Chapitre 5 : Conquête (3/3) (Corrigé)

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Sur cet appel, la générale brandit son épée et réduisit la distance la séparant d’Erdiesto. Une brèche dans laquelle s’immiscer dans ce cône de clarté. Mais une brume s’élevait par-dessus le sol. Elle nous enveloppa tant qu’elle nous contraignit à ralentir ! Impossible de discerner quoi que ce fût…

Un halo grisâtre s’émaillait de jets écarlates. Si bien que même aux bordures de la vue, les tintements s’accompagnaient de hurlements ! C’était un avantage dont tiraient profit nos adversaires. Un à un ils nous cernaient et, aussitôt survenus, des sillons lumineux transpercèrent l’obscurité !

Je devais avancer avec prudence. Un geste superflu ou maladroit et ce serait la fin. Nulle question de tournoyer ma lame dans ce brouillard ! Une ouverture se réduisait au détriment de notre progression. Pour beaucoup s’élargissaient les perspectives d’une mort imminente. Nous avions beau vociférer à tue-tête, aucun mot ne se détachait de cet amas de flux ! Pas après pas, inspiration après expiration, je levai mon arme, resserrai mes jambes, parai quelques hasardeuses estocades… Vers une lueur que personne ne distinguait.

— Je ne vous abandonnerai pas ! garantit Erdiesto. Cette magie est puissante… mais je saurai la défaire !

Une voix à reconnaître dans l’absence de voie. Un songe à identifier dans le surplus de son. Progressivement, le tableau s’éclaircit, le vent balaya ces épaisses volutes, et nous aperçûmes derechef l’horizon ! Ce qui exacerba certaines rétorsions…

Sermev plaqua un mage à terre pendant que Brejna trouait la poitrine de son assaillante. Chacun soutenait l’autre pour mieux combattre, ainsi ils me dépassèrent sans sourciller. Toujours avec ce dédain fixé sur leurs traits sévères… Pour quelle raison y prêtais-je encore attention ? Et pendant ce temps, Rohda coupa littéralement un épéiste ayant tenté de transpercer son armure. D’autres tripes s’étaient déversées sur le sol, comme si nous ne pourfendions pas assez…

Dégoulinant de sueur, Erdiesto posa ses mains sur son front et s’effondra à genoux. Étaient-ce les contrecoups de sa magie ? Deux Ridilanais saisirent cette opportunité pour l’attaquer, leur poing saturé de flux. Surgit alors Jalode : elle enfonça crûment son poignard dans la gorge de l’homme puis cisailla la cuisse de la femme, l’abandonnant à son sort.

— Merci mille fois ! fit Erdiesto en se relevant. Votre réputation ne ment pas à votre égard, générale !

— Évidemment que non, dit Jalode, redressant sa lame. J’espère que vous avez réalisé votre part du travail.

— Bien sûr ! Nous avons éliminé bon nombre des mages présents dans la tour, d’autres se sont réfugiés à l’intérieur… Mais ce sort de brume n’a pas été lancé par l’un d’eux. Il provenait des hauteurs du château.

— Alors qu’attendons-nous ? Commandante Ashetia, commandant Maedon, avec moi !

L’un comme l’autre répondirent par l’affirmative. Un nouvelle cadence devait être suivie : nous accélérâmes, piétinâmes herbes et poussière, écrasâmes la domination adverse ! Sous l’égide de nos supérieurs, nos troupes se scindèrent en deux. J’appartenais à celle qui se risquait davantage au danger…

— Partez devant ! enjoignit Ryntia. Nous vous couvrons !

Aux mouvements opposés suivirent les prises de risque. Dans un cri de guerre, Denhay plongea sur une paire d’adversaires dans lesquels il planta hardiment ses lances. Ils endureraient des répliques armées comme magiques. Tout comme eux, tout comme nous. Nul ne serait épargné des tempêtes destructrices au détour des accalmies salvatrices. Nul ne scanderait son alacrité lorsque la peinture de la géhenne se répandrait à nos pieds !

Devant nous triomphait une atmosphère bien plus sereine. Tout bruit s’était estompé, ne subsistaient plus que des frémissements et échos du passé direct. Nous gagnâmes la cour sous la protection des mages alliés, le cœur martelant notre cage thoracique, la sueur échangée contre le sang. Nous appréhendâmes la raison de ce mutisme…

Des râles d’agonie emplissaient la cour striée de pavés en losange. De-ci de-là s’envolait de la fumée à l’odeur si typique… Aux antipodes de la senteur émanant des cadavres. Qu’ils fussent tailladés, mutilés, brûlés ou foudroyés, ils partageaient un destin similaire. Plus jamais ils ne se pâmeraient sous le parfum des jacinthes rassemblées au centre. Plus jamais ils ne chériraient le contact de la végétation en communion avec la pierre. Rarement avions-nous vu autant d’ennemis terrassés au même endroit… Les survivants devaient s’être téléportés au corps à corps ou avoir fui bien loin. Le destin devait ricaner s’il possédait une volonté. Car au centre triomphait une statue du prophète Deibomon.

— Leur fanatisme envahit décidément toute leur société dégénérée ! rugit Jalode. Hélas, nous n’avons point le temps à consacrer à cette ignominie.

Comment pouvait-elle se montrer aussi irrespectueuse ? Comment pouvait-elle mépriser tout ce qui ne se conformait pas à ses pensées ? Des dizaines et des dizaines de dépouilles étaient étendues autour de nous, alors pourquoi s’intéressait-elle uniquement à la victoire ? Quelqu’un était censé se soucier de la vie dans ce déluge ! Sinon l’ouragan de la rancœur nous engloutirait, tôt ou tard… J’aurais voulu qu’elle fût la seule à adopter cette pensée ! Sauf qu’en réalité, bien peu d’entre nous se condamnèrent pour nos iniquités. Lisime, Shimri, Rolin, Criny, Hintor, je percevais leur soupir d’ici… et je ne pouvais les combler.

— Ouvrez cette fichue porte ! hurla Maedon. Le plus dangereux d’entre eux se terre au-dessus si j’ai bien compris !

— Cela, nous l’apprendrons sous peu, avança Ashetia. Des frissons me submergent à l’idée de connaître son identité.

Bientôt seraient soulevées ces interrogations. Andilla et Guerrante, soutenus par leurs alliés, s’échinèrent à déverrouiller la massive porte bâtie en pierres noirâtres. Beaucoup d’occupants avaient dû s’être réfugiés à l’intérieur s’ils avaient installé une protection magique. Ceci signifiait que…

— Attendez ! interrompis-je. Il ne doit pas y avoir que des combattants parmi eux !

— Il n’était pas prévu de tous les tuer, apaisa Guerrante. Juste ceux qui se dressent sur notre chemin.

— Nous aurons la clémence d’enfermer les autres s’ils acceptent de coopérer, souligna Jalode.

Un vrombissement ébranla soudain la cour entière ! Sans que nous eussions le temps de juger… Des colonnes de poussière s’envolèrent à l’ouverture de la porte, de quoi nous arracher des expectorations avant même altération de nos poumons ! Des filets de rayons dorés s’immiscèrent sur les premières marches tapissées. Naissait un passage entre lumière et obscurité, territoire inconnu et pourtant familier…

Mais que… Mon ossature craquait moins et mes muscles se détendaient ? Quelle était cette sensation ? Des raies verdâtres virevoltèrent autour de nous, refermant nos plus légères plaies, pour un soulagement optimal ! Doigts tendus et bras flottants, des mages pratiquaient la guérison pour nous !

— Nous n’avons pas le temps de faire davantage, déplora Andilla. Mais il valait mieux vous rétablir un peu pour la suite !

Nous y parvînmes. Impulsés par un regain de vigueur, entraînés vers la nécessité de triompher, nous nous enfonçâmes dans les limbes d’une architecture qui nous dépassait. Aucun répit ne nous était accordé pour l’explorer de fond en comble. Tout juste pouvions-nous jeter un œil à ces immenses couloirs percés de fenêtres incurvés. Et ces lustres qui pendaient sur le plafond où apparaissaient parfois des fresques… Souvent des meubles en ébène enchâssés de dorures chevauchaient les portes derrière lesquelles nous percevions de faibles lamentations… Heureusement, personne n’osa les ouvrir.

Nous balayâmes les plus robustes obstacles. Dès que des mages entravaient notre progression, les nôtres les désintégraient en une poignée de sorts. Dès que nous nous égarions au détour d’un virage, nos supérieurs rebroussaient chemin vers la bonne direction. Peut-être n’aurions-nous jamais désiré nous hisser si haut…

Au fond de l’ultime pièce patientait l’ennemie. Derrière un dallage céruléen, au-delà d’une série de colonnes opalines gravées de glyphes, un trône de cristal garni de gemmes azur abritait notre principale adversaire. Une femme de petite taille et de fine corpulence croisait ses jambes tout en pianotant ses accoudoirs. Malgré notre distance, nos membres tressaillaient déjà sous l’effet de sa magie ! Elle s’ancrait au plus profond de son âme… Ce pourquoi son épaisse chevelure brillait de mauve en parfait contraste avec ses iris pâles ! Une robe de teinte cobalt garnie d’une ceinture en bronze soulignait l’authenticité de cette personne.

— N’est-ce pas caricatural ? lança Jalode. Une noble enfermée dans sa tour d’ivoire pendant que ses sujets meurent pour elle ! Il ne manquerait plus que des serviteurs te tendent un bol de raisins ! La vue de cette opulence me répugne. Même si tu ne me comprends pas, étrangère, écoute donc cela ! Une vraie meneuse se bat devant les siens, se sacrifie pour eux ! Elle ne reste pas installée sur son siège telle une nantie qui ne veut pas perdre la moindre goutte de sang ! Je suis la générale, tu es pathétique.

— Une minute…, rapporta Erdiesto. C’est d’ici que provenait l’émanation magique… Son aura est extrêmement puissante. Il n’y a aucun doute possible : elle a lancé la brume. Et elle est capable de bien pire.

La mage, avisée de notre venue, sourcilla à peine face à notre nombre. Au contraire, d’une démarche chaloupée quoique assurée, elle se mit debout et descendit les marches. En un claquement de doigts… le tonnerre gronda. Le ciel s’était assombri, et depuis les embrasures latérales, nous apercevions des éclairs d’une puissance inouïe s’abattre sur nos alliés ! Non… Les représailles tonitruaient comme jamais ! La responsable souriait à pleines dents.

— Elle est si compétente dans la magie qu’elle contrôle le climat lui-même ! s’alarma Andilla. Il faut l’arrêter, maintenant !

— On est loin, on peut l’abattre d’ici ! proposa un arbalétrier.

Des flèches sifflèrent sitôt que le premier tireur eut engagé le mouvement. Traçant des gestes courbes de la main, notre opposante les arrêta toute en pleine trajectoire avant de les renvoyer. Nous dûmes nous baisser à brûle-pourpoint ! Encore que certains n’y réchappèrent pas… Ces traits si véloces projetèrent certains de nos alliés contre les murs, marquant de profonds impacts ! Ainsi que des malheureux agonisant à hauteur de leur traînée vermeille…

— Elle a l’avantage à distance ! s’effaroucha une épéiste. Il faut la buter au corps à corps !

Notre stratégie se réduirait de cette manière ? S’élancer à corps perdus, tels des désespérés, en espérant percer son égide. Une piètre idée… Aucun mage ne put nous protéger que nous braquions déjà l’épée. Face à tant d’ampleur, à ce flux dominé par une seule personne, à quoi serviraient nos lames, fussent-elles enchantées ? Nous nourrissions l’espoir d’être unis contre un unique ennemi ! Elle dominait le fond, esquissait de denses pigments, composait captieusement le tableau…

La mage déploya ses bras et propagea des ondes de compression. Ciel… Nous nous effondrâmes à genoux tant une pression s’exerçait sur chaque parcelle de notre corps ! Mes articulations si écrasées me bridaient au moindre remuement. Des milliers de pics semblaient pénétrer dans ma tête et perforer mon cerveau ! Sous assujettissement, lancinés de partout, recroquevillés sous l’intensité des vibrations… Des sifflements d’une violence sans pareil nous criblèrent sur chaque orifice ! Autour de moi, des soldats saignèrent tant des oreilles qu’ils succombèrent…

Enfin libérés ! Erdiesto, Andilla et Guerrante avaient combiné leur magie pour surpasser celle de l’adversaire ! Cependant, du répit nous serait nécessaire avant de nous replonger dans la mêlée… Je tenais à peine l’équilibre, Ilza et Lisime durent m’aider à me stabiliser ! Et même si mon physique se rétablissait… Étais-je prête à lutter face à l’incarnation de la magie ? De la moiteur ruisselait de mes mains tandis que mes jambes flageolaient. Cela ne m’ankyloserait pas ! Mes amis m’accompagnaient dans cette épreuve. Bien d’autres avaient déjà rendu l’âme…

— Profitez de cette ouverture! suggéra Erdiesto. Nous allons briser ses défenses !

Nos mages s’alignèrent pour assaillir notre opposante de sillons énergétiques. Non qu’elle récoltait davantage que des égratignures mais elle ne nous attaquait plus. Fusant contre cette occasion rêvée, nous nous bornions encore à la mésestimer… Certains rayons fendirent son bouclier hyalin, éraflèrent sa peau. Les projectiles et coups d’épée l’effleuraient à peine malgré les enchantements.

L’ennemie croisa les coudes. Une fissure lézarda la moitié de l’immense salle, privant une archère de ses jambes, tranchant en deux un malheureux fantassin.

— Mais exécutez-la ! grogna Jalode. Comment pouvez-vous autant trimer alors qu’elle est seule ?

— Ses pouvoirs surpassent de loin tous les mages que nous avons affrontés par le passé ! s’inquiéta Guerrante. Ce n’était pas prévu !

Subitement, elle disparut. Rien ne la suivait sur son passage. Pas un crissement. Pas un bruit de pas. Juste le résultat de son châtiment. Suspendus à son influence, nous sondions jusqu’à l’infime recoin, guettions là où nul ne poserait le regard. Peut-être aurait-elle tenté la fuite si sa soif de sang avait été assouvie… Mais nous ne la connaissions guère, pas même de réputation.

— Elle est bien quelque part ! soupçonna une mage alliée. Je sens le flux qui dégouline de son corps… Elle rencontre ses limites. Elle se rapproche… Juste derrière…

Tuée en un battement, le cou rompu, vers l’éternel repos. Bientôt d’autres soldats subirent le même sort, s’écroulant l’un après l’autre, rejoignant leurs défunts camarades, périclitant devant notre impuissance ! Nos sens ne suivaient pas de cette entité indicible. Cible sans foulée, si preste que nous pirouettions en vain, si efficace que beugler des ordres était futile ! Inutile également de crier, sinon en survivant, car la douleur durait peu…

Les voix s’éteignaient sans interruption. Nous devions réagir ! Alors Ilza nous devança, suivit son instinct, et son épée s’entrechoqua contre le poignet de notre adversaire. La mage avait réapparu !

— C’est le moment ou jamais ! exhorta Ilza. Tous ensemble contre elle !

D’un pas de côté, notre consoeur assaillit la mage à plusieurs reprises. Mais cette dernière para chaque coup, puis nous repoussa d’un sort de projection. Et alors… Avant que nous puissions agir… Un amas de flux convergea vers son poing qui transperça l’épigastre et les vertèbres d’Ilza.

Aucun hurlement n’effaçait la douleur. Aucun mot ne décrivait avec quelle lenteur notre amie cracha du sang. Aucune larme ne coula assez au moment où elle rendit son dernier souffle. Elle qui m’avait soutenue quand j’étais prête à abandonner. Allions-nous tout perdre avant la fin ?

— Tu vas le payer ! vociféra notre commandant.

— Maedon, attends ! tempéra Ashetia.

D’impénétrables sillons dépeignaient la figure de mon supérieur tandis qu’il se jetait sur la mage. Sans le soutien de son homologue, il aurait été transpercé d’un rayon noirâtre. Mais alors que des étincelles germaient en un claquement de doigts, alors que notre opposante générait kyrielles de sphères enflammées, Ashetia et Maedon désaxèrent toute magie de leur lame. Ensemble, unis, ils faillirent trancher le bras de leur adversaire, laquelle se téléporta au dernier moment.

Elle s’était réfugiée auprès de son trône en ultime recours. Un bouclier sphérique l’enveloppait toujours. Combien de temps résisterait-il ? Plusieurs plaies suintaient de sa tenue et elle ne les soignait même plus !

— C’est le moment ! prévint Andilla. Elle est blessée, son flux est presque épuisé. À nous de l’achever !

Profitant de sa posture défensive, nous l’encerclâmes avec hâte, histoire de ne lui alléger aucun répit ! Par dizaines nous assénions son égide. Elle vibrerait, elle volerait en éclats !

La mage déploya de nouveau ses bras et des myriades d’épaisses étincelles en fusèrent. Une fois encore, elles en transpercèrent plus d’un, et nous dûmes les éviter ! Kione en esquissa une de justesse, mais il ricocha sur une colonne et lui perça un œil.

— Non ! rugit-il. D’abord Ilza, et maintenant Kione ?

— Je vivrai ! rassura Kione. Mais il faut se débarrasser d’elle, tout de suite !

Ainsi débuta l’assaut final.

Vandoraï fit front juste devant la mage. Il cherchait une brèche, une vulnérabilité, pourtant la protection s’érigeait encore et encore. Nous nous acharnâmes à plusieurs, enchainâmes les coups, alliâmes force et enchantement ! Nous frappions si fort que les piliers s’ébranlaient sous nos impulsions… Commandants, sergents, soldats, nos grades ne revêtaient plus aucune importance. Égaux dans la bataille, liés par les idéaux, toutefois inaptes à la renverser !

Et nous fûmes encore éjectés. Lisime, Shimri, Emar, Brejna atterrirent à mes côtés tandis que Vandoraï, Hintor, Criny, Rolin et Sermev percutèrent le mur opposé. Même Ashetia et Maedon volèrent sur plusieurs mètres ! Et Jalode ? Elle résistait malgré tout, toujours fière, fixant sa rivale avec dédain. Une ouverture se créait pendant qu’elle se positionnait De nouveau, nos mages combinèrent leur flux pour épuiser celui de l’inexpugnable !

Mais une alliée s’était dressée là où nous avions échoué. Une ombre géante s’étendit par-dessus notre adversaire, occupée qu’elle était à affronter les mages ! Rohda abattit violemment sa hache et l’égide explosa en un chapelet de nuances de flux ! Quand il se dissipa, il ne restait plus qu’une femme minuscule, le bras droit tranché, étendue face à l’immensité de la sergente.

— Sans bras, elle peut plus lancer de sorts ? se rappela-t-elle. Faut arracher l’autre, alors !

À peine remis de nos émotions, nous assistâmes à notre victoire à laquelle nous ne croyions plus… Rohda la souleva aisément : la mage eut beau bramer et s’agiter, elle ne sut se défendre que la sergente avait déraciné son autre bras à mains nues ! Notre adversaire se retrouva au milieu d’une trentaine de dépouilles. Mutilée, vaincue. Jaugée par notre générale.

— Ne la tuez pas ! ordonna-t-elle. Je sais que vous voulez l’occire, mais raisonnez avec objectivité ! Cette petite noble est neutralisée, profitons-en pour l’emprisonner ici même et lui soutirer des informations sur l’ennemi. Et puis… Il y a une scène à laquelle je souhaite qu’elle assiste.

Il était ardu de s’imaginer que tout était fini, que rien ne comblerait les pertes subies… Bien des alliés souhaitaient achever la meurtrière, mais ils se conformèrent aux instructions, soutinrent leurs camarades meurtris. Une frustration et des interrogations s’accrochaient au bout de nos lèvres. Même si nous avions triomphé, la violence retentit encore, et nous devions aussi retrouver les autres Ridalanais terrés à l’intérieur… Ennemis ou non.

Tant d’insistance pour une accalmie… La tempête n’était plus, et de lointains tintements nous informaient de la fin de la bataille. Pourtant, sous nos regards médusés, Jalode ne déplora pas nos pertes ni ne s’enquit de l’état des survivants. Au lieu de quoi elle s’installa sur le trône et dévisagea longuement son adversaire.

— Je t’ai vaincue, se targua-t-elle. Et à présent, ce château est mien. Que mon nom retentisse dans chaque pays ! Je suis Jalode la conquérante.

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Par ton amour admiratif, tu me donnes assez confiance en moi pour que je me sente capable de conquérir le monde !
Par ton amour magique, tu me donnes l'impression que toi et moi sommes d'une autre planète.
Par ton amour spirituel, tu me donnes la certitude que nous étions destinés à nous rencontrer...

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Je t'aime ♥
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