Chapitre 2 : Convalescence de la guerrière (2/2) (Corrigé)

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Alors que l’on m’accordait déjà beaucoup de sollicitude, un autre trio fit irruption au moment où je m’y attendais le moins. Shimri, Vandoraï et Kiril cheminaient côte à côte, presque égaux, pour une alliance dont je n’aurais jamais soupçonné la teneur. Des nuances s’associaient tandis qu’ils me lorgnaient. Une ambition incongrue semblait les cornaquer jusqu’à moi. C’était insensé puisque je ne baignais dans aucune aura unique !

Je réalisais l’impensable : leurs objectifs convergeaient avec les miens. Ceci impliquait qu’ils étaient inavouables. Pourvu que des oreilles ne traînassent guère alentour, un allègement en partie accompli par le récent départ de mon voisin. Mes amis s’installèrent de part et d’autre du matelas et me dévisagèrent avec intérêt et empathie.

— Vous trois, ensemble ? m’étonnai-je. Voilà qui est inattendu… Ce doit être important.

— Ça n’a pas été facile, admit Vandoraï. Denna, cette guerre nous a empêchés de devenir amis, mais je suis content que tu t’en sois sortie. Nous avons tous beaucoup perdu et tu n’as pas été épargnée…

— Tous, oui ! Alors ne me traitez pas comme une privilégiée, je vous en supplie. J’en ai assez. Considérez-moi comme une simple soldate.

— Non, refusa Shimri. Tu es l’une des seules à m’avoir acceptée quand les autres se sont moqués. La situation s’apprête à évoluer, maintenant. Je me suis souvent lamentée mais je ne me suis pas limitée à ça. J’ai trouvé des alliés.

Une lueur insoupçonnée s’éveilla dans les yeux de mon amie. Un camarade et un sergent, installés en face d’elle, se prêtaient volontaires à ses idées, ce malgré les différences hiérarchiques et culturelles. Une alliance si improbable qu’il valait mieux éviter de l’ébruiter. Mains plaquées sur les genoux, de profonds plis inscrits dans leurs traits, Vandoraï et Kiril opinèrent aux paroles de notre consoeur.

— Je n’avais jamais fait attention, avoua Kiril. Enfin si, avant la perte du château, j’ai douté à plusieurs reprises de la légitimé de cette guerre. Mais je me suis effacé. Je n’ai pas osé m’imposer. Désormais, j’ai l’impression qu’Ashetia Lateos, mon modèle de commandante, s’est sacrifiée pour rien. L’avoir remplacée par Galdine Fenko est une insulte à sa mémoire !

— Qui est cette Galdine ? questionnai-je. Je l’ai juste aperçue quand ma tante l’a nommée commandante.

— On touche le problème ! Elle était innocente lorsqu’elle se contentait d’être soldate. Mais lui confier des responsabilités était la pire idée possible. Galdine considère la guerre comme un jeu et est plus attachée à ses épées qu’à ses subordonnés !

— À ce point-là ?

— Oui ! Ça démontre que, sauf son respect, notre générale cherche volontairement à nous entraîner à notre perte ! Elle se fiche de gagner cette guerre, tout ce qu’elle souhaite, c’est tuer le plus de personnes possibles dans les deux camps !

Les propos de Kiril se confondraient presque avec de l’égoïsme. Néanmoins, s’il s’alliait avec Vandoraï et Shimri, alors ils adhéraient à ses pensées. N’était-il point le musicien qui nous imprégnait de sages paroles ? Depuis bien longtemps il ne s’était pas exprimé de sa flûte. Ici ne résonnait plus la moindre musique, la sienne n’y faisait guère exception.

Mon amie avait justifié son mécontentement à maintes reprises et cédaient désormais la parole à ses compagnons. Comme le Tordwalais traînait son regard partout, comme ses jambes trémulaient, nul doute qu’il désirait aussi s’exprimer.

— Je me suis trompé, confessa-t-il. J’étais enfermé trop longtemps dans la vision de mon pays… Je rêvais de la guerre et de la gloire. Oh, j’ai été si stupide !

— Tu t’es souvent disputé avec le sergent Dalim, remarquai-je.

— Et pas qu’avec lui ! Plein de camarades ne sont pas d’accord avec moi. Ils ne comprennent pas, ils croient en la justesse de notre combat. Mais j’ai vu la détresse des Ridilanais. Ce sont juste des innocents qui se défendent face à une grande puissance ! J’en ai tant massacré sans raison…

— Je me suis fait la même réflexion, reconnus-je. Pourtant je brandis toujours l’épée au nom de cette cause insensée.

— Ça peut changer. Nos supérieurs nous ont tous dupés. De la lâcheté enrobée dans de beaux discours, ils rendent légitimes cette guerre en ralliant des pays non concernés ! Bientôt le monde occidental passera pour des conquérants, des envahisseurs de toute civilisation s’écartant de leur modèle. Il est encore temps de montrer que nous ne sommes pas comme eux !

— J’aimerais tellement… Mais comment s’y prendre ?

Au cœur du complot triomphait Shimri. Si discrète et pourtant si planificatrice. Aucun défaut ne déparait l’intensité de son regard, aucune hésitation ne l’ankylosait. De corps comme d’esprit elle confluait au sentiment de rébellion. Vandoraï, Kiril et moi prêtâmes l’oreille à son discours.

— Au départ, par égoïsme, je pensais être la seule concernée, s’épancha-t-elle. Mes intérêts personnels ne devaient pas diverger avec ceux de l’armée, prétendait-on. Je me disais que le pacifisme de mon pays était une exception, que la guerre faisait partie de la vie des autres. Mais notre dernière grande défaite a prouvé le contraire. J’ai interrogé, interpellé, invité tant de soldats à partager leur opinion. Et beaucoup nous rejoignent…

— Quoi ? m’étranglais-je. Cela signifie que, tout ce temps où je me bataillais aveuglément, j’ai raté une opportunité de suivre une autre voie ?

— Il n’est jamais trop tard pour se rattraper, Denna. Tu es celle qui risque le plus parmi nous, après tout… Nous avons rallié des soldats et des sergents d’une flopée d’unités à notre cause ! Pas de commandant, c’aurait été trop beau. Il ne nous reste plus qu’à trouver le meilleur moment pour agir. Et cette occasion se présentera très bientôt.

— Quand ?

— Au moment où nous serons tous réunis sur un grand front. Un refus collectif, histoire de montrer qu’on refuse d’exterminer encore des innocents. Je donnerai le signal.

— Et quel sera mon rôle dans cette histoire ? Es-tu sûre que cela fonctionnera ?

— Ton rôle sera identique au nôtre. Ainsi tu prouveras que même la nièce d’une générale ne suit pas aveuglément les ordres. Oui, nous pensons qu’il s’agit de la seule solution.

Un soupir de Vandoraï coupa la conversation un court instant.

— Je me suis perdu dans la violence toute ma jeunesse…, déplora-t-il. Shimri dit vrai : il y a une autre solution.

— Exactement, soutint mon amie. Une mutinerie ne provoquerait que plus de morts. Nous souhaitons avancer tous ensemble vers l’avenir. Carôniens, Niguirois, Chevikois, Tordwalais, Dunshamonais doivent s’allier avec les Ridilanais. Il nous revient de prouver que nous ne sommes pas des monstres ! Une révolution pacifique est le seul moyen d’achever cette guerre.

— Je doute quand même…, murmurai-je. Après tout ce que nous avons fait, les Ridilanais nous craignent.

— Prouvons-leur le contraire. Protégeons-les.

Shimri posa sa main sur mon épaule et me fixa du plus profond de ses prunelles.

— Est-ce que tu nous fais confiance ? s’assura-t-elle. Te joindras-tu à nous ?

D’insistance et d’espérance ils proposèrent leur alliance. Une aubaine pour quelqu’un comme moi ! Je m’étais égarée au cours des batailles, tant de corps que de conscience. La possibilité de me racheter se présentait, en aucun cas je n’allais refuser ! Mes muscles se contractèrent comme mes yeux se rivèrent vers la seule, l’unique, la meilleure voie à suivre. Shimri, Vandoraï et Kiril sourirent à mon hochement avant de se lever. Ils préféraient me laisser pour un temps, sinon la méfiance s’éveillerait et notre lutte deviendrait vaine. Persévérance et patience nous guideraient.

S’épaississait la fresque quand les traits s’enchevêtraient sur le fond. Mieux les couleurs vives chatoyaient et mieux le fond brillait. Après moult épreuves, après tous ces crimes, des militaires de chaque grade dénonçaient l’absurdité de ce conflit. Enfin… J’étais persuadée qu’un brin d’efforts suffirait à renverser les grandes instances et à ramener la paix. Trop de morts, de blessés et de traumatisés embuaient l’aspiration de nos destinées. Un monde en guerre ne cesserait de quémander un souffle de paix !

Tous attendaient mon rétablissement. Je ne les décevrais pas. En cette période, le temps s’écoulait à une cadence inouïe, ce pourquoi l’occasion se profila rapidement.

Lors d’une aube ordinaire, la nitescence nourrissait nos âmes tourmentées avec profusion, parfait pour débuter cette journée. J’eus à peine ouvert les paupières que Tonia se dirigea vers moi, une main lestée d’un miroir, ses lèvres étirées d’un sourire. Elle sifflota même en démêlant mes bandages.

— Je vais te montrer ton visage, prévint-elle. Promets-moi de ne pas hurler ! Nous avons fait tout notre possible.

— Ça ira, garantis-je. Je me sens déjà miraculée d’avoir survécu.

Elle me confia à mon reflet, à cette part rejetée de ma personne. Scintillait ma tunique blanchâtre comme contrastait ma figure balafrée. La cicatrice partait du haut de mon sourcil droit, traversait mon nez et frôlait la commissure de mes lèvres. Elle était semblable à une coupure hormis les minuscules filaments noirs de part et d’autre de la ligne. Cela aurait pu être pire compte tenu de la gravité des dégâts… Assez marquée pour prouver mon combat, insuffisant pour me dévisager. C’était comme si l’estafilade s’était gravée au moment opportun, quand mon être se tiraillait entre plusieurs choix.

Tonia trépignait en vue de ma réaction ! Je la gratifiais de mon plus beau sourire. Elle l’avait amplement mérité.

— Merci, dis-je. Tu as assuré.

— Allons, je n’étais pas seule ! s’ébaudit Tonia en rougissant. Ma magie a contré quelque peu celle de ton adversaire, infiniment supérieur, mais rien de tel que la médecine traditionnelle pour…

Des verres s’étaient brisés sur le sol. Aux pieds d’Adhara, agenouillée en face d’une étagère, un morceau triangulaire jonchait le pavé à côté d’une boîte. Je ne l’avais même pas entendue entrer, c’était une heure bien matinale pour débuter ! Les autres guérisseurs devaient encore dormir.

— Que fais-tu, Adhara ? s’enquit Tonia. Tu vas réveiller les blessés !

— Mieux vaut qu’ils se réveillent pour survivre ! répliqua sa collègue. J’étais en train de vérifier les flacons d’alcool. Indispensable pour le traitement des patients, non ?

— Il n’y a rien à vérifier là-dedans !

— Ah bon ? Pourtant l’un des flacons possède une odeur légèrement différente des autres.

Le souffle de Tonia se bloqua, puis elle échangea un regard inquiet avec moi. Elle rejoignit Adhara malgré ses jambes flageolantes. Ciel, mon corps tressaillait, mon cœur battait la chamade, il s’agissait pourtant d’une altercation ordinaire entre elles deux ! Du moins était-ce ce que j’avais imaginé.

— On s’en fiche ! lâcha Tonia. Tant qu’il reste efficace pour cautériser les plaies.

— Ça ne fonctionne pas ainsi, abrutie ! riposta Adhara. Un véritable médecin doit être ordonné et méticuleux. Je me suis arrangée pour trier nos alcools dans des flacons de volume identique. Ils doivent être les mêmes, répartis uniformément ! Cet intrus est anormal… Je ne l’ai pas placé là. Comme Lorem est mort, il ne reste plus qu’une possibilité.

— Réfléchis un peu : en fuyant du château, nous avons perdu bon nombre de stocks ! Évidemment qu’il a fallu les remplacer !

— Alors pourquoi un seul imprègne mes narines d’un parfum différent ? Tu ne me cacherais pas quelque chose, Tonia ?

On en revenait à ce soir-là… Non, Tonia m’avait garantie de sa discrétion, sa collègue ne pouvait pas subodorer sa culpabilité ! Pourtant ses traits se déformaient tandis que son sang montait à son faciès. De quoi inciter sa collègue inondée de sueur à reculer.

— Je suis guérisseuse ! affirma Tonia. Mon rôle est de soigner les blessés. Je n’ai rien à te dissimuler !

— Difficile de te croire. Jamais tu n’as été un parangon d’honnêteté, admets-le. Souvenons-nous donc de ce qui a provoqué cette grande défaite : Maedon Farno à l’assaut des Ridilanais, désireux de venger ses deux soldats assassinés lâchement la nuit d’avant. Brejna et Sermev Haski, qu’ils s’appelaient. Tu ne les portais pas dans ton cœur, pas vrai ?

— Toi non plus, que je sache !

— Ne change pas de sujet. Cette journée m’avait bien secouée, entre la horde d’enragés se ruant vers le suicide, le château détruit par cette horrible magie et ces blessés à transporter. Je n’avais pas besoin que Lorem se fasse trucider par de vulgaires militaires ! Tu devines qu’à ce moment-là, j’avais d’autres priorités que les flacons d’alcool.

— Où veux-tu en venir ?

— Nous dormions dans des chambres voisines. J’avais perçu un peu de mouvement au milieu de la nuit, pas de quoi me méfier. Cumulé à la découverte des cadavres, ainsi qu’à la légère odeur d’alcool des corps calcinés, les indices se rassemblaient déjà dans ma tête. Tonia… Par hasard, n’aurais-tu pas brûlé ces deux soldats pendant la nuit ?

La vérité finissait toujours par être révélée.. Désorientée à la disparition de la migraine, démunie à la découverte des faits, je devais combattre mon engourdissement et me précipiter vers elles ! Tonia affrontait seule l’accusatrice. Elle était si ankylosée qu’elle n’osait pas se retirer, si pantelante qu’elle perdait ses mots. Adhara ne la lâchait pas des yeux.

— Tu n’as rien à dire pour ta défense ? insista-t-elle.

— Assez perdu de temps ! s’écria Tonia en désespoir. Il reste des blessés à soigner et…

— Et qui soignera ceux qui ont péri, ce jour-là ? Tes sentiments interfèrent avec ton devoir. Je l’ai toujours dit et personne ne m’a jamais cru. Nos collègues et nos professeurs auraient honte de toi !

— Pourquoi donc ? Brejna et Sermev étaient exemplaires, peut-être ? Ils ont violé plein d’innocents et s’en sont sortis avec les honneurs ! Ils méritaient de crever dans la pire souffrance !

Adhara avait gagné. Son visage s’était enflammé au-delà du raisonnable. Ses poings s’étaient crispés à hauteur de ses hanches. Nul ne savait ce dont elle était capable, mieux valait ne courir aucun risque. Si seulement j’arrivais à m’extirper de ce fichu lit !

— Alors tu avoues ? grogna-t-elle. Naïvement, j’aimerais croire que tu cherchais juste à te venger suite à leur agression. Mais non, tu es plus vicieuse que ça !

— Tu ne te lasses pas de tes accusations ? répliqua Tonia malgré sa pâleur.

— J’ai appris à te connaître. Toujours à rejeter les bonnes méthodes, toujours à vanter les bienfaits de la magie ! Tu te plaignais souvent qu’elle n’avait pas une place digne dans notre pays. Il y a des fichues académies dans chaque royaume, ça ne suffit pas ? Non, pour toi, il faudrait que chaque citoyen apprenne à lancer des sorts ! Tu préfèrerais que la magie envahisse notre culture jusqu’à saturation. Admets-le !

— Mais quel rapport avec la magie ? Tu divagues, Adhara !

— Les mages ne sont pas patriotes par nature. Comment serait-ce possible, puisqu’ils sont plus attachés à leurs sorts qu’à leur pays ? Ils se plaignent de persécutions mais ce sont eux qui ont commis les pires massacres ! Dois-je encore citer l’exemple des Terres Désolées !

— Il y a eu des torts de ton côté ! Je peux encore rappeler la purge des mages dans l’Empire Myrrhéen ! L’impératrice Bennenike, ça te parle ?

— Au lieu de t’enfermer dans le passé, pourquoi tu ne t’attristes pas des milliers de compatriotes massacrés par les Ridilanais ? J’oubliais : tu te vois en eux ! C’est le refuge parfait pour toi dans ce territoire où des dégénérés peuvent exercer leur magie. Ils dressent des temples et des cultes pour honorer un mage bien moins honorable que leurs légendes racontent. Alors tu nous as trahis. Tu as comploté avec les Ridilanais.

— C’est faux ! J’ai toujours été loyale envers mon pays !

— Je ne te crois pas. Je ne t’ai jamais crue. Pourquoi cette vengeance tardive, sinon ? Brûler Brejna et Sermev se prêtait bien au contexte : tu savais que les soldats souhaiteraient répliquer, et tu savais aussi que les ennemis étaient en supériorité numérique. Tu as comploté notre plus grande défaite, sans laquelle nous aurions pu remporter cette guerre !

— Ta paranoïa te joue des tours, ma pauvre ! Combien de vies auraient été sauvées si Lorem et toi m’aviez laissés pratiquer la magie en toute liberté ?

— Et voilà ! La mort de Lorem t’arrange bien, il ne t’empêche plus de nuire ! Les mages représentent décidément le fléau de notre société. Vous voulez bâtir une société unifiée, vous infiltrer dans toutes les sphères du pouvoir, régner par la haine et l’intolérance. Les Carôniens constituent l’ultime rempart contre cette folie !

Tonia ne transpirait plus. Elle ne tremblait plus. Au contraire, le buste redressé, elle fixait désormais sa collègue d’un air impavide.

— Es-tu effrayée ou jalouse ? provoqua-t-elle. L’utilisation de la magie de guérison élargit les possibilités de la médecine. Nous sommes aptes à combattre davantage de maladies, nous pouvons progresser dans le bon sens ! Hélas, avec toi, il est impossible de coopérer. Ta mentalité archaïque t’aveugle. J’ai sauvé plus de vies que toi.

— Misérable traîtresse ! rugit Adhara.

Le morceau de verre était resté par terre. Ciel, Adhara entreprit de le saisir ! Aucune courbature ne me calerait sur le lit, j’interviendrais à temps ! Je bondis du lit, me hâtai vers les guérisseuses, tendis mon bras et…

Adhara transperça le cou de Tonia.

La victime s’effondra d’abord à genoux avant de se rejeter sur le pavé. D’instinct je la rattrapai, ôtai le verre, mais la plaie n’en fut que plus béante.

— Tiens bon, Tonia ! hurlai-je. Nous allons te soigner ! Nous…

Ses borborygmes anéantirent mon âme. Tonia convulsa quelques instants, bras et jambes secoués, pendant que du fluide vital jaillissait d’abondance de sa bouche et de son cou. Bientôt son rythme cardiaque ralentit, bientôt son corps s’immobilisa dans une expression figée.

Tonia gisait dans une mare de sang vermeil, inerte. Elle était morte à cause de moi. Ni les pleurs, ni les regrets ne la récompenseraient pour son dévouement, elle qui avait refusé de me dénoncer à ses derniers instants. Pauvre guérisseuse poignardée dans l’exercice de ses devoirs, récompense d’une vie d’abnégation, dont on avait douté de la loyauté sans faille !

Derrière moi résonnaient encore les rires nerveux de l’assassin.

— Je l’ai fait ! se réjouit Adhara en se tortillant. Une mage de moins ! Une traîtresse de moins ! J’ai servi ma patrie. Je suis une vraie guérisseuse !

Ses cris promettaient de s’immiscer dans mon esprit pour toujours… Quand d’autres soldats pénétrèrent dans la pièce, alertés par mes hurlements, il était trop tard.

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