Chapitre 20 : Les cœurs brisés.

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Certains événements de vie sont douloureux : la perte d’un être cher, la pression scolaire, une grossesse inattendue ou forcée, un père qui vous bats ou encore une peine de cœur. Pourquoi ce dernier fait-il plus mal que les coups reçus dans mon ventre, brisant mes côtes, et saignant mon corps ? L’espoir. C’est la raison de cette souffrance : celle d’espérer d’être aimer un jour, d’être guéri de tous le reste grâce à l’amour.

Lorsqu’ils arrivèrent main dans la main, traversant la coure, impatients de nous annoncer la nouvelle que nous constations déjà, je me brisais. Il avait pourtant eut la gentillesse de me prévenir, l’inquiétude de perdre son ami. S’il ne l’avait pas fait, j’aurais fuis, comme elle. Ce fut la surprise générale, les filles criant dans tous les sens, en prenant Alicia dans leurs bras. Dans le feu de l’action, elle avait étreint Blear de la même manière. Elle sortit un sourire forcé, déboussolée. Nous les garçons félicitions Louis de poignées de main. Lorsque je passais la mienne dans son dos, il me rendit une expression inquiète, puis déterminée. S’il voulait être heureux, il ne devait pas s’occuper de mon ressentis et en quelque sorte, je lui avais donné ma bénédiction. Je ne vis pas une once de jalousie lorsqu’Alicia me colla un gros bisou sur la joue. C’est là que tout le monde appris que j’étais dans la confidence. J’osais à peine regarder Louis dans les yeux, et encore moins Blear dont je sentais l’aura meurtrière. Le reste de la troupe ne faisait pas attention à nos états d'âmes.

- Quelle joie d’être en couple, exagéra Chuck qui passais son bras autour de Marry.

- Vous deux aussi ?! s’interloqua Alicia.

- C’est vrai ça, vous en êtes où ? demanda Elliot d’un large sourire.

- Nulle part, marmonna Marry en voulant se défaire de son emprise.

- Ce n’est pas ce que tu disais hier soir, fit-il à son oreille.

- Attendez… vous avez ? s’étonna Michael.

- Hier soir, et le soir d’avant et qui sait, peut-être même cette nuit ?

- T’es lourd Chuck ! Je vais la passer avec quelqu’un d’autre si ça continue !

- Essaye pour voir, la menaça-t-il en la choppant par l'arrière du cou, si tu penses que je vais te lâcher, tu n’es pas sortie de l’auberge. T’es à moi princesse, ajouta-t-il en lui volant un baiser.

Tout le monde rit en voyant Marry faire semblant de s’étrangler, même Chuck qui posa subtilement sa main sur la sienne, caché derrière leurs dos. Alors même eux avaient concrétisés. Cette nouvelle me rendait heureux et fier pour mon meilleur ami, mais aussi triste. Est-ce qu’un jour j’en vaudrais la peine aux yeux de quelqu’un ? Vivrais-je, moi aussi, le grand amour ? Je pensais l’avoir trouvé avec Alicia, imaginant que ce serait réciproque. Si ce n’était-elle, alors qui d’autre ? J’eus l’impression que ce bonheur m’était interdit, mais contrairement à mes amis, je n’avais pas de raison de me plaindre. Combien de temps durait leur bonheur ? Que se passerait-il une fois leur dix-sept ans atteint ? Nous n’en parlions pas. Au fond, j’avais la chance d’aimer qui je le voulais. À condition de ne pas tomber amoureux d’un Richess, je serais libre de me prendre autant de râteaux et d’avoir autant de copines que je le souhaite : l’amour viendrait, je m’en convainquis. Peut-être pas pour tout le monde. Blear n’arrivant plus à tenir son jeu d’actrice, elle trouva un prétexte pour s’enfouir, une raison quelconque pour s’éloigner du groupe. Personne ne fit attention à elle, à la manière dont elle se précipita jusque dans un couloir. Elle souffrait.

La première heure débutait, nous attendions dans nos rangs que les professeurs arrivent et je m’inquiétais que Blear n’y apparaisse pas. Katerina admis que c’était inhabituel de sa part, alors que Chuck, Louis et Alicia rigolait à propos de leurs histoires amoureuses. Je serrais la lanière de mon sac à dos, tapa sur celui de Chuck, et lui fit signe de me couvrir. L’étonnement grandit sur son visage, alors que je disparaissais du couloir. Sans raison, je me mis à courir, cherchant Blear dans chaque coin de l’école. Je ne trouvais que le vide. Tout le monde avait gagné sa classe, les professeurs donnaient leurs cours. Je m’accroupis lorsque je dus passer devant les salles vitrées. Quel sale quart d’heure j’aurais passé si on me trouvait, encore plus auprès de mon père. Je cherchais toujours au travers des couloirs silencieux, ralentissant la cadence. Ah, je compris : ce n’était qu’une excuse. Moi aussi, j’avais besoin de me retrouver seul. Je m’arrêtai au milieu d’un passage, fit quelques pas et m’arrêtai à nouveau. Les larmes montèrent, s’écoulaient sur mes joues, mordant mes lèvres, je déposais ma main sur le mur, l’autre sur ma bouche pour étouffer mes sanglots. Quelle ironie de vouloir être éloigné du monde pour pleurer sa solitude. Je peinais à rependre ma respiration, et pinçait mon nez pour l’empêcher de couler. La douleur se répandait dans ma poitrine, où je serrais mon t-shirt, courant presque jusqu’au recoin parfait pour me cacher. Je jetai un coup d’œil derrière moi, renifla, puis me glissa le long du mur où je croyais trouver bonne cachette. Voilà donc, où se trouvait Blear. Elle se tenait en boule contre le mur, les bras entourant ses jambes, et les yeux rouges d’avoir trop pleuré. En la découvrant, j’eus un choc et me laissais glisser long du mur pour la rejoindre. Tombant en tailleur, je cachais d’abord ma peine dans mes paumes, puis colla mon dos à la paroi, laissant mes larmes rouler, même le long de mon cou. Je crois qu’elle voulut dire quelque chose, mais un étouffement sortit à la place. Les mots l’étranglaient et ses larmes brûlaient sa fierté. Nous souffrions.

Puis d'un coup, la colère :

- Pourquoi tu ne m’as rien dit ?! Tu es horrible de m'avoir laissé espérer, sanglota-t-elle. Je ne serais pas dans cet état si j'avais su ! Tu t'en rends compte ?! s'énerva-t-elle d'autant plus face à mon silence.

- Oui ! Oui, mais j'ai cru... Je ne sais pas, je ne voulais pas te faire de peine, dis-je comme épuisé.

- C'est trop tard, grogna-t-elle.

- Ne retournes pas ta colère contre moi ! De toute façon, tu ne pouvais quand même pas l'aimer, répondis-je sèchement.

- Mais je... je suis quand même tombée amoureuse ! C'est trop cruel de me dire ça, couina-t-elle, les larmes reprenant de plus belle.

- Moi aussi j'étais amoureux ! Alors arrête de dire que c'est de ma faute si tu souffres ! Je suis désolé de n'avoir rien dit, mais je n'y suis pas arrivé… Tu avais l'air si contente de l'aimer..

- Qu'est-ce que j'ai été bête, de croire que ça pourrait fonctionner, fit-elle en poignant dans sa chevelure. Ça à toujours été Alicia, depuis le début.. toujours elle, elle, elle ! Alors qu'elle n'a rien de spécial !

- Bien sûr que si !

- C'est parce que tu l'aimes aveuglément que tu dis ça, marmonna-t-elle. Je la déteste !

- Tu ne penses pas ce que tu dis ? m'interloquais-je.

- Tu ne le détestes pas toi ? Il t'a prit celle que tu aimes, réveille-toi !

- Toi, réveille-toi ! Personne n'a rien pris à personne, les gens ne sont pas des acquis, tu l'as dit toi-même ! Sans Alicia tu…

- Je ne serais pas en train d'assister au spectacle le plus risible du monde ? Notre amitié, leurs amours, tout prendra fin !

- Peut-être pas !! Peut-être qu'il y a une solution… une manière de négocier avec vos parents..

- Non, répondit-elle froidement.

- Je n'en sais rien, mais tu ne peux pas en vouloir à Alicia, c'est ton amie. Tu ne peux pas lui faire ça, tu ne peux la détester du jour au lendemain pour un garçon qui n'aurait de toute façon jamais été accepté par ta famille.

- Je suis quand même blessée, et je t'y verrais… Tu penses que tu vas le supporter toi ? De la voir à ses côtés, heureuse au bras d'un autre ?

- Oui ! Parce qu'ils sont tous les deux importants pour moi et même si ça fait mal, ils sont faits pour être ensemble. Ils s'aiment Blear ! lui criais-je voyant qu'elle refusait d'entendre raison. Tu voudrais quoi ? Mettre des bâtons dans les roues à nos amis ? Alors que leur amour est mutuel ? Si c'était toi tu voudrais en profiter pleinement !

- Mais j'ai mal, se plaigna-t-elle.

- Tu auras mal plus tard !

Elle me gifla, avec si peu de force, que j'en eus de la peine. Je l'excusais de suite, découvrant son visage désolé.

- Ça t'a fait du bien ? Vas-y, je ne ressens rien. Ce n'est rien comparé à ses coups, dis-je froidement.

- Je ne voulais pas, trembla-t-elle en tenant son poignet.

- Tu sais, tu as de la chance, moi personne ne m'a jamais aimer. Tu as eu John-Eric, et Billy, ton fils, aura toujours de l'amour à te donner.

- De la chance ? Tu plaisantes j'espère ? Toutes les personnes que j'aime m'ont été retirée ! John, tu penses que je voulais qu'on se sépare ? Ils m'ont forcé à le quitter ! Et Billy ? pleura-t-elle en prononçant son nom. Ils l'ont envoyé à Londres, chez ces grands-parents, parce qu'il me prenait trop de "temps", fit-elle d'un air dégoûté. Je ne peux même pas voir mon fils parce que je dois finir mes études ici et maintenant… Je voulais juste un peu de bonheur, comme Eglantine et Michael, comme les autres, je voulais pouvoir aimer quelqu'un et être aimé en retour, même si ça n'aurait duré que deux ans ! Même quelques mois ou quelques semaines ! Même une seule journée à être aimée, je la prends !!

- Excuse-moi…

- Je n’ai pas besoin de tes excuses ! Tout ce que je veux c’est être heureuse ! J’aimerais trouver quelqu’un que j’aime et que mes parents acceptent… Mais c’est impossible, je vais finir engrosser une deuxième fois par quelqu’un dont je ne serais même pas amoureuse !

- Peut-être pas…

- Tu es bouché ou quoi ?

- Non, mais tu as encore du temps devant toi et il y a plus d’une bonne personne dans cette école, réfléchis-je. Alors trouve l’amour avant eux, il y a forcément quelqu’un avec qui tu t’entendras ici…

- Tu ne comprends rien ! fit-elle en se levant.

- Ou vas-tu ? m’inquiétais-je.

- Loin de toi ! Loin de tout ça, je veux juste être tranquille !

Elle partit en séchant ses larmes, en pétard, et je restais dans mon coin pour pleurer encore un peu. Je pensais que la vie de Blear Makes était tellement plus compliqué que la mienne, bien que nous eussions le même problème. Tout ce que nous voulions c’était ressentir de l’amour. Au fond de nous, nous voulions être aimé, mais peut-être que n’étions-nous simplement pas prêt pour ce bonheur.

Le soir même, je n’avais aucune envie de dormir, trainant dans mon lit. Je pensais à me rendre sur le balcon, puis, je me ravisais. Il y avait une légère pluie dehors, mais je partis faire un tour dans le parc à la place : à croire que c’était mon nouveau rituel. Comme je l’avais imaginé, elle était là, sur le même banc que la dernière fois. Je ne me donnai pas la peine de lui signaler ma présence avant de prendre place à côté d’elle. La tête baissée, yeux rivés sur ses genoux, la pluie formant des perles sur sa chevelure marron, pas de réaction. Je tentais un rapprochement en prenant appui sur le dossier du banc mouillé et glissais jusqu’à ce que nous soyons tous proches. Elle releva la tête lorsque je lui tendis mon petit doigt et me dévisagea. Nous étions peut-être un peu trop proche, car elle eut un recul lorsque nous regard se croisaient d'un peu trop prêts.

- Qu’est-ce que ça signifie ? demanda-t-elle en analysant le doigt que je lui montrais.

- Faisons une promesse, souris-je en découvrant le trouble dans ces yeux bleus. Celle de guérir de nos peines de cœur et de trouver l’amour, dis-je en enroulant mon doigt autour du sien. Je suis sûr qu’avec un peu d’efforts, nous pouvons le faire.

- Tu le penses vraiment ? fit-elle en déployant un sourire tremblant par la tristesse.

- J’en suis sûr, alors sert ton doigt si tu me fais confiance, lui souris-je à nouveau.

Sa main tremblait pendant qu’elle remettait une mèche mouillée derrière son oreille, et qu’elle croqua son petit doigt avec le mien. La pluie qui se voulait plus forte dissimula les dernières larmes que nous accepterions, les dernières qui serraient versés pour des gens qui ne nous aiment pas. De ses doigts fragiles, elle attrapa ma main, et laissa tomber sa tête contre mon torse, pleurant à chaudes larmes. Contrairement à la toute première fois où je la vis pleurer, j’osais une caresse dans son dos, et serrait fort son épaule, déposant ma tête sur le haut de son crâne. Nous souffrions, mais ensemble c’était mieux.

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Il faillait dire qu'elle était très fine et c'était même étonnant qu'elle pratique encore après toute ces annnées. Le seul signe visible était ses mains qui avaient pris l'habitude de l'effort.

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Il avait eu beau refusé elle l'avait entrainer au fils des ruelle jusqu'à arriver au dit lieu.

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Elle - Plus à droite, vas y fait une lolote, mais met ton doigts dans le trou ne t'inquiète pas. Voila tu vois elle est bonne.

Lui ne répondit par un gémissement absorbé par sa tache les jambes flageolentes.

Elle - bon je crois qu'il est temps pour toi de redescendre sur Terre.

Pour seul élément de réponse elle n'eu qu'un hochement de tête.

Elle - concentre toi sur ma voix. écarte toi. Voila, lache prise n'ai pas peur. Bon ok maintenant tu vas vacher.

Elle continua de le guider jusqu'à la fin de la procédure. Après les émois de l'homme le reste de l'heure se passa plutôt tranquillement.

Et alors qu'ils sortaient elle lui demanda.

Elle - Alors c'était comment? c'était pas si dur tu a vus.

Il - oui merci. J'aurrais jamais si tu ne m'avais pas poussé. Merci de m'avoir innitié?

Elle - tout le plaisir est pour moi. Et j'espère que tu reviendra vite.

Il- Ne t'inquiète pas, l'escalade c'est passionnant.



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L'attente glissait aussi paisiblement sur l'esprit du guerrier que l'eau dans le ruisseau. Il suivait les sons venant du faré, les imprécations et le bruit du pilon dans le mortier. Il avait su vaincre et le reste était secondaire. Assis sur un caillou, il était chez lui, il se sentait vibrer pour sa Terre. Tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour les siens, pour être un brave. Et pour manger. Des années de sécheresse avaient réduit les vivres. L'arbre à pain dépérissait et il fallait agrandir le territoire, s'approprier la vallée sur l'autre versant de l'île volcanique.
Ce n'est pas lui qui a ramassé les noix de bancoulier dont on tirerait l'encre, après les avoir calcinées. Il fallait des mains aux pouvoirs sacrés pour transmettre au liquide tinctorial les qualités honorant celui qui les recevrait.
La peau brune habillant des muscles colossaux frissonnait de temps à autre sous cette force mal contenue. Le guerrier revivait son combat. Il revoyait son ennemi en face, avec dans le regard la même détermination que la sienne, la même bravoure. Une seule des deux lances atteindrait son but, c'était la loi pour pouvoir rentrer au village plein de gloire et apporter ainsi la promesse de nourriture pour le peuple. Il a failli tout perdre, décontenancé, à l'instant où il avait entendu son frère hurlant s'élancer sur un adversaire et retomber net, le crâne fracassé. L'ombre sur la victoire. Alors il avait rugi, transmettant la douleur de la perte de son frère aimé à la pierre effilée de son arme.
Ce fut le massacre.
Les hommes, vieux, nus à l'exception d'un pagne de tapa, tissu végétal, sortaient enfin du faré, l'un d'entre eux tenant haut un bol fait du crâne d'un animal. Leur nudité étalait au grand jour leurs tatouages qui, au fil des ans, prenaient des reflets verdâtres. Leurs actes valeureux étaient inscrits et chacun respectait ces marques. Le guerrier se leva et les salua. Rien en cet instant n'était plus précieux sur l'île que le contenu de ce bol, une encre produite par la terre nourricière et qui avait reçu les paroles sacrées.
On fit asseoir le vainqueur nu sur un gros caillou et les sages l'entourèrent. Pendant que l'encre végétale était étalée sur la peau dorée de l'homme imposant, les voix masculines psalmodiaient et le tatoueur, le seul habilité à marquer les peaux des signes de la bravoure, commença à enfoncer une dent de requin acérée, puis encore et encore répéta son geste, patiemment. Le tatouage s'est dessiné sur la peau au fil des chants ininterrompus lentement, jusqu'à la tombée du jour. Une marque indélébile qui dira à tous combien il s'est battu pour les siens.
***
-Eh, Paul, t'as vu là-bas la cahute ? Y a un mec, il te fait des supers tatouages, regarde celui que j'ai !
-oh la vache ! Fais un selfie !
Le temps du festival, l'archipel, envahi de touristes dont la seule force est d'avoir payé leur billet d'avion, ressert, au milieu des danses et des chants, ce passé guerrier par petites touches, gravant sur des bras, des cuisses, des oreilles, des poitrines flasques des fragments de la marque de bravoure du guerrier.
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