Saavati, Minus l’embarquement .

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Le jour de l’embarquement arriva.

À la pointe du jour on les aligna dans la cour du temple pour les enchaîner par le cou les unes derrières les autres.

Saavati portait toujours la cagoule de cuir qui l'aveuglait, il ne fallait pas qu’on la reconnaisse.

Pour tous, elle était morte noyée au fond d’un lac au Nord de l'empire de l'Est. Par cette froide aurore qui hésitait entre le rose et le bleuté elles descendirent vers le port par des rues déjà bruyantes et encombrées.

Saavati frissonnait, le froid l’engourdissait un peu, ses chaînes lui faisaient mal, elle marchait sur la pointe des pieds, presque sur les orteils, car ses talons avaient été brûlés au fer rouge après sa tentative d’évasion et ils n’étaient pas encore guéris.

Toutes ses compagnes portaient un pagne et une très courte tunique.

Elle la seule esclave nue n’avait que ses tatouages et c’était plus que suffisant pour attirer tous les regards, tous les rires moqueurs.

Par moment elle avait encore comme des bouffées de pudeur et d’angoisse, elle en pleurait et cela faisait comme un feu étrange qui lui allumait les joues et hérissait sa peau.

Toutes marchaient en cadence selon les ordres criés par un maître de chiourme.

Malgré l’heure matinale beaucoup de monde s’affairait dans les rues et sur les quais où elles étaient enfin arrivées.

Mais Saavati n’avait pas le cœur à rire, ni ne pouvait contempler le spectacle curieux, voir même distrayant d’un marché portuaire, sa variété de costumes, la foule de petits événements qui constituaient une pareille matinée pourtant banale.

De grands bateaux à la carène ronde étaient à quai, c'était des onérarias d'où débarquaient des amphores de vin, des marchandises de terres lointaines.

Quelques jonques appareillaient pour les Archipels Levantins.

Un petit nombre de cérastes* chargées des patrouilles maritimes s’apprêtaient à quitter le port.

Une nombreuse flottille de dhaus, voiliers fins et rapides avec leurs tentes bigarrées, dormait à l'ancre, bercée par le clapotement de l'eau, certaines étaient à peines rentrées de pèche.

Un léger souffle presque palpable chargé d'iode passait dans l'air encore limpide.

Ce quai ne l'offensa point.

Il était pourtant sale et défoncé, couvert de débris, de casiers, de vieilles corbeilles, jonchées de goémons, de varechs desséchés, de vidures qui attiraient des grappes de mouches bourdonnantes.

De puantes odeurs de poisson, des chants de flûte, des abois de chiens lui arrivaient du fond des souillardes et des bouges qui bordaient le quai.

Des tavernes déjà bruyantes à la forte odeur de vinasse, de bière et de friture dégueulaient des flots de matelots.

Boutiques de toutes sortes d’où les palabres des marchandages s’échappaient.

Des mères, des servantes qui faisaient leurs courses choisissaient la pêche qu’elles cuisineraient plus tard, ici la marée était déjà arrivée, étalée dans de grands paniers d’osier coniques grossièrement tressés d’où des têtes de poissons à l’œil rond encore luisant dépassaient en gerbes arc en ciel.

Elle entendait les grands cris des pécheurs et de leurs matrones voulant attirer les acheteuses, les marchandages de celle-là voulant faire baisser les prix. Et toujours cette odeur d’iode, de varech, de grand large, de liberté qui tourmentait Saavati.

Un cri déchira le ciel, c’était une mouette qui se moquait d’elle.

Elles étaient distraitement surveillées par quatre gardes armés de gourdins et de fouet.

Mais que pouvaient-elles faire ou espérer hormis obéir pour s’épargner la morsure du fouet.

Elle eut envie de se jeter à l’eau et d’en finir mais ses lourdes entraves la retenaient à des compagnes d’infortune dont elle ne connaissait pas même le nom.

Soudain venant de nulle part, une bande de galapiats, gamins de la basse ville ou des huttes de la plage se précipitèrent sur elles.

Aussi rapides qu’une volée d’étourneaux à toutes ou presque, ils arrachèrent les pagnes, peut être par jeu... peut être voulaient ils leur prendre leurs anneaux d’or ?

La couleur verte de leurs caches sexes n’était pas anodine. Ils savaient ce qu’ils cachaient.

Ils s’égaillèrent dans le port dans l’attente d’un autre mauvais coup, à l’affût d’une autre opportunité.

  • À genoux chiennes. Cria un des gardes en faisant claquer son fouet.

Toutes obéirent dans un cliquetis de chaînes.

Toutes baissèrent la tête par habitude, même Saavati, soumission à celui qui donne des ordres, habitude déjà prise, crainte du fouet.

Saavati sentit qu’elle s’était agenouillée sur quelque chose d’humide et de visqueux. Sa cagoule l’empêchait de voir, mais une forte odeur d’immondices et de poisson lui chatouillait les narines. Il n’y a pas encore longtemps, cela lui aurait donné des hauts le cœur, mais maintenant c’était pour elle, un met digne de roi.

Elle fit attention à faire de lents mouvements pour ne pas attirer l’attention des gardes, elle se saisit de pleines poignées d’entrailles dont elle se bâfra.

Elle devinait qu’elle n’était la seule à agir de la sorte.

Elle sentait sous la dent le craquement des arrêtes qu’elle broyait sur son palais, la mollesse, le suc des entrailles, le crissement d’un grain de sable lui rappela de faire attention, mais sa faim était trop grande, il est vrai que sa pitance était des plus maigres, surtout depuis qu’elle avait tenté de se s'évader.
Le capitaine du navire, sur lequel elles devaient embarquer ; un homme bronzé, grand, mince et pourtant musclé apostropha un des gardes.

  • Et toi va chercher l'esclave que j'ai acheté ce matin. Elle est encore dans une des cages de l'ergastule de la milice.
  • Capitaine comment je ferai pour la reconnaître ?
  • Tu diras que c'est la petite bridée qui porte la tinette des quais. C'est Yumi la mofette. Fait gaffe elle pue autant qu'elle mord.

***

Les premières lueurs de l'aube glissaient à travers les étroites lucarnes.

C'était le moment où on l'encageait.

Yumi, comme ses compagnes, était éreintée, amorphe et étendue sur le ventre. Elle pouvait enfin se reposer sur sa maigre litière, souillée de déjections, qui n'était en fait qu'un immonde lisier.

Avec le temps, la douleur de ses bras ankylosés enchaînés étroitement dans son dos aux poignets et aux coudes était devenue supportable, ce qui l'était moins, c'était d'être assaillie par les mouches, les puces et toute sorte de vermines dont elle ne connaissait pas le nom sans pouvoir ni les chasser ni se gratter.

Aussi elle faisait en sorte de ne plus prêter attention à la piqûre du foin et d'oublier le frottements de son collier de bronze.

Elle n'était plus qu'une iŭgum ce qui parmi les esclaves était le dernier degré avant l’abattoir.

C'est pourquoi elle était enfermée dans la porcherie, dans une des cages destinées à celles qu'on n’hésitait pas à tuer à la tache.

L'iŭgum louait ces rares moments de repos avant que les valets ne viennent lui replacer sa hotte. Sa corvée, c'est à dire les vidanges, étaient toujours transportées nuitamment dans cette hotte. Faite de bois elle avait la forme d'un cône tronqué, cerclé de fer.

Tout le monde l'appelait « Tinette », elle était bouchée en haut par un tampon de liège et de chiffon pour empêcher que les excréments ne versent sur la chaussée.

Malgré tout Yumi se souciait de sa puanteur, de ce remugle, étrange mélange d'excréments, de sueur et de moisie qui partout l'accompagnait. C'était une torture insidieuse, pernicieuse qu'elle avait de plus en plus de mal à supporter.

Cette crasse qu'on lui imposait.

Il lui était interdit voir impossible de se laver, même lorsqu'elle nettoyait sa tinette elle était surveillée, toute cette souillure faisait partie de sa peine, pour les citoyens il était important d'associer saleté extérieur et souillure de l’âme.
De temps à autre les valets avec leurs crocs sortaient un, voir plusieurs cadavres des cages, la maladie du « plomb » qu'ils disaient.

Cela provenait de l'exposition « aux vapeurs méphitiques » des fosses d'aisances qui s'accompagnait d'un sentiment d’oppression, comme si un poids énorme vous écrasait la poitrine. L'agonie était terrible, des cris quelquefois modulés, c'est ce que les vidangeuses appelaient chanter le plomb, puis le délire, le rire sardonique, les convulsions et enfin l'asphyxie.

Alors il était normal qu'elle ne prêta plus attention aux ronflements et aux râles de ses compagnes.

Après ce quelle avait connu.

Son supplice du fouet, accompagné de tortures et de viols, son estampage, son transport, enroulée et ficelée dans une natte de jute et de roseaux de la capitale de la province à cette ville portuaire. C'est à peine si elle se rappelait n'avoir pas un moment vécu autrement qu'asservie, nue marquée au fer, tenue en laisse, tirant, poussant ou portant une charge.

Elle était devenue une iŭgum un vulgaire animal de trait. Un objet...

Tout cela l'avait rendu insensible à la souffrance, tout cela l'avait endurcie, elle savait du tréfonds de son âme qu'elle saisirait la moindre occasion pour se faire la belle.

Tôt ou tard elle aurait sa chance.

Dans sa ville natale n'était elle pas une voleuse et une bonne ?

La milice avait eu du mal à lui mettre la main au collet.

N'avait-elle pas arraché à coups de dents le nez d'un milicien un peu trop confiant ?

Le seul point positif, c'est que les viols avaient cessé, car depuis qu'elle était une des vidangeuses personne ne s'approchait plus trop d'elle.

Elle leva la tête et téta la bite de cuir qui lui dispensait sa ration d'eau, il fallait qu'elle la gobe jusqu'au fond de la gorge pour que le mécanisme s'enclenche et que l'eau s'écoule.

Tout était fait pour que chaque acte chaque chose qui concerne les iŭga soit du domaine de l'humiliation et de la bestialité.

Bientôt un valet viderait une ou deux louches de bouillie à même le sol, elle n'avait pas même droit à une gamelle. Elle pensa que depuis qu'elle était esclave elle n'avait plus eu de repas chaud.
Sa nuit avait été fatigante ou plutôt emmerdante, mais vu ce qu'elle faisait c'était normal. C'était au début de sa tournée, comme d'habitude un milicien tenait son anneau nasal au bout d'une laisse. Avec sa tinette sur le dos, elle le suivait dans un tintamarre qui n'avait rien de mélodieux vers le point de collecte des auberges sises sur les quais.

En plus d'avoir cette hotte pleine de merde, elle servait de porte-falot*.

Car si les voies qui reliaient le port à la ville étaient éclairées par quelques lanternes nichées entre les colonnes des portiques, cela n'était pas toujours suffisant pour bien voir où vider les vases d'aisance.

Aussi en plus de sa tinette, elle avait entre les omoplates une tige en bambou ou pendait une lanterne. La chandelle qui brûlait émettait une flamme fuligineuse dont la puanteur forte irradiait autant qu'elle éclairait peu.

Elle pensait qu'au lieu de suif de mouton, la résine de pin aurait eut une meilleur odeur.

Son garde s’arrêta devant une petite colonne cerclée de bronze munie d'anneaux près d'une marche de pierre.

  • Bon sale bête, je vais te laisser là. Tu bouges pas. Ta longe je la laisse attachée à ton nez ou à ton sexe ? Bon je vais laisser comme c'est... au prochain point de collecte je changerai, avec ta tinette à moitié pleine ça sera amusant de te tirer par ton con d'anneau.

Il retira la tige en bambou qu'il garda et posa la lanterne sur la colonne.

Il passa la laisse dans l'un des anneaux. Et s'en alla vers une auberge.

À peine avait-il franchi le seuil... que plusieurs servantes, filles de salles, se mirent en file avec leurs seaux à merde.

Chacune leur tour, elles allaient monter sur la marche pour atteindre le haut de la tinette.

Yumi leva des yeux penaudes vers la première femme renfrognée qui avait un seau dans chaque main, elle avait ôté le couvercle. Finalement, avec un soupir exaspéré, la femme vida les pots qu'elle tenait dans le grand tonneau que Yumi portait sur son dos. Elle tressaillit quand elle s'éclaboussa et elle insulta la pauvre iŭgum qui n'y était pour rien.

Yumi ne pouvait que se taire mais le vent froid lui rappelait qu'elle n'avait plus rien, pas d'argent, pas de vêtements, pas de dignité et pas de liberté.

La brunette aux yeux bridés, nue et sale, devait travailler comme ramasseuse « de terre de nuit » un joli nom pour des excréments qui allait devenir de la « poudrette » l'engrais des agriculteurs locaux.

C'était un travail exténuant, misérable, qui durait toute la nuit.

Pire encore, pour prévenir de son arrivée, son garde lui plaçait chaque soir des clochettes à tétons et des grelots sur le baril et sur son harnais qui lui servait à porter la tinette.

Yumi pensait que tout n'était pas si mauvais.

Une fois que le tonneau devenait assez lourd, la courroie du harnais qui passait entre ses jambes commençait à frotter, c'était devenu de plus en plus important pour elle depuis qu'aucun hommes n'envisageait pas même de la toucher.

Elle cligna des yeux alors qu'une autre femme vidait ses seaux.

Elle se força à sourire.

Au petit matin une fois qu'elle aurait lavé son tonneau, elle irait à sa cage pour dormir, même si elle y était à l'étroit, même si elle était plus petite qu'une niche et qu'on lui enchaînait de nouveau les bras dans le dos, elle avait trouvé sur le plancher une bosse qui appuyait juste sur son clitoris.

Les choses devaient finir par s'améliorer, non ? Alors qu'elle attendait que son garde l’amène au prochain lieu de collecte.

Un homme aux vêtements de cuirs noirs sortant de l'établissement attira son attention.

Il s'était appuyé contre un des barils alignés sur l'embarcadère il la regardait avec des yeux moqueurs pendant qu'il découpait calmement une grosse prune de la taille d'une pèche avec une dague.

Il porta le fruit à ses lèvres et passa le bout de sa langue le long de la fente rose humide qu'il venait de faire.

Quand le jus coula le long de son menton mangé par une courte barbe et s'égoutta, il esquissa un sourire carnassier. Yumi frissonna quand deux pensées vinrent se télescoper dans son esprit, d'abord le fruit :

Depuis combien de temps n'en avait elle pas mangé ?

Et lui vint l'idée de ce visage entre ses jambes. La chaire tendre des ses cuisses piquée, égratignée par ces poils hirsutes comme si mille épées minuscules la lacéraient.

Elle lui jeta un regard empli de mépris et de dégoût.

Il se dirigea vers elle ...
Il avait la main leste... de sa paume calleuse il lui donna une gifle.

Tandis que sa joue rougie piquait... contre toute attente elle sentit un sentiment de révolte grandir en elle. Elle était nue, sans défense, la lanterne les éclairait faiblement.

La gifle avait été si violente qu'elle dut faire un pas en arrière pour éviter de tomber, sa laisse se tendit, son anneau nasal se rappela à son bon souvenir.

Raffermie et endurcie par son travail elle était revenue à sa place.

L'homme la frôla, lui pinça la joue, s'amusa avec la clochette de son sein gauche, puis il lui passa la main entre les cuisses, évitant la sangle de l'entre jambe ses doigts jouèrent avec sa vulve, il ricana, il les retira humides pour les lui mettre devant les yeux.

  • Lèche putain d'iŭgum, tu mouille comme une noutre.

Puis il s'éloigna sans regarder en arrière.

Tandis que ses doigts lui avaient pincé le sexe, l'humiliant davantage, annihilant sa dernière parcelle de dignité...

Elle avait eu des envies de meurtre, mais que pouvait-elle faire ?

Elle avait les bras enchaînés dans le dos et elle portait cette lourde tinette.

Sauf...

  • Va te faire foutre, bâtard.

Alors que le vent du large portait ses paroles à son oreille, cette phrase suffit à arrêter sa marche.
Il fit demi-tour et s'imposa devant elle.

Malgré la crasse de Yumi, il pressa son corps contre le sien ; sa large poitrine écrasa les petits seins bagués à la fois fermes et tendres, il maltraita ses petits mamelons durcis d'un désir quelle voulait refouler.

Il allongea une grande main calleuse qui lui enserra son cou gracile prêt à l'étrangler. Elle vit dans sont regard comme une envie de meurtre et elle crut sa fin approcher.
Mais avec une tendresse surprenante, il lui caressa la joue.

  • Peut-être que je le ferai, esclave. Combien coûte une iŭgum ?

Il lui écarta les jambes.

La férocité qui émanait de son corps musclé l'avertit qu'il allait bientôt la baiser. Tout ce que l'homme devait faire était de mettre quelques pièces dans la poche d'un milicien.

Ensuite, il pourrait emporter ce corps nu et en faire ce qu'il voulait, tandis que, piégée cruellement, elle ne pourrait rien faire pour le repousser.

Elle était terrifiée et pourtant … Sur ces entre-faits un milicien approcha il avait la tige de bambou entre les mains.

  • Il y a un problème Res Capitaine ?
  • Combien ça coûte cette chose là ?
  • Celle là ! pas grand chose... si elle crève pas dans l'année à cause du plomb, elle finira sur une croix, cause que c'est une voleuse récidiviste et violente.
  • Et pour la baiser ?
  • C'est qu'une iŭgum Res Capitaine, c'est gratuit mais t'as vu qu'elle a une manille et une courroie qui lui rentre dans l'vagin... c'est pas pratique en plus tu sens comme elle pue, c'est vraiment qu'un sac à merde.
  • Merci soldat. Tiens voilà deux Subs* de bronze pour que tu boives à ma santé.

Le milicien remercia et prit les pièces avant de s’engouffrer dans la première taverne.

Resté seul avec Yumi Il lui caressa le menton.

  • à genoux iŭgum.

Yumi s’exécuta, la base de la tinette se posa sur la marche ce qui lui soulagea les épaules. Sa main rugueuse recouvrit son menton et lui pressa les joues jusqu'à ce que ses lèvres s’entrouvrent. Il baissa la tête pour mieux la fixer. Il lui tira la lèvre inférieure avec son pouce calleux.

Le cœur de Yumi battait dans sa poitrine.

Elle était parfaitement consciente de la fragilité de sa situation.

Maintenant, face à ce capitaine qui se dressait devant elle, elle était comme une figue juteuse qu'on pouvait écraser dans sa main.

  • Ces lèvres ont l'air bien accueillantes, Un endroit parfait pour rengainer ma… dague... et qui sait tu en feras au moins un glaive.
  • Attention, mon Maître a-t-il déjà pensé que si je le suce... il met son bien le plus précieux dans un endroit certes agréable, mais ô combien dangereux ? Répondit-elle, puis elle poursuivit. Cela fait bien longtemps que je n'ai pas eu de viande à me mettre sous la dent. Et quoi vous n'avez pas honte qu'une esclave à genoux vous contrôle, et soit maîtresse de votre plaisir.

Il pressa ses joues, les écrasant contre ses dents et pendant un moment, elle pensa qu'il allait lui broyer les mâchoires.

  • Nous verrons, tu es bien éloquente pour une iŭgum. J'ai bien envie de t'acheter juste pour t'arracher toutes tes dents... j'en ai dressé bien d'autres.
  • De toute façon Maître, Tu as entendu le garde, je suis condamnée tu ne pourras pas m'acheter.
  • Je peux au moins te tuer, ça je le peux.

Elle était peut-être une esclave, marquée et enchaînée, mais cela...

Cette nuit elle pouvait contrôler son propre destin.

  • Et alors ! Ça sera toujours moins pire que chanter le plomb ou finir en haut d'une croix. Crève moi salop ! Alors tu vois... tes menaces je m'en cogne.

Elle allait se relever, il lui appuya sur l'épaule. Des matelots étaient sortis d'une des auberges du port et la reluquaient, ils avaient assisté à la fin de l'altercation.

  • Reste à genoux esclave ! Et écarte les jambes Je suis plus riche que tout ce que tu regardes. J'ai pris tellement de filles, fait tant de razzias que je peux mener la vie que je veux. Maintenant, j'ai décidé que tu serais mon nouveau jouet. Mais en attendant tu va cirer mes bottes.

Ce qu'il fit en se servant du sexe de Yumi, il la masturba avec le bout, la gorge et le garant de ses chaussures. cela fit rire les hommes...
Maintenant Yumi s'en foutait, elle était toute aux sensations que lui procurait la botte...

magique.
Dans sa cage elle arrivait à se caresser, mais ceci n'avait rien à voir...

tout en gémissant... elle ferma les yeux pour ne pas voir les faces hilares des marins alcoolisés, qui faisaient des commentaires obscènes... pourtant il y avait longtemps qu'elle ne sentait pas même un commencement d'embarras lorsque qu'on l’exhibait ainsi, l'inspectait et manipulait son corps, la nudité était son état naturel, sa condition d'animal n'allait pas toujours de soi. Même si elle avait appris à ignorer presque complètement les regards fixes excités des valets d'écurie, elle se souvenait vaguement qu'elle avait été pudique.

  • C'est bon iŭgum ?, lui demanda le Capitaine.
  • Oui... Maître, très bon...Oooohhh ooouiiii !! Là c'est trop bon !!

elle ondulait du bassin faisant des va et vient à la rencontre de la chaussure.

Les spectateurs applaudirent...

  • je vois que tu aimes ça. Tu es mouillée plus que l'océan. Quand tu seras mon esclave tu te branleras sur ma jambe comme une chienne en chaleur.
  • Si je le veux bien maître.

Il lui caressa le menton et reprit son chemin la laissant là toute tremblante, avec les dents serrées.

Yumi exhala un long soupir, un mélange de peur et d’excitation, la tension se dissipait peu à peu dans ce souffle.

Elle inclina son cou qui tomba sur sa poitrine.

toute cette peur, toute cette jouissance accumulées, tous ses muscles se relâchèrent ainsi que sa vessie, comme une petite chienne prise en faute, elle se pissa dessous.

Cela coula le long de ses jambes. Sur sa manille. À l'intérieur de ses cuisses et sur ses pieds.

L'odeur d'urine se mélangea avec celle de la tinette. Cela ne l'aurait pas dérangée s'il n'y avait pas tant de marins, et qu'à chaque fois qu'elle en regardait un, il ne faisait même pas l'effort de lever les yeux de la manille de son sexe bagué.

Leurs yeux exploraient avidement chaque parcelle de son corps nu.

Par expérience elle savait qu'elle devait agir vite, se relever et se plaquer contre la colonne, sans quoi elle risquait d'avoir à sucer des bittes. Autant elle avait eu une petite chance avec le capitaine en faisant appel à sa raison, autant elle n'aurait aucune chance avec cette bande de rustres avinés.

  • Regardez les gars sa tinette fuit !
  • C'est pas possible zavez pas vu la flaque ?
  • Moi je dis qui faut la remplir ! Elle fut sauvée par le milicien.
  • Sale bête j'peux pas te laisser toute seule ! Je vois qu't-as joui comme une salope ! C'est lubrifié tout ça... j'vais serrer ta sangle de deux ou trois crans. Et t'as pas intérêt à traîner !

Dans la porcherie on n'entendait que les grognements, les couinements des porcs, que le bourdonnement des mouches et que les ronflements des iŭga

Cette relative tranquillité fut interrompu par le grincement des portes qu'on ouvrait. Les domestiques, entraient tout auréolés de la lumière de l'aube. ils étaient quatre hommes agiles et souples suivis par un marin, à l’exception du matelot ils étaient tous des valets de l'intendance du port.

Ici ils pouvaient assouvir leurs bas instincts sur plus serviles qu'eux.

Yumi éprouvait quotidiennement dans sa chair le fait que les iŭga étaient la forme de vie la plus misérable.

  • Vous savez ce que le maître à dit, si elles ne sont pas sous clef, c'est de la viande à foutre. Les valets rirent d'une joie malsaine.

Yumi comme ses compagnes s'était agenouillée front sur le sol, les fesses en l'air, le dos cambré, écartant les genoux pour exposer ses parties génitales, le garçon de tête lui présenta un pied qu'elle lécha.

  • Suffit pourriture ! C'est celle là que ton capitaine a achetée. Je t'la sors de sa cage. Faut vraiment qu'il ait des Subs à perdre.
  • Moi je fais c'qu'on me dit faire. Puis s'adressant à la fille : C'est toi qu'on appelle Yumi ?
  • Oui maître.
  • Ben alors suis moi !
  • Hep, hep, hep, c'est pas comme ça qu'on fait, les iŭga doivent toujours être en laisse sur la voie publique tiens prends cette corde ça f'ra l'affaire. Une dernière chose la corde c'est pour son nez ou son sexe, le collier c'est pour les esclaves.

***

La matinée était bien engagée, les filles étaient toujours a genoux maintenant accablées de chaleur.

Les docks regorgeaient d’objets et de fournitures de toutes sortes.

De nombreux esclaves s'affairaient sans hâte à charger et décharger les marchandises à bord de quelques bateaux dolents.

Sur la plage de galets, six galères aux mats baissés avaient été tirées au sec, des charpentiers inspectaient leurs coques pendant que des esclaves grattaient les algues et les coquillages.

  • Qu’on m’appelle le Capitaine du navire ! Somma Plutocrus.
  • Bien maître. Répondit l’ordonnance qui marchait à coté de la litière.

Quelques minutes s’étaient écoulées et le Magistère se pointa avec de mauvaises nouvelles.

  • Seigneur Plutocrus nous ne pouvons partir maintenant les auspices sont mauvais et…
  • Et surtout vous n’avez pas fini vos préparatifs ! les dieux ont bon dos ! S’emporta le prêtre. Il fit une pause, puis... quand partons-nous en fin de compte.
  • Pas avant demain soir. Votre vaisseau a un problème inattendu, on ne comprend pas il fait eau, il faut changer plusieurs plaques de cuivre sous la ligne de flottaison et nous devons attendre de le mettre au sec. Mais une birème rapide est prête à appareiller elle est à vos ordres.
  • Alors par la sainte Cybèle où est le problème ?
  • Il n’y a pas la place pour votre chargement, c’est un lévrier des mers grand prêtre... vos esclaves ne pourront être parquées sur la coursie, il n’y a pas de tillac et il y a peut de place sous la diacta*, mais surtout selon les accords avec l’Empire de Domina nous ne pouvons dépasser le cap de Vulcain. Nous devrons mouiller aux abords de la citée état de Sidona. Seul les onérarias* ont le droit de poursuivre. Mais de Sidona vous pourrez prendre un autre embarquement, ou des chevaux pour rentrer sur Aquilata.
  • Soit ! ce n’est pas un problème. Je pars avec la birème mais mes filles s’en iront avec l'oneraria. Par contre j’ai une caisse à prendre avec moi et faites y très attention ou vous mourrez dans les pires tourments. Pour ma part je ne peux me permettre de rater les fêtes de Cybèle.

Il pensait aussi qu’il ne devait pas trop attirer l’attention des espions d’Honorius, ses espions vil engeance de Metamoto et de Ser, ces êtres de l’ombre et de la nuit qui portaient le nom d’arcanis. En tant qu’archigalle il se devait de présider au jour du sang.

Et de toute façon ses filles devaient être sacrifiées au solstice donc leur arrivée au temple ne pressait pas.

Il transmit ses dernières recommandations à quelques prêtres.

Et à Minus qui avait disparu juste quand il fallait embarquer.

Il ferait une oblation* à bord il n’avait pas de temps à perdre.

Plutocrus se drapa dans les plis de sa toge il en vérifia l’umbo* et le sinus*, conscient que si l’habit ne fait pas toujours le prêtre il y contribue pour une bonne part.

Les embruns le faisaient frissonner, pour l’instant la galère avait vent de bout et les esclaves arque boutés sur leurs avirons frappaient en cadence une houle formée aux crêtes argentées et sauvages. Il n’avait pas oublié l’horrible odeur de la chiourme aussi avait il débouché un alabastron* et versé du parfum sur son mouchoir, il demanda aussi qu’on brûle de l’encens dans des cassolettes à l’entrée de la diacta, le voyage promettait d’être aussi désagréable que spartiate, la grande caisse était à ses cotés et il la couvait des yeux. Il vérifia qu’elle était intacte.

Tout se déroulait presque comme prévu les plans de la ville d’Aquilata donnés, les esclaves vierges pour le grand sacrifice presque embarquées, une femme apte à la métamorphose trouvée de façon aussi inattendue que providentielle et une vengeance vieille de dix ans en bonne voie.

Bientôt le pouvoir et la vie sans limite, bientôt il serait le maître du jeu et tous, oui tous, devraient se soumettre à sa volonté et a celle de sa déesse.

***

Pendant ce temps une autre chaîne forte d'une quinzaine d'esclaves, des iotas probablement destinées aux mines où aux boucheries de l'Empire de l'Est arriva sur le port.

D’autres gardes dûment diligentés encadrèrent toutes les prisonnières avant qu’on les embarque dans un cargo.

Un marin à la forte corpulence arriva sur embarcadère, il tenait une laisse dont la bouclerie passait dans l'anneau nasal d'une jeune iŭgum. Il lui indiqua le sol du doigt.

Elle savait qu'elle devait s'agenouiller dans la position de l'esclave qui attend les ordres du Maître ou qui attend tout court et ce même pour un temps indéterminé...

  • Alors bande de Hales-boulines* vous en êtes où ? Si le Capitaine était là sûr qu'il y aurait de la Garcette*dans l'air.
  • Bosco, le Taureau Noir est entré dans le Bassin de radoub* on attend juste que la mer Déchale*.
  • Bon en attendant vous allez me faire le plaisir de mettre toutes les filles à la cadène* y compris cette iŭgum de mes deux, et puis retirer la cagoule de cette fille dit-il en désignant Saavati.
  • Mais le prêtre a dit...
  • je me fous de ce qu'il a dit, il est plus là. Et j'ai pas envie qu'elle rate la passerelle quand… lorsqu’elle montera à bord.
  • Bosco, la cadène est restée à bord avec les Apparaux* va falloir attendre que le Taureau Noir soit sur le gril*, il y est presque.
  • Va me chercher Cazo le calier* je veux qu’il me fasse un topo sur la situation. Il appela un marin : Ratus ! va me chercher des chaines dans notre horreum*, j’ai pas envie d’attendre la cadène et soit pas con, n’oublie pas de prendre le démanilleur* j’ai pas envie de payer d’avantage les gardes du port ! plus vite on les renvois, moins on paye.
  • Salut Cazo, c’est quoi le problème ?
  • Je comprends pas, j’ai trouvé plusieurs voies d’eau dans la cale. J’ai pu les aveugler* mais il faut refaire le calfatage*… ce n’est certainement pas de l’accidentelle, la coque n’est pas ébarrouie*. On nous a saboté. Le pire c’est les deux coquerons* à la proue ils sont noyés… si on s’en était rendu compte en mer, le bateau avait toutes les chances d’enfourner*, on risquait de submerger le pont… il aurait fallu réduire l’allure. Ce que je comprends pas c’est que les écoutilles* sont trop petites pour un homme. C’est soit un enfant, un nain ou encore une fille comme celle que tu tiens en laisse qui peut s’y glisser.

Ratus sur ces entrefaites revenait avec deux sacs de jute, l’un plutôt grand, contenait des chaines de bronze, l’autre, beaucoup plus petit des manilles des goupilles et le démanilleur.

Le bosco qui était d’un naturel pratique reprit la parole :

  • Ratus tu t’occupes de les enchainer deux par deux, les muettes ensembles, pour les iotas tu fais pareil mais tu leur attaches les coudes et les bras dans le dos, entrave aussi les chevilles elles sont sauvages et dans un moment on n’aura plus les gardes, j’ai pas envie d’aller leur courir derrière. Pour la cagoulée on va quand même écouter le con de prêtre, tu vas vider le petit sac faire trois trous, deux pour les yeux et…
  • Un pour la bouche ?
  • je vois que tu suis. Après tu vires la cagoule de cuir et tu lui fous le sac sur la tête comme ça tout le monde est content. Tu iras chercher un toron* de deux brasses tu l’attacheras à la manille du sexe de l’iŭgum n’en profite pas. D’abord elle mord et ensuite c’est le joujou du Capitaine alors pas touche.
  • Et qu’est-ce que fais de l’autre bout ?
  • Ben… tu l’attaches au collier de la cagoulée. Elles ont l’air d’être toutes les deux plus éveillées que le reste du troupeau. Je pense qu’on va pouvoir les faire trimer. D’ailleurs tu commences par elles une fois que t’auras fini avec les iotas, fais-toi aider par Corus… tu vois pas qu’il glande assis sur un bollard*. Je te la laisse, j’en ai marre de tenir cette mofette. Une fois que c’est fait tu les refiles au calier il saura quoi en faire. Les autres dès que le Taureau Noir est sur tins* tu les en carènes les iotas à fond de cale avec le lest t’en profiteras pour leur mettre une gueuse entre les jambes de toute façon le Capitaine a dit que c’était de la viande pour les Greenheads, si une ou deux crèvent pendant le voyage y aura qu’à mettre leur corps dans la saumur. T’as compris ou faut que j’répète ?
  • Oui bosco, et les autres ?
  • Ah oui les autres… tu les fourres dans la cage du faux pont ouvre un ou deux sabords histoire qu’elles respirent. Sur ce je vais à la taverne, j’ai pas arrêté depuis ce matin.

Le temps passa lentement pour les filles qui attendaient sous le soleil. Enfin leur tour arriva on attacha Yumi et Saavati ensemble.

Ratus conduisit les deux filles au calier.

Avec son sac sur la tête il fallut plusieurs minutes pour que Saavati s’habitue à cette lumière sans être éblouie. Elle pouvait enfin voire tout ce qui l’entourait. Elle observait l'iŭgum attachée à son collier.

« Quelle horreur ! » Elle n'avait plus de cheveux, plus de sourcils, plus de cils, plus aucun poil sur tout le corps, elle n'était que crasse et puanteur, ses anneaux corporels étaient beaucoup plus grands que ce que portait Saavati et ses compagnes.

  • Cazo, c’est le bosco qui m’a dit de t’amener ces deux-là. Il a dit que tu saurais quoi en foutre.
  • Oui, elles sont assez minces, elles devraient pouvoir passer par l’écoutille. Puis il s’adressa aux filles j’espère que vous savez nager parce que les coquerons* sont étroits mais profonds et ils sont noyés alors…
  • Alors tu veux qu’on plonge ? alors qu’il suffit d’attendre qu’ils se vident. Maintenant que le Ponto* est sur tins* interrompit Yumi.
  • De quoi je me mêle esclave. Mais tu m’as l’air de t’y connaitre en bateau tout le monde ne fait pas la différence entre un ponto, un corbita et un oneraria ils se ressemblent assez.
  • J’ai pas toujours été une iŭgum la mer je connais. Alors pourquoi ?
  • Bon comme de toute façon il faut bien vous dire ce qu’on cherche… un petit malin a coupé les câbles des pompes à chapelet, il reste plus que la pompe à piston pour vider les cales. Le matériel de rechange est dans un des coquerons, je ne sais pas lequel.
  • Tu parles d’un marin d’eau douce, heureusement que j’ai besoin d’un bain et que sais à quoi ça ressemble. Faut juste le câble ou on remonte aussi les coupelles ?

Le marin partit d’un grand rire.

  • T’es vraiment qu’une petite salope.
  • Heureusement, si j’avais été une grosse salope, j’aurai pas pu passer par l’écoutille. Mais tu trouves pas que la laisse est de trop pour faire ce que tu me demandes.
  • Toi au moins t’as pas froid aux yeux. Je commence à comprendre notre Capitaine. Et toi la fille au sac tu sais nager ?
  • je sais parfaitement nager Maitre.
  • Voyez-vous ça, Maître ! je suis le calier et votre pire cauchemar si vous ne faites pas bien ce que je demande.

L'espace d'un instant, les deux filles se regardent et malgré leur situation commencent à pouffer de rire en disant en cœur :

  • Bien maitre calier et sans attendre elles se glissent par l’étroite trappe du coqueron de tribord.

Pendant un instant on n’entendit plus rien, puis…

  • Maitre calier balancez nous une chatte* cria Yumi.
  • Bien mes petites chattes, il trouva sa réponse très drôle.
  • Maitre, laissez la trappe ouverte on y voit rien ici.
  • Cazo viens par ici ! Jacus la cambuse a deux ou trois questions rapport à l’avitaillement*.
  • C’est bon j’arrive ! je vous laisse mes petites chattes n’en profitez pas pour vous brouter le minou. Décidemment il était en verve.

Dans le coqueron les filles nageaient en se frôlant au milieu de tout un tas d’objets qui flottaient autour d’elles.

  • Messi m’est témoin c’est vrai que tu pues et bien plus qu’un putois.
  • Je voudrai t’y voir. Ça fait au moins trois mois que je porte la tinette des quais et que je dors dans une porcherie au milieu des cochons et pas une fois on m’a permis de me laver, les seules fois ou j’ai pu me nettoyer c’est grâce à la pluie. Mais tu parles d’un Dieu qui n’est pas bien vu ici.
  • ça tombe bien je ne suis pas d’ici et puis de toute façon je crois qu’il m’a oublié et c’est tout ce que je mérite.
  • Et bien ton Dieu t’a sacrément puni. Tu sais ce que ça signifie le médaillon qui pend à ton sexe.
  • Un peu, je crois.
  • Alors tu sais que tu es un sacrifice pour Ishtar et tu vas déguster avant d’y passer.
  • Oui je sais, mais qu’est-ce que je peux y faire ?

Yumi se mit à rire.

  • Oui on est toutes les deux sur le même bateau, c’est notre chance. C’est quoi ton nom ?
  • Je m’appelle Saavati et toi je crois que tu t’appelles Yumi ?
  • Oui et dit toi qu’on a rien à perdre. Même si on nous tue ça fera moins mal que le sort qu’on nous réserve. Alors c’est d’accord ?
  • Evidement, et moi je te jure que jamais, jamais je ne te trahirai.

Personne ne le savait encore mais c’étaient les prémisses d’une relation durable qui ferait couler autant de sang, d’encre que de navires.

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Onérarias*: Navire de transport le plus répandu ; D'une lon­gueur de 20 à 30 mètres pour 8 à 10 mètres de large, il pouvait charger de 100 à 300 tonnes (soit plus de 10000 amphores) Les principaux bois utilisés pour sa construction étaient le pin, l'orme, le cyprès et le chêne ; Sa poupe était le plus souvent ornée d'une tête de cygne.

Cérastes* : Galère Légère, rapide, elle comptait un seul rang de rames et une grande voile carrée. Cercles de mât, Cercles de bois qui coulissent autour du mât et servent à tenir le guindant d'une voile aurique.
Porte-falot* : Récipient empli de suif, de poix, d'artifices, servant à éclairer les abords d'un lieu de fête, les cours des maisons, etc.

Sub* : monnaie de l'Empire de l'Est

Diacta*: tente cabine à l’arrière des galères.

Oblation*: Action par laquelle on offre quelque chose à Dieu.

L’umbo*: les plis d’une toge. Sinus* (idem).

Alabastron*: Flacon à parfum, en albâtre, puis en céra­mique ou en verre.

Hale-bouline* : Ce terme a désigné un jeune matelot sans expérience ou un marin grossier et peu instruit.

Bassin de radoub* : Ou cale de radoub, ou cale sèche. Bassin étanche, communiquant avec la mer par des portes, et pouvant être asséché, afin de mettre les navires à sec pour les réparer ou les caréner.

Déchaler* : Se dit de la marée lorsqu'elle descend au jusant jusqu'à atteindre le niveau de basse-mer.

Garcette* : - Petit cordage tressé. - Garcettes de ris : réparties sur les bandes de ris, parallèlement à la bordure, elles servent à serrer la partie de voile réduite. Autrefois, tresse faite de vieux cordages, qui servait à infliger des châtiments corporels aux mousses et aux matelots.

Apparaux* : Ensemble des matériels permettant des manœuvres de force à bord d'un navire. On trouve principalement, comme types d'apparaux, les apparaux de mouillage (ancres, grappins, chaînes et câbles, etc.), les apparaux d'amarrage (amarres ou câbles d'amarrage, bittes, traversiers, chaumards, etc.), les apparaux de levage (pouliage, treuils, guindeaux, etc.) et les apparaux de pêche (chaluts et leurs patins, câbles et funes pour tracter les chaluts, etc.). Apparaux est le pluriel ancien d’appareil.

Gril* : Le gril de carénage, utilisé dans les ports à forte amplitude de marée, se compose d'une plate-forme d'échouage, en bois ou en béton, soutenue par des pieux verticaux ou aménagée au fond du bassin. A marée haute, le navire se place en flottaison sur cette plate-forme et s'y échoue à marée descendante, donnant ainsi la possibilité d'y travailler.

Calier* : Matelot chargé de la surveillance des marchandises en cale. A l'époque de la marine à voile, le calier était l'homme chargé de la distribution de l'eau douce.

Horrea* : entrepôts de l’époque romaine (au singulier : horreum*)

Démanilleur* : Instrument servant à serrer ou desserrer une manille.

Ébarrouir* : Ou ébarrer. Se dessécher au soleil ; une embarcation ébarrouie fait de l'eau par les coutures.

Coqueron* : Compartiment extrême de la coque, voisin de l'étrave ou de l'étambot, servant de soute à matériel.

Aveugler* : Aveugler une voie d'eau : l'obstruer avec des moyens de fortune.

Toron* : Élément de cordage constitué par la réunion de plusieurs fils de caret tournés ensemble. Un cordage est constitué de plusieurs torons. Lorsqu'il se décommet, ce sont les torons qui se déparent.

Bollard* : Point d'amarrage à terre constitué par un gros fût cylindrique en acier coulé, caractérisé par son renflement supérieur épanoui, pour éviter le glissement de l'amarre. Les bollards ont remplacé les vieux canons employés dans le même but.

Coaltar Goudron extrait de la houille (protège le bois de la pourriture).

Écoutille* : Ouverture pratiquée dans le pont et permettant de charger les marchandises dans les cales et les entreponts. Sur les cargos, on a coutume de désigner les écoutilles par le terme de panneaux de cale. Les écoutilles sont généralement entourées d'un cadre surélevé appelé surbau ou hiloire et destiné à prévenir les entrées d'eau, mais certaines sont à plat-bord.

Enfourner* : Un bateau enfourne lorsque son étrave plonge dans la vague au risque de submerger le pont.

Tins* : Pièces de bois carrés placées à des distances régulières sur le fond d'une cale-sèche et destinées à soutenir la quille des navires. Les tins sont aussi des étais ou pièces de bois qui soutiennent latéralement le bateau en construction ou en radoub. L'ensemble des tins est appelé attinage.

Chatte* : Grappin à patte sans oreilles dont on se sert pour draguer les câbles ou les objets tombés à la mer, et qui peut tenir lieu d'ancre pour les petites embarcations.

Avitaillement* : Fourniture du combustible, vivres, etc., nécessaires à bord d'un navire pour l'exécution d'un transport. Tout ce qui constitue l'approvisionnement d'un navire, particulièrement les denrées nécessaires à l'alimentation de l'équipage et des passagers. Désignation des produits, objets ou matières destinés à être consommés sur un navire, échappant ainsi à la législation douanière. Le terme désigne à la fois l'action et les marchandises. Verbe : avitailler.

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