Chapitre 2

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J’étais levée depuis tôt ce matin et était partie m’installée sous le grand chêne. Depuis que les jumeaux étaient nés, je n’avais pas eu beaucoup d’occasion de me retrouver seule. Il fut un temps où je ne supportais pas cette solitude mais après plus de quinze ans de vie avec d’autre, je ne demandais que ça. Soit, je m’occupais des enfants, soit j’étais avec Océane soit je discutais avec mes conseillés. Je passais même de moins en moins de temps avec Emma. Depuis quinze ans, je gouvernais mon royaume sans relâche, alternant entre mon rôle de reine et mon rôle de mère et je n’avais jamais pris le moindre jours de repos depuis ma nuit de noce. J’avais certes Emma et Océane pour m’aider dans mes taches mais je m’épuisais de jour en jour. Je commençais à ne plus avoir envie de régner et vouloir faire comme mon père. Alors que le soleil commençait à se lever, je rentrai au château et retrouva le Dr Langstone à l’infirmerie. Je croisai Elise qui s’était blessée pendant la nuit et attendis qu’elle soit partie pour parler avec lui.

« -Que puis-je pour vous, Majesté ?

-J’ai besoin de quelque jours de congés. Je n’arrive plus à être heureuse dans ce que je fais.

-Pourquoi n’iriez-vous pas quelques jours dans un coin reculé avec votre famille ?

-Non, j’ai besoin d’être seule. Je veux dire sans femme, sans enfants et surtout sans couronne.

-Je voie, pourquoi n’iriez-vous une semaine chez votre grand-mère, Maria dans ce cas ? Je suis sûr qu’elle serait ravie de vous recevoir.

-Vous avez raison. La dernière fois que je l’ai vu c’était pour les dix ans des jumeaux.

-Votre santé physique et mental est importante Majesté. Vous risqueriez de faire des erreurs si vous êtes à ce point fatiguée.

-Je prend note de vos conseils docteur.

-J’espère bien majesté. »

Au petit déjeuner, Océane compris rapidement que quelque chose n’allait pas. Elle attendit que les enfants quittent la table pour me questionner.

« - Tu as quelque chose à me dire ?

-J’ai envie de partir une semaine chez ma grand-mère…seule.

-J’ai fait quelque chose qui t’as déplu.

-Ce n’est pas toi, ni même les enfants. C’est moi. J’ai besoin de vacances Océane. Je ne supporte plus ma routine, je ne supporte plus de rester enfermer au château et je commence à ne plus vouloir régner. J’espère que tu me comprends.

-Je comprend très bien Elena. Je sais à quel point régner et éduquer les enfants c’est épuisant. Je ne voudrais pas te perdre parce que tu te tues à une tache qui ne te plait plus. Ça te fera du bien de changer d’air.

-Merci Océane.

-Je sais à quel point c’est dur pour toi de rester enfermer au château alors fonce. Et si tu veux rester plus d’une semaine n’hésite surtout pas. Tant que tu reviens en pleine forme.

-Merci. J’ai bien cru au début que tu ne me laisserais jamais partir. Ajoutais-je en l’embrassant.

-Ça fait quatorze ans qu’on vit ensemble, qu’on se voit tous les jours. Je dois te laisser partir si tu en as envie.

-Et puis que sais-je, je reviendrais surement avec de bonnes idées.

-Je n’en doute pas un instant.

-Merci. Je vais en parler aux enfants. Et ils ne seront surement pas aussi compréhensif que toi. »

Comme prévu, je trouvai les enfants travaillant à la bibliothèque. Je les observai un moment avant qu’ils ne s’aperçoivent de ma présence.

« -Maman ? Je croyais qu’on travaillait seuls aujourd’hui. Commença Elise

-Je ne suis pas là pour ça ma puce. Il faut que je vous dise quelque chose.

-OK. Enchaina Ben en posant son stylo visiblement contrarié.

-Je vais partir quelque jours chez grand-mère Maria. Et j’y vais seule. Vous resterez avec maman pendant ce temps.

-Pourquoi tu pars sans nous ? S’inquiéta Elise

-J’ai besoin de prendre des vacances ma chérie. Mais je vous promets que la prochaine fois que j’y retourne vous venez avec moi.

-Bon, d’accord.

-Tu ne pense jamais à nous de toute façon ! Enchaine Ben furieux en quittant la bibliothèque.

-Ben ! Reviens ici ! Mais il était déjà parti

-Non, m’arrêta ma fille. Laisse le seul un moment avant d’aller lui parler. Il t’en veut mais je n’arrive jamais à savoir pourquoi. Il ne veut pas m’en parler.

-A moi non plus il ne veut pas parler malheureusement. Ça te dérange que je parte sans vous ?

-Bien sûr mais tu as le droit d’avoir envie de vacances seule. Si tu étais partie avec maman et sans nous, je n’aurais pas compris mais là c’est bon.

-Merci ma puce. J’avais peur que tu réagisses comme ton frère.

-Je ne suis pas Ben. Même si on est jumeaux nous sommes différents.

-Et heureusement. Allez, je te laisse travailler. Je t’aime ma puce. Lui dis-je en l’embrassant sur le front

-Je t’aime aussi maman. »

Je me rendis dans la cour et vit Ben jouer avec un chien du village et Estelle. Je n’osai pas m’approcher, ne faisant que les regarder puis je sentis Océane passer ses bras autour de ma taille et déposant un baisé dans mon cou. Elle resta cependant silencieuse pendant une minutes.

« -Ça s’est encore mal passé ? Demanda-t-elle

-Devine. Je n’y arrive pas, il lui ressemble trop.

-Je comprend Elena mais ton fils sent que quelque chose ne va pas. Il t’en veut et il en souffre.

-C’est tellement plus facile avec sa sœur.

-Il as besoin de sa mère, Elena ! Dit-elle en passant devant moi. Tu ne pourras pas le fuir éternellement.

-Je ne le fuis pas ! Je l’aime mais…je n’arrive pas à lui parler, je ne sais pas comment m’y prendre avec lui. Il grandit et as besoin de chose que je suis incapable de lui offrir. Un père.

-Je sais que ne pas avoir eu de modèle masculin durant ton enfance te pénalise dans ta relation avec ton fils mais explique-lui. Il est assez grand pour comprendre.

-Je ne sais pas. Comment ?

-Tu y arrive très bien avec Elise. C’est exactement la même chose sauf que Ben est un garçon.

-C’est différent avec elle. J’ai l’impression de me voir à son âge. Curieuse, joyeuse et têtue. Alors que Ben c’est le contraire. Il passe ses journée enfermé à la bibliothèque, à lire des livres dont j’ignore le sens.

-Tu n’as pas le droit de lui reprocher son intelligence et sa passion pour les études !

-Ce n’est pas ce que j’ai dit…

-C’est exactement ce que tu as dit, Elena ! Arrête de lui reprocher de ressembler à son père ou je t’enferme une journée seule avec lui dans une pièce.

-Tu as raison. Je vais aller lui parler.

-Tu vois quand tu veux. »

Je sortis dans la cour et demande à Estelle de me laisser seule avec mon fils. Elle accepta mais je vis que ça ne faisait pas plaisir à Ben. Il partit s’assoir sur les marches et je l’y rejoignis.

« -Ben, il faut qu’on parle.

-Si tu veux. Répondit-il en gardant les yeux rivés sur ses chaussures

-Tu m’en veux de ne pas m’occuper de toi autant que ta sœur ?

-Non pourquoi ?

-Regarde-moi dans les yeux et soit honnête. S’il te plait.

-Je ne veux pas…bon ok, c’est vrai.

-Je suis désolée mon chérie mais je ne sais pas quoi faire pour ne pas te vexer. Je ne sais pas quoi faire pour te rendre heureux. C’est plus simple avec ta sœur…

-Parce que tu n’as pas eu de modèle masculin pendant ton enfance ?

-C’est ça. Mon père est réapparu quand j’avais 20 ans. Il est venu à mon mariage, à votre naissance mais je ne l’ai pas revue depuis.

-Tu sais, je comprends Maman. Mais non plus je n’ai pas de modèle masculin et je ne fais pas d’effort pour améliorer notre relation.

-Est-ce que tu me le reproche ?

-De quoi ?

-De ne pas avoir de modèle masculin. D’avoir épousé une femme ?

-Un peu, c’est vrai mais si tu m’expliquais pourquoi peut-être que…

-Je ne peux pas ! Excuse-moi Ben mais ton père m’as fait beaucoup trop de mal et aujourd’hui encore c’est difficile pour moi d’en parler, même avec ta mère.

-C’est à cause de lui qui tu as ses cicatrices aux poignets ?

-Ben !

-Excuse-moi Maman.

-Je vas essayer de passer plus de temps avec toi, je te le promets.

-Et moi je te promets de faire plus d’effort pour ne pas te reprocher ce dont tu n’y es pour rien.

-Je t’aime mon chéri, tu le sais ? Lui dis-je en le prenant dans mes bras

-Je le sais Maman. Je t’aime aussi.

-Que dirais-tu de venir avec moi chez les grands-parents ?

-Tu es sûr ? Je croyais que tu voulais y aller seule pour te reposer.

-C’est vrai mais comme ça on pourra passer un peu de temps rien que tous les deux.

-Alors je veux bien.

-Prépare ta valise, on part demain maman. Mais interdiction d’emporter ta couronne de Prince.

-D’accord. »

Je le regardai se précipiter dans sa chambre, envoya un message à Maria pour la prévenir que Ben serait là et retourna dans ma chambre pour faire ma valise. Une heure plus tard, juste avant de manger, Océane entra dans la chambre.

« -Alors ? Demanda-t-elle en se recoiffant légèrement

-Je lui est proposé de venir avec moi chez Maria et il a accepté.

-Tu es sûr ? Tu devais te reposer.

-Certaine. Comme ça il passera du temps avec mon grand-père et avec moi. Ça avait l’air de lui faire plaisir.

-Est-ce qu’il ta poser des questions sur toi, sur son père ?

-Oui. Il m’a demandé si mes cicatrices aux poignets c’était de lui mais je ne lui aie pas répondu.

-Elena !

-C’est trop dur, Océane. Et je ne peux pas lui donner de réponses sans expliquer toute l’histoire.

-A ton retour on leur en parle. Ce n’est plus le moment de repousser cette discussion.

-On verra. »

Je préparai le voyage pendant le reste de la journée et aida Ben à faire sa valise. C’était la première fois qu’il sortait du château et ne savais pas quoi emmener. Quand j’avais dit à Estelle que je partais avec son frère, elle fut contente de voir qu’on allait enfin pourvoir discuter et passer quelques jours que tous les deux.

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