Histoires de famille

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Les deux magiciens progressaient rapidement à travers la forêt, séparés par une Renai résolue à ne pas se laisser marcher sur les pieds.

Les conversations se limitaient à quelques rares questions, suivies de réponses laconiques, voire tacites pour Kodama, toujours sous l'emprise magique de son frère.

Après deux heures de marche silencieuse, Yayū pila net sans crier gare en jurant.

— Comment ça, y a une gamine ? Je m'en contrefous, ça m'énerve, riposta-t-il à la réflexion de sa sœur.

Renai, qui commençait lentement mais sûrement à avoir faim, accueillit avec bonheur cette pause imprévue.

— Que se passe-t-il ? interrogea-t-elle calmement.

Depuis les retrouvailles électriques des deux magiciens, elle s'efforçait de se montrer amicale et surtout impartiale ; l'un comme l'autre l'aidaient, malgré leurs différents.

— Il y a que je n'arrive pas à lier une connexion mentale avec la Tenshi.

Kodama vit rouge et lui assena un coup de bâton dans le tibia ; Renai exprima son mécontentement plus flegmatiquement.

— Que vous soyez familier avec moi, passe encore, Yogen. Mais ne vous avisez pas de mal parler de ma sœur ou de Yoake. N'oubliez pas que nous sommes de sang royal.

Yayū lui jeta un coup d'œil amusé ; depuis le début, il se demandait à quoi pouvait ressembler une petite princesse énervée.

— Comment se fait-il que vous ne parveniez pas à établir un lien ? Vous m'aviez pourtant assuré en être capable, à condition de n'avoir jamais rencontré votre cible...

— C'est justement ce que je ne pige pas. La seule possibilité, c'est que nous nous soyons croisés par un malheureux hasard, et c'est franchement improbable. Ou alors on a vraiment la poisse.

— Impossible, dénia Renai catégoriquement. Ten ne vous aurait jamais parlé. Vous êtes trop... enfin, votre apparence...

Elle hésita, cherchant ses mots avec peine.

— ... Je suis louche, compléta Yayū à sa place. Merci, Kodama, elle ne s'en doutait absolument pas.

Un vent fort se leva, le soleil disparut momentanément derrière un nuage ventru et menaçant, et la forêt s'obscurcit soudain, sans que rien n'ai laissé présager un orage.

— D'accord, j'arrête de me moquer, sinon ça va barder. Ah tiens, pas faux, je devrais me méfier, merci pour le conseil, sœurette.

Il se tourna vers Renai qui patientait les bras croisés, stoïque, décidée à ne pas montrer une once de son irritation.

— Bref, comme je le disais, j'ai forcément dû la croiser quelque part. Ces derniers temps, j'étais à la capitale, auprès de la vieille crevette Hirameki. À quoi ressemble-t-elle ?

Kodama lui lança un regard condescendant en secouant la tête, atterrée.

— Ah oui, effectivement, ça doit être ta copie conforme, puisque vous êtes jumelles. Mais, Koko, ça aurait pu ne pas être le cas ! Réfléchis un peu, même si c'est inhabituel pour toi – aïeuh ! Nous sommes jumeaux, mais on ne se ressemble pas tant que ça !

Renai écarquilla les yeux, éberluée.

— Tatsumaki, cet individu, en plus d'être votre frère, est également votre jumeau ?

La magicienne hocha tristement la tête, une expression mêlant dégoût et affection retenue sur le visage. Ses yeux parmes luisaient étrangement lorsqu'elle portait le regard sur lui, et réciproquement.

Renai se demandait quelle pouvait être la cause de leur dispute et de leur éloignement, mais n'avait pas l'indélicatesse de formuler sa question. Elle ne put s'empêcher de penser à sa propre sœur qui, elle, les aurait certainement déjà assaillis de questions plus ou moins indiscrètes.

"J'espère qu'elle va bien."

Les voix de ses deux compagnons la ramenèrent brutalement à la réalité.

— Hé ho, ce n'est ni le moment ni l'endroit pour partir dans des réflexions de trente minutes sur le sens de sa vie ou des flash-backs en pensant à sa famille et ses amis ! lui signala Yayū.

— Pardon, vous avez raison. Donc, où pensez-vous avoir rencontré Tenshi ?

— On en a déjà discuté, je ne me répèterai pas. T'avais qu'à écouter au lieu de faire des flash-backs à la noix.

Renai haussa les sourcils d'un air désabusé ; qu'espérait-elle obtenir de la part de quelqu'un d'aussi lunatique et incorrect que Yayū ?

Elle se résigna à cette réponse peu instructive en acquiesçant.

— Bon, reprit-il en se frottant les mains, j'ai la dalle, si on cassait un peu la croûte ?

— C'est sa façon de détourner l'attention de ses échecs, pointa Kodama, un sourire aux lèvres.

— Oups, je t'ai laissé parlé ! Off, Mute, tout ce que tu veux, mais tais-toi. Faudrait qu'il y ait des boutons pour régler le son, dès que je relâche mon attention deux secondes, tu en profites pour me calomnier...

Renai déglutit péniblement ; la tension était palpable ; l'air autour d'eux, survolté.

— Pas de bataille tant que je suis là, s'interposa-t-elle, sentant venir le danger. Yogen, que voulez-vous manger ici ? Pas de fruit, pas de plante commestible, ni d'animaux.

— Si la faune est absente, c'est parce qu'elle se terre dans son abri. Si je la persuadais de sortir et de venir se jeter dans nos bras, ce serait bien, non ?

La princesse haussa les épaules ; quoi qu'elle dise, elle savait pertinemment qu'il le ferait de toute façon.

— Faites comme vous l'entendez.

Yayū fit l'ébauche d'un sourire ambigu et rassembla son pouvoir sans esquisser le moindre geste. Une bourrasque souleva ses cheveux blonds, qui se dressèrent sur sa tête en défiant les lois de la gravité. Interloquée, Renai se tourna vers Kodama, qui affichait une expression satisfaite et moqueuse ; elle était sans aucun doute à l'origine de cette vision comique. Avec ses nerfs mis à rude épreuve par les fluctuations d'humeur des magiciens, Renai était soulagée de pouvoir se détendre un instant, et ne put réfréner un petit rire amusé.

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