Le Choix du Garant

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Des cris. Malgré sa mauvaise oreille, il n'y avait aucun doute : il s'agissait bien de personnes en difficulté. En se rapprochant, elle parvint à distinguer des mots de supplication et des lamentations qui lui firent froid dans le dos.

Elle marqua un temps d'arrêt. À cet endroit, ce ne pouvait être qu'eux. Après des heures d'errance qui l'avaient vidée de toute son énergie – elle avait passé la nuit à marcher alors qu'elle sortait d'un entraînement particulièrement rigoureux la veille –, elle avait enfin atteint son but. Elles les avait retrouvés. Tenshi, Renai, Mirai et Yanagi. La Reine et sa famille.

Elle puisa dans ses dernières forces et courut dans la direction d'où provenaient les hurlements de peur. Prête à en découdre avec le traître qui les avait capturés et les menaçaient à présent.

"Je peux le faire. Je vais le faire. Comme un vrai Garant. Père sera fier de moi, il le sera forcément."

Elle se concentra et invoqua une lance ; le traître ne méritait pas de mourir sous les coups d'une arme noble.

Le sang cognait contre sa tempe, ses oreilles bourdonnaient, mais elle ne s'arrêta pas. Rien ne pouvait entamer sa détermination.

Sauf un caillou. Elle n'avait pas prêté attention au sol parsemé de trous et couvert de graviers, et sa cheville heurta violemment l'un d'eux.

Elle interrompit sa course et finit le chemin en boitant, maudissant son étourderie.

Au détour du sentier montagneux qu'elle avait emprunté, elle les vit.

La Reine enserrait contre elle ses filles terrifiées, les jambes flageolantes, mais toujours digne. Le vent fort qui soufflait dans la vallée fouettait son visage raviné par le larmes et déformé par la douleur ; nerveuse, elle passait souvent la main dans ses courts cheveux violacés. Les princesses, ne possédant pas son contrôle sur ses émotions, pleuraient sans retenue sur ses épaules. Mirai, son mari, toisait un homme qui leur tournait le dos, formant un écran protecteur entre lui et sa famille.

Personne ne remarqua l'arrivée silencieuse de Kagome, qui décida de rester dans l'ombre d'un roncier avant d'agir.

Le prince consort apostropha la personne emmitouflée dans une grande cape bordeaux, et qui refusait manifestement de montrer son visage.

— Réfléchissez un peu, vous ne pouvez pas faire ça !

— Je ne le veux pas, mais je le dois. Mais d'un autre côté, cela m'est interdit. Comprenez-moi bien...

— JE REFUSE D'ESSAYER DE VOUS COMPRENDRE ! Je me fous de vos raisons, de l'équilibre de la magie et tout votre tintouin. Ce que je comprends, moi, c'est que vous voulez tuer ma femme et mes enfants, la Reine et les Princesses, pour assouvir votre ambition ! cria Mirai, habité par une rage folle.

Kagome embrassa la scène du regard. Par terre, non loin de lui, gisait un cadavre défiguré à qui il manquait un œil.

"Impossible... Ce n'est tout de même pas..."

Elle reporta son attention sur les quatre personnes de sang royal ; leurs yeux flamboyaient, écarlates.

Avant qu'elle ait eu le temps de réaliser ce que cela signifiait, l'homme encapuchonné se retourna.

— Pour le royaume et pour la magie, le Sangenri ne doit être qu'un. Les fragments s'appellent et veulent de réunir ; ils le feront tôt ou tard, votre temps est compté de toute façon. Je suis navré pour vous, d'autant que tout ceci est l'œuvre d'Yvekbayn. Mais ce qu'il a défait par son acte sacrilège, je dois le reconstruire. Si je vous choisis, vous, l'avenir de tout le continent est en jeu ; si je romps mes engagements, vous mourrez en sachant que votre sacrifice a permis à des millions de personnes de vivre.

En entendant cela, Yanagi redressa fièrement la tête.

— Le devoir d'un souverain est avant tout de protéger son peuple. Si je me dérobe et que le monde tel que nous le connaissons est détruit, si je laisse tout ces gens mourir, alors je ne suis pas digne d'être leur Reine. Faites ce que vous devez faire, mais que notre mort ne soit pas vaine.

— Je ne peux rien vous promettre.

— Soit. Qu'il en soit ainsi.

"Je me doutais bien que cela finirait de cette façon, vu la tournure qu'avaient pris les événements... Tenshi, Renai, Mirai, mon amour, pardonnez-moi. Si nous devons mourir ici, autant que ce soit en accomplissant un dernier geste noble. J'espère qu'ainsi, on se souviendra de nous..."

Obéissant à sa Reine, l'homme leva la main et lança un sort d'attraction sur les quatre fragments de la famille royale. Dans un éclair aveuglant, ils fusionnèrent, et Kagome sentit en elle un bouleversement de la magie, une grande vanne qui s'ouvrait dans le barrage et un torrent déferlant qui la traversait.

Quatre corps tombèrent à quelques pas d'elle, inertes, sans qu'elle ait pu esquisser le moindre mouvement.

Lorsqu'elle se fut réhabituée aux pulsations fortes de son flux magique, elle hoqueta, pétrifiée par ce qu'elle avait vu :

— P... Père ?

Sans même poser le regard sur sa fille, Yūutsu marmonna une formule, et le Sangenri disparut aussitôt.

— C'est fini, maintenant, déclara-t-il, les yeux dans le vague. Il est entier, et a retrouvé un Réceptacle à Suna. Tout va bien.

C'en était trop pour Kagome, qui extériorisa sa frayeur et son incompréhension en lui hurlant dessus.

— Tout va bien ? Commet pouvez-vous dire une chose pareille ‽ Vous venez d'assassiner la Reine et...

Elle s'effondra, incapable d'en dire plus.

— Pourquoi ? s'écria-t-elle en sanglotant. Qu'est-ce qu'il s'est passé pour que ça se termine comme ça ? Vous n'étiez pas censé les sauver ? Et vous, vous les avez... tués...

Impassible, Yūutsu fit un pas vers elle.

— Ne m'approchez pas ! lui cria-t-elle, horrifiée.

— Rien de tout cela n'a d'importance désormais. Écoute-moi bien. J'ai choisi une fin indolore pour la Reine et l'avenir pour le pays, mais pour cela, j'ai dû briser mon serment. C'était à mes yeux la chose la plus juste à faire. Mais tu sais ce que cela signifie.

— La mort.

Kagome ne parvenait pas à croire ce qu'elle disait, ni ce qu'elle entendait. Ses larmes lui brouillaient la vue, mais elle s'aperçut toutefois que le visage de son père s'était radouci.

— Tu es forte, très forte. Plus que moi même, puisque tu as en toi des réserves de magie. Et ça, je le savais depuis le début. C'est pour ça que j'ai été exigeant avec toi. J'étais sûr qu'en te forçant à te surpasser, tu ferais de grands progrès. J'ai sans doute aussi été trop sévère, injuste, pardonne-moi. Ces derniers mois, je me rends compte que j'ai été odieux, j'étais comme fou. Tu ressembles tellement à ta mère, tu sais, que te voir m'attristait, c'est pourquoi je te renvoyais souvent. Je ne voulais pas que tu me vois complètement effondré. Tu es belle. Belle et forte n'a meilleure fille du monde, et mon digne successeur. Va, ma fille. Papa t'aime, et il veut que tu vives.

Il s'accroupit et l'embrassa sur le front.

— Et c'est pour ça que je vais effacer de ta mémoire ce que tu as vu et entendu ici. Ainsi, lorsque tu rentreras, tu ne pourras pas être inculpée, je serai seul responsable, et tu vivras.

Les larmes roulaient sans cesse sur les joues de Kagome, incapable de prononcer le moindre mot.

Yoake ni nattara, akumu ga yami ni kieru (Quand vient l'aube, les cauchemars disparaissent dans les ténèbres), chuchota Yūutsu à son oreille valide. Adieu, Kagome.

— Père ! Attendez, non !

Mais elle avait beau s'époumoner, le sort d'amnésie faisait son œuvre et gommait ses souvenirs. Tout devint flou autour d'elle, et elle aperçut au travers du voile qui se posait sur ses yeux un père désespéré articuler les syllabes de la formule murmurée par les Âmes démunies.

Karada ga koko ni iru, tamashii ga shinigami ni ageru (Mon corps reste ici, et j'offre mon âme au dieu de la mort).

— Moi aussi, je vous aime, Père... souffla Kagome sans trop savoir pourquoi.

Elle était seule au milieu du désert. Au loin, une violente bourrasque souleva des milliers de grains de sable qui voilèrent le Soleil.

"Tempête de sable, c'est pas bon, ça, je ne suis pas équipée pour y faire face... Je devrais me dépêcher de retrouver la Reine et sa famille. Ça fait des heures que je crapahute à NEGI, et toujours rien. Je me demande si Père a une piste..."

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Salut. Moi c'est Danny ou si vous préférez, Teddie. Pour une présentation plus complète, lisez le premier article. Je tenais juste à vous remercier d'avoir pris la peine d'ouvrir cette page, au cas ou vous souhaitiez mieux me connaître.

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