Chapitre 2 : Convalescence de la guerrière (1/2) (Corrigé)

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« Bon nombre de mes collègues déplorent l’oisiveté de la jeunesse carônienne et se pâment même que cette future guerre les redresse sur le droit chemin. Qu’ils restent de bonne volonté : de tout temps, la plupart des étudiants affectionnaient davantage les tavernes que les livres. Une quête de divertissement éphémère qu’il ne faut point blâmer. Personnellement, je n’ai jamais eu à récriminer mes élèves de l’École de Guérison. À deux exceptions près, je concède. Tonia et Adhara semblaient pourtant être des contadines ambitieuses, soucieuses d’aider leur prochain. Peu me chaut la méthode employée tant que les résultats sont présents. Ces deux jeunes filles raisonnaient toutefois différemment : Adhara se réclamait partisane de la médecine traditionnelle tandis que Tonia défendait un usage inventif de la magie. Naquit alors une âpre rivalité entre elles deux, si bien qu’elles interrompaient régulièrement mes cours juste pour se quereller. Parfois Adhara adressait même des menaces à sa consoeur ! J’imaginais que ce serait éphémère, que quand l’heure de la pratique surgirait, elles suivraient des chemins séparés. C’était sans imaginer que Lorem Odal, médecin à l’idéologie dubitable, les recrute comme apprenties guérisseuses pour le conflit. Sont-elles prêtes à renoncer à leurs différends pour une si grande cause ? La guerre n’affecte pas uniquement les soldats, dit-on… »

Lettre du professeur de médecine carônien Curten Tobin (1366 AU – 1425 AU) à une amie, mort quelques semaines plus tard d’une maladie rare.


Imagination et réalité s’amalgamaient. Quand l’inconscience me gagnait, quand ma vie se perdait, des fils d’une étroitesse incomparable me séparaient du déclin. Quelqu’un les gardait imbrisables tandis qu’il me transportait au-delà de l’anéantissement. De lueurs passagères en éclats du lendemain, j’existais passivement, alimentée par des bribes de flammes. Si on s’assurait que la chaleur en moi ne s’éteignît pas, autant ne pas m’y opposer… Ma destinée ne m’avait jamais appartenue de toute manière.

L’agitation s’acheva néanmoins au moment opportun. Mon corps se détendit lorsque la noirceur s’atténua sous la brillance d’un milieu opalescent. Toujours soumise au confort, j’étais étendue sur un matelas trop moelleux, entre conscience et récupération. Tant de temps devait déjà s’être écoulé ! Mon aura de guerrière s’amenuisait à force de guetter le repos… Il me fallait puiser dans mon énergie interne, passer outre la souffrance, me redresser de plus belle !

Une migraine me tenaillait outre l’endolorissement de mes membres. Luttant contre la lourdeur de mes paupières, j’ouvrai les yeux par intermittence, jusqu’à ce que le réveil fût définitif. Alors l’environnement se déroula devant moi, même si des bandages réduisaient mes perspectives. Apparut Tonia en première, portant une écuelle remplie d’eau. Aussitôt ses pieds trépignèrent et sa voix s’étrangla.

— Elle est réveillée, pour de bon cette fois ! annonça-t-elle.

À peine remarquai-je Lisime qu’elle bondit sur moi ! Si élargi était son sourire, si rosi était son teint, si flamboyant étaient ses yeux. elle m’étreignit plutôt deux fois qu’une.

— Je le savais ! s’écria-t-elle. Rien ne peut tuer la grande Denna, tu es plus forte qu’eux !

Quelqu’un l’agrippa soudain par le col et l’assit sur le siège duquel elle avait sauté. Aisé à identifier, moins à assumer : Jalode en personne. D’ordinaire rigide, son visage s’était pourtant détendu, et elle expira même un soupir de soulagement. De quoi me clouer davantage sur ce lit…

— Tu t’es montrée digne, complimenta-t-elle. Excuse-moi de t’avoir mésestimée, Denna, tu ne méritais pas un tel mépris.

Ce devait être un rêve ! Je me grattais le genou et ne constatai aucune différence. Je me confrontais à une nouvelle réalité, celle où les craintes s’avéraient, où les songes s’effaçaient. Au coin de la salle, j’étais recluse entre ma meilleure amie et ma tante, loin des autres patients, et d’après le hochement de Tonia, ma convalescence durerait encore plusieurs jours.

— Que s’est-il passé ? demandai-je naïvement.

— Quelle question ! s’exclama Lisime. Tu t’es battue avec héroïsme ! Les rumeurs vantent la bravoure dont tu as fait preuve face à l’ennemi.

— Et elles racontent objectivement la vérité, renchérit Jalode, puisque je les ai colportées moi-même. Après tout, tu m’as sauvée la vie, Denna.

Hélas. Un réflexe saugrenu m’avait guidée, comme si mon corps lui-même désirait une suite à cette guerre, comme s’il devait se complaire dans la violence. Bon sang, une absence d’intervention aurait peut-être mis fin à cette lutte ! Instinct familial ou cécité, peu importait, les faits restaient avérés. Bientôt mon effigie se dessinerait à l’image des échos… Le sourire de ma tante en disait long.

— Je me souviens maintenant…, murmurai-je. Nous affrontions un puissant mage qui avait déjà occis tant des nôtres. Une question me turlupine : comment avons-nous survécu après son sort ? Il aurait pu nous achever facilement.

— Survivre est un bien grand mot ! lâcha Adhara. Sans vouloir t’effrayer, tu vas garder une vilaine cicatrice. Peut-être qu’elle s’effacera avec le temps, mais pas sûr. Même les sorts de ma collègue n’ont servi qu’à la minimiser… Tu verras lorsque nous t’autoriserons à ôter tes bandages.

— Cela reste un exploit ! vanta la générale. Par ailleurs, une cicatrice constitue la marque des vraies guerrières : tout comme la mienne, tu pourras t’en targuer, voire effrayer les faibles. Je me suis moi-même révélée courageuse. J’étais animée par une volonté, je désirais tant te protéger que j’ai lutté face à Lyrodis Dessem. Malheureusement, il s’est enfui après un duel acharné. Il continuera donc de répandre le mal.

— Les événements se sont vraiment déroulés ainsi ? doutai-je.

— Bien sûr ! Pourquoi te mentirais-je ? Quoi qu’il en soit, Lyrodis est une menace sérieuse que nous devons éliminer le plus rapidement possible.

— Vous disiez pareil pour Fherini, contesta Adhara. Et maintenant elle arpente toujours le Ridilan en compagnie de sa tendre épouse !

— Nous les aurons ! Il s’agit d’une question de temps. Ils nous croyaient affaiblis ? Ils se fourvoient. L’armée de Carône est d’autant plus redoutable quand elle est en position de contre-attaque.

Ce disant, ma tante s’approcha de moi et me déposa un baiser sur le front. Mon corps en frissonna tout entier.

— Repose-toi, ma chérie, dit-elle sur un ton affectueux. Tu l’as dûment mérité après ton exploit. Secourir une brillante générale n’est pas donné à n’importe quel fantassin. Je m’assurerai que tu reçoives les honneurs et que tes détracteurs se taisent. Continue de t’illustrer ainsi et tu seras promise à une place de sergente, et tu pourras ensuite te hisser plus haut encore !

— Je te tiendrai compagnie ! promit Lisime. Enfin, jusqu’à demain, car Nalionne va vite avoir besoin de moi…

Ma tante s’en fut d’un pas assuré, plus triomphante que jamais. Ciel, je la préférais quand elle me méprisait… J’aurais souhaité qu’elle fût hypocrite, car ce comportement lui ressemblait davantage. Des répercussions tournoyaient déjà dans ma tête et promettaient de bien sombres possibilités. Dans son ombre ou dans sa lumière, je resterais l’instrument de ma générale.

Peut-être aurais-je sombré sans Lisime pour me tenir compagnie. Elle réussissait à me maintenir éveillée et intéressée là où tant d’autres échouaient. Narrer son travail avec Nalionne aurait pu s’avérer insipide si elle ne donnait pas autant d’éclat à ses péripéties. C’était aussi l’opportunité de s’abandonner à la nostalgie, de se souvenir de l’entraînement comme les traces d’une précédente existence. Mon amie ne se montrait toutefois pas aussi enjouée qu’avant… Comment la blâmer, après toutes les épreuves qu’elle avait traversées ? Je m’estimais chanceuse qu’elle me consacrait autant de temps. Difficile d’évaluer si je lui avais rendu la pareille.

Un vide emplit mon cœur quand Lisime regagna sa besogne. Une absence bien vite compensée : je reçus bientôt une visite particulière. Je me crispai dès que les généraux Herianne et Rafon pénétrèrent dans la pièce, contre quoi ils se fendirent d’un rire gras. Deux jeunes soldats emboitaient leur pas : Sarine, bien sûr, ainsi qu’un mince roux à la barbe naissante. Ce dernier devait être à la botte de son supérieur, ce pourquoi il évitait de le regarder et conservait une distance de sécurité. Tous deux se raidirent à plusieurs mètres de mon lit.

— Tu es sacrément amochée ! constata le général. Il ne plaisante pas, ce Lyrodis !

— Ta survie est d’autant plus époustouflante ! ajouta Herianne. Moi qui ne te trouvais pas costaude, j’aurais été idiote de ne pas changer d’avis !

— Regarde, Burat ! C’est sur elle que tu dois prendre exemple, espèce d’incapable !

De la sueur perla sur le front du jeune homme comme il se retirait légèrement. Ses jambes oscillaient sous le foudroiement du regard de son supérieur.

— Je m’applique comme je peux, mon général ! jura Burat.

— Tu es trop faible, voilà tout ! répliqua Rafon. Je me demande quel genre d’idiot aurait accepté un ringard comme toi dans notre armée !

— C’est valable pour toi aussi, Sarine ! vitupéra Herianne. Est-ce que tu aurais plongé pour me protéger comme Denna ?

— Eh bien…, bredouilla Sarine.

— Je m’en doutais !

Ses dents claquèrent tant et si bien qu’elle se plaça derrière son confrère, accrochée à son épaule, à l’abri du jugement de sa générale.

— Protège-moi ! supplia-t-elle.

Toujours aussi transpirant, Burat imita sa consoeur.

— Toi, protège-moi ! implora-t-il.

— Que vous êtes pitoyables ! critiqua Rafon. Et si vous faisiez la garde devant la porte au lieu de vous comporter comme des lâches ?

— Mais… Ce serait inutile !

— Aussi inutile que vous. Hors de ma vue, maintenant !

Sarine et Burat se consultèrent un instant avant de détaler à brûle-pourpoint. Sitôt la porte claquée que les généraux se gaussèrent derechef jusqu’aux larmes ! Je les dévisageais en plissant les yeux.

— Je ne comprends pas votre comportement, m’exprimai-je. Vous vous moquez d’eux en les martyrisant.

— Pas exactement ! rétorqua Herianne. Ce sont des soldats fougueux dans la force de l’âge, disons plutôt qu’on se voit un peu en eux, on leur ressemblait beaucoup à leur âge ! Donc si on les traite mal, c’est pour qu’ils se donnent à fond ! Mais passons. Nous devons aborder un sujet beaucoup plus important. Et éviter que ça s’ébruite.

Je fronçai les sourcils. Elle et son mari se saisirent d’une chaise en bois. Leurs mouvements rejoignirent leurs pensées comme ils se positionnèrent de part et d’autre de mon lit. Semblable à une compression, telle était mon impression, tant ils m’accordaient de l’attention. Une soldate ordinaire cernée par deux généraux…

— Soyons franc de but en blanc, réclama Rafon à voix basse. Autant tu as sauvé ta tante d’un geste héroïque, autant beaucoup pensent qu’elle ne méritait pas d’être sauvée. Ma tendre épouse et moi en faisons partie.

La nouvelle noua ma gorge ! Je peinai à respirer durant une poignée de secondes… Après quoi le couple continua de me dévisager d’une intensité sans pareille. Ils ne plaisantaient pas.

— Tu te remémores notre première rencontre ? rappela Herianne. Nous avons discutaillé de plein de sujets intéressants avant que tu ailles aux négociations. Tu y as assisté, tu sais comment ça a terminé… Bon sang, massacrer des diplomates venus en pourparlers, c’est indigne d’une générale ! Je l’ai engueulée toute la soirée mais elle n’a rien voulu entendre. Comme je suis Orônienne, selon elle, je ne comprends pas les raisons de la guerre et je ne suis pas une vraie patriote !

— Quelle ingrate ! enchaîna Rafon. Elle n’a plus rien à voir avec notre ancienne camarade… Du coup, mon amour de toujours et moi doutons de plus en plus maintenant qu’elle coopère avec nous. Jalode n’a qu’un mot à la bouche : le combat. Massacrer des Ridilanais sans motif, juste pour étendre notre territoire ! Le pire, c’est que la plupart des généraux la soutiennent.

— Mon petit malt…, compatit sa femme en caressant sa joue. Jalode nous met décidément dans tous nos états !

— Ce n’est rien, mon sucre d’orge. Son influence s’estompera bientôt.

Les deux amoureux poursuivirent leurs parades de regards appuyés ainsi que de doux murmures. J’aurais détourné les yeux si l’avancement de la situation n’était pas requis. Au lieu de quoi je toussotais à deux reprises.

— Excuse-nous, Denna ! se reprit Herianne. Tout ça pour dire que Jalode est considérée comme une héroïne et Maedon comme un incompétent. Pourtant, c’est elle qui a abandonné le château pour chercher du renfort. N’était-ce pas le rôle d’un commandant, voire d’un sergent ? Peut-être que la réputée générale sentait que le vent tournait en sa défaveur et a agi en conséquence. En abandonnant le navire, j’entends.

— N’avez-vous pas peur de proférer de telles accusations ? demandai-je, surveillant les alentours.

— Peuh ! fit Rafon. Ma chérie écrase Jalode en combat singulier avec sa lame d’exception !

— Elle n’est pas aussi affûtée que la tienne ! encensa Herianne. Si tranchante, si brillante que je ne me lasse toujours pas de m’empaler dessus !

— Euh… pardon ? balbutiai-je.

Herianne et Rafon s’éloignèrent l’un de l’autre et s’empourprèrent ce faisant.

— Revenons aux choses sérieuses ! déclara le général. Ne mens pas, Denna : mon trésor affirme que tu ne portes pas ta tante dans ton cœur. Ce qui est étonnant comme tu l’as sauvée.

— C’est vrai, chuchotai-je. Mon esprit me dicte de protester, de la dénoncer pour tous ses crimes de guerre, pour avoir privé tant de jeunes d’un bel avenir. Mais mon corps la suit encore et toujours. Jamais je ne serais d’une grande aide.

— Détrompe-toi ! nuança Herianne. Un militaire ne se dévalorise jamais, sache-le ! Bon, nous devons continuer à mener le conflit, pas le choix, mais en parallèle, mon amour et moi projetons de prouver ses mensonges. Une étape difficile s’il en est. Voilà pourquoi tu seras d’une grande aide.

— Moi ? Mais je n’ai rien de particulier !

— Au contraire. Considère ton lien familial comme une force. Si Jalode s’attache à toi, tu deviendras sa confidence, et tu glaneras ainsi beaucoup d’informations cachées. Nous te faisons confiance !

— Notre devoir nous attend, dit Rafon. Des méchantes rumeurs risquent de se propager si nous traînons trop dans les parages. Officiellement, c’était une visite de courtoisie.

Les deux généraux s’embrassèrent goulûment par-dessus mes yeux ébaubis, puis ils me saluèrent et me laissèrent à ma convalescence. Une kyrielle d’invectives tonna tandis qu’ils parcouraient le couloir en sens inverse. Je disposais donc de tout le temps nécessaire pour méditer sur leur proposition. Un inconvénient s’apprêtait-il à devenir en avantage? Une possibilité qu’il m’était ardue d’envisager…

Ainsi les jours se succédèrent, filèrent à la vélocité du vent, s’imbriquèrent dans la continuité du néant. La plaie cicatrisait mais les guérisseurs demeuraient formels : je quitterais ce lit seulement après leur permission. Inenvisageable d’exceller sur le champ de bataille pendant un temps ! Mon équipement reposait hors de portée. Ne me restait plus qu’à me conformer aux conseils médicaux. Tant pis si je ne percevais les rumeurs sur moi, tant pis si je ne participais pas aux prochaines batailles, je devais m’assujettir aux instructions des médecins.

Heureusement que des visites égayèrent mes journées. Maedon s’invita le lendemain, accompagné d’une demi-douzaine de soldats, lesquels saluèrent aussi ma bravoure. Trop de flatterie était anormal ! Même mon commandant louangea mes exploits et me souhaita un bon rétablissement. Lui qui m’avait tant ignorée, sûrement considérait-il se rattraper. Pour mon unité, ma position restait sans équivoque : Denna Vilagui, intrépide guerrière et égide de sa patrie, ne renoncerait jamais au combat. Aucun ne me connaissait réellement…

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