Chapitre 17 : le jour rouge.

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Même si je ne voulais pas me l'avouer, je le jalousais. Pas parce qu'il attirait les filles, mais parce qu'il l'attirait, elle. Bien fait, mystérieux, doué en sport, dans les études, et pourvu d'un visage tourmenté et d'une paire d'yeux fouillant les âmes : Louis frôlait la perfection. Têtu, et perfectionniste, ses moments d'agacements le rendait monstrueusement adorable et je soupçonnais ses admiratrices de craquer pour son destin tragique. Et pour plaire à la glaciale Blear, c’est qu’il devait vraiment avoir quelque chose. La confidence de cette dernière m'empêcha de dormir et la naissance d'un espoir improbable me dégoutait de moi-même. Jamais elle ne lui plairait en retour.

Nous étions assis sur notre banc préféré, et je l’observais de bon matin. En termes de physique, il égalisait les boy's Richess, contrairement à moi. Je remarquais quelques similitudes entre des traits de Louis, et l’ex-petit ami de Blear. Il n’était donc pas étrange qu’elle l’apprécie. L'envie de lui ressembler me traversa, puis le sentiment de culpabilité frappa à la porte. Je ne pouvais qu’être d’accord avec ces filles, pour m’entendre parfaitement avec lui. C’était d’autant plus douloureux, de souhaiter le pire et le meilleur à un de mes plus proches amis. Je ne voulais pas le perdre. À la manière dont Chuck me couvait, je le protégeais. Mais comment passer outre ? Comment ne pas voir qu’il avait fait un effort tout particulier en ce jour spécial ?

Les vêtements qu'il portait, ses cheveux un peu plus arrangé que d’habitude, et l’odeur fraiche, presque trop viril, qui émanait de lui, signifiait beaucoup. Elliot avait aussi fourni un effort supplémentaire, et Michael devait profiter d’une grasse matinée dans les bras d’Eglantine. Ces deux-là ne manquaient jamais l'école, mais la date dans le calendrier ne leur laissa pas le choix. Quant à Chuck, il excellait dans l’art d’être constamment sur son trente et un.

- Tu vas vraiment rejoindre cette fille après les cours ? lui demanda Elliot, suspicieux.

- Bien entendu, répondit celui-ci sûr de lui.

- Tu n’as pas peur qu’elle interprète mal quelque chose ? l’interrogea Louis à son tour.

- Je crois aussi que tu devrais être clair, ajoutais-je en tentant d’accrocher son regard.

- Nous faisons une simple sortie, ça n’engages à rien, dit-il très sérieusement.

- On s’est très bien comment ça va finir en tout cas, le taquina tout de suite le roux.

- Pas aujourd’hui, non, assura-t-il en refermant son journal.

- Donc, tu as quand même une conscience, rit Louis qu'il foudroya du regard.

- Tu aurais dû annuler, aujourd’hui c’est quand même la…

- JOYEUSE SAINT-VALENTIN !!

Nous sursautâmes, Elliot crachant l'eau qu’il venait de porter à sa bouche. Alicia nous apparut, toute souriante, nous frappant presque du sac qu'elle brandissait. Louis releva le buste, glissa ses mains dans son jeans repassé et déglutit. Il avait le regard avide. Les filles se tenaient derrière, plus gênée que ma meilleure amie. Je fus le seul à percevoir très clairement le malaise de Blear qui le regardait avec attention. Marry tenait un autre sac et semblait de mauvaise humeur. Puis, Katerina, ne supportant pas la situation, sortit du sac un paquet transparent rempli de chocolat et le tendit à Elliot.

- On a fait ça pour vous, rougit-elle en découvrant le sourire de son petit ami.

- Merci ma belle, fit-il en l’attrapant par la taille, moi aussi j’ai quelque chose pour toi, mais je te le donnerais tout à l’heure, lui souffla-t-il à l'oreille.

- Joyeuse Saint-Valentin les garçons, nous souhaita Blear en me donnant un paquet puis à Louis.

- J'en ai aussi pour vous, s’empressa Alicia deux sortir deux sachets mal emballés.

J'eus droit à un bisou sur la joue en plus lorsqu'elle s'assit à mes côtés. Louis semblait en vouloir un aussi. Je compris que les chocolats qu’elles lui donnèrent toutes deux n'avait pas la même signification que les miens, mais je me régalais de sa jalousie et pas que. Blear attendait, légèrement impatiente, que Louis ouvre son paquet, mais il n'ouvrit pas le sien. Un sourire s’égaya lorsqu'il goûta un des chocolats d'Alicia. Je vis l’expression de Blear changer doucement. Bien qu’elle fût à mon bras, trop timide pour l’affronter, et qu’elle lui tenait la grappe, Alicia et Louis n’arrêtaient pas de se regarder. C’était plus fort qu’eux. J'aurais peut-être du lui dire que celui qu’elle aimait craquait pour une autre, et qu’il n’y avait pas de doute sur la réciprocité de ce sentiment. J'évitais son regard inconsciemment, ça y est, elle avait compris. Elle se tourna vers Chuck pour éviter de se faire plus de mal, et surprit Marry en train de lui donner un paquet.

- Nous les avons faits lundi, donc tu y as quand même droit, répondit-elle sèchement.

Il n'eut rien à répondre, sauvé par la sonnerie. Chuck cachait toujours parfaitement ses émotions, et ne laissait rien au hasard. Mais là, il avait commis une erreur. Le jeu avait cessé. Quelques piques ou taquinerie n’aurait rien changer à la situation, car Marry ne se mettait plus en colère. Il aurait mieux valu qu’elle le soit, plutôt que dans son état actuel : déçu. Dans le feu de l'action, il avait invité sans le savoir cette fille à passer du temps avec lui le jour de la Saint-Valentin. Il regrettait, mais il aurait été trop cruel d'annuler. Alors par galanterie, il l’accompagnerait comme prévu.

Je n'étais pas dupe de sa comédie : ses légers soupirs, aux légères contractions de son front, jusqu’au coups d’œil qui lui jetait à la pause midi alors qu’elles discutaient dans leur coin, il avait pleinement conscience de Marry qui semblait particulièrement mal en point.

- Je suis fatiguée, lâcha-t-elle tout en fixant ses ongles avec insistance. Il gagne toujours, ce n’est pas juste. Il m’épuise à me prendre sans cesse de haut. Ce n’était qu’un jeu, comme d’habitude, mais là… Il imaginait vraiment que je voulais juste coucher avec lui, il est vraiment con, marmonna-t-elle en évitant toujours le regard des filles.

- Alors que voulais-tu ? lui demanda Blear.

- Je n’en sais rien, c’est ridicule, fit-elle en grattant son sourcil.

- Je ne pense pas, souffla-t-elle.

- Et en quoi il a gagné cette fois ? s’interrogea Katerina.

- Les chocolats… je les ai fait pour l'amadouer, mais je regrette…

- Pourtant, tu avais l’air contente de les faire, dit Eglantine doucement.

- Oh ça n'a aucune importance ! Il va passer sa Saint-Valentin au bras de cette pétasse, coucher avec, et peut être même que ce sera sa future femme ! Parfait ! C’est exactement ce que souhaiterait ces parents, une petite bourge, qui se tient bien…

- Tu es jalouse ? fit Alicia tout naturellement.

- Je suis mieux que cette fille, pourquoi je serais jalouse ?!

- Marry, tu n’es vraiment pas honnête, souffla Eglantine. Je crois que tu devrais réfléchir à pourquoi tu as accepté ce petit “jeu”.

- Kat m’a provoqué et…

- Cela va au delà de ça ! Vous êtes sens cesse en compétition, à vous chercher, tu devrais être honnête avec tes sentiments.

- Mes sentiments ?! s’énerva-t-elle.

- Oui, tu l’aimes, déclara-t-elle en déposant sa main sur son genou.

- Non... Non, je ne l'aime pas, balbutia-t-elle incertaine. Pourquoi j'aimerais cet idiot ? fit-elle en faisant disparaitre la larme sur sa joue d’un geste vif. Je ne l'aime pas, je vous dis ! s’énerva-t-elle en relevant son visage larmoyant lorsqu’elle entendit leurs rires.

- Mais oui, bien sûr, rit Katerina en levant les yeux au ciel.

- Moi je crois bien que tu l’aimes beaucoup, la taquina Alicia.

- Les filles, ne l’embêtez pas, même si, s’arrêta Blear en faisant des gros yeux à Marry.

- Tu ne dois pas avoir honte de tes sentiments ! s’exclama Eglantine.

- Tu te souviens quand je ne voulais pas avouer que j’aimais Elliot, c’est la même chose…

- C’est ça et en attendant tu n’oses même pas dormir avec lui !

- J’y ai réfléchis et j’ai compris que je devais lui faire confiance, donc ce soir, je lui proposerais une soirée film, pour notre première Saint-Valentin, expliqua-t-elle très fièrement.

- Et alors ? Ça n’a rien de spécial...

- Je fais un effort, alors fais-en un ! Tu l’as dans la peau, un point c’est tout, se fâcha-t-elle.

Boucle d’or voulut retenir son sanglot, déglutit, puis hocha simplement de la tête en frottant ses yeux dont les larmes s'enfuyaient. Blear se leva pour la cacher. Marry Stein ne pouvait montrer aucun signe de faiblesse où l'école entière en profiterait. Katerina et Alicia, la firent rire et Eglantine la réconforta, déposant sa tête contre son épaule.

***

À la fin de la journée, Katerina ne pouvait plus faire marche arrière. Elle respira profondément avant de retrouver Elliot devant le portail. Elle remarqua une distance de sa part et repensa aux mots d'Eglantine : “ tu devrais accepter ses propositions un peu plus souvent pour ne pas le décevoir”. Elle sentit son estomac se tordre, et attrapa sa main un peu trop violemment. En voyant sa tête d’ahuri, elle s’approcha plus doucement et déposa un baiser sur ses lèvres. La réponse de sa langue enroulant la sienne la convaincu de sa bestialité. Ce côté de lui s'envola lorsqu'elle lui proposa une sortie en amoureux, laissant place à la béatitude.

- Tu penses à quelque chose en particulier ? lui demanda-t-il, plus rayonnant que jamais.

- Peut-être se promener en ville, manger un bout, et puis… Tu dis toujours vouloir faire une soirée film, alors si tu veux, proposa-t-elle timidement.

- Tu veux vraiment… ? Ok, oui ! D’accord, faisons ça !

Puisqu'il s'inquiétait d'être découvert en ville, Elliot eut une meilleure idée : commander à emporter pour manger à l'internat. Les pizzas à bout de bras, il ouvra sa porte avec impatience, humant la bonne odeur qui s'en dégageait. Il invita tout de suite Katerina à s'installer dans son lit, déposant les cartons en guise d’assiette sur celui-ci. Puis, pour améliorer l'ambiance il lança du Michael Jackson. Elle semblait à l'aise et se moqua de lui lorsqu'il se battit avec les fils de fromage. Lorsqu’il lui arriva la même chose, Elliot se pencha entièrement sur le lit pour venir les récupérer avec sa langue et lui voler un baiser ensuite. Il estima que ce fut le bon moment pour lui donner son cadeau : un nouveau walkman. Il savait à quel point la musique comptait pour elle.

- Tu es fou, lui dit-elle, émue. Et je n’ai rien pour toi, je me sens vraiment… désolée.

- Tant que je t’ai avec moi, je suis heureux, déclara-t-il en se logeant à ses côtés.

- Justement, je n’ai pas assuré… Toutes ces fois où tu m’as proposé de venir dans ta chambre, et que j’ai refusé…

- Je sais que je suis démonstratif, et que tu avances à ton propre rythme. Donc c’est moi qui m’excuse, j’ai laissé entendre des choses que je n’aurais pas dû…

- C’est vrai que j’ai pensé que tu m’invitais pour, hésita-t-elle.

- Pour coucher ? osa-t-il à sa place.

Elle hocha simplement de la tête, rouge jusqu’aux oreilles. Lui, soupira, vraiment peu fier de l’image qu’il lui avait donné.

- Je t'ai toujours invité car je voulais passer des moments comme aujourd'hui, expliqua-t-il d’un ton assuré.

- Donc tu n'y penses pas du tout ? Je… j’ai honte parce que… D’un côté j’avais peur que tu m’invites avec certaines idées, mais d’un autre… si tu m’invitais sans même l’imaginer je… Peut-être que je ne suis pas si bien, fit-elle en se dégageant de son emprise.

- Mais bien sûr que j’y pense ! Ah, je veux dire... Ce serait mentir de dire que je ne l'envisage pas, mais ce n’est pas la seule raison, tu comprends ? Je t’aime, et je veux passer tout mon temps avec toi, ne pas perdre une seconde. Je sais qu’à cause de ce qu’il s’est passé entre nous, tu dois avoir peur…

- Je n’ai pas peur ! C’est juste que tu as couché avec tellement de filles avant moi, je... j'ai peur de ne pas être assez bi...

Il ne la laissa pas finir sa phrase, l’embrassant pour la faire taire. Qu’une autre soit mieux qu’elle ? Il refusait d’y croire. Elle ne le repoussa pas, mais resta bouche bée.

- Je t’aime, dit-il en la regardant dans le blanc des yeux. Tu es la seule qui me fasse cet effet, et je ne te parle pas de sexe là. Je te parle de ce que je ressens quand je te regarde, et à chaque fois je me dis que j’ai de la chance d’avoir la plus jolie fille de l’école à mes côtés.

- Moi aussi... je t'aime, souffla-t-elle.

Il l’emprisonna d'un câlin jusqu’à ce qu’elle accepte de se laisser embrasser à nouveau. Toute rouge, elle céda, et se libéra pour parcourir les cassettes qu’il avait sorti. Il la câlina durant tout le film, l’enlaçant par derrière. Ainsi, il la sentit se tendre lorsque les héros de la comédie romantique sautèrent le pas. Il la serra un peu plus, et eut l’impression de devenir fou quand elle se mit à caresser ses doigts.

- Kat, je sais ce que j'ai dit, mais si tu fais ça, je vais craquer, murmura-t-il dans le creux de son oreille.

- J’ai… dit que ça ne me faisait pas peur, bégaya-t-elle.

- Tu devrais…

Il glissa sa main sous le t-shirt trop grand qu’il lui avait prêté, et agrippa sa taille pour la ramener encore plus vers lui. Elle sentit sa vigueur contre ses fesses, et le récompensa d’un frottement. Elliot perdu toute raison, se pinçant les lèvres, et fit de même, dégageant son cou pour le manger à petit feu. Il la retourna sur le lit pour lui faire face. Il découvrit son visage avide, passa une main dans sa chevelure noire, et dégagea une mèche bloquée par ses lèvres demandeuses.

- Merde, je ne résiste pas, dit-il d’une voix troublée, mais je ne veux pas que tu croies…

- Arrête, tu n’es pas le seul à le vouloir.

- Je suis trop excité, je risque de te faire mal, s'excusa-t-il en touchant délicatement son sexe gonflé à travers son short.

- Je suis sûr que non, j’ai confiance en toi, répondit-elle en dégageant sa main pour déposer un doigt au niveau de son entrejambe.

Il gonfla le torse et contracta les bras, prit d’un frisson. Impossible de résister, il plaqua sa main à côté de son visage, qu’elle suivit du regard. Elliot lui saisit le menton, la surmonta, pour l’embrasser. Vivace, il récupéra sa salive d’un coup de langue et planta son genou entre ses jambes pour les écarter. Katerina s’exécuta, se laissant porter par ses mains qui défit son haut. Elle le regarda balancer son t-shirt à l’autre bout de la pièce, découvrit son torse musclé, et sentit le bas de son ventre se tordre. Elliot grondait, brûlant et impatient. À moitié nue, elle réclama un autre baiser, passant ses mains sur son large dos, tandis qu’il passait les siennes à l’intérieur de ses cuisses. Elle retint un gémissement, et il colla son front au sien, souriant. Elle ne put s’empêcher d’y penser, lorsqu’elle découvrit ses canines affamées. La panique et l’envie montèrent au gré qu’il la découvrait. Ils avaient raison. Lorsqu’il attrapa ses jambes, encadra son visage de ses coudes, puis qu’il jeta un coup d’œil vers son bassin en glissant une main derrière son dos, elle cambra. Elle lui offrait le passage, et il s’enquit de s’y jeter, mordant son cou comme pour marquer son territoire, à la manière d'une bête.

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Elle continua de le guider jusqu'à la fin de la procédure. Après les émois de l'homme le reste de l'heure se passa plutôt tranquillement.

Et alors qu'ils sortaient elle lui demanda.

Elle - Alors c'était comment? c'était pas si dur tu a vus.

Il - oui merci. J'aurrais jamais si tu ne m'avais pas poussé. Merci de m'avoir innitié?

Elle - tout le plaisir est pour moi. Et j'espère que tu reviendra vite.

Il- Ne t'inquiète pas, l'escalade c'est passionnant.



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L'attente glissait aussi paisiblement sur l'esprit du guerrier que l'eau dans le ruisseau. Il suivait les sons venant du faré, les imprécations et le bruit du pilon dans le mortier. Il avait su vaincre et le reste était secondaire. Assis sur un caillou, il était chez lui, il se sentait vibrer pour sa Terre. Tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour les siens, pour être un brave. Et pour manger. Des années de sécheresse avaient réduit les vivres. L'arbre à pain dépérissait et il fallait agrandir le territoire, s'approprier la vallée sur l'autre versant de l'île volcanique.
Ce n'est pas lui qui a ramassé les noix de bancoulier dont on tirerait l'encre, après les avoir calcinées. Il fallait des mains aux pouvoirs sacrés pour transmettre au liquide tinctorial les qualités honorant celui qui les recevrait.
La peau brune habillant des muscles colossaux frissonnait de temps à autre sous cette force mal contenue. Le guerrier revivait son combat. Il revoyait son ennemi en face, avec dans le regard la même détermination que la sienne, la même bravoure. Une seule des deux lances atteindrait son but, c'était la loi pour pouvoir rentrer au village plein de gloire et apporter ainsi la promesse de nourriture pour le peuple. Il a failli tout perdre, décontenancé, à l'instant où il avait entendu son frère hurlant s'élancer sur un adversaire et retomber net, le crâne fracassé. L'ombre sur la victoire. Alors il avait rugi, transmettant la douleur de la perte de son frère aimé à la pierre effilée de son arme.
Ce fut le massacre.
Les hommes, vieux, nus à l'exception d'un pagne de tapa, tissu végétal, sortaient enfin du faré, l'un d'entre eux tenant haut un bol fait du crâne d'un animal. Leur nudité étalait au grand jour leurs tatouages qui, au fil des ans, prenaient des reflets verdâtres. Leurs actes valeureux étaient inscrits et chacun respectait ces marques. Le guerrier se leva et les salua. Rien en cet instant n'était plus précieux sur l'île que le contenu de ce bol, une encre produite par la terre nourricière et qui avait reçu les paroles sacrées.
On fit asseoir le vainqueur nu sur un gros caillou et les sages l'entourèrent. Pendant que l'encre végétale était étalée sur la peau dorée de l'homme imposant, les voix masculines psalmodiaient et le tatoueur, le seul habilité à marquer les peaux des signes de la bravoure, commença à enfoncer une dent de requin acérée, puis encore et encore répéta son geste, patiemment. Le tatouage s'est dessiné sur la peau au fil des chants ininterrompus lentement, jusqu'à la tombée du jour. Une marque indélébile qui dira à tous combien il s'est battu pour les siens.
***
-Eh, Paul, t'as vu là-bas la cahute ? Y a un mec, il te fait des supers tatouages, regarde celui que j'ai !
-oh la vache ! Fais un selfie !
Le temps du festival, l'archipel, envahi de touristes dont la seule force est d'avoir payé leur billet d'avion, ressert, au milieu des danses et des chants, ce passé guerrier par petites touches, gravant sur des bras, des cuisses, des oreilles, des poitrines flasques des fragments de la marque de bravoure du guerrier.
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