Chapitre 1 : Partance (1/2) (Corrigé)

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« Explorer l’inconnu, tel est le devoir de l’humanité… Découvrir d’indicibles contrées, là où nul ne s’est jamais aventuré. Pour cela, il est impératif de vaincre nos craintes sur ces terres, il faut cesser d’imaginer que le pire se situe loin de son foyer. C’est ainsi que nous progresserons. Ne redoutez pas ces inaccessibles paysages : les parcourir coupera indubitablement votre souffle. Méfiez-vous plutôt de vos accompagnateurs. Eux ne risquent pas d’être aussi accueillants… »

Déclaration de Jaeka Liwael, maréchale ertinoise.


Virmillion, siège de la royauté, centre d’art et de culture, confluence des luttes et des pouvoirs. Et surtout témoin de notre départ. Ma tante, fidèle à ses habitudes, était catégorique : il s’agissait d’un passage obligatoire pour chaque soldat de notre armée. Un point de rendez-vous pour les unités, même si certaines avaient pris de l’avance sur nous depuis bien des mois.

Des semaines à emprunter la voie inverse, à s’éloigner de notre destination indéfinie, tout ceci pour quoi ? Nos supérieurs ne nous gratifièrent que d’une journée de permission ! Eux useraient de ce temps pour une ultime réunion stratégique, où généraux, commandants et sergents côtoieraient notre souveraine et ses conseillers. Que faire, pendant ce temps ? Comment remplir le si peu d’heures dont nous disposions ?

Jamais autant de citoyens ne s’étaient baguenaudés à travers la capitale. Par milliers ils s’aggloméraient dans les larges allées, dans un aplat si mobile que le fond s’effaçait. À travers ces foules circulaient des soldats en quête d’accalmie. Bleu de peur ou broyeur de noir, d’aucuns se faisaient les cheveux blancs pour nous, tandis que d’autres, verts d’excitation, nous martelaient de questions ! L’ardoise, le carminé et l’ambré s’assemblèrent pour une myriade de nuances. N’en subsistait pourtant qu’une seule : la grisaille.

Allaient-ils cesser de nous harceler ? Du repos, voilà tout ce que nous exigions ! Nul doute que je fusse victime d’une kyrielle de questions, mais je n’avais aucune envie d’assouvir leur curiosité. Je m’évertuais en conséquence à fendre l’affluence. Je me saisis de la dernière opportunité de retrouver ma famille.

Je les revis. Ma mère m’ouvrit la porte. Je… Je n’avais pas les mots. Son sourire, fût-il faible, rehaussa mes perspectives comme jamais. Soudain sa cornée s’humidifia et des larmes creusèrent de sillons sur ses joues… Qu’exprimaient-elles ? Dans ses bras je fus enveloppée, dans son étreinte je me fléchis, dans son contact je m’épanouis. J’aurais voulu que cela dure à pérennité… Et elle davantage.

— Denna ? murmura ma génitrice en me dévisageant lentement. Ma fille… Est-ce bien toi ? Qu’es-tu devenue ?

— C’est bien moi ! rassurai-je sur un ton doux. Je suis la même, maman, je te le promets ! Je suis si heureuse de te revoir !

— En es-tu certaine ? Tu portes leur surcot, tu revêts leur maille. Enfileras-tu de nouveau ton tablier ? Je veux que tu sois tâchée de peinture et non de sang ! Et puis, tu as tant gagné de muscle depuis la dernière fois… Pourvu que tu n’aies pas perdu ton habileté à manier le pinceau !

— Je t’ai fait une promesse et je m’y engagerai ! J’ai tant à raconter. Ne désespère pas. Dans mes lettres, je me suis beaucoup focalisée sur le négatif, mais ce ne fut pas non plus une expérience si désagréable. Grâce à eux, notamment.

Ce ne serait pas une simple réunion ! Me détachant de ma mère, j’avais le devoir de présenter mes partenaires. Leur longue épée en acier battait leur flanc tandis que leur uniforme militaire brillait dans la journée ensoleillée. Cuivrées étaient leurs renforcements comme se mêlaient teintes écarlates et céruléennes sur leur surcot. Kolan et Lisime… Unis tant par leurs mains que par leur tenue.

— Ce sont tes amis ? demanda ma mère, curieuse.

Nul besoin d’opiner, ils le confirmèrent d’eux-mêmes ! Fredonnant un air discret, ma partenaire lâcha brièvement son compagnon pour bondir vers ma mère. Elle lui serra amplement la main et toutes deux échangèrent un sourire.

— Lisime Milkon, pour vous servir ! salua-t-elle. Et voici Kolan Prelli, mon ami et bien plus encore !

— Enchanté, dit Kolan en esquissant une révérence. Denna m’a beaucoup parlé de vous, en bien surtout. Caprilla Vilagui, c’est un honneur de vous connaître.

— Kolan, c’est bien cela ? identifia ma mère. Ne me traite pas avec tant de respect sous prétexte que je suis une noble ! Je suis une citoyenne normale, après tout. En tout cas, Denna, tes amis ont l’air sympathiques. J’ignore pour combien de temps vous serez là, mais vous êtes tous les bienvenus pour partager un repas ensemble !

Une dernière volonté à exaucer avant la partance ? Lier famille et amis autour d’une heureuse pitance, joindre passé et présent pour mieux se mesurer à l’avenir. Aussi retrouvai-je mon père entre casseroles et ingrédients, des cernes violacés autour de ses yeux. Nos regards se croisèrent. Nous sourîmes, longtemps, suspendus au temps qui nous manquait, faute de pensées à formuler. Nous nous abandonnâmes dans les bras de l’autre, et ma mère amplifia le toucher de ses mignardises… Lisime aurait même pu nous rejoindre si Kolan ne l’avait pas retenue.

Rarement notre assiette n’avait été aussi bien garnie ! Des pennes truffées de morceaux de lard salé baignaient dans une crème blanche à base d’œufs. Ce plat fondait tant dans la bouche, jamais je n’aurais imaginé connaître de nouveau pareille sensation ! Comme le regard fuyant de mes parents après une attention trop appuyée… Comme ce chapelet d’inquiétudes et de questions desquelles je ne pouvais me soustraire. L’échéance se rapprochait, les minutes s’égrenaient sans interruption.

— C’était bien bon ! remercia Lisime, repue. Hyré Nalei, vous êtes aussi bon cuisinier qu’astronome !

— Je vous en suis gréé ! s’empourpra mon père.

— Vous êtes bien le père de Denna, à rougir dès qu’on vous complimente ! Je tenais à vous le dire, votre fille est formidable, et je suis vraiment contente de l’avoir rencontrée !

Il lui restait encore du vin à vider ! Malgré son penchant pour la bière, mon amie n’hésita aucunement à se saisir de la coupe, mais se garda d’en prélever une grande lampée. Mes parents se consultaient avec perplexité et parvenaient pourtant à s’adapter à son caractère. Kolan se montrait plutôt discret, comme à son habitude, quoiqu’il parlât assez pour être remarqué.

— Lisime est une femme particulière, rapporta-t-il. Mais c’est aussi la meilleure personne que j’aie rencontré. Elle m’a rendu le sourire lorsque je pleurais… Sans elle, je n’aurais été que larmes.

— L’amour éclaire donc ces rudes lieux ? se réjouit ma mère. C’est bien que vous trouviez un peu de bonheur en ces temps difficiles. Le séjour n’a pas été aussi agréable pour tout le monde… Tu m’avais évoqué ce qui était survenu à Aldo. Le pauvre…

— Je préfère ne pas revenir sur ce sujet, rétorquai-je. Il ravive de trop mauvais souvenirs. Et je ne suis pas sûr d’en être totalement remise.

— Je comprends. Ton esprit est déjà chargé de lourdes réminiscences. Denna, je ne sais pas quoi dire, je ne sais pas quoi faire ! Tu vas partir à la guerre, bon sang ! Comment suis-je supposée réagir ? Tu es celle que j’ai portée, l’enfant que nous avons élevée. Nous voulions tant t’apprendre, t’aider à t’épanouir et… Et maintenant…

Dans les pleurs avaient débuté nos retrouvailles, ils s’achèveraient pareillement… Mon père l’accueillit dans ses bras et je m’y joignais aussitôt. Sans me douter fût-ce une seconde que les larmes couleraient davantage, que les gémissements naîtraient, et qu’aucun caresse ne m’extirperait de mon devoir. Le nôtre, plutôt : indécis, mes partenaires ne pipaient mot et gardaient une expression indéchiffrable.

— N’ayant plus de parents à retrouver, je n’ai plus personne chez qui pleurer, dit amèrement Kolan. Est-ce mieux ou pire ? La réponse n’est pas aisée…

— Tu peux te réconforter auprès de moi ! se targua Lisime. Autant redonner un peu de joie aux autres ! Car quand j’assiste à ce genre de scènes, je me sens intruse…

Devais-je leur donner tort ? Concilier ancienne et nouvelle existence paraissait impossible. Au moins avais-je revu ma famille, un désir bien égocentrique… Contre toute attente, aux derniers sursauts de notre enlacement, Lisime et Kolan me posèrent des yeux attendris, la tête penchée.

Dans mes veines circulait un sang trop bouillonnant. Chacun de mes muscles se crispait tandis que l’inclinaison des rayons lumineux rappelait l’heure avançant ! En revanche, mon cœur devait battre à la même célérité que mes parents…

— Je n’avais pas osé vous le dire mais…, atermoyai-je, gorge nouée. Nous devons repartir. Ma tante a ordonné le rassemblement à l’entrée ouest de Virmillion au crépuscule.

— Et le ciel se couche déjà, constata mon père. Trop de nuages l’encombrent, ce sera une nuit inobservable…

— Accompagnez-moi ! Notre dernière marche ensemble.

Ma mère se leva. Admira l’extérieur. Ses larmes séchèrent, comme si la chaleur extérieure les évaporait…

— Nos chemins se séparent ici, déclara-t-elle. Pardonne-moi mais je n’ai aucune envie de revoir Jalode. Et je souhaite encore moins voir ces jeunes partir vers la potence, leur destin sacrifié pour de faux idéaux…

— Certains d’entre nous sont volontaires ! affirma Lisime. Moi, par exemple ! Mais pas mon chéri, ni Denna, ni plein d’autres… Faites comme si je n’avais rien dit, d’accord ?

Mes parents m’entraînèrent au coin de la salle ! Au vu de la mine grave dépeignant leur figure, ce qu’ils apprêtaient à me confier relevait du sérieux.

— Nous devions t’annoncer une décision de première importance, informa mon père, s’assurant que Lisime et Kolan ne nous entendaient pas. Nous ne comptons pas rester les bras croisés pendant que tu risques ta vie dans un pays lointain. Tant de nouvelles sont tombés depuis la mort de ton cousin… Des villages envahis, des accidents, moult soldats tués… Tout porterait à croire que le Ridilan est bien l’ennemi.

— Mais quelque chose de louche se cache, renchérit ma mère. Nous le découvrirons. Nous mènerons une enquête en espérant découvrir la vérité. Contre ta tante, contre la hiérarchie. Nous avons assez pleuré. Nous nous sommes assez apitoyés. L’heure est venue d’agir. Le seul problème, c’est que ce sera difficile de te tenir au courant de notre avancée, car nous risquons d’être interceptés.

— Ai-je bien entendu ? m’inquiétai-je. Ce que vous envisagez… Il s’agit d’une attaque contre le système ! C’est dangereux…

— Dangereux peut-être, mais nous ne risquons pas autant que toi. Denna, ma chérie… Je n’ose pas t’imaginer sur le champ de bataille. Brandissant ton épée ensanglantée, maculant ton uniforme du sang de tes ennemis… Je ne veux pas te perdre.

— Et tu ne me perdras pas. Je survivrai, c’est une promesse.

Inutile de s’étirer en adieux larmoyants. Inutile de prolonger nos doléances. Inutile de répéter les mêmes gestes qui nous manqueraient. J’avais brièvement replongé dans les délices d’antan, de ces instants chéris, dans cette nostalgie… Et je laissais de nouveau mes parents derrière moi.

Je ne les avais pas revus depuis.

Partir sans se retourner vers un territoire jamais exploré. Non qu’aller au Ridilan serait une visite de courtoisie, bien sûr ! Cette ultime opportunité de fréquenter ma famille ne s’était pas déroulée exactement comme je l’escomptais. J’allais quitter mon foyer avec ma nouvelle famille, ces compagnons côtoyés des mois durant, partageant le meurtre comme activité commune.

Il fallait s’engager, qu’ils prétendaient ! Que les instances supérieures fussent rassurées : nous occupions l’entrée ouest par milliers ! Ce alors que le soleil déclinant projetait ses rayons dorées sur des âmes égarées. Familles, amis et passants débordaient de chaque venelle, de chaque coin pour mieux assister à notre départ.

Leur curiosité serait récompensée : des dizaines de bannières oscillaient au gré du vent ! Pour sûr que l’épée croisée au poing, fier symbole de Vauvord, triomphait par-dessus les autres. Mais les trois autres royaumes de Carône s’y joignaient en parfaite harmonie. Au château sertis de deux donjons sur un fond ambré de Ronône s’ajoutaient les œillets fuchsia alternée des bandes blanches et bleues d’Orône. Sans omettre la bondrée sur fond mauve de Tevolmer, le frêne sur champ gris de l’Ertinie, ainsi que le lynx au liant émeraude de Chevik. Manquaient les drapeaux de Niguire tandis que les recrues minoritaires se fondaient dans la majorité à l’exception du Tordwala…

Pourquoi me contentais-je de lister ces étendards ? Des êtres humains les déployaient, les brandissaient tel l’instrument de leurs idéaux ! Raides et fiers, souriants et triomphants, femmes et hommes dans leur pure jeunesse ! Ils saluaient la foule sans interruption et scellaient leur engagement par grands coups de leur ovation. Tous égaux et pourtant si différents… Beaucoup avaient découvert ces cultures, ces coutumes, ces habitants. Beaucoup se battraient en leur nom sans avoir appris à les connaître en profondeur

Ici les adieux s’effectueraient sous une kyrielle d’acclamations. Ici les larmes ne seraient versées que sous l’ombre de nos défaites à venir.

Au fond de la place se présentait la famille royale, entourée d’une dizaine de généraux. D’après les nouvelles, les autres avaient pris de l’avance, rejoignant les armées niguiroises au sud. Notre trajet ondulerait sur des panoramas bien distincts… Au commencement de cette route dominait Dorlea, impavide souveraine, derrière laquelle se tenait le prince consort Earlod Hemmel. D’or était son abondante chevelure en parfait contraste avec la noirceur de son pourpoint aux boutons argentés. Sur ses bras reposait l’héritière, encore un bébé que l’on berçait dans un silence de rigueur. Il m’était cependant difficile de les apercevoir : ma tante, placée devant Earlod, le dissimulait en grande partie.

Quand l’ensemble des troupes furent arrivées, quand les mouvements citoyens ralentirent, quand son médaillon en diamant refléta la nitescence crépusculaire, notre reine s’avança pour entamer son discours. Elle se tint droite, la tête haute, buste en évidence. Tandis que sa bouche s’ouvrit en grand, sa main se déploya à hauteur de son visage.

— Peuple de Vauvord ! Frères et sœurs d’Orône, Ronône, Tevolmer ! Camarades venus des autres pays, Chevikois comme Niguirois, Tordwalais comme Ertinois, merci encore pour votre soutien ! Aujourd’hui est une âpre journée pour vous : vos proches partent en guerre ! Volontaires engagés pour renverser l’adversité, supprimer ce peuple belliqueux qui cherche à détruire notre civilisation !

Dorlea s’arrêta pour inspirer en profita pour fermer sa paume. Et nous, militaires en paraître, intégrèrent le centre de sa vision comme de son attention.

— Soldats ! Je perçois d’ici les doutes qui assaillent votre cœur. Ne vous chagrinez point : votre devoir est de prime importance. Si vous devez vous sacrifier, vous serez auréolés et votre mémoire sera conservée à travers les générations. Mais nous escomptons que votre victoire sera absolue et que vous reviendrez vivants. Vous disposez du soutien de l’entièreté de toutes les nations occidentales ! Et ce sera grâce à votre force, votre courage et votre opiniâtreté que paix et prospérité seront rétablies sur nos terres !

Un tonnerre d’applaudissements ouvrit notre partance comme la grille l’était déjà. Ainsi s’imprimait notre destin : il n’y avait aucun retour arrière possible. Un éclair fendit mon cœur comme ses battements s’accélérèrent. Sergents talonnant les commandants, eux-mêmes suivant les généraux, puis nos troupes se mirent en mouvement telle une vague lente mais déchaînée. L’armée, unie de maintes patries, marchait à la direction opposée au feu du ciel.

Nous quittions des citoyens au cœur meurtri. Nous quittions notre monde.



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