Chapitre 6 : Avant de partir.

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Le temps des excuses n'arrivant toujours pas, Michael décida de prendre les devants l’avant-dernière nuit du voyage.

- Il est temps que vous parliez de ce qu’il s’est passé, dit-il d’un ton posé.

- Par quoi on commence ? Dossan qui à embrasser la fille que j’aime, ou Chuck qui m’a frappé sans raison ? s’énerva directement Elliot dont le visage exprimait la trahison.

- J’avais mes raisons et Dossan n’a pas…

- Il peut parler tout seul, cesse de le surprotéger !

- Tu l’as agressé et ce n’était pas justifié !

- Il a raison, le coupais-je, tu me couves trop. Elliot, je ne sais pas quoi faire pour que tu me croies quand je dis que je n’avais aucune intention de l’embrasser. Je ne veux pas lui rejeter la faute, mais c'est elle qui...

- En me regardant dans les yeux peut être, siffla Elliot.

Mon regard croisa ses yeux verts perçant. Le garçon jovial avait disparu, laissant place à une imposante bête aux crocs acérés. Je soutins mon regard pour lui communiquer ma sincérité.

- Arrête d’essayer de l’intimider, râla Chuck.

- Et arrête de t’en mêler, c’est fatiguant !

- Est-ce que tu veux bien me pardonner ? demandais-je timidement, je ne voulais vraiment pas que ça se passe de cette manière…

- Je sais, c’est juste que l’idée me met hors de moi, rumina-t-il. Mais qu’est-ce qu’il lui a pris ? souffla-t-il ensuite, passant ses mains le long de sa nuque, tout allait bien pourtant.

- Je crois qu'elle était jalouse, expliquais-je.

- Mais je n’ai pas... C’est à cause de tes conseils à la con ça ! cria-t-il à Chuck.

- Je t’ai dit de la laisser réfléchir, pas de draguer d’autres filles, rétorqua-t-il.

- Quand est-ce que j’ai dragué d’autres filles ?!

- S’il vous plait, il faut que vous arrêtiez de vous disputer, média Michael.

- Il m’a frappé injustement…

- Et tu as vu comme tu l’as empoigné ?

- Ils se sont embrassés ! Tu aurais réagi comment à ma place ? Et je n’ai pas été si violent, c’est bon.

- Ce n’est pas le problème, tu as bien vu que...

- Que quoi ? Tu prends toujours la défense de Dossan, je peux comprendre mais les secrets très peu pour moi…

- De toute façon, ça ne te regarde pas, répondit-il sèchement.

- Très bien, mais ne t’étonne pas que je ne comprenne pas, rétorqua-t-il en croisant les bras.

- Elliot, il est inquiet parce que… je…

Comment mettre en mots ce que mon père me faisait subir ? L'envie de tout avouer brûlait dans mes entrailles, mais je ne voulais pas être pris en pitiée. Chuck me couvait encore plus depuis qu'il savait. Je me sentais faible. Michael ne me forcerait jamais à parler, et Elliot refrénait sa curiosité. Une vague de froid traversa mon corps, et mon estomac se noua. Plus je me décidai à parler, plus les sueurs froides et les frissons s’accentuaient dans ma nuque et le long de mes bras. J’enfonçais mes doigts dans ma cuisse et agrippait mon genou nerveusement.

- Ne t’obliges pas, dit Michael d’un souffle.

- J'en ai envie, mais ce n’est pas facile, déglutis-je. Si j’ai réagi aussi bizarrement c’est parce que, m’arrêtais-je en découvrant leurs expressions avides, mon père… il… il me…

Je me levais brutalement et leur tournèrent le dos pour cacher la montée des larmes : “Ne pleures pas, un homme ne pleure pas”. Le mur sur lequel je déposais ma paume devint soudainement mon meilleur ami, y collant mon crâne. Une pression sur mon épaule vint me réconforter. Chuck. J’exprimais alors un long râle, les tremblements devenaient incontrôlable et il plut sur mes joues. J'étais pitoyable. Faible.

Elliot vint me faire une caresse dans le dos. Il s'excusa en m'enlaçant. La chaleur de son étreinte me fit craquer. Ma douleur se reflétait sur leurs visages.

***

Cette nouvelle bouleversa Michael qui voulait maintenant voir Eglantine. Elliot l'accompagna pour faire face à Katerina. Ils attendaient devant la porte, lorsqu'elle s'ouvrit, celle-ci indiqua à Michael que sa dulcinée était dans sa propre chambre. Il lança alors un regard de soutient à son ami, puis la rejoint. Ils s'installèrent sur le lit pour discuter.

- Tu viens tard, quelque chose ne vas pas ?

- Nous avons régler la dispute, mais toute cette tension... j'avais besoin de te voir, et toi ? Tu ne dors pas avec les filles ce soir ?

- J’avais aussi besoin d’un peu de calme, fit-elle en déposant sa tête contre son épaule. Je suis contente que tu sois là.

- Est-ce que je peux dormir ici ? Je voudrais passé une dernière nuit avec toi avant de rentrer, rougit-il.

Elle passa ses mains derrière son cou et lui répondit par un baiser. Michael saisit sa taille et remonta ses mains sur ses côtes tout en baisotant ses lèvres, où il glissa bientôt sa langue. Leurs respirations s’accéléraient au rythme des baisers qu’ils se donnaient, les joues roses d’excitation.

- Ça m’avait manqué, murmura Michael en l’étreignant.

- Moi aussi, dit-elle le cœur battant. Peut-être que cette nuit, nous pourrions, rougit-elle en déposant sa main sur son torse.

- Dis-moi, fit-il en relevant le buste.

- Je me disais que... puisque nous sommes tranquille, ici je veux dire… nous pourrions en profiter pour, hésita-t-elle, faire de ce voyage un souvenir mémorable.

- Tu veux dire que, la dévisagea-t-il, tu penses à… ? Tu veux le faire avec moi ? demanda-t-il courageusement.

- Je veux que tu sois mon premier, marmonna-t-elle nerveusement en chipotant au col de sa chemise.

- Je… je ne sais pas quoi dire, tu es certaine ?

- Tu n’en as pas envie ? demanda-t-elle de sa moue triste.

- Bien sûr que si ! Faire l’amour avec toi c’est... Ah, j’aurais dû te le proposer avant, mais je… j’avais peur que tu n’en ais pas envie, bégaya-t-il les joues en feu.

- Avec toi, j’en ai envie, répondit-elle en prenant sa main.

Ils se regardèrent quelques secondes dans le blanc des yeux, et reprirent les hostilités. Michael l’embrassa le plus tendrement qu’il le put et glissa ses doigts dans sa chevelure. Son cœur menaçait de sortir de son torse, et la chaleur qui montait en lui, le rendait d’autant plus pressé. Il déboutonna maladroitement le dessus de sa robe et écarta le tissu, cherchant son autorisation d'un coup d'oeil. Ses cheveux argentés ruisselaient le long de sa poitrine encadrée de dentelle blanche. Toujours en cherchant son approbation, il déposa sa main sur l’un de ses seins, et recommença à l’embrasser tout en la faisant basculer sur le lit. A son regard désireux, il retira son haut, avant de déboutonner le restant de sa robe, pour la découvrir toute entière.

- Tu es magnifique, s'émerveilla-t-il en passant une main sur sa taille nue.

- Et toi, tu es tellement bien fait, répondit-elle d'un ton brûlant alors qu'elle glissait un doigt le long de son torse.

Il s'allongea presque sur elle pour l'étreindre une énième fois et lui déclara au creux de l'oreille tout l'amour qu'il lui portait. Les mots se transformèrent en gestes et en baisers de la tête au pied. Lorsqu'ils furent complètement dénudés, leurs corps brûlant se touchant dans la lumière tamisée, des larmes s'écoulèrent sur les joues chaudes d'Eglantine. Et lui qui se logeait au cœur de sa chaire, les yeux tout aussi brillants, mêla ses doigts aux siens, comme une promesse, et s'enquit de récolter sa dernière larme au bout de son doigt.

***

Le ton s'échauffait d'une autre manière dans le petit salon du hall de l'hôtel, vide et éclairer d'une seule applique.

- Pourquoi tu l'as embrassé ? débuta Elliot d'un ton fâché.

- Ça m'a prise comme ça, sans raison, répondit-elle ironiquement.

- Arrête avec cet air, ça me rend fou ok ?!

- C'est bon, ce n'est pas comme si tu n'avais pas un tas de filles que tu pourrais embrasser a ma place.

- II ne se passe rien avec d'autres filles !

- Tu la prenais par la taille et tu dansais avec à la soirée ! Ne me fais pas croire qu'il n'y a jamais rien eu entre vous.

- Non ! Pas avec elle non. J'ai eu des aventures et j'ai des amies, mais c'est toi qui m'intéresse. Je t'ai dit que j'avais des sentiments pour toi, ajouta-il en voyant qu'elle ne le croyait pas.

- Non tu ne l'as pas fait, marmonna-t-elle gênée en croisant les bras.

- Tu devrais le savoir depuis le temps, répondit-il tristement.

- Tu ne l'as jamais vraiment dit, rougit-elle.

- C’est une déclaration que tu veux ? Parce que si c’est le cas, je t'en fais une tout de suite, mais il ne sera pas question de revenir en arrière.

- Non, je m’enfiche…

- Kat, arrête… tu sais bien que…

- Tu comprends pas... je... j'ai peur, ok ?

- Tu crois que je n’ai pas peur moi ? Je menais ma vie tranquillement, aux désirs de mes parents, et je t’ai toujours trouvé magnifique, mais je ne pensais pas que… je tomberais amoureux de toi, souffla-t-il.

- Pourquoi est-ce que tu l’as dit ?! s’énerva-t-elle, larmoyante.

- Parce que je t’aime, lui convia-t-il doucement en s’approchant, je l’ai dit, alors dis-moi si c’est réciproque, fit-il en lui saisissant son visage larmoyant.

- Ça ne l’est pas…

- Vraiment ? Alors pourquoi tu pleures ?

- Tais-toi, grogna-t-elle en retenant un sanglot.

- Je t’aime, lui glissa-t-il à l’oreille, je t’aime et je vais récupérer ce qu’il m’a volé, ajouta-t-il en s’approchant de ses lèvres.

Bien qu’elle refusât de l’admettre, Katerina se perdit dans les baisers qu’il lui offrait et enfoui son visage écarlate contre son torse lorsqu’il ne lui laissa pas le choix de devenir sa petite amie. Il annonça fièrement la nouvelle au dîner le lendemain, puisque nous avions fait la grasse matinée, et sauter le petit déjeuner. Il l'avait simplement saluer d'un baiser, ce qui fut applaudi par le restant des élèves. Je reçus par la même occasion des excuses de Katerina.

- Si ça vous a permis de vous mettre ensemble, alors je suis heureux, répondis-je sincèrement.

- C'est moi qui devrais t'embrasser, rit Elliot en approchant dangereusement sa bouche de la mienne.

- Jamais de la vie, s'il doit embrasser quelqu'un c'est moi, s'exclama Chuck qui l'empêcha de commettre ce que je redoutais.

Il y avait maintenant tant de raisons de faire la fête : la fin du voyage et la fin de nos disputes, la relation de nos amis, sans oublier ce que nous confia Michael le soir même.

- Bienvenu dans le monde des hommes, s'exclama Elliot.

- Et pour fêter ça, buvons ! se réjouit Chuck qui sortit des bouteilles de sa valise.

- Quand est-ce que tu as été chercher ça ? rit Michael qui ouvrait déjà le vin rouge.

- N'oubliez jamais que je suis plein de ressources !

- Et bientôt alcoolique, plaisantais-je.

- Alcoolique de part sa solitude ? C'est une option, ricana Elliot, mais je suppose que tu seras le prochain, lui dit-il d'un clin d'œil.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, feigna-t-il en osant un regard vers Marry. Ce n'est pas encore le moment, murmura-t-il ensuite avec un sourire mesquin.

Ainsi en plus de ce nouveau couple, Chuck venait clairement d'avouer qu'il s'intéressait à Marry. Chacun de mes copains avaient goûtés au plaisir des baisers et du sexe. Je n'eus que Katerina comme exemple et l'absence d'excitation en y repensant me parut anormale. Je parcourus alors mes amis une à une, en sifflant mon verre : aucune ne me plaisait réellement. Mais lorsqu'Alicia vint chercher la boisson, et qu'elle m'attrapa par l'arrière pour me faire un bisou sur la joue, je les sentis s'enflammées. Je la regardais rejoindre les filles, les verres qu'elles avaient réclamés en mains.

- Est-ce que c'était douloureux ? demanda Katerina à voix basse.

- Non loin de là, rougit Eglantine.

- Ça t’intéresse maintenant que tu sors avec Elliot ? la taquina Marry.

- Ce n’est pas aussi effrayant que tu le penses, avoua une Blear pompette.

- T'as déjà fait crac-crac Blear ? s’étonna Alicia dans le même état. Avec le fameux John-Eric ?

- Vous n’aurez aucun détail, gloussa-t-elle.

- Mais du coup c'était tôt ? l’interrogea tout de même Alicia.

- Barf, quand on sait qu’on aura un bébé dans le bide à dix-sept-ans, répondit Marry à sa place.

- L'idée d'accoucher me fait peur, dit Katerina scandalisé.

- Il n’y a pas de raison, donner la vie doit être merveilleux, annonça Eglantine.

- Sauf si ce n’est pas voulu, réfléchit Alicia.

Nous les mecs, nous sentions dépassés par ces histoires de bébés et d'accouchements. La fin de la soirée aboutissait pourtant et nous rigolions tous un peu trop fort, enivré. Je fus le seul à remarquer Blear s'éclipser, titubante. Après un temps, je partis la rejoindre, et la découvrit assise en boule dans les escaliers, les mains dans les cheveux.

- Blear ? Qu’est-ce qu’il se passe ? m’inquiétais-je en prenant place à ses côtés.

Elle se replia un peu plus sur elle-même pour cacher son visage plein de larmes et de morve, et mit sa tête entre ses genoux pour pleurer. Son état me rappelait mes crises d’angoisses, je ne l’avais jamais vu aussi bouleversée. Je ne me sentais pas assez proche d’elle pour la consoler d’une caresse. Après un temps sans rien dire, elle releva son visage vers moi et je vis à ses yeux rouges à moitié fermés qu’elle avait trop bu.

- Pourquoi est-ce qu’il fallait qu’elles parlent de ça ? C’est déjà assez difficile comme ça, marmonna-t-elle.

- De quoi parles-tu ? m’étonnais-je.

- L’amour, répondit-elle alors que ses yeux se remplissaient à nouveau de larmes, les enfants, l’accouchement… Elles n’ont pas idées de ce que ça fait, je ne veux plus jamais accoucher, c’était trop dur et même si je l’aime, je…

- Je crois que tu ne devrais pas me parler de ça, dis-je ébahis.

- Mais je l’aime ! s’écria-t-elle. Pour de vrai, je l’adore mon fils mais c’est si douloureux… un cauchemar… plus jamais...

- D’accord, je comprends mais ne restons pas là, répondis-je en lui saisissant le bras pour la remettre debout.

- Tu sais que je n’ai pas voulu ça, hein ? Dossan, c’était un accident et je l’adore ! Je l’aime mon Billy ! Mais… une deuxième fois ? Avec quelqu’un que je n’aime pas ? monologua-t-elle en frappant ses poings sur mon torse.

- Tu as raison c’est injuste, allez-viens, il faut que tu dormes.

- Dormir… ça fait si longtemps que je n’ai plus dormi comme un gros bébé…

Elle avait du mal à aligner deux pas, le chemin fut compliqué. Je couvris sa bouche à plusieurs reprises pour l'empêcher de crier, priant pour que personne ne sorte dans le couloir. Une fois à destination, elle se jeta dans son lit et se mit à rire toute seule en racontant à quel point son enfant était mignon. Dans la seconde d'après, elle se remit à pleurer disant qu'elle était une mauvaise mère. D'une manière ou d'une autre, je réussis à la faire se coucher et posais ma main sur son front pour qu'elle se calme. Lorsqu'elle s'endormit, j'entrepris de retirer ses chaussures bien que j'avais moi-même du mal à distinguer la forme de ses lacets. Je ris en la voyant allongée dans le lit, la bouche grande ouverte, et ferma la lampe derrière moi.

Le réveil brutal par les professeurs criant dans les couloirs me fit du mal. Heureusement que nous avions préparés nos sac la veille, car le mal de crâne sur mes tempes s'intensifiait au plus je me levais de mon lit. Tout ce qu'avait pu me dire Blear me revint en un flash. Comment allais-je gérer cette révélation. Elle me regarda à peine durant le déjeuner et Chuck remarqua que j'étais tracassée. C'est au moment de sortir nos valises et de rejoindre le car qu'elle m'interpella dans un coin.

- Dossan pour hier, je te remercie de m'avoir ramené jusqu’à là chambre, mais tu sais, s'arrêta-t-elle pour sonder mon regard.

- Il n'y a pas de quoi, dis-je simplement attendant la suite.

- J'ai dû dire tellement de bêtises, avec l'alcool, je n'ai pas géré et...

- Tu n'as rien dit d'étrange, mentis-je.

D'abord étonnée, elle me remercia ensuite d'un sourire. Les mots n'étaient nécessaires. Je garderais son secret, et maintenant elle le savait. John-Eric qui trainait sa valise, s’interpella de notre silence. Je lui rendis son signe de tête. Chuck m'interrogea lorsque le chauffeur poussait nos valises dans la soute. Je jouais l'innocent.

- Tu n’es pas bon menteur tu sais ? Mais j'aime ça chez toi, tu es un ami fidèle. Si tu veux en parler, je suis là, précisa-t-il en me faisant un clin d'œil.

Je l’appréciais pour la même raison, parce qu'il ne me forçait jamais. En entrant dans le car, je découvris une place fraichement gardée aux côtés d’Alicia. La fatigue ne vint que lorsque nous revîmes les décors de chez nous. La maison ne me manquait pas, sauf ma mère, mais je me demandais comment serait l'école après ce voyage.

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Elle - tout le plaisir est pour moi. Et j'espère que tu reviendra vite.

Il- Ne t'inquiète pas, l'escalade c'est passionnant.



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hersen



L'attente glissait aussi paisiblement sur l'esprit du guerrier que l'eau dans le ruisseau. Il suivait les sons venant du faré, les imprécations et le bruit du pilon dans le mortier. Il avait su vaincre et le reste était secondaire. Assis sur un caillou, il était chez lui, il se sentait vibrer pour sa Terre. Tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour les siens, pour être un brave. Et pour manger. Des années de sécheresse avaient réduit les vivres. L'arbre à pain dépérissait et il fallait agrandir le territoire, s'approprier la vallée sur l'autre versant de l'île volcanique.
Ce n'est pas lui qui a ramassé les noix de bancoulier dont on tirerait l'encre, après les avoir calcinées. Il fallait des mains aux pouvoirs sacrés pour transmettre au liquide tinctorial les qualités honorant celui qui les recevrait.
La peau brune habillant des muscles colossaux frissonnait de temps à autre sous cette force mal contenue. Le guerrier revivait son combat. Il revoyait son ennemi en face, avec dans le regard la même détermination que la sienne, la même bravoure. Une seule des deux lances atteindrait son but, c'était la loi pour pouvoir rentrer au village plein de gloire et apporter ainsi la promesse de nourriture pour le peuple. Il a failli tout perdre, décontenancé, à l'instant où il avait entendu son frère hurlant s'élancer sur un adversaire et retomber net, le crâne fracassé. L'ombre sur la victoire. Alors il avait rugi, transmettant la douleur de la perte de son frère aimé à la pierre effilée de son arme.
Ce fut le massacre.
Les hommes, vieux, nus à l'exception d'un pagne de tapa, tissu végétal, sortaient enfin du faré, l'un d'entre eux tenant haut un bol fait du crâne d'un animal. Leur nudité étalait au grand jour leurs tatouages qui, au fil des ans, prenaient des reflets verdâtres. Leurs actes valeureux étaient inscrits et chacun respectait ces marques. Le guerrier se leva et les salua. Rien en cet instant n'était plus précieux sur l'île que le contenu de ce bol, une encre produite par la terre nourricière et qui avait reçu les paroles sacrées.
On fit asseoir le vainqueur nu sur un gros caillou et les sages l'entourèrent. Pendant que l'encre végétale était étalée sur la peau dorée de l'homme imposant, les voix masculines psalmodiaient et le tatoueur, le seul habilité à marquer les peaux des signes de la bravoure, commença à enfoncer une dent de requin acérée, puis encore et encore répéta son geste, patiemment. Le tatouage s'est dessiné sur la peau au fil des chants ininterrompus lentement, jusqu'à la tombée du jour. Une marque indélébile qui dira à tous combien il s'est battu pour les siens.
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-Eh, Paul, t'as vu là-bas la cahute ? Y a un mec, il te fait des supers tatouages, regarde celui que j'ai !
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Le temps du festival, l'archipel, envahi de touristes dont la seule force est d'avoir payé leur billet d'avion, ressert, au milieu des danses et des chants, ce passé guerrier par petites touches, gravant sur des bras, des cuisses, des oreilles, des poitrines flasques des fragments de la marque de bravoure du guerrier.
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