de guerriers équipés de lames courbes, comme ceux qu'il avait déjà vus avant leur procès. Mais avant qu’il n’ait pu interroger Rosalie à leur sujet, il aperçut une femme qui lui était familière : elle s'appelait Alba ou Alva, il n’était plus très sûr. L’important étant qu’elle n'était pas de Rosépine mais de Douce-Neige.

— Rosalie, pourquoi y'a-t-il autant de visiteurs en ce moment ? demanda-t-il.

— Tu as remarqué ? Dans deux semaines une expédition commerciale va partir pour Frerilan, expliqua-t-elle. Elle rassemblera les marchands de cinq bourgades frontalières, dont Rosépine. C’est un évènement qui n’arrive que tous les cinq ans et, cette année, c’est maman qui l'organise.

Elle s'arrêta pour fixer les deux garçons.

— D'ailleurs je dois l’accompagner. Ça vous dirait de venir avec nous ? Le voyage paraîtra moins long si vous m’accompagnez !

Thuran fronça les sourcils, mais n'hésita pas. Sa décision était prise depuis la veille.

— Désolé, je ne connais personne là-bas. Pour le moment… Je ne sais pas encore exactement quand, mais je vais rentrer à Karolak. Les contacts commerciaux de mon oncle pourront peut-être répondre à certaines de mes questions et j'y ai des amis qui pourraient m'aider.

Une bande de mercenaires le poursuivait alors qu’il n’était rien qu'un jeune nain du bas peuple, comme il y en avait des centaines, sans aucun talent particulier. Et Darek n’était plus là. Il devait partir en quête de réponses. Matt approuva de la tête puis répondit à son tour.

— Pour ma part, je ne peux pas partir tant que je ne sais pas où est ma famille.

La jeune femme eu l'air légèrement déçue, mais elle acquiesça sans discuter. Arrivés à la maison des Summer ils furent aussitôt hélés par la voix de Maria.

— Rosalie ? C’est vous, vous pouvez venir ?

Elle provenait du salon, les jeunes s’y rendirent pour la découvrir en compagnie du capitaine de la garde de Rosépine, Patrek. Ce dernier était assis dans un fauteuil contre lequel reposait une canne, dont il avait probablement besoin pour se déplacer. Mais en dehors de ce détail, il avait l'air en bonne santé. Debout dès le lendemain d’une telle estocade, il avait eu une chance formidable !

— Ah, les garçons, justement nous parlions de vous ! Asseyez-vous, je vous en prie, les accueillit la marchande.

Ils s’assirent sur un canapé confortable en velours rouge, dans l’expectative. Comme à son habitude, la mère de Rosalie alla droit au but.

— Nous avons décidé de monter une expédition pour Châtaigne.

Le cœur de Thuran bondit. Il était temps !

— Nous allons envoyer un groupe léger, continua-t-elle. L’objectif est de récolter des informations pour décider de la suite. Il sera composé de volontaires et dirigé par trois hommes. Mon mari pour commencer, Stan représentera la garde de Rosépine…

— Je ne suis pas assez en forme pour monter en selle, justifia Patrek.

— Et nous avons par ailleurs mandé Kylian Farraver de Seille-sur-Vic, acheva Maria. Il devrait arriver demain avec un ou deux hommes à lui, ajouta la marchande.

— Qui est-ce ? demanda Matt.

— C'est un maître-chasse, je le connais. Mon oncle l'appréciait, il m'a dit une fois que Farraver était le meilleur pisteur qu'il ait vu à l'œuvre, approuva Thuran. Je ne l’avais pas pris très au sérieux à l’époque, un tel jugement de la part d'un marchand qui n'y connaissait rien... Mais c'est sans doute le plus apte à guider une telle expédition.

— Sa ville est située en bordure de la forêt du Vic, elle fournit l'essentiel du gibier consommé dans la région, précisa Rosalie.

Décidément, la jeune femme était très au courant des affaires commerciales du Gareldor, remarqua le nain. Maria tourna son regard vers lui et il se sentit soudain sous pression.

— Je suis désolée pour ton oncle Thuran. Et d'autant plus désolée de devoir te demander ça mais... Nous avons grand besoin des magicytes qu'il devait nous livrer. Il faudra longtemps pour qu'un autre colporteur nain puisse venir, ce ne sera sans doute pas avant la prochaine saison. On ne peut pas attendre, d'ici une semaine ou deux nous serons à court. Saurais-tu où se trouvent les gemmes que vous aviez avec vous ?

Le nain baissa la tête pour réfléchir un instant puis il regarda la marchande droit dans les yeux.

— Je peux peut-être les retrouver, mais je veux accompagner l'expédition !

— Ce voyage n’est pas sans danger, lorsqu’ils reviendront nous monteront sans doute une deuxième opération pour récupérer ce qui peut l'être et alors...

— Je ne serai pas une gêne, assura le nain. Et la présence de quelqu'un qui connait les lieux et a vécu les évènements peut être utile !

Thuran avait besoin de voir la ville, besoin de certitudes. Et s'il avait une chance de trouver quoi que ce soit concernant Darek, il devait la saisir au plus tôt.

Matt se leva à son tour.

— Je veux y aller aussi.

— Matt... intervint Rosalie.

— Plus le temps passe, plus ma mère et ma sœur s’éloignent. Si ce maître-chasse dont vous parlez est si doué, il est notre meilleure chance de trouver une piste !

Maria se tourna vers Patrek, qui sourit et hocha la tête.

— C'est d'accord.

Rosalie grimaça.

— Mère, je voudrais… commença-t-elle.

— Non, toi tu restes.

— Mais…

— Pas de mais ! J’ai besoin de toi pour préparer notre opération à Frerilan, il ne nous reste plus beaucoup de temps. On a pris du retard avec toute cette histoire, sans compter que normalement les commerçants de Châtaigne devaient participer…

— Vous partirez dans deux jours, à l’aube, déclara Patrek. Tâchez d'être bien reposés. Vous vous rassemblerez devant les portes de la ville, je m'occupe de vous faire préparer une monture à chacun.

— On y sera ! répondirent-ils d'une seule voix, une détermination nouvelle dans le regard.

— Vous pouvez y aller, conclut Maria.

Les trois jeunes se levèrent et montèrent à l’étage, se regroupant dans la grande chambre que partageaient les garçons.

— Tu es sûr d’être prêt à voir ça ? demanda le nain à son ami. Pour moi, Châtaigne c’est des souvenirs, mais toi… c’est toute ta vie.

Matt resta silencieux un instant, la tête basse. Il s’assit sur son lit puis afficha un air résolu.

— Je dois le faire pour ma famille. Et puis… je dois le voir de mes propres yeux...

Thuran acquiesça gravement.

— Soyez tout de même prudents, fit Rosalie l'air un peu déprimée.

— Ne t'inquiète pas, tout se passera bien ! assura Matt.

Il restait un jour et demi avant le départ et il passa très vite pour Thuran. Rosalie devait aider sa mère dans les préparatifs du voyage vers Frerilan, ce qui consistait pour l'essentiel à faire de multiples inventaires. Et comme le nain avait de l’expérience en la matière, il fut largement mis à contribution. Matt les suivait, histoire de ne pas rester seul, même s'il s'ennuyait visiblement.

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