Chapitre 9 : Jeux de confiance

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En matière de séduction, il n’y avait pas meilleure que Marry Stein. Elle excellait particulièrement dans le jeu de drague. Les autres filles la considéraient comme une ennemie redoutable ou comme un exemple à prendre.

Pour ce jour particulier, elle s’arma d’une robe moulante émeraude à longues manches, dont la longueur frôlait la limite de l’acceptable. Tout comme le décolleté plongeant qui la vieillissait d’un ou deux ans. Elle avait fait attention à choisir une tenue passe partout, pour ne pas avoir l’air de se rendre à une de ses soirées mondaines préférées. Elliot valida ce style “bon chic, bon genre”, et garda la marque de son rouge à lèvres sur sa joue en récompense. Katerina acceptait cette relation plus qu’étrange, car ensemble ils s’apparentaient plutôt à deux divas qu’à des amants.

Au temps de midi, Blear et Alicia lui firent un sourire insistant lorsqu’elles l’abandonnèrent devant la classe des délégués. À côté de ça, Eglantine tentait de convaincre Michael qu’elles ne prévoyaient rien de louche. La réunion commença lorsque chaque délégué de classe fut installé. Chuck en tête de table et président prenait toujours la parole en premier.

- Le voyage a été un franc succès, et représentatif de notre travail d’équipe. Ici, vous le savez, les deux plus gros événements sur lesquels nous devons bosser sont : un, l’organisation de stand pour les portes ouvertes, sachant que la troisième année nécessite une attention toute particulière puisqu’il s’agit d’un tournant pour les étudiants, et deux, le bal de fin d’année…

- J’ai tellement d’idées pour ce point, l’interrompit Marry prise d’un élan d’excitation. J’ai déjà en tête une salle, par-fai-te pour l’occasion !

- Je suis content de l’entendre, mais tu ne respectes pas le tour de parole, encore une fois, lui répondit-il en brandissant son bic dans sa direction.

- Oh allez, n’allais-tu pas nous donner la parole justement ? tenta-t-elle de l’amadouer.

- C’est juste, mais ce n’est pas correct, donc nous écouterons les propositions de chacun avant les tiennes.

- Quoi mais…

- Ça nous permettra de prendre en compte chaque avis, sans que tu monopolises le dialogue, ajouta-t-il. Donc Emilie, je t’en prie, fit-il en donnant la parole à cette fille qui s’asseyait toujours à côté de lui.

- Merci, alors concernant le bal, je crois que nous devrions plutôt l’organiser au sein même de l’école, annonça la jeune fille. Nous avons toute la place nécessaire, et le cadre est magnifique. Avec quelques décorations ce sera d’autant plus joli et nous y gagnerions niveau budget. Enfin je pense, hésita-t-elle en voyant la réaction de Marry.

- Nathan ? fit Chuck à un des garçons qui levait la main.

- Je suis du même avis, on a besoin de mettre le paquet sur les portes ouvertes. Les sixièmes le disent souvent, l’école tente d’offrir une formation élitiste à un nouveau public, donc c’est notre priorité.

- C’est vrai, le bal est plus de l’ordre de l’amusement donc nous devrions en profiter à l’école, d’une manière plus traditionnelle. Ce n’est pas aussi symbolique que le bal des sixièmes qui eux quitteront l’école cette année, expliqua une autre fille.

- Mais c’est tout aussi important ! ne put s’empêcher la blonde d’intervenir.

- Marry, la reprit Chuck, revêche.

- Elle n’a pas levé la main non plus à ce que je sache…

- C’était dans la continuation, tu perturbes le discours ! Donc tu t’exprimeras à la fin, dit-il sans même la regarder, concentré à prendre des notes.

Mais à la fin, son avis n'avait plus d’intérêt à partager le sien, car ils souhaitaient tous organiser le bal à l’école. Ils procédèrent à un vote par convention, mais le résultat était prévisible. Marry se rappela de sa tâche : draguer Chuck, et ravala sa colère. À la fin de la réunion, elle rangea le local et se rapprocha de lui, animé par le sentiment de le détruire. Il tiqua sur ce comportement inhabituel. Elle avait toujours tendance à laisser les autres faire le sale boulot à sa place.

- Je parie que tu vas essayer de me faire changer d’avis, lui lança-t-il.

- À propos du bal ? Nooon, je respecte le vote, mentit-elle tant bien que mal.

- Tes mots ne s’accordent pas à tes expressions. Tu ne me la feras pas, ou alors tu prévois quelque chose de pire, pouffa-t-il.

- C’est vrai que j’aurais voulu te faire part de quelque chose, fit-elle comme si elle s’était glissée dans le corps d’Eglantine.

- Ça fait froid dans le dos, répondit-il en prenant une mine écœurée. Allez, dis-moi, rit-il ensuite en la voyant reprendre ses airs de peste.

- Ok, je me rends bien compte que c’est de plus en plus, nécessaire, que l’on s’entende tous les deux…

- Continue, l'écouta-t-il en mettant ses mains dans ses poches.

- Pour cohabiter à l’école, et même pour le futur, alors je pensais qu’on pourrait, s’arrêta-t-elle pour passer une mèche de cheveux derrière son oreille, prendre du temps pour discuter, pour se comprendre et peut-être même se rapprocher, finit-elle en croisant les bras pour mettre sa poitrine en valeur tout en déposant un doigt sur sa joue, faisant mine d’être gênée.

- Oh, sourit-il. Je vois, continua-t-il de rire en portant sa main devant son nez, flatté.

- Donc tu serais d’accord ? s’étonna-t-elle, soudainement attentive.

- Bien sûr, pourquoi pas discuter autour d’un petit verre, proposa-t-il en s’avançant dangereusement de son visage. Partager nos préférences en termes d’alcool, sachant que j’ai bien meilleur goût qu’Elliot, fit-il en déposant une main dans son cou, et peut-être que nous pourrions nous rapprocher, oui, lui chuchota-t-il à l’oreille.

- D’accord, déglutit-elle en tournant son visage pour se retrouver à quelques centimètres du sien, les joues rougies.

- Parfait, rappelle-le-moi dans la semaine, fit-il alors d’un ton plus formel en secouant son épaule. Je vais déposer le compte rendu aux titulaires, à tout de suite, dit-il en lui faisant un signe pour disparaitre ensuite.

À l’arrivée de Marry au réfectoire, les filles s’enquirent de prendre des nouvelles de l’avancement de son plan. Ce fut un effort de leur répondre que tout roulait, alors que le simple souvenir de ses lèvres près des siennes, de l’odeur musquée de son parfum et de ses doigts brûlant dans son cou, retournait son estomac.

***

Plus tard dans la journée, le professeur d’histoire nous invita à travailler librement sur un devoir à rendre pour la semaine d’après. Katerina et Chuck restèrent en classe pour commencer la synthèse de texte, et Alicia, Blear et moi-même nous rendions à la bibliothèque. La plus studieuse d’entre nous savait exactement où se rendre pour trouver les bonnes informations, à l’inverse d’Alicia. Il y avait quelque chose de plaisant à la regarder déambuler entre les rangées de livres, mignonne de son air perdu et perplexe. Je décidai de la laisser dans le flou encore quelques minutes. Mon attention dériva sur Louis qui semblait tout aussi peu à l’aise dans l’endroit qu’il visitait pour la première fois. Bien qu’il semblât trouver ce qu’il cherchait, il avait l’air dans la lune, presque tête en l’air. Mais elle l’était plus que lui. Elle le bouscula à l’intersection, faisant tomber le livre qu’il avait acquis.

- Fais attention, râla-t-il en se penchant pour le ramasser.

- Ex...cuse moi, dit-elle en l’attrapant en même temps que lui. Ah, ce livre-là serait utile pour notre travail, constata-t-elle en lisant le titre.

- C’est vrai, les interrompis-je. Louis, ça te dérangerait qu’on travaille dessus ensemble ? lui demandais-je.

Il ne put refuser cette requête. Je pris place à côté de lui pour partager la lecture et je demandais à Alicia de prendre note de mes remarques sur une feuille collective. Blear vint se joindre à notre table et accepta de nous fournir une aide supplémentaire. Le travail se faisait dans le calme, sans débordement et bientôt nous avions tout ce que nous souhaitions. L’ambiance était étrange entre Louis, rigide, Blear, sérieuse et Alicia, étrangement silencieuse.

- Il faut qu’on récupère nos affaires en classe, dis-je pour briser la glace.

- D’accord, je vais ranger ces livres, répondit Blear en prenant la pile devant elle.

- Je vous attends à la porte, annonça Alicia en se faufilant jusque l’entrée.

- Étrange, soufflais-je.

- Qu’est-ce qui est étrange ? me demanda Louis en récupérant le reste des livres.

- Tu parles, m’étonnais-je. Ah excuse-moi ! J’ai pensé tout haut, hum… c’est juste que tu es du genre discret, m’expliquais-je en devinant une pointe de colère.

- Tu peux dire ce que tu penses, tu sais, fit-il d’un ton plus calme que je ne l’avais imaginé.

- Alors, hésitais-je, en toute honnêteté tu as l’air d’être quelqu’un d’intéressant mais ce n’est pas facile de t’approcher, avouais-je en me grattant l’arrière du crâne.

- Les gens ont tendance à m’approcher pour de mauvaises raisons…

- Je ne vois pas trop lesquels, pour ma part j’étais un peu curieux de ton statut dans l’école. Je crois savoir que tu es un élève boursier… Moi aussi, et c’est plutôt rare à Saint-Clair, lui souris-je.

- Donc tu es un des rares à avoir réussis les examens d’entrées, tu dois être un génie.

- C’est plutôt des heures de travail, dis-je péniblement en remettant ma chaise en place.

- Je devine que ce n’était pas ton choix, donc, conclut-il.

J’eus un instant de blanc, l’angoisse remuant mes entrailles. Et je serrais la bandoulière de mon sac, comme pour me raccrocher à la réalité. Je vis de la curiosité dans ses yeux rêveurs.

- Je me plais ici, répondis-je sincèrement. Je crois que c’est un endroit qui en vaut la peine, et tu devrais vite ranger les livres, pour ne pas être en retard à la prochaine heure, le conseillais-je en rejoignant Alicia.

Celle-ci passa son bras autour du mien qu’elle serra sur tout le chemin jusque notre classe. Je vis avant de partir qu’il replaçait les livres utilisés à leur place. Louis était étonnant. Je n’arrivais pas à cerner sa personnalité, pas méchant, mais froid. Mais pas comme Blear, sûrement parce qu’il agissait de cette manière pour des raisons différentes. Cependant, la reine de glace devait s’y être rallié, pour oser le premier pas.

- Il n’a pas tort, lâcha-t-elle en glissant un livre à côté de celui qu’il remettait.

- Je te demande pardon ?

- Dossan, il a raison, Saint-Clair en vaut la peine, et il est digne de confiance, ajouta-t-elle en lui lançant un regard fixe.

- Pourquoi m’en faire part ?

- Je crois que tu le sais. Peu importe les raisons qui te poussent à rester à l’écart, ce n’est pas une solution.

- Est-ce qu’il s’agit d’un conseil de la part de la première Richess ? J’ai trouvé étonnant qu’une personnalité comme la tienne soit si proche de personne comme eux.

- C’est une tête brûlée, mais je le dois à Alicia, bouda-t-elle en lui faisant part de cette information. Et en partie à Dossan, ils nous ressemblent plus cela-dit. Ce que je veux dire c’est que si tu hésites à lui faire confiance, n’hésite pas.

- Alicia… Cette fille est…

- Perturbante ?

- J’aurais dit...très vivante, dit-il d’une expression peinée.

- Pourtant elle est calme ces jours-ci. Bref, ne te ferme pas aux autres, c’est important d’avoir des amis, insista-t-elle en lui lançant un sourire timide.

- Non…

- Pourquoi ? s’étonna-telle.

- À quoi bon…

- Que veux-tu dire ? continua-t-elle en voulant déposer sa main sur son avant-bras lorsqu’elle découvrit son visage triste. Ah...

- Il sonne, souffla-t-il avant de s’enfuir hors de la bibliothèque.

Blear serra son dernier livre contre sa poitrine, fixant sa triste silhouette s’éloigner. Il paraissait si seul. Une solitude à laquelle elle pouvait se rattacher.

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Il - oui merci. J'aurrais jamais si tu ne m'avais pas poussé. Merci de m'avoir innitié?

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Il- Ne t'inquiète pas, l'escalade c'est passionnant.



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L'attente glissait aussi paisiblement sur l'esprit du guerrier que l'eau dans le ruisseau. Il suivait les sons venant du faré, les imprécations et le bruit du pilon dans le mortier. Il avait su vaincre et le reste était secondaire. Assis sur un caillou, il était chez lui, il se sentait vibrer pour sa Terre. Tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour les siens, pour être un brave. Et pour manger. Des années de sécheresse avaient réduit les vivres. L'arbre à pain dépérissait et il fallait agrandir le territoire, s'approprier la vallée sur l'autre versant de l'île volcanique.
Ce n'est pas lui qui a ramassé les noix de bancoulier dont on tirerait l'encre, après les avoir calcinées. Il fallait des mains aux pouvoirs sacrés pour transmettre au liquide tinctorial les qualités honorant celui qui les recevrait.
La peau brune habillant des muscles colossaux frissonnait de temps à autre sous cette force mal contenue. Le guerrier revivait son combat. Il revoyait son ennemi en face, avec dans le regard la même détermination que la sienne, la même bravoure. Une seule des deux lances atteindrait son but, c'était la loi pour pouvoir rentrer au village plein de gloire et apporter ainsi la promesse de nourriture pour le peuple. Il a failli tout perdre, décontenancé, à l'instant où il avait entendu son frère hurlant s'élancer sur un adversaire et retomber net, le crâne fracassé. L'ombre sur la victoire. Alors il avait rugi, transmettant la douleur de la perte de son frère aimé à la pierre effilée de son arme.
Ce fut le massacre.
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On fit asseoir le vainqueur nu sur un gros caillou et les sages l'entourèrent. Pendant que l'encre végétale était étalée sur la peau dorée de l'homme imposant, les voix masculines psalmodiaient et le tatoueur, le seul habilité à marquer les peaux des signes de la bravoure, commença à enfoncer une dent de requin acérée, puis encore et encore répéta son geste, patiemment. Le tatouage s'est dessiné sur la peau au fil des chants ininterrompus lentement, jusqu'à la tombée du jour. Une marque indélébile qui dira à tous combien il s'est battu pour les siens.
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-Eh, Paul, t'as vu là-bas la cahute ? Y a un mec, il te fait des supers tatouages, regarde celui que j'ai !
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