*** Le 28 juillet 2022 – 06h30 *** (07) Une matinée mouvementée

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Maman est venue me réveiller à 6h30 du matin. Il va sans dire, que ma nuit a été très mauvaise et que mon sommeil a été constellé de cauchemars, comme je l'avais prévu. Le réveil a donc été très difficile. Comme pour me rappeler mon agitation nocturne, je me trouvais tout emmêlée dans mes draps et j'ai eu du mal à dénouer tout ça afin de m'extirper enfin de se lit dans lequel je serais bien restée quelques heures de plus. J'enfilai mon peignoir en traversant la maison, et baillai quand je pénétrai dans la cuisine. Une odeur de café me chatouillait les narines. Si au goût, je n'aimais pas ça du tout à moins de le mélanger avec beaucoup de lait, j'adorais pourtant le humer profondément. Ce parfum m'inspirait un tel sentiment de normalité ! Avant de m'asseoir à la table, j'embrassai maman qui était debout occupée à griller des toasts.

— La marmotte n'est pas encore levée ? La questionnais-je en me frottant les yeux pour en chasser le sommeil.

— Si, elle est réveillée, mais elle a du mal à émerger. Elle est venue me rejoindre en pleurs au beau milieu de la nuit, suite à un cauchemar.

— Bah, je ne peux pas là blâmer, ma nuit n'a pas été bien meilleure que la sienne et en voyant les jolies valises que tu as sous les yeux, tu fais partie du club, pas vrai ?

Elle se mit à rire d'un air contrit, mi-froissé, mi-amusé.

— En effet... Mais voyons le côté positif de la chose, ça nous fera des sacs en plus pour ranger les courses tout à l'heure.

Surprise par cette feinte merveilleusement bien placée, je ne pus m'empêcher d'éclater de rire, et elle aussi. Nous étions encore hilares quand Élise finit par nous rejoindre en baillant bruyamment.

— Eh bien ! Qu'est-ce qui vous fait marrer de si bon matin ? La fin du monde, c'était une blague n'est-ce pas ?

Je lui rétorquai avec amusement.

— Non pas du tout, si seulement... C'est juste maman qui m'en a lâché une bonne, pile au bon moment.

Et, bien entendu, il a fallu que je lui réexplique toute la scène, ce qui n'a pas manqué de la faire glousser d'amusement. Puis, elle nous a rejoints à table et s'est assise en s'emparant de son couteau à beurre avec entrain.

— Miam des toasts, je vais les beurrer et les plonger dans mon cacao !

Maman lui rappela illico les règles instaurées la veille.

— Vas-y mollo sur le beurre, fillette. N'oublie pas que nous devons nous rationner.

Je pus percevoir tout son enthousiasme s'envoler d'une traite, tandis qu'elle lui répondit avec une pointe de frustration dans la voix.

— D'accord, d'accord, j'y vais mollo !

Le reste du repas se passa sans heurts et nous étions en train de débarrasser la table quand la sonnette de la porte d'entrée retentit. Nous nous figeâmes.

Maman fut la première à réagir.

— Restez ici les filles, je vais voire qui c'est.

Avant qu'elle ne quitte la pièce, je la retins par le bras.

— Tu es sûre que c'est sans danger ?

— Rien, n'est sûr, mais ne faites pas de bruit, je vais regarder par l'œil-de-bœuf avant d'ouvrir.

Et elle s'éloigna. Élise s'était collée à moi. Je tendais l'oreille.

Mes poils se hérissèrent quand j'entendis la clé tourner dans la serrure et la porte s'ouvrir. Une voix de femme qui n'était pas ma mère me parvint, mais je n'arrivais pas à discerner ce qu'elle disait. Rassurées, mais curieuses, nous nous sommes rapprochées en silence pour mieux entendre la conversation.

Il s'agissait, en fait, de la voisine d'en face. Jeune mère célibataire d'un bébé en bas âge. Le père avait pris la poudre d'escampette en apprenant sa paternité et elle était bien embêtée, car elle n'avait presque plus de lait en poudre pour nourrir son fils et aucun moyen de locomotion à disposition pour aller en acheter. Son ex-compagnon s'était barré avec sa voiture, là laissant livrée à elle-même. De ce fait, elle s'informait auprès de ses voisins pour savoir si quelqu'un pourrait l'aider.

— Je suis désolée pour vous, mes deux filles sont déjà grandes et je ne saurais pas vous dépanner, car je n'en ai pas. Mais, je vous conseille d'aller vous renseigner chez les Dumas, au numéro 35, plus bas dans la rue ou encore chez la famille Pochet au numéro 26.

— Je vous remercie de tout cœur, pour votre conseil, madame, je vais aller les voir. Je vous souhaite une bonne journée.

Elle s'éloignai déjà et maman dû hausser le ton pour lui souhaiter une bonne journée également.

Nous retournâmes en catimini dans la cuisine où maman vint nous rejoindre après avoir refermé la porte précautionneusement. Quand elle eut terminé de nous raconter sa conversation, que nous connaissions déjà, je lui avouais d'un ton peiné que j'espérais que cette femme trouverait du lait pour son bébé. Elle hocha la tête d'un air maussade, car cela l'avait accablée, elle aussi.

— On regardera ce que nous arriverons à trouver pendant les courses et on lui apportera. Maintenant, allez-vous apprêter, nous allons arriver trop tard pour l'ouverture du magasin. Je tiens à y arriver tôt avant qu'il n'y ait trop d'affluence.

— D'accord, on y va !

Dans la voiture, nous avons eu droit aux mêmes recommandations que la veille, nous nous sentions mieux préparées, mais nous étions toujours terriblement stressées. Cette fois, je me montrais plus attentive au trajet et à tout ce qu'il se passait autour de moi. L'effervescence ambiante s'était décuplée depuis hier. Nous pouvions croiser çà et là des gens qui chargeaient leur voiture comme s'ils se préparaient à faire un long voyage. D'autres couraient vers je ne sais quelle destination. Je jetais un regard en coin à maman qui avait vu tout ce que je voyais, mais elle resta silencieuse pendant le reste du trajet.

Quand nous sommes arrivées sur le parking, celui-ci était encore plus bondé que la veille. À croire que les retardataires avaient dormi ici. Par chance, nous avons trouvé une place pas trop éloignée de l'entrée et nous y sommes allées sans nous retourner. Tout se répétait exactement de la même manière qu'hier. Le brouhaha ambiant, des gens partout, l'odeur de transpiration écœurante qui émanait de certains d'entre eux... Et puis, les rayons encore plus désolés qu'hier. Il n'y avait pas de quoi faire la fine bouche, il ne restait quasiment plus rien dans les rayons. Quelques réassortisseurs vidaient bien encore quelques palettes de marchandise ici et là, mais ils n'avaient même pas le temps de les placer en rayon que les gens se servaient presque en se battant.

L'ambiance était hostile et j'étais mal à l'aise. Je glanais tout ce que je pouvais en essayant de me frayer un chemin, tout en protégeant mon maigre butin. Soudain, une idée me trotta dans la tête et j'allais me poster, l'air de rien, tout près de la sortie des entrepôts de stockages. Quelques minutes passèrent sans que rien ne se passe ce qui me laissa le temps d'apercevoir Élise et de la héler discrètement. Elle me repéra et s'approcha de moi avec une petite mine.

— Les gens sont fous ! Me dit-elle d'une voix tremblante. J'ai manqué de me faire écraser par une palette que les clients ont fait tomber au sol pour mieux se servir à coups de coudes et d'insultes en tout genre.

Inquiète, je la regardais de la tête aux pieds à la recherche d'une quelconque blessure.

— Rassure-moi, tu vas bien ? Tu n'es pas blessée ?

— Non, je n'ai rien. Mais dis-moi tu attends quoi là au juste ?

Je me rapprochai d'elle pour lui expliquer à voix basse.

— Juste derrière cette porte ce sont les stocks du magasin. Non ! Ne te retourne pas, sois discrète. Que dirais-tu si on essayait de s'y faufiler ? On aurait peut-être plus de chance que parmi ces animaux de foire qui se battent pour un os.

Ses yeux s'étaient agrandis d'effroi et elle s'exclama trop fort à mon goût.

— T'es folle, et si on se fait repérer ?

— Shutttt ! Moins fort ! Si jamais on se fait repérer, c'est bien simple, tu prends un air paniqué, tu pleures et tu dis que nous nous sommes cachées ici, car on a perdu notre mère dans le magasin et que les gens te font peur. Si on a de la chance, ça fonctionnera et on nous ramènera à la caisse, sans problèmes.

Elle réfléchit un instant en se grattant le crâne, puis elle me lança un regard plein de défi.

— D'accord, ton plan me plait bien. C'est mon estomac qui parle plus que ma tête, mais allez, on y va !

— OK ! Je savais que je pouvais compter sur toi. Suis-moi et ne me lâche pas d'une semelle.

Je lançai un dernier regard aux alentours pour être certaine que personne ne faisait attention à nous. Puis, je me retournai en empoignant fermement mon caddie et j'appuyais sur le gros bouton poussoir qui se trouvait sur ma droite. Le volet s'est ouvert et je pénétrai rapidement dans l'entrepôt, suivie de près par Élise.

Par chance, il n'y avait personne en vue, donc je me suis hâtée vers un angle à quelques mètres de là qui était plongé dans l'obscurité. Légèrement essoufflée et le cœur battant à tout rompre, je me suis octroyé quelques secondes afin d'appréhender les lieux. Je me suis retournée vers Élise qui était désormais pâle comme un linge et je l'ai enjointe à me suivre pour que l'on se cache derrière une haute étagère métallique qui se trouvait un peu plus loin et qui contenait tout un panel de boites des conserves.

Parvenues là, je lui murmurai à l'oreille.

— Prends tout ce que tu peux porter, en faisant le moins de bruit possible. Je te rejoins dans quelques minutes, je vais essayer de trouver d'autres choses intéressantes.

Elle me jeta un regard suppliant, mais je la saisis doucement par les épaules en lui chuchotant à nouveau à l'oreille.

C'est notre chance ! Regarde tout ce qu'il y à ici et qu'ils ne donnent pas aux gens, désormais c'est chacun pour soi. Reprends-toi, car c'est maintenant ou jamais !

Je la laissai là, en lui lançant un regard entendu et je suis partie en repérage. Nous avions de la chance, il n'y avait toujours personne dans les parages et l'entrepôt contenait encore pas mal de denrées intéressantes. "Pourquoi diable ne les mettaient ils pas à la disposition de gens !" me demandais je à moi-même, sidérée. Je laissais cette question en suspens tandis que je finissais par mettre la main sur ce que j'étais venue chercher.

Le plus silencieusement possible, je chargeais des caisses complètes de ce qui me semblait intéressant. Je lançai tout de même un œil à ma montre qui m'indiquait qu'il nous restait peu de temps sur le chronomètre initial. Quatre minutes à peine. J'accélérais la cadence, la sueur perlant sur mon front.

Quand j'ai finalement rejoint Élise, elle m'attendait en se rongeant le pouce avec nervosité. Son caddie était aussi plein que le mien. En me voyant, elle me lança un regard rassuré et me murmura.

— C'est bon, tu as fini ? On peut y aller ?

— Oui c'est bon pour moi, mais attends une seconde. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de retraverser tout le magasin avec nos chariots pleins à ras bords, nous pourrions créer une émeute. Suis-moi, j'ai repéré une autre sortie menant vers l'extérieur en m'éloignant tout à l'heure.

Tout son sang quitta son visage, d'un coup. Mais cela ne l'empêchait pas de me suivre avec empressement.

— Tu rigoles ? Tu me suggères que nous partions sans payer ?

— Oui ! Et c'est maintenant ou jamais, lui rétorquais-je au moment précis où j'appuyais sur le bouton pour que le volet extérieur s'ouvre. Aller, on décampe d'ici ! Go, go, go ! Et nous avons couru de toutes nos forces en poussant nos chariots bien garnis devant nous. Une douce brise nous fouettait le visage et faisait virevolter nos cheveux dans le vent.

Parvenue à la voiture, je me suis empressée de déverrouiller le coffre et j'ai commencé à décharger mon chariot à toute vitesse. À peine, Élise m'avait-elle rejointe à son tour que je la délestais de son caddie, et que je l'envoyais à nouveau vers le magasin afin qu'elle aille prévenir maman que nous allions bien et que nous l'attendions à la voiture. Elle s'exécuta d'un bond et elle reprit sa course effrénée en s'essuyant le front.

Tandis que je chargeais notre butin, je me rendais compte que nous avions fait preuve de beaucoup de culot. Nous avons eu énormément de chance de n'avoir croisé personne sur notre route ! Mais nous avons bien été récompensées ! Maintenant, j'espérais que maman ne prendrait pas trop mal notre méfait accompli !

Quand mon chariot fut enfin vide, je le poussais un peu plus loin, hors de mon chemin, puis je m'attaquais a celui d'Élise. Je dégoulinais de sueur et mon tee-shirt était trempé. J'en étais à la moitié de ma besogne quand j'ai entendu quelqu'un héler au loin. Une voix d'homme qui disait "Hé mademoiselle !" Soudainement apeurée, je fis semblant de ne pas l'avoir entendue et je me dépêchais de transférer les derniers cartons a la hâte avant de refermer le coffre d'un geste brusque. Il réitéra plusieurs fois, mais je ne réagissais toujours pas, ni ne levai la tête en espérant que ce n'était pas après moi qu'il en avait et qu'il finirait par se taire. Je contournai la voiture et montait rapidement sur le siège passager tout en activant le verrouillage central.

Ma fuite soudaine le poussa à réagir, car il s'approchait à grands pas. Parvenu à ma hauteur, il toqua à ma fenêtre et mon regard croisa la sien qui était injecté de sang. Il me souriait de toutes ses dents, ou plutôt de tous ses chicots, car on ne pouvait pas appeler cela des dents ! Elles étaient jaunes, toutes abîmées et il en manquait par endroits. Il me baragouinait quelque chose que je ne comprenais pas, tout en essayant d'ouvrir la portière qui, fort heureusement, restait close. De plus en plus apeurée, je lui demandais de s'en aller, plusieurs fois, en hurlant dans la voiture pour être certaine qu'il m'entende. Et contre toute attente, au bout de quelques minutes, il s'éloigna en titubant. J'étais légèrement rassurée, ce n'était pas quelqu'un du magasin qui nous aurait tout de même pris sur le fait, non ! C'était juste un ivrogne ou un drogué, au choix.

Le cœur battant encore à tout rompre, je posai un regard sur ma montre, ça faisait environ quinze minutes qu'Élise était repartie. Ça commençait à faire long maintenant ! Mais où étaient-elles passées, bon sang ! Le temps semblait s'étendre à l'infini et je me sentais comme un lion en cage. Lorsqu'elles réapparurent enfin, je fus immédiatement rassurée, mais avant de sortir de la voiture, je ne manquai pas de vérifier si l'alcolo n'était plus dans les parages.

Le caddie de maman était à moitié rempli, elle semblait déçue. J'allais lui raconter notre aventure récente, mais je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit, qu'elle prit la parole d'un ton tranchant comme une lame de couteau.

— Ne dit rien ! Élise m'a déjà raconté vos exploits. Je ne sais pas si je dois être heureuse ou déçue par votre comportement, mais au vu de la situation, je décide de passer l'éponge pour l'instant. Ne traînons pas ici, des bagarres ont éclaté à l'intérieur et ça risque de mal tourner. Chargeons ça et allons-nous-en !

Nous nous exécutâmes en vitesse et nous ne traînâmes pas à reprendre l'asphalte pour rentrer chez nous.

En quittant le parking, je pus apercevoir, au loin, l'homme qui m'avait fait si peur tout à l'heure. Il était au sol, encerclé par une bande de jeunes qui lui donnaient de coups de pied en riant. Je ne pus m'empêcher de ressentir de la pitié pour lui. Mais, je décidai de garder cette mésaventure pour moi, car maman était soucieuse et je ne voulais pas l'inquiéter plus que de mesure avec cette histoire.

Le reste du trajet se passa sans qu'aucune de nous n'ait l'envie de prononcer un seul mot. La route du retour fut plus longue que prévu, car il y avait beaucoup de trafic. Des gens quittaient la ville et d'autres arrivaient en masse. Ce n'était pas un climat normal et nous le ressentions de plus en plus. 

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