Chapitre 12

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Cela faisait déjà deux mois que j'étais internée. Toute les journées se ressemblent. Je n'avais pas eu de crise depuis mon entrée mais je redoutais le jour où elles arriveraient. Après avoir pris mon petit déjeuner, je me changeai, mis ma tenue de sport qu'Emma m'avais donné et partie courir pendant une heure. Les première fois, je ne courais qu'à peine vingt minutes et aujourd'hui je pouvais courir pendant une heure sans être essoufflée. Plus je courais longtemps, plus je courais vite. Après ma séance, je pris ma douche et me coucha dans mon lit pour lire un peu avant mon rendez-vous avec le Dr Cain. Cependant au moment où je voulus sortir de ma chambre, je vis ma mère entrer.

"-Maman ? Mais...

-Tu me fait honte, Elena. Qui t'as mis cette idée idiote dans la tête. Qu'elle idée de te faire interner ?

-Je l'ai fait pour protéger ma famille.

-C'est en restant auprès d'eux que tu les aurais protégés, Elena. Tu me déçois, vraiment. Je m'attendais à ce que tu continues ce que j'avais mis en place. Et je ne m'attendais encore moins à ce que tu épouse cette insignifiante paysanne.

-Ne parlez pas d'Océane ainsi ! Sinon...

-Tu vas me faire quoi, Elena ?

-Vous êtes morte, vous n'êtes pas là.

-Oh mais je suis toujours en vie, les balles à blanc tu connais ? Par contre, toi tu ne mérites pas de vivre."

Ses mains se refermèrent autour de mon cou, serrant de plus en plus fort. L'oxygène commençais à manquer, j'avais l'impression que ma tête allait exploser et je me rappelai Marc. Subitement, un autre visage remplaça celui de ma mère, une patiente.

"-Ta mère a tué ma compagne. Vingt ans que je suis enfermée ici à cause d'elle. Tu mérites de mourir comme elle morte."

Un autre visage apparut dans mon champs de vision devenu trouble, celui du Dr Cain et la femme au-dessus de moi me relâcha. Je repris ma respiration rapidement au pris d'une douleur et je fus prise d'une quinte de toux m'arrachant des glaires sanglant. Mon corps entier était en feu, privé d'oxygène. D'autre membres du corps soignant arrivèrent dans ma chambre, emmenant l’agresseuse je ne sais où et plaquant un masque à oxygène sur ma bouche et mon nez. Peu de temps après, je sentis une aiguille entrer dans mon bras et je sombrai dans l'inconscience, la douleur s'évaporant.

Je me réveillai à l'infirmerie de l'hôpital, plusieurs médecins autour de moi ainsi que le Dr Langstone. Ils me parlaient mais je ne leur prêtai pas attention, me renfermant dans mes pensées. Tout était noir, mes pensées était brouillon. Je ne voyais rien, je n'entendais rien. Je sentis cependant qu'on me transportait, dans ma chambre sûrement. Je m'assise sur le lit, dos contre le mur et je replia mes genoux contre ma poitrine.

"-Dr Cain, je crois qu'il faudrait appeler sa femme. Il est fort probable qu'elle soit la seule à pouvoir la faire sortir de sa torpeur. Commenta le Dr Langstone

-Sait-elle au moins que vous étes ici ?

-Non, je suis partie en urgence dès que j'ai reçu votre appel.

-Comment croyez-vous que la reine va réagir en apprenant que sa femme a été agresser au sein de l'hôpital par un de nos patients ? Nous ne voulons pas de procès.

-Ne vous inquiétez pas pour ça.

-Alors appeler là."

Le Dr Langstone sortie de la chambre de sa patiente et pris son téléphone pour appeler Océane. Celle-ci répondit aussitôt.

"-Allo ? Docteur, nous vous cherchions, Élise s'est blessée en jouant.

-Il y a plus grave, Majesté. Elena s'est faite agresser.

-Quoi ? Mais comment ça ? Je croyais qu'elle était en sécurité à l'hôpital.

-Elle l'est mais elle s'est fait agresser par une patiente. La mère d'Elena avait tué sa compagne.

-Comment elle va ?

-Très mal. Elle s'est renfermée sur elle-même. Nous n'arrivons plus à avoir le moindre contact.

-J'arrive tout de suite."

Après avoir raccrocher, Océane appela le chef de la garde lui demandant de préparer une voiture en urgence. Elle retrouva ensuite Emma, lui expliqua ce qu'elle venait d'apprendre et lui demanda de veillez sur les enfants jusqu'à son retour. Moins de dix minutes après l'appel du Dr Langston, elle était dans la voiture qui se mit à rouler le plus vite possible, même en dépassant les limites de vitesse. Elle arriva au bout de quarante minutes. Sans attendre qu'on lui ouvre la porte, elle sortit de la voiture et couru jusqu'à la porte de l'hôpital ou l'attendais le Dr Langstone.

"-Où est-elle ? Demanda-t-elle à peine essoufflée par sa course.

-Dans sa chambre. Suivez-moi.

-Comment ça à pût se produire ?

-Elena se trouve dans un bloc avec beaucoup moins de protection que les autres. Les patients ont plus de liberté. L'agresseuse à dû apprendre qui elle était. Et Elena n’a pas réagi car elle était en pleine crise au même moment. Elle avait rendez-vous avec le Dr Cain qui en ne la voyant pas arriver et aller la chercher dans sa chambre. Elle est arrivée juste à temps. C'est sa chambre. Avec les autres soignant on voit attend à l'extérieur.

-Merci."

En entra dans la chambre, elle vit sa femme sur son lit, dans un coin de la pièce, le genoux replié contre sa poitrine, sa tête entre ses bras. Elle tenta de l'appeler mais n'obtient aucune réaction. Avec précaution, elle s'avança, s'assise à côté d'elle et passa ses bras autour d'elle en chuchotant son nom.

Je sentis que quelqu'un s'approchait de moi mais n'y fis pas attention. Ce fut seulement quand je sentis des bras m'enserrer la taille, chuchoter mon nom que je sus que c'était Océane. Son parfum que je n'avais jamais oublié ayant pris l'un de ses tee-shirt revint comme un boumerang. Ce parfum aurait dû me sortir de ma transe mais je n'y parvins pas. Je ne voulais pas. Je laissai alors seulement ma tête glisser sur son épaule, en fermant les yeux tout en continuant de respirer son odeur. Je parvins enfin à m'endormir au rythme de sa respiration, de son souffle dans mes cheveux alors que la mienne me faisait encore mal.

Je me réveillai dans ma chambre, perdue. Mais je sentis le souffle chaud d'Océane dans ma nuque et son parfum m'enivra. Je me levai et me changea sans la réveiller. Je pris une feuille et un stylo et lui écrivit que j'allais prendre mon petit déjeuner avant d'aller courir. Elle me retrouva à la salle de sport alors que j'avais commencé depuis une demi-heure. Elle s'assise à côté et me laissa fini sans rien dire.

"-Merci. Lui dis-je une voix que j'eu fini, en attrapa ma serviette.

-Qu'est-ce qu'il s'est passer.

-Ma mère a essayé de me tuer. Enfin ne crois.

-Ce n'était pas ta mère mais une femme dont ta mère a tué sa compagne.

-J'ai encore fait une crise ?

-Malheureusement oui. C'est pour ça que tu n'as pas réagi tout de suite.

-Tu es rester toute la nuit ?

-Je n'allait pas te laisser. Fais-moi voir ton cou.

-Non. Ce n'est rien.

-Elena ! S'il te plait. Les médecin m'ont dit qu'en reprenant ta respiration tu avais crashé des glaire de sang.

-Si tu veux.

-Ça te fait mal ? Demanda-t-elle en palpant doucement sur les marques bleu

-Plus maintenant. Mais respirer encore un peu. Le sport m'aide beaucoup.

-J'ai vu que tu pouvais courir pendant une heure.

-Oui. Je baissai les yeux et Océane l'interpréta mal

-Ne te renferme pas sur toi, Elena. Pas maintenant. S'il te plait.

-Ce n'était pas mon intention. Je te remercier d'être venue. Tu m'as manquée.

-Toi aussi, Elena. Et aux enfants aussi.

-Je suis désolée. Je vois bien qu'ici ou au château je suis autant un danger pour moi que pour les autres...

-Ne dit pas ça.

-C'est pourtant la vérité. On a essayé de me tuer parce que je suis la fille de ma mère et je n'ai pas réagi parce que je croyais parler avec elle malgré toute les horreurs qu'elle m’a dite. Mais au moins au château je suis avec ma famille, entourée par ceux qui m'aime et qui ferons tout pour me protéger.

-Tu compte rentrer avec moi ? C'est ce que tu essayes de me dire ?

-Je ne sais pas. Je ne sais même pas si ce que j'ai dit avait un sens. Laissons le choix au Dr Cain. D’accord ?

-Faisons comme ça."

On retourna dans ma chambre et Océane voulu me sortir une tenue. Elle refit ensuite mon lit et tomba sur son tee-shirt que j'avais mis sous mon oreiller.

"-Alors c'est toi qui me l'avais pris ? Je n’ai pas arrêté de le chercher.

-Oui. Ça m’a aidé à ne pas perdre la tête. Dison qu'à chaque fois que je pensais faire une crise...et bah...

-J'ai compris, mon odeur. C'est comme ça que tu as compris que c'était moi hier.

-Oui."

Je m'assise sur le lit à côté d'elle et me sera dans ses bras. Son contact m’avait manqué, malgré les brûlures de la dernière fois. Son souffle et la caresse de ses doigts sur ma peau m'avait terriblement manqué. A midi trente, on se rendis à la cafétéria pour manger et le Dr Cain ainsi que le Dr Langstone nous rejoignis.

"-Vous voyais, docteur, j'ai eu raison d'appeler sa femme.

-J'avoue, vous avez eu raison. Que comptez-vous faire Madame De Stinley ?

-A vous de me dire mais je crois que je serais mieux auprès de ma famille.

-D'après ce que j'ai vu, votre femme est votre point de repère entre la réalité et votre imaginaire. Ce serait un crime de vous séparer de votre encrage.

-Dois-je comprendre qu'elle peut rentrer ? Demanda Océane

-Je ne vois pas d'inconvénient. Vous auriez été un autre patient j'aurais dit non mais vous avez un médecin pour vous seul H24. Si cela ne vous dérange pas évidement. C'est vous qui avez décidé de venir la première fois.

-Je crois que c'est mieux pour moi aussi."

Une heure plus tard, nous étions en route pour le château. Quand la voiture entra dans la cour, je vis mes enfants accourir. Ils m’enlacèrent en me voyant sortir, même Ben.

"-Doucement les enfants ! Intervint Océane. Maman est fatigué.

-C'est gentil, Océane mais je crois que ça va aller.

-Tu es sur ? Rentrons avant d'attraper froid.

-Ben, Élise, allez prévenir Tatie Emma de mon retour. Demandez-lui de me préparer de quoi manger.

-D'accord."

Ils partirent aussitôt et Océane attrapa ma valise. Je la suivie dans notre chambre et m'assise au milieu du lit, en tailleur tandis qu'elle vidait ma valise.

"-Elle t'as dit quoi cette fois-ci ?

-Qui ça ?

-Bah ta mère, pendant ta crise.

-Oh, tu parlais de ça. Dis-je en baissant les yeux

-Ça ne vas pas ? Elle laissa tomber la valise et vint s'assoir à mes côtés

-Ce n'est pas ça. C'est juste que...tu ne voudrais pas savoir, sérieusement.

-Ses paroles t'on blessés à ce point ?"

Pour la première fois depuis l'agression, je m’effondrai en pleurs dans ses bras. Elle attendit patiemment tout en me frottant le dos. Après avoir repris contenance, je lui expliquai entre deux sanglots tout ce que ma mère imaginaire m'avait dit.

"-Je suis un boulet. Pour elle et même pour toi...

-Tu n'es absolument pas un boulet, Elena. Dit-elle sans me laisser finir. Tu as imaginé ce que ta mère t'aurais dit, une mère qui n'as jamais chercher à te montrer son amour pour toi, une mère qui t'as tenu à l'écart du monde réel soi-disant pour te protéger mais surtout pour pouvoir te contrôler. Et je t'ai choisie, Elena, en t'épousant. Même si tu devais oublier qui je suis, même si tu devais mettre un autre visage sur le mien et ne pas t'en rendre compte, je ne regretterais pas de t'avoir épousée. Ce n'était en rien un erreur et tu n'es en rien mon boulet. Enfin mon boulet d'amour si tu préfères, celui qui me tient en vie.

-Ça marche. Dis-je avec un sourire

-J'étais sûr que cette dernière blague allait réussir. Tu devrais essayer de dormir un peu. La journée a été éprouvante.

-Tu peux rester avec moi ? Demandai-je comme si j'étais une enfant apeurée

-Faut que je parle aux enfants mais je vais rester jusqu'à ce que tu t’endormes.

-Merci."

Je l’embrassai et m'allongea sous la couverture, ma tête posée au creux de son épaule.

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