Chapitre 7 : Le lac du Radian (6/8)

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Face à quatre adversaires en pleine forme, la jeune femme s'élança droit vers le leader du groupe. En arrivant à proximité de son adversaire elle plia ses genoux et pivota pour tenter de balayer les jambes de Teresa, mais cette dernière réagit en faisant deux pas sur le côté pour l'esquiver sans précipitation. Rosalie se redressa alors vivement, le poing levé et visant au visage.

La réponse de la mercenaire fut aussi soudaine que brutale : elle saisit la main de la blonde au vol et lui fit faire une rotation contre nature. Le bruit d’un os meurtrit se fit entendre et Rosalie se retrouva contrainte de lui montrer le dos en étouffant un cri de surprise mêlé de douleur.

Cet échange s'était déroulé en une poignée de secondes, trop court pour que Thuran réalise comment son amie si impressionnante avait pu être maîtrisée aussi aisément.

Teresa ne s'arrêta pas là, elle se saisit de l'autre main de sa victime puis appliqua un genou contre le dos de la jeune femme et tira. Forcée de s'agenouiller, Rosalie hoqueta tandis que la mercenaire martyrisait ses articulations. Elle était totalement à sa merci.

— Rosalie ! s'écria Matt d’un air désespéré, assistant impuissant à la scène.

— Calmez-vous, ce serait vraiment dommage de m’obliger à abimer cette petite merveille, menaça Teresa.

Elle tira davantage sur les membres de la jeune femme qui gémit de plus belle.

— Arrêtez ! s'exclama le nain à son tour.

Thuran fit le tour des lieux du regard. Erik, resté à terre non loin d'eux, lui rendit un regard impuissant. Il serra les dents et sa prise sur son épée avant de fixer Teresa droit dans les yeux.

— Suis-nous sans faire d'histoires et je laisserai les deux garçons vivre, proposa-t-elle calmement.

— C’est un engagement ?

— N'oublie pas ta position… lâche ton arme, tout de suite !

Le nain jeta un ultime regard plein de colère à la cheffe des bandits avant de jeter la lame vers elle. Le métal tinta contre les caillasses.

— Thuran ! s'écria Matt désemparé.

Teresa approuva sa décision de la tête.

— Vous autres, ficelez le nain, ordonna-t-elle à ses derniers hommes en état.

— Et Rosalie ? demanda le nain, d’une voix mal assurée.

La guerrière sourit avec férocité et relâcha la tension qu’elle exerçait sur les bras de la jeune femme, lui permettant de se redresser.

— Tourne-toi ! ordonna la guerrière en libérant un de ses bras.

La blonde s'exécuta puis sa tortionnaire la saisit fermement par les épaules. La jeune femme n'essaya même pas d'y échapper, elle semblait à bout de force.

— Qu’en dis-tu ma jolie, ça ne te dirait vraiment pas de rejoindre mon groupe ? Quelques places viennent justement de se libérer...

La mercenaire jeta un œil en direction des cadavres de ses hommes.

— Je pourrai même te faire une place dans mon lit si tu es bien sage, ajouta Teresa.

Cette phrase sembla ranimer un peu la combattivité de Rosalie, mais la mercenaire se contenta de serrer sa prise pour la calmer.

Thuran bouillait de rage tandis qu'un bandit s'occupait de lui lier les mains dans le dos.

— Allons, allons, tu aurais la belle vie avec moi ! promit Teresa en éclatant de rire.

Sans prévenir, la cheffe des bandits se baissa et plaqua ses lèvres contre celles de sa proie, tout en la maintenant immobilisée. Les bandits qui les entouraient se mirent à ricaner, du moins jusqu’à ce que Teresa émette un grognement et relâche soudainement son étreinte. Elle cracha un peu de sang et jeta violemment la jeune femme au sol.

— Petite peste ! Elle m’a mordu la langue ! s’écria la mercenaire d’une voix légèrement altérée.

Rosalie tenta de se relever, tremblante, mais la mercenaire lui asséna une puissante volée au visage, la renvoyant à terre. La colère avait remplacé la touche d’amusement qu’elle avait jusque-là dans les yeux.

— Tant pis pour toi fillette, tu l’auras voulu !

La guerrière lança un coup de pied au ventre de la jeune femme, l'envoyant rouler vers de le lac, incapable de résister. Rosalie se redressa néanmoins, péniblement, le visage marqué et le nez en sang.

— Rosalie ! s’écria Matt en se relevant, oubliant totalement sa blessure.

Le jeune homme prit un coup de la part de l'un des bandits qui les tenait en respect, Thuran et lui, le pliant en deux. Le nain bascula en avant sous l’impulsion de son gardien lui aussi, sans doute pour lui éviter la tentation d'une « action héroïque ». De toute façon, il avait les mains liées. Erik n’était visiblement pas en état de bouger. La jeune femme n’avait personne sur qui compter !

Teresa se baissa, la saisit par la gorge et la souleva à la seule force de son bras. Des larmes roulaient finalement sur les joues de sa victime.

— Il est temps de faire tes prières, annonça Teresa de façon théâtrale.

— Non ! réagit Matt.

Le jeune homme tenta de se relever, mais le bandit à ses côtés lui expédia un nouveau coup au visage avec un air moqueur.

La cheffe des mercenaires commença alors à resserrer sa poigne sur la gorge de Rosalie, qui se mit à émettre des sons gutturaux.

Thuran se démenait pour se redresser, les mains bloquées dans le dos.

— NON !

Le cri de Tomas résonna aussi fort que les poumons du jeune homme en étaient capables. Le nain, partageant sa détresse, tourna son regard vers lui. Le bandit aux côtés du jeune homme avait déjà armé son bras mais, de façon surprenante, il garda sa position. Il resta immobile, comme s’il hésitait finalement à frapper. Thuran regarda cet homme dans les yeux et y vit de l'incompréhension. Puis il remarqua que le bras levé virait au bleu, il se couvrait progressivement de glace !

Matt se releva alors machinalement, sans dire un mot. Quand le nain le détailla avec attention, son cœur bondit. Les yeux du jeune homme avaient viré au blanc, ses iris avaient totalement disparu. Matt leva le bras droit devant lui, tendu, la paume ouverte vers de Teresa.

— Qu’est-ce que ?!

La cheffe des bandits avait remarqué cet étrange manège elle aussi. Elle relâcha la prise sur la gorge de Rosalie qui s’effondra, inanimée.

Thuran était péniblement parvenu à se mettre sur ses genoux quand il remarqua que l'eau du lac reculait derrière Matt. Elle ne se contentait pas de se retirer, elle se soulevait également ! En quelques instants un mur d’eau d’une trentaine de pieds de haut s’était formé !

— Impossible ! réagit le bandit aux côtés du nain, médusé.

— Tuez-le ! Vite ! s'écria Teresa.

Ses hommes n'eurent pas le temps de faire un geste. Le mur d'eau céda d'un coup, prenant la forme d’une vague gigantesque qui déferla sur la petite plage. Face à la puissance de ce torrent, rien ne pouvait résister : les arbres les plus proches furent déracinés sur le coup, les bandits poussèrent de brefs hurlements avant d'être écrabouillés l’un après l’autre. Certains tentèrent de fuir ou de s'abriter dans un effort totalement vain : rien ne pouvait les protéger de ce cataclysme. Tout le secteur, bien au-delà du champ de bataille, fut bientôt écrasé sous une pression d’eau monstrueuse.

Au beau milieu de cette scène de dévastation, pas une goutte n’atteignit le nain, médusé. Il regardait le liquide qui le contournait, comme s'il était protégé par un mur. Une sorte de tourbillon s’était formé autour de lui !

Si cela dura dix secondes ou dix minutes, Thuran était incapable de le dire. Ce temps passé au milieu de ces flots déchaînés, dépassé par les évènements et sans aucune idée du sort de ses amis, lui sembla durer une éternité. L’eau finit cependant par se retirer, elle reflua naturellement dans le creux du lac en ne laissant que désolation derrière elle.

La première chose que vit le nain, c'est qu'un phénomène identique avait également protégé ses amis. Ses craintes eurent à peine le temps de retomber qu'il vit les galets rouler, la terre et les débris de végétaux qui s'étalaient partout. Les corps des bandits réapparurent à leur tour, mais dans un état difficilement descriptible : amas de chair ensanglantée, ils étaient écrasés comme si une montagne leur était tombée dessus. Armes et armures avait été aplaties comme du papier.

Au cœur de cet environnement chaotique, Erik était toujours à genoux, les mains sur son côté blessé, des yeux ronds comme des soucoupes. Rosalie était étendue au sol, sans connaissance. Quant à Matt, les yeux toujours aussi vides, comme possédé, il marchait machinalement vers de Teresa.

La cheffe des mercenaires était elle aussi indemne ! Au centre de la dévastation et non loin de Rosalie, elle avait été protégée elle aussi. En la regardant attentivement, intrigué par l'absence de mouvement de sa part, Thuran remarqua que son corps avait un teint étrangement bleuté. Il était couvert d’une fine couche de glace.

Teresa ne paraissait pas pouvoir bouger un cil, seules ses lèvres s’animèrent, très légèrement, lorsque Matt s’arrêta devant elle.

— M…monstre ! souffla-t-elle.

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