Milo Vertbouteille - Le Comité des Francs-sorciers

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Le Comité des francs-sorciers

L'auberge du « Sorcier Joyeux » était réputée pour sa bonne ambiance. C'était d'ailleurs le rendez-vous des étudiants es-magicae lorsqu'ils avaient besoin de se déstresser pendant des études ardues.

Pour Archibald, les études devaient être particulièrement stressantes, parce qu'on le trouvait bien plus souvent dans cette taverne que dans les salles de cours. Mais ce jour-là, il avait une excellente raison d'y être : le « Comité des Francs-Sorciers » y tenait sa réunion bimestrielle, et les cinq mages qui en faisaient partie avaient une question délicate à régler. On approchait du 9 Août, triste anniversaire pour les mages. C'est en effet à cette date que, sur ordre de l'inquisition, un apprenti avait été brûlé pour « sorcellerie maléfique » avant que son innocence ne soit démontrée. Le Grand Inquisiteur de l'époque avait dû présenter des excuses publiques et s'était engagé à ce que lui-même et ses successeurs les présentent à nouveau chaque année, pendant un siècle. Il restait quarante-six ans à tirer, mais une rumeur persistante affirmait que l'inquisiteur actuel était bien décidé à s'offrir une remise de peine.

_ Il n'osera pas nous snober, aucun ne l'a jamais fait.

_ Je tiens l'information de Maître Sylvestre lui-même, non seulement il ne viendra pas, mais il a choisi cette date pour déposer officiellement au Conseil des Archimages une liste de propositions de réforme du code des apprentis. Interdiction des festivités, abolitions des privilèges pour les mages de deux étoiles ou moins, interdiction pour les Comités de tenir leurs séances hors des murs de l'Université et je ne me souviens plus du reste…

_ On ne va pas laisser passer ça !

_ Oh que non, ils vont nous entendre…

_ Messieurs, messieurs un peu de calme ! Il ne s'agit que de rumeurs...

Le mage qui venait de parler arborait fièrement une toge ornée de quatre étoiles et d'un ruban violet. On le reconnaissait aisément à son épaisse moustache gauloise et son crâne à moitié dégarni. Il présidait la séance et essayait difficilement de se faire entendre en faisant tinter une cuillère en bois sur sa coupe.

Enfin, le silence se fit.

_ Je propose d'envoyer un courrier de rappel à l'Inquisiteur faisant fonction, reprit le président de séance, puis d'attendre sa réponse. Il sera toujours temps…

_ Contre ! Fit une voix.

_ Archibald ! Je ne t'ai pas donné la parole ! Je propose donc d'envoyer un courrier de rappel et d'attendre la réponse. Si nous n'avons pas de réponse le 7 au soir, nous nous réunirons pour prendre des mesures. Un tour de table avant le vote : Archibald ?

_ Si on fait ça, on aura juste l'air d'une bande d'idiots à réagir avec une longueur de retard pendant qu'on se fait plumer en beauté. On sait d'avance comment ça va se passer : les vieux mages seront un peu choqués ou feront semblant de l'être, il accepteront une partie des demandes de l'inquisiteur et nous devrons nous satisfaire de ce compromis et il reviendra à la charge l'année prochaine.

Un brouhaha approbateur se fit entendre. Le président de séance soupira.

_ Pour l'instant, il n'y a rien d'officiel…

_ Allons Aliandre. Tu étais avec moi quand Sylvestre nous a raconté sa rencontre avec l'inquisiteur, ce n'est pas comme si on tenait l'info du premier ivrogne venu.

_ Mais c'était "confidentiel", fit Aliandre, ce genre d'information ne peut rester que dans le cercle des personnes de confiance.

_ Et c'est précisément ce que nous sommes, il n'y a ici que des gens de confiance, tous ont juré de respecter le code des magistères, d'être loyal envers la cité et de botter les fesses de tous ceux qui ne respectent pas leur chartes de liberté. N'est-ce pas vous autres ?

_ Nous le jurons ! s'exclamèrent en choeur les trois autres mages.

La porte de l'auberge s'ouvrit, un halfelin fit son entrée.

_ Messeigneurs, fit-il, si je peux me permettre…

_ L'auberge est réquisitionnée, répliqua Aliandre, vous n'avez pas vu l'écriteau ?

_Je l'ai vu mais… on m'a dit de venir.

_ Oui, ajouta Archibald. Entrez Milo, installez-vous au comptoir et prenez un verre sur mon compte, nous allons bientôt terminer. Mes amis, je vous présente Messire Milo Vertbouteille, un jeune halfelin très talentueux et probablement futur sorcier… Messire Antonius, vous pouvez le remercier parce que c'est grâce à lui que j'ai retrouvé votre grimoire.

_ Oh, fit Antonius en s'inclinant devant le halfelin. Un très grand merci Messire Vertbouteille. Si de mon côté j'ai l'occasion de vous rendre un service, je n'hésiterai pas une seconde.

Gêné d'être ainsi félicité par sa victime, Milo enfouit son nez dans son verre.

_ « Messieurs, reprit Aliandre, si nous passions au vote ?

_ Contre ! firent quatre voix l'une après l'autre.

_ L'un d'entre vous a-t-il une contre-proposition raisonnable ? poursuivit Aliandre imperturbable.

_ J'en ai une, fit Archibald. Je propose de lui mettre la tête dans un tas de fumier.

_ Et puis-je savoir, poursuivi Aliandre en essayant de garder son calme, en quoi cette initiative hautement folklorique pourrait améliorer notre situation ?

_ Oh, mais c'est très simple : il lui serait impossible de se rendre au Conseil des Archimages et par conséquent de présenter ses réformes le jour voulu et ensuite… le récit de ses mésaventures aura fait le tour de la ville et personne n'osera le soutenir s'il les présente le lendemain.

Jusque-là, Aliandre aurait pu croire que la proposition d'Archibald n'était qu'une plaisanterie, mais il réalisa soudain qu'elle était très sérieuse, l'expression du visage de ses compagnons ne laissait aucun doute sur leur accord.

Aliandre se leva.

_ Antonius, tu noteras sur le procès-verbal que je suis parti après le vote pour des raisons personnelles. Je ne sais pas ce que vous allez faire, mais je ne veux en aucun cas y être mêlé. Bonne journée à tous.

Antonius le nécromancien avait reçu la tâche, peu reluisante mais lucrative, de rédiger les minutes de la réunion. Il griffonna rapidement quelques mots qu'Aliandre supervisa discrètement avant de quitter l'auberge.

_ Il boude ? fit un des mages après le départ du mage.

_ Ne t'en fais pas Erdoch ! répondit Archibald. Il va me tirer la tête pendant quelques jours – ou quelques semaines – puis il aura oublié. Dans le pire des cas, il fera une allusion en présence de Sylvestre qui se contentera de hausser les épaules. Messire Milo, vous pouvez venir. Vous avez entendu ce dont il est question, je présume ?

_ En partie oui, fit le halfelin. Est-ce pour cela que vous m'avez fait venir ?

_ En partie oui, répondit Archibald. Les inquisiteurs ne vous connaissent pas, toi seul peux donc approcher frère Nicolas, le prêtre "tueur de sorts" pour le neutraliser avant notre opération.

_ Tueur de sorts ?

_ Quel nom horrible, n'est-ce pas ? Les prêtres et inquisiteurs du Jugement Dernier possèdent des pouvoirs magiques, le tueur de sorts est en particulier chargé de la protection du Grand Inquisiteur pendant ses déplacements, c'est donc le personnage le plus susceptible de tout faire rater. Et bien entendu, il nous connaît tous de vue, et on ne l'abusera pas avec un déguisement. Mais toi, il ne te connaît pas. Nous aurons besoin d'un quart d'heure pour mener notre opération, donc : tu trouves un moyen de le retarder et on s'occupe du reste. En échange, comme je te l'ai promis, je t'aiderai à faire tes premiers pas. Tiens, à titre d'avance, voilà un exemplaire des "Formules Mineures à l'usage des débutants" de Feragon Grattepied, j'ai pensé qu'un livre écrit par un halfelin serait plus facile à assimiler.

_ Et comment un halfelin pourrait retarder un inquisiteur, demanda Erdoch. Ça j'aimerais beaucoup le savoir… outre le fait que nous serions très ennuyé s'il échouait, ce n'est pas sans risques.

Erdoch le faucon, ainsi surnommé parce que son familier était un faucon et que cet oiseau de proie lui conférait une acuité visuelle exceptionnelle, possédait également un esprit pratique qui faisait parfois défaut aux autres apprentis.

_ J'ai du temps devant moi pour y réfléchir, non ? répondit Milo. Et bien rassurez-vous, je trouverai bien un moyen.


Le matin du 9 août

Il faisait encore nuit lorsque des coups répétés à la porte de sa cellule réveillèrent le frère Nicolas.

D'un pas lent, il se dirigea vers la porte et entrouvrit le judas.

_ C'est moi frère Nicolas, fit une voix juvénile, ouvrez vite !

_ Mon fils, répondit-il. J'espère que vous avez une bonne raison de me réveiller alors que Laudes n'a pas encore sonné. Ignorez-vous donc que ma journée sera chargée ?

Tout en parlant, il massait son crâne chauve encore endolori par ce réveil brutal. Le jeune moine qu'il pouvait voir à travers le judas semblait pour sa part déborder d'une énergie qui semblait inépuisable.

_ Pardonnez-moi frère Nicolas, fit le moine. Un messager de la garde de la cathédrale vient d'arriver. Ça semble urgent.

Le frère Nicolas n'eut pas besoin d'en entendre davantage, la suite était facile à deviner : il y avait eu des fuites et un incident avec quelque étudiant échaudé. L'Académie de magie comptait plusieurs centaines d'apprentis magiciens et la moitié d'entre eux faisait partie d'une "confrérie" dont la seule raison d'être était de provoquer des troubles.

_ J'arrive tout de suite, faites préparer ma calèche et que le messager m'y attende, j'entendrai son rapport pendant le trajet.

_ Bien, maître.

Quelques minutes plus tard, alors que les cloches du monastère sonnaient Laudes, la calèche du frère Nicolas prenait la route de Brocéliande.

_ Je vous écoute, mon fils. Que s'est-il passé pour que vous veniez tambouriner à la porte de mon monastère en pleine nuit ?

_ Cela s'est passé peut avant la relève de la garde des Matines. Les hommes de gardes de la Cathédrale ont été abordés par un individu qui jurait avoir été attaqué à proximité du cimetière par des créatures qui, d'après sa description, ne pouvaient être que des zombies. Heu… vous écoutez, mon père ?

L'inquisiteur tournait ostensiblement le dos à ce messager qui empestait l'odeur typique des cavaliers qui nettoient eux-même leurs écuries et qu'il ne pouvait supporter : le crottin de cheval.

Par l'ouverture de la calèche, Frère Nicolas prit une large inspiration d'air pur et répondit au messager sans se retourner.

_ Oui je vous écoute, continuez, continuez.

_ Bref, reprit le messager, les hommes de garde ont suivi le bonhomme pour voir de quoi il retournait, et naturellement, ils n'ont rien trouvé. La Cathédrale a dû rester sans surveillance une bonne vingtaine de minutes parce qu'aucun soldat ne voulait rester isolé des autres.

Frère Nicolas hocha la tête.

_ Si cela s'est passé aux Matines, comment se fait-il que je ne sois prévenu que maintenant ?

_ Le lieutenant de la garde a simplement consigné l'événement dans son rapport, en pensant que c'était juste une plaisanterie d'ivrogne. Mais Sire Ulrich, qui faisait une ronde intermédiaire, a estimé que vu les circonstances, c'était peut-être important. J'avoue que sa réaction nous a surpris…

_ Et pourtant il a tout à fait raison, ajouta le prêtre. j'aurais dû être prévenu immédiatement.

_ Ah ? Il y a donc bien quelque chose de spécial aujourd'hui ?

Frère Nicolas poussa un soupir de découragement. Ni les hommes de garde, ni leurs officiers n'avaient été mis dans la confidence, ils n'avaient donc aucune raison d'être plus vigilants que d'habitude. Le chevalier Ulrich lui-même n'aurait pas dû être informé, mais d'une manière ou d'une autre, il l'avait été et c'était une chance puisqu'il l'avait directement fait prévenir. Il était possible que d'autres personnes, moins bien intentionnées, aient également su ce qui se passerait ce jour, mais il se pouvait que ce soit une simple coïncidence. Frère Nicolas fut pris d'un doute.

_ Dites-moi, demanda-t-il. Je présume que vous êtes un minimum informé des habitudes des hommes de la garde. Est-ce qu'ils sont souvent dérangés pendant la nuit et contraints de quitter leur poste pour faire face à une urgence, comme une invasion de zombies qu'ils ne trouvent pas ou d'autres événements de ce genre ?

_ Ça arrive parfois, des querelles de voisinage ou des agressions, mais une histoire de zombies, ça n'est pas arrivé depuis longtemps… depuis le bannissement de Nécros, si je me souviens bien.

_ Un créateur de morts-vivants, murmura frère Nicolas, et qu'on pourrait prendre sur le fait, ce serait finalement la meilleure chose qui pourrait nous arriver… le Conseil des Archimages serait contraint d'entendre nos revendications et de les accepter.

_ La meilleure chose. Tout de même…

_ Je ne vous parlais pas ! Fit le frère Nicolas d'un ton sec. Je réfléchissais à voix haute ! Et même si c'est un canular, prendre les auteurs sur le fait serait excellent.

Frère Nicolas fit rapidement l'inventaire de ses ennemis personnels parmi les mages en se demandant lequel avait les capacités et le culot d'invoquer des zombies en pleine ville. Il était arrivé à huit suspects lorsque la calèche arriva devant la cathédrale.

Entretemps, le messager avait rentré sa tête dans les épaules et s'était muré dans le silence, le prêtre jugea utile de le rassurer.

_ Vous avez bien fait de me prévenir, dit-il. Vous remercierez sire Ulrich de ma part quand vous le verrez et, en attendant, allez à la caserne et demandez au capitaine de tenir six hommes à ma disposition.

Il descendit de la calèche sans se soucier des soldats qui se mettaient au garde-à-vous sur son passage et commença à scruter les alentours. Il repéra rapidement une aura magique sur plusieurs animaux qui ne pouvaient être que les familiers de mages. Un chat roux qui semblait le surveiller de ses yeux luisants et un faucon qui tournoyait autour de la cathédrale.

« le chat est peut-être là par hasard, se dit-il. Bien des mages laissent leur familier libre de ses déplacements et aucun n'est aussi indépendant qu'un chat. Mais le faucon, c'est étrange : c'est un animal diurne et le soleil est à peine levé. »

Puis il remarqua un halfelin qui semblait lui aussi l'observer.

Il se dirigea vers lui sans la moindre hésitation. Le halfelin regarda rapidement à gauche et à droite avant de réaliser qu'il était bien l'objectif du frère Nicolas.

_ Bien le bonjour, Messire, vous me semblez bien matinal pour faire vos dévotions. Mais ne restez pas si cérémonieusement debout à l'extérieur, si vous le souhaitez, je peux vous prendre en confession.

_ Ah oui ? Heu… je veux dire non. Je devais juste surveiller pour dire… non, je voulais vous prévenir mais je ne peux pas… ils me tueraient s'ils savaient…

_ Qui donc vous tuerait ? demanda le frère Nicolas.

_ Les mages, bien sûr… holala… excusez-moi, je ne voulais pas vous déranger, au revoir Messire.

Il se retourna pour partir, mais l'inquisiteur lui mit fermement la main sur l'épaule.

_ Pas si vite, pas si vite. Si vous avez vu ou entendu quelque chose, vous devez me le dire, l'inquisition est impitoyable envers les mages maléfiques et leurs complices… mais elle se montre clémente, et même généreuse envers ceux qui l'aident. Considérez donc que vous êtes dès à présent sous sa protection et racontez-moi votre histoire !

_ Et bien ils sont en train de préparer quelque chose de terrible, fit le halfelin. Une sorte d'attentat ! Oui c'est ça, un attentat ! Ils se sont même donné rendez-vous dans une ruelle pour faire leur coup. Là-bas… Ils ne sont pas encore là, mais c'est une question de minutes…

Frère Nicolas accompagna le halfelin dans la ruelle, non sans une certaine méfiance. Mais il se rendit vite compte que le halfelin était tout à fait inoffensif.

La ruelle était déserte.

_ Il faudrait se cacher avant qu'ils n'arrivent… tenez, moi j'étais caché là en les attendant, sous le porche de cette maison. De là on voit toute la rue.

_ Excellente cachette messire le halfelin, mais trop petite pour deux, même si j'avais votre taille, ce qui n'est pas le cas.

_ Je n'y avais pas pensé, fit le halfelin d'un air contrit. Mais j'y pense, de cette taverne, on peut voir les rues latérales. Ils viendront forcément de par là.

L'inquisiteur et le halfelin entrèrent dans la taverne. Ils n'eurent pas longtemps à attendre, un homme vêtu d'une toge bleue arriva de la ruelle, il se dirigeait vers la cathédrale. Mais il ralentit son allure, sembla hésiter, tourner en rond et finalement s'appuya contre un mur et attendit.

_ Voilà le premier, murmura l'inquisiteur. Attendons les autres et nous les prendrons la main dans le sac, si je puis dire.

_ Qu'est-ce que je vous sers ? fit soudain une grosse voix.

L'homme qui venait d'interpeller était agé d'une cinquantaine d'année, il portait un gilet jaune à carreaux verts que frère Nicolas jugea d'une extrême laideur.

_ Plus tard ! fit l'inquisiteur.

_ Non, pas plus tard, répondit l'homme au gilet. Cette taverne n'est pas un lieu de rendez-vous, vous consommez ou vous sortez !

_ Un cidre-pomme pour moi.

_ Un cidre pour le petit monsieur, et pour le grand ?

_ La même chose. fit le frère Nicolas en soupirant.

Tout en sirotant leurs consommations, ils continuèrent à épier les moindres mouvements du mage. Ce dernier se redressa et pointa vers le ciel un main gantée de cuir.

_ Je reconnais ce gaillard ! C'est Erdoch le faucon. Il fait partie d'une bande de lurons qui ont déjà causé des problèmes…

_ Je ne me sens pas très bien, fit le halfelin.

_ Allons, répondit le prêtre en vidant son verre d'un trait. Ce serait bien la première fois que je vois un halfelin malade d'avoir mangé ou bu.

Il se leva, prêt à sortir, mais il s'interrompit brutalement en se tenant le ventre.

_ Je ne me sens pas très bien non plus ! Dites bonhomme, fit-il en s'adressant à l'homme au gilet jaune. Ou est-ce que je peux...

L'homme lui désigna une porte au fond de la taverne. L'inquisiteur s'y précipita.

Le halfelin s'approcha du comptoir.

_ Bien joué patron, fit-il. Je crois qu'il a son compte. Je peux récupérer mon flacon ?

L'homme au gilet lui tendit une petite fiole.

_ Je t'avais dit quelques gouttes… tu lui as mis la moitié de la bouteille.

_ Mais c'est une toute petite bouteille, répondit l'homme au gilet. Et tu m'as juré que ce n'était pas dangereux. Ce n'est pas du poison au moins ?

_ Bien sûr que non, répondit Milo. C'est juste un purgatif de ma composition. Je crois qu'il en a pour un certain temps. Ça vaut mieux parce que dans ce genre d'affaire, il est préférable d'avoir un peu de marge.

Et il sorti de la taverne avec la satisfaction du devoir accompli.

Quelques minutes plus tard, le Grand Inquisiteur glissait sur une mauvaise marche en sortant de la Cathédrale et tombait la tête la première dans une fosse à purin apparue miraculeusement sur son passage.

L'héroïque magicien qui lui avait ainsi évité de se blesser plus gravement eu la modestie de ne jamais se faire connaître.

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