Chapitre 24 : un amour infini.

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Ces jours-ci, j’ouvrais toujours les yeux avant que mon réveil ne sonne, l’aube ensoleillée perçant mes rideaux. Je me levais en forme, petite séance d’étirement sur le balcon et concours de grimace avec Alicia rejointe immédiatement par Louis qui l’enlaça et se mêlait à notre petit jeu. J’entendais l’eau de la salle de bain couler, Chuck y prenant sa douche. Nous avions encore passé une bonne soirée entre mec et il était resté dormir. La brise matinale me donnait des frissons, mais elle était agréable. En face, je vis ses rideaux s’écarter et la porte fenêtre s’ouvrir. Blear apparut, les cheveux encore en pagaille qu’elle recoiffa frénétiquement en me découvrant. Je lui envoyai un baiser volant depuis mon balcon, elle rit timidement et m’en envoya un à son tour avant de retourner dans sa chambre.

- Trop mignon, dit Chuck qui sortait en serviette de la salle de bain.

- Habille-toi, il est presque l’heure, rétorquais-je en restant fixer sur sa fenêtre pour qu’il ne me voit pas rougir.

En sortant du bâtiment, nous tombions sur Elliot et Michael qui avaient aussi sûrement passer la nuit ensemble. Le roux et Chuck débattaient déjà sur tout un tas de sujet ridicules. Je les laissais se chamailler, préférant parler de l’actualité avec Michael. Nous nous retournions en entendant des pas rapides derrière nous. Louis m’attrapa par la taille pour me soulever et me coller un bisou sur le crâne. Puis vint Alicia, sautillante, qui passa son bras autour du mien. Elle n’avait pas tort quand elle disait que partager ses secrets permettait une certaine libération, car depuis que je lui avais avoué mes sentiments, je me sentais léger comme une plume. Louis, plus taquin que jamais, se joint au débat des deux rivaux. Il adorait ajouter son grain de sel.

Nous arrivions devant l’école où nous attendait le reste du groupe : Eglantine tentait de temporiser la guerre entre Marry et Katerina. Quoi que l’on fasse, le jour et la nuit entrait sans cesse en conflit et je les soupçonnais d’aimer ces querelles. Tandis que les couples s’embrassaient Eglantine vint à ma rencontre.

- Est-ce que tu veux qu’on travaille le piano durant le temps de midi ?

- J’y ai pensé, j’ai pris des partitions, ajouta Michael.

- Je suis partant, répondis-je en prenant le tas de feuille qu’il me tendait.

En effet, depuis un mois maintenant, le couple le plus mignon de l’école me donnait des cours de piano. Quelques jours après m’être mis avec Blear, nous étions tombés sur eux dans le local de musique, jouant un morceau à quatre mains. La mélodie qui ressortit de leur harmonie m’impressionna et je leur demandai de m’apprendre, dans l’espoir de partager un moment identique avec Blear. Bien sûr, elle savait en jouer car le piano avait fait partie de son lourd apprentissage. Je ne parlais de mes vrais intentions à personne, mais plus que ça, je découvris une vraie passion avec la musique. Je n’aurais crû qu’elle me prendrait tant aux tripes, toutes mes inquiétudes s’envolant lorsque je touchais les blanches et les noirs. Et avoir des amis qui avait pratiquement tous appris le piano dans leur enfance m’aidait à progresser rapidement.


- Je t’aurais bien donné un cours particulier, mais je ne sais jouer que de la guitare, dit Louis en me faisant un câlin par l’arrière.

- Ne t’inquiète pas, je m’en porte garant, fit Chuck en contrant l’offense d’un câlin par l’avant.

- Les gars, vous m’écraser, ris-je en me débattant. Cela dit, je serais ravie d’apprendre la guitare, tu en as une Louis ?

- Je peux demander à mon père pour emprunter l’une des siennes !

- Et si nous parlions de ça en étant assis ? demanda Alicia en montrant la coure du doigt.

- Allons… Non, ce sera sans moi, me repris-je en fixant la voiture qui arrivait au loin. Je vais attendre Blear ici, ajoutais-je.


Tout le monde me lança un regard compatissant pendant que le modèle anglais se gara sur le trottoir où je résidais. Un chauffeur en sortit et s’empressa de sortir une poussette du coffre, pendant que John-Eric détachait le petit du siège auto à l’arrière. Cette fois Billy était bien éveillé, joueur dans les bras de son papa, qu’il tenait fermement en se dirigeant vers moi, poussant la poussette de l’autre main.


- Bonjour Dossan, tu vas bien ?

- Plutôt bien, est-ce que Blear est au courant que tu es là avec Billy ?

- Bien sûr qu’elle le sait, j’ai passé quelques jours chez mes parents avec lui depuis qu’il est arrivé, et nous en avons parlé hier.

- Hier, quand ça ?

- Je l’ai contacté hier soir via la ligne de l’internat pour lui proposer une ballade avec son fils, le directeur est déjà au courant, ajouta-t-il en découvrant mon air sceptique. Et elle a dû te faire part de son envie de ne plus le cacher ? Je suis fier qu’elle ait prise cette décision.

- Je le sais, dis-je rapidement, et je suis d’accord mais de là à aller faire une promenade en famille dans le centre de Saint-Clair ?

- Ce n’est pas là que nous allons, et les médias ne peuvent plus rien faire contre nous, ne t’inquiètes pas.

- Je suis content de l’apprendre, où allez-vous ?


John-Eric avait une fâcheuse tendance à prendre du temps pour répondre aux questions, réfléchissant toujours à la meilleure manière d’employer les mots. Je soupçonnais qu’il prenait un léger plaisir à me faire patienter. Il n’avait rien de méchant et j’acceptais sa présence dans la vie de Blear, mais je ne pouvais m’empêcher de lui apporter une attention toute particulière. Il tenait Billy tout contre lui, déposant des baisers sur son front de temps à autre. C’était un papa protecteur, pour une mère courageuse. La trahison de Justin avait fait scandale et la mère de Blear lui rit au nez lorsqu’elle l’apprit à son tour. Elle n’avait pas voulu me donner tous les détails, mais maintenant que tout le monde savait, elle n’avait plus de raison de cacher son fils. Pour la première fois, elle avait affronté sa mère et bien que j’eus de la peine en découvrant sa joue bleutée, moi aussi j’étais très fier d’elle. À la place de répondre à ma question, il me tendit Billy. Je le récupérais, angoissé, c’est la première fois que je tenais un enfant.


- Soutient-le par les fesses, ici, dit-il en m’aidant à placer mes mains. Voilà, et avec l’autre main, tu le tiens par le dos, proche de la nuque pour ne pas qu’il se laisse allez. Billy, This is Dossan, a lovely guy right ?

- Loveeely ! s’écria Billy en déposant sa petite main sur ma joue.

- Tu es jaloux, n’est-ce pas ? attaqua-t-il les hostilité.

- Oui, je le suis, avouais-je alors que je sentais le rouge me monter aux joues, gêné.

- Moi aussi, je suis jaloux de toi, mais ce n’est pas une raison pour que nous ne nous entendions pas, tu n’es pas d’accord ?

- Excuse-moi, je ne voulais pas être si puéril, répondis-je en me cachant légèrement derrière Billy qui jouait maintenant avec mes cheveux.

- Tu le sais, je suis toujours amoureux de Blear, dit-il en le reprenant pour le mettre dans la poussette. J’ai perdu ma chance avec elle dès qu’ils ont su qu’elle était enceinte, mais je ne regrette pas la venue de Billy. Je ne regrette pas non plus le fait qu’elle soit avec toi. Pour être franc, je ne l’avais jamais vue aussi heureuse et je crois que vous êtes fait pour être ensemble. Tant qu’elle est heureuse, je le suis aussi, c’est tout ce qui m’importes.

- Peut-être qu’à cause de ma jalousie, tu as cru que je ne supportais pas ta présence, mais…

- Je le sais, pouffa-t-il, tu n’es pas méchant, tu es juste amoureux.

- Profondément, oui.

- Dossan, si je peux te donner un conseil, profites-en un maximum, ajouta-t-il d’un ton peiné. Ils ont peut-être acceptés de révéler l’existence de Billy, parce que c’était inévitable, mais ils ne t’accepteront jamais, même si tu donnes tout ce que tu as dans tes études. Ils n’accepteront pas un élève boursier qui ne vient pas d’une bonne famille, je ne pense pas comme eux, fit-il en découvrant mon agacement. Tu dois le savoir, et je voudrais que tu la rendes la plus heureuse possible durant ce temps, car les prochaines années seront les plus difficiles de sa vie.

- J’y compte bien, rétorquais d’un ton assuré, poings serrés.

- Merci, dit-il sincèrement, nous devrions stopper cette conversation, voilà Blear.


Je me retournais pour la découvrir se presser, encore plus lorsqu’elles nous vu ensemble. Elle portait une petite robe d’été fleurie, dans les ton lavande et un chapeau en cloche pour protéger ses magnifiques yeux clairs. Elle poignait dedans pour que le vent ne l’emporte, nous étions tous les deux sous le charme. Lorsqu’elle arriva, elle déposa d’abord une main sur mon épaule, puis voulu dire bonjour à John-Eric, avant de voir son bébé.


- Mommy ! s’exclama le petit en tendant ses bras vers sa mère.

- Oh my sweetheart, couina-t-elle en l’attrapant. We are going to walk today ! Just the three of us (*Nous allons faire une promenade aujourdui ! Juste nous trois*) I’m so happy to see you, I love you my baby ! Dossan, les cours ont commencés, pourquoi tu n’es pas encore en classe ?! s'inquièta-t-elle en se tournant vers moi.

- Je voulais te voir avant, John m’a dit que vous alliez vous promener, souris-je.

- Ah, est-ce que ça te dérange ? chuchota-t-elle en s’approchant de mon visage.

- Non pas du tout, profite de ces instants en famille, ce n’est pas tous les jours que ça arrive, répondis-je d’une voix douce.

- Blear, laisse-moi le prendre, je t’attends au bout de la rue, dit-il en me faisant un clin d’œil.


Billy rechignait à quitter la poitrine de sa mère et boudait lorsqu’il le remit dans la poussette qu’il conduisit doucement ailleurs. Il nous laissait un moment à nous, et j’en profitais pour l’embrasser, glissant ensuite une mèche de cheveux derrière son oreille pour admirer son magnifique visage.


- Je suis désolé de ne t’avoir rien dit, il m’a prévenu hier soir et…

- Il m’a tout expliquer ne t’inquiètes pas, la rassurais-je en prenant sa main.

- Tu es sûr que ça ne te dérange pas, je comprends que ça puisse être étrange que je passe la journée avec lui, mais pour Billy…

- Chut, fis-je en déposant un doigt sur ses lèvres, Mademoiselle Makes, je suis fou de vous et jamais je ne vous interdirais de profiter de ce moment, lui murmurais-je à l’oreille.

- Je t’aime ! s’exclama-t-elle en me sautant dessus.


Je la serrais d’avantage et glissa un bisou sur sa joue, puis sur ses lèvres dont je me nourris comme s’il s’agissait de la dernière fois. Je profiterais de chaque instant, comme s’il y avait la possibilité que ce soit le dernier. Je dus la pousser à les rejoindre, agrippant ma main et trépignant sur place à l’idée de me quitter. Lorsque je le vis s’éloigner tous les trois, je ressentis un immense bonheur m’envahir, parce qu’égoïstement je savais qu’elle était mienne, même si je ne savais pas pour combien de temps.

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L'attente glissait aussi paisiblement sur l'esprit du guerrier que l'eau dans le ruisseau. Il suivait les sons venant du faré, les imprécations et le bruit du pilon dans le mortier. Il avait su vaincre et le reste était secondaire. Assis sur un caillou, il était chez lui, il se sentait vibrer pour sa Terre. Tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour les siens, pour être un brave. Et pour manger. Des années de sécheresse avaient réduit les vivres. L'arbre à pain dépérissait et il fallait agrandir le territoire, s'approprier la vallée sur l'autre versant de l'île volcanique.
Ce n'est pas lui qui a ramassé les noix de bancoulier dont on tirerait l'encre, après les avoir calcinées. Il fallait des mains aux pouvoirs sacrés pour transmettre au liquide tinctorial les qualités honorant celui qui les recevrait.
La peau brune habillant des muscles colossaux frissonnait de temps à autre sous cette force mal contenue. Le guerrier revivait son combat. Il revoyait son ennemi en face, avec dans le regard la même détermination que la sienne, la même bravoure. Une seule des deux lances atteindrait son but, c'était la loi pour pouvoir rentrer au village plein de gloire et apporter ainsi la promesse de nourriture pour le peuple. Il a failli tout perdre, décontenancé, à l'instant où il avait entendu son frère hurlant s'élancer sur un adversaire et retomber net, le crâne fracassé. L'ombre sur la victoire. Alors il avait rugi, transmettant la douleur de la perte de son frère aimé à la pierre effilée de son arme.
Ce fut le massacre.
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On fit asseoir le vainqueur nu sur un gros caillou et les sages l'entourèrent. Pendant que l'encre végétale était étalée sur la peau dorée de l'homme imposant, les voix masculines psalmodiaient et le tatoueur, le seul habilité à marquer les peaux des signes de la bravoure, commença à enfoncer une dent de requin acérée, puis encore et encore répéta son geste, patiemment. Le tatouage s'est dessiné sur la peau au fil des chants ininterrompus lentement, jusqu'à la tombée du jour. Une marque indélébile qui dira à tous combien il s'est battu pour les siens.
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-Eh, Paul, t'as vu là-bas la cahute ? Y a un mec, il te fait des supers tatouages, regarde celui que j'ai !
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