Chapitre 8 : Premières confrontations (1/2)

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La route principale de Morneval longeait les déclives de la région, serpentait les abruptes collines et s’insinuait entre les bosquets jonchant l’est de Keinnor. Les marchands itinérants voyageaient souvent dans les environs, particulièrement dans une chênaie proche de la cité. Là, le chemin pierreux fut naguère imaginé pour la séparer en deux. Tout du long, le sol paraissait rutilant et diaprait avec les feuilles caduques des arbres contigus à la route. Le feuillage verdoyant des chênes oscillait légèrement sous la sollicitation du vent d’été. Il projetait des ombres régulières, semblables aux akènes accrochées aux branches. Au milieu de cette route, la brise transportait quelques volutes de poussières, mais tout restait figé.

Ses roues renversées de biais étaient enfoncées au bord du chemin, aux pieds des arbres. Deux chevaux maigres et à la crinière noire gisaient par devant, le flanc sévèrement tailladés, et des mouches voletaient en masse autour de leurs naseaux, en bourdonnant. Près de leurs sabots ferrés, un homme vêtu d’un gambison noir à boutons retenait encore sa rondache. Étendu sur le dos, sa gorge était tranchée et son visage aux yeux livides affichait le désespoir. Sur le chariot, une femme accompagnait le marchand dans la mort. Son bras droit, couvert par la manche ample de sa robe pourpre, pendait par-dessus. Un bonnet en lin dissimulait son visage autour de sa chevelure auburn nattée. Derrière le chariot, des tonneaux étaient percés en plus d’être écharpés de toute part. Au surplus, un coffre précédemment protégé par un tissu était vide de tout son contenu. Au cœur de la nature Haelienne, le couple de marchands fut massacré sans espoir de survie.

Soerid repéra les lieux du crime en halenant. En l’occurrence, l’odeur des cadavres était très méphitique, tant ils commençaient à pourrir. Il y résista en couvrant son nez aquilin puis inspira l’air ambiant afin de s’y habituer au mieux. Ses trois compagnons l’imitèrent, dérangés par les effluves. L’une pointa du doigt le chariot, invitant les siens à s’y diriger promptement. Soerid grogna d’abord, plus dégoûté qu’outré. Il foula le chemin à contrecœur, et avec une discrétion déplorable. Un autre guerrier remarqua les corps, rechignant à s’en rapprocher. Il les scruta en prêtant attention à la cause de leur décès. Ses camarades débutèrent alors la fouille des alentours. Par circonspection, ils gardaient toujours une main refermée sur leur arme, excepté Soerid. Il examina les racines où ses bottes manquèrent de s’empêtrer, les roues délabrées et les chevaux. Ces derniers, dus à la courbure de leurs longues pattes, devaient avoir été tués en plein mouvement, l’élan coupé brutalement. Fort de ces conclusions, le membre resta silencieux et se gratta la barbe. Les bras relâchés, il restait vigilant au moindre mouvement et évitait de flâner près des arbres. Cependant, l’investigation l’agaçait tellement que l’imprudence le gagnât.

Sur ses gardes, il perçut un tintement proche. Par réflexe, les guerriers se rassemblèrent autour de lui, le souffle court et les sens en alerte. Ils dégainèrent leur arme dans un cliquetis strident, Soerid les suivit en s’équipant de son marteau de guerre. Il plissa les yeux et grinça de ses dents jaunâtres.

— Ils sont là, murmura-t-il, ses ongles plantées sur son manche.

Les mercenaires apparurent soudain devant eux, sans que les guerriers entendissent ne fût-ce que leur respiration. Une dizaine d’hommes et de femmes brandissaient leurs épées ou leur hache de fer vers eux. Un sourire farouche, des yeux malveillants, leur gestuelle incitait leurs opposants à redoubler de prudence. Tous étaient revêtus d’une armure en cuir trempée, ourlée et piquée, et arborait une coupe longue et lâchée typique des contrées. Elle comprenait des brassards formés d’un treillis de bandes cloutées ainsi que des jambières fermées par des sangles. Soerid sourcilla : il était impressionné que des mercenaires fussent dotés d’un tel équipement. Échappant à la distraction, il souleva hardiment son arme.

Une lame érafla le plastron d’acier de Soerid duquel il s’en déroba tout en rage. Il grognassa en découvrant de front son adversaire. D’un mouvement de recul, il s’écarta, espérant prévoir ses assauts prochains. Ce dernier lui assena un coup vertical que Soerid para dextrement. Autour de lui, les trois guerriers affrontaient un à un leurs ennemis vigoureux. Les armes s’entrechoquaient si intensément que chaque combattant imaginait que le sol rutilant s’ébranlait à leurs pieds. Leurs cris de fureur engendraient à eux seuls un agréable sifflement. Les premiers signes d’épuisement envahissaient Soerid. Cela le frustrait, le mettait hors de lui, et des envies meurtrières le taraudèrent. Il adopta une stratégie défensive, privilégiant de bonnes esquives à des attaques insensées. Seul contre le mercenaire, ce duel exacerbait ses instincts. Une silhouette meurtrière filait devant lui, sa lame zébrant l’air. Soerid leva alors son marteau de guerre de plus belle. Une garde défaillante s’ouvrit, présentant un ennemi opiniâtre. Mais l’ardeur rencontrait toujours ses limites. Une opportunité lui sourit finalement lorsqu’il décida de prendre des risques. Vulnérable, et néanmoins sensé, Soerid se fendit et chercha les faiblesses de son assaillant. Il tournoya légèrement son marteau et exécuta un mouvement de biais. La pointe de l’épée en métal effleura son épaule droite, dérapant et chuintant. Soerid ressentit une douleur fugace dont il se remit sans peine. Sur son élan, le mercenaire l’estoqua à l’abdomen. La respiration bloquée, Soerid hurla de rage et riposta sans barguigner. Il dévia la lame, arqué sur lui-même. Privé de son arme, le mercenaire n’eut pas le temps de la récupérer. En un rien de temps, son cou fut heurté d‘un sévère coup de coude. Pour l’affaiblir, le guerrier frappa ses côtes avec son marteau. Plusieurs os se craquelèrent sous l’impact d’une violence inouïe, l’homme faillit en chanceler à terre. Il parvint à relever la tête, seulement pour assister à son destin. Le crâne percé, il s’écroula sur le sol. Une flaque de sang charria quelques morceaux, signe d’un triomphe violent. Soerid décocha un bref sourire avant de se préoccuper de ses compagnons. Il décida donc de s’attaquer aux plus isolés des mercenaires restants.

Face à deux adversaires, Nakialle peinait à repousser chaque assaut. Elle exsudait sa frénésie comme la sueur suintait sur son front. Quand la jeune femme bataillait, elle se comparait inconsciemment à ses adversaires. Sa coiffure consistait en une longue chevelure rousse lâchée et son équipement en une légère armure de cuir. Las d’étudier les mercenaires, la guerrière planta sa première hache entre les deux yeux d’une mercenaire. Malgré le coup fatal, la stipendiée lança un ultime regard à son égard avant de succomber. Dès que Nakialle extirpa sa hache ensanglantée, elle recula d’un bond afin que son bras ne fût pas tranché par la riposte de son second ennemi. Elle referma ensuite ses mains sur sa deuxième hache à double tranchant. Familière avec ces armes, la guerrière fit front à deux autres ennemis, armés jusqu’aux dents. Éloignée du chariot, ses bottes ferrées glissèrent du pavé aux arbres. Des feuilles crissèrent, virevoltèrent, craquelèrent. Nakialle réalisa un pas de côté tandis que la hache de son opposant taillada le tronc. Il l’extirpa aussitôt et pivota afin d’esquiver adroitement un coup de la guerrière. Juste après, ils se retrouvèrent face à face. Avant de poursuivre leur duel, les deux opposants se fixèrent. Ils anhélaient, éreintés, les yeux en furie. Leurs haches brandies s’entrechoquèrent alors, en cliquetis intense. Nakialle avait croisé les siennes en vue de donner plus d’impact à son attaque. Son corps tressaillit quelques peu tandis qu’elle ployait les genoux, impulsée par sa détermination. Entre eux deux, le métal dansait, couinait, jetait des étincelles. Les combattants se martelaient de coups, enchaînaient parades et esquives, dans un chant régulier et harmonieux. L’adversaire écarta son bras et essaya de taillader le torse de Nakialle. Un saut sur le côté lui permit de se préserver de toute blessure superficielle. Furieux, le mercenaire enchaîna les attaques. La combattante riposta en même temps et leurs armes se heurtèrent, encore et encore, véloces et puissantes. Son adversaire finit par lui écraser le pied. Nakialle supporta la douleur en relevant le genou, et en riposte, elle lui administra une estocade au bassin. Le mercenaire perdit l’équilibre, mais il fendit l’air avec sa hache afin de répartir la masse de son corps et déstabiliser la guerrière elle-même. Revenant à l’assaut, elle frappa la hampe de son ennemi. Ce dernier la coinça entre ses mains et répliqua âprement. Les assauts s’enchaînaient sans que l’épuisement ne les conquît. Pour mieux surprendre le criminel, Nakialle favorisa une hache, renâcla et l’arme fusa. Comme chaque occurrence, celui-ci la bloqua dans son mouvement, mais son erreur le surprit. Le tranchant de l’autre hache lacéra vivement son arcade sourcilière, ce qui lui arrache un hurlement. La féroce guerrière lui trancha la gorge, coupant court ses souffrances, et il se noya dans son hémoglobine.

Zaran et Rosendil se battaient ensemble contre une demi-douzaine de mercenaires acharnés. Si les espadons en acier ne les effrayaient nullement, ils consistaient néanmoins une solide défense. Des spallières à bandes relevaient leur armure de plates, et malgré l’alourdissement de leur gorgerin, ils se déplaçaient aisément. Intégralement chauve et sec, Zaran sentait zébrer l’air quand il parait les coups des mercenaires. À l’instar de son compagnon, sa grande taille et sa musculature développée fraternisaient contre l’adversité. Rosendil, pour sa part, arborait une chevelure noire, d’aspect huileux, qui cascadait jusqu’à ses épaules voûtées. Suite à un assaut trop brutal, les deux guerriers se regardèrent en vue de privilégier une riposte convenable. Ils haletèrent brièvement, récupérèrent leur souffle et lancèrent l’assaut de plus belle. Devant son ami, Zaran fléchit les genoux, la poignée reluisante. Dès que les mercenaires se jetèrent sur lui, il étouffa un hurlement de frénésie et se déchaîna sur eux. La pointe de la lame fendit d’abord l’air puis trancha diverses parties du corps des assaillants. Dans la mêlée, une mercenaire perdit son bras, une autre eut le torse cisaillé et un dernier se fit couper la tête en deux. Deux autres évitèrent l’attaque de justesse et contournèrent les corps de leurs camarades. Ces mercenaires farouches piaffaient, vociféraient, brûlant du désir de revanche. Aveuglés par ces sentiments, ils les agressèrent aveuglément. Soerid abattit son marteau sur son épaule de l’un d’eux. L’arme fusa, et en dans un impact forcené, déboîta le crâne de la victime. Le second affronta stipendié. Zaran dans un combat singulier. Il y eut un cri de désespoir, un déchaînement passion, propageant l’écho des armes. À trois reprises, leurs lames s’entrechoquèrent et produisirent un tintement intense. Au final, le guerrier réussit à faire lâcher l’arme de son adversaire. Pendant ce temps, Rosendil acheva les blessés avant qu’ils ne pussent se relever. Nakialle les rejoignit à temps, soutien invaincu et inépuisable. Soudain, une mercenaire voulut achever Soerid par derrière. Immobile, le guerrier après avoir pourfendu trois des siens. Grâce à l’intervention de la guerrière, il n’en fut rien : les haches lacérèrent ses côtes de part et d’autre. Sans la remercier, le guerrier récupéra son marteau et entendit un autre bruit, l’oreille bourdonnante. Un mercenaire étouffa un cri de géhenne dans cette direction. La gorge tranchée, il tomba sur le ventre en dévoilant son assassin.

— Hé ! s’indigna Soerid. Je n’avais pas besoin de ton aide ! Et qui es-tu, d’abord ?

L’espion profita du silence pour contempler la dépouille. Pris au dépourvu, le mercenaire avait été tué en pleine action, ce dont le jeune tirait satisfaction. D’un air désinvolte, il essuya sa dague en fer sur le tissu rouge bariolant ses épaules. Vêtu d’un manteau en laine noire, sa capuche et son pantalon le définissaient en tant que jeune homme ordinaire. Des mèches brunes couvraient son crâne et son visage rond exhibait des yeux de la même couleur desquels poignait l’indifférence. Il raccrocha nonchalamment sa lame à sa ceinture et l’ajusta, ignorant les râles du guerrier. Sa ceinture comprenait également une arbalète neuve. À la moitié de la vingtaine, l’espion disposait d’une forme remarquable.

— Je t’ai posé une question ! répéta le guerrier, la voix éraillée par l’agacement.

— Je m’appelle Aero Nastaroth, se présenta-t-il. Je suis espion dans votre guilde. À présent, pouvez-vous me remercier pour vous avoir sauvé la vie ?

Aero détacha son regard du cadavre et alla à la rencontre de Soerid. Nakialle, Zaran et Rosendil essuyaient leur lame en jetant un œil aux dépouilles, s’écartant de toute discussion. Pour sa part, Soerid ne put réprimer un grognement.

— J’allais le tuer, de toute façon ! beugla-t-il en foudroyant l’espion du regard. Mais bon, je suppose que tu voulais que je te sois redevable. Eh bien, c’est raté ! Je n’ai besoin de l’aide de personne.

— C’est pour ça que nous t’avons accompagné ? ironisa Nakialle en rengainant ses haches. De toute manière, on n’a pas à se disputer. Nous avons tué les mercenaires. Nous sommes arrivés trop tard pour sauver les marchands, mais bon, tant pis. Ils n’avaient qu’à engager un garde du corps. Ils transportaient du matériel trop précieux. Au moins, nous les avons vengés.

— Tu es espion ? reprit Soerid. Je ne t’ai jamais vu dans les parages. Mais bon, je n’ai jamais compris l’utilité des espions dans la guilde. Surveiller des membres de leur association, c’est vraiment absurde !

— Je suis à peine arrivé, avoua Aero. Galao m’a demandé de venir vous retrouver, car vous faisiez fausse route.

Des rictus déformant sa figure, Soerid manqua d’agripper son interlocuteur.

— Tu nous as traqués ? vociféra-t-il. Pour qui te prends-tu ?

— Je me suis contenté d’obéir aux ordres, se défendit Aero. Inutile de s’emporter ainsi. J’ai suivi méthodiquement votre piste et j’ai attendu le moment opportun pour intervenir.

— Quoi ? Tu nous as laissés nous battre ? Tu nous as juste regardés ? Les guerriers se battent pendant les espions sourient… J’espère que tu as une bonne raison d’être ici.

— Si on me laissait le temps pour m’expliquer, peut-être que vous seriez convaincu…

Une inspiration interrompit la conversation. Tout en se calmant, Soerid reconsidéra son confrère.

— On m’a chargé de retrouver et de tuer le chef de ces maudits mercenaires, expliqua-t-il. Fram Kirto. Ces mercenaires savaient où le trouver.

— Et vous ne vous êtes pas dit qu’il valait mieux au moins en laisser un en vie pour l’interroger à ce sujet ? demanda Aero, à moitié moqueur.

— Je comptais sur Zaran et Rosendil, mais ils ont cru bon d’achever les blessés.

Pour se déculpabiliser, les guerriers évoqués eurent un sourire gausseur. En époussetant leur plastron, ils s’assurèrent qu’aucun filet de sang ne l’entachait. Soerid les ignora, vexé, car seul Aero l’intéressait.

— Bref, en quoi nous faisons fausse route ? questionna-t-il.

— Nos espions ont justement appris que Fram Kirto était à Graef. Autrement dit, cette mission n’est plus pour nous. C’est leur problème, maintenant.

— Dommage, marmonna Soerid. J’aurais tellement voulu le tuer moi-même.

— Le maître va avoir besoin de vous pour une autre mission. Et personne ne vous interrompra, cette fois-ci. Je suis venu aussi pour cette raison.

— En quoi ça consiste ?

— Il vous donnera plus de détails…en privé. Je peux juste vous dire que cela consistera en un recrutement.

L’intérêt de Soerid s’éveilla aux derniers mots0 D’un côté, il voulut protester, car ce genre de missions ne l’enthousiasmait guère. En revanche, rares étaient les contrats de ce calibre. Sans émettre de reproches, il suivit Aero, et ils retournèrent à leur guilde, abandonnant l’amoncellement de cadavres derrière leur sillage. Dorénavant, une dizaine de corps accompagnait le couple de marchands. Étendus sur le sol rutilant, au cœur de la chênaie à l’est de la capitale, autour d’un chariot renversé, nul ne vivait encore.

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