Le Plouf de l'Indécis

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Pauline traîne les pieds en traversant le parc. Elle a peut-être pas été punie par l'Ordre mais elle a que des contrats nuls depuis ! Y a eu le vieux monsieur dans son lit, tout seul dans sa grande maison, un Indécis qui a mis une éternité à avaler ses cachets, un nouveau tour à la maison "Au doux repos" mais juste pour une mamie et surtout... surtout !.. les trois contrats pour les monsieurs et la dame qui dormaient dehors ! Pauline frissonne encore : la dame avait un gros chien très méchant ! Les contrats de miséni... méséri... machin-corde, c'est pour Maman ! Pauline, elle préfère les contrats de masse comme Papa. C'est beaucoup plus classe !


Pfff... Voilà, elle est arrivée. Le grand pont en pierre de l'autre côté du parc, celui qui fait traverser le fleuve. Aujourd'hui, c'est encore un Indécis ! Et en plus, il fait ça dehors alors qu'il fait super froid ! Faut vraiment être bête... Est-ce qu'il a pensé à Pauline qui va devoir attendre sans se transformer en glaçon ? Non ? Eh ben, c'est pas gentil ! Mais c'est pas grave, Pauline s'en fiche. C'est une pro maintenant et elle fauchera si bien cette âme que l'Ordre lui redonnera des contrats aussi cools que celui de Noël !


Ah ben le voilà, tiens, son contrat ! Il en fait une tête... Faut sourire dans la vie, on lui a pas dit ? Il s'arrête au milieu du pont et se met à regarder l'eau dessous. Parfait, il est au bon endroit. Y a plus qu'à attendre qu'il saute ! Pauline souffle sur ses doigts et sautille sur place. Au moins, avec le froid, il devrait vite se décider ! Ou pas...


Pauline fait des allers-retours derrière le monsieur. Il reste là, à regarder l'eau... Qu'est-ce que ça a de passionnant ? Il fait presque nuit maintenant et Pauline ne sent plus ses doigts à force ! Mais elle résiste. Elle doit faire ça bien si elle veut retrouver les contrats cools. Ah, ça y est ! Il bouge ! Il enjambe la barrière. C'est pour bientôt, enfin ! Il n'a plus qu'à sauter et elle pourra faire son travail. Et surtout rentrer au chaud ! Pauline se tient prête. Voilà, il se penche dans le vide, ses doigts lâchent la barrière, il bascule, tombe... et PLOUF ! Eh mais... Comment Pauline est sensée le faucher maintenant ? Et voilà qu'il s'en va, emporté par le courant...


- Hey ! Reviens !


Pauline court pour le rattraper mais il va vite. Heureusement pour elle, le monsieur essaye de nager vers le bord, vers elle...


Fuuu... Fuuu... Pauline a du mal à respirer à force de courir mais ça y est, elle a rattrapé son contrat ! Il est accroché à un tas de branches, dans l'eau. Il n'est pas très loin du bord, il pourrait faire un effort quand même !


- Allez, viens là, quoi !


Mais non, il reste accroché... Pauline commence à avoir peur : et s'il meure là et qu'elle rate son âme, à lui aussi ? Bon ben, plus le choix... Pauline enlève ses chaussures à paillettes et sa cape lapin pour pas les abîmer. Il manquerait plus que ça ! Et zou, elle file dans l'eau. C'est glacé et elle claque des dents. Vite, qu'elle puisse rentrer à la maison ! Elle est obligée de s'avancer loin ! Elle a l'eau jusque sous les bras, l'horreur ! Elle peut pas aller plus loin sinon le courant va l'emporter et elle sera bien embêtée ! Pauline attrape sa faux par le bout du manche pour aller le plus loin possible. Mais c'est pas très précis comme ça ! Le premier coup : plaf, dans l'eau. Le deuxième : ploc, les branches. Mais au troisième : vlam, enfin ! Mission accomplie ! Pauline se dépêche de revenir au sec.


Voilà, elle a froid, elle est trempée... Si elle remet ses chaussures et sa cape, elles seront toutes sales ! Elle va devoir retraverser le parc et touuuuute la rue jusque chez elle, comme ça ! Ça lui apprendra de vouloir faire les choses bien ! C'est décidé : le prochain Indécis qu'elle croise, elle le fauche direct ! 

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Pièce de Tetris... lumière orangée de fin du monde... Les balcons comme des canots de sauvetage arrimés au bateau... Il doit bien y avoir un moyen d'écrire sur ces trois idées.
Elle tape quelques mots sur son clavier puis les efface.
Ce matin, la machine à imaginer semble un peu grippée.

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Alain Foucault
C'était bien avant la création.

En fait, il n'y avait pas de création...
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