Chapitre 7

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Antipathie, écœurement, mépris, répugnance, répulsion. Tous les mots qui me passaient dans la tête me rappelaient le dégoût que j'avais envers-moi en ce moment même. Les draps chauds me rappelaient encore l'erreur que je venais de faire. La joie, l'euphorie et la sensation de tendresse me quittaient un peu plus chaque seconde. Je revenais lentement mais sûrement à l'implacable réalité. Encore nue, je n'avais pas eu la force de raccompagner Elijah. Il ne me l'avait de toute façon pas demandé. Avec lassitude, j'enfilais mon débardeur et ma culotte. Je sentais déjà les regrets me prendre à l'estomac, j'envoyais valser la boîte de préservatifs qui étaient à mes pieds et me prenaient la tête pour tenter de me calmer. Les gémissements qui avaient retenti plusieurs minutes avant avaient disparu. Bien que je regrette déjà que ceux-ci aient eu lieu, je les préférais néanmoins au silence de la pièce. Un silence qui parlait avec éloquence de ma solitude quoi que je fasse.

• Damon •

J'étais là, j'avais enfin trouvé avec beaucoup de mal, la maison blanche de mes souvenirs. Plusieurs choses étaient tout de même différentes. Le portail était cassé, l'herbe du jardin avait fortement poussé et les poubelles s'entassaient devant la bâtisse. Oserais-je rentrer ? Je ne comprenais même pas vraiment pourquoi je me retrouvais ici. Pour une fois ce n'était pas la curiosité qui me poussait à vouloir m'approcher d'elle. Peut-être de la compassion ou la pitié. En tout cas je voulais comprendre. Comprendre sa disparition soudaine du lycée, comprendre son regard à la fois déçu et dégoûté en me voyant ce matin. Comprendre Erin tout simplement. Mais je ne pouvais pas bouger. Soudain, alors que j'étais sur le trottoir d'en face, je vis la porte s'ouvrir pour laisser un homme sortir. Il me rappelait étrangement quelqu'un mais impossible de remettre de nom sur ce visage. Plutôt grand et baraqué, les cheveux grisonnants. Aucun doute, cet homme faisait partie de l'Hydra mais son nom m'échappait. En revanche le fait qu'il soit torse nu son vêtement sur l'épaule retint mon attention. Je faisais cependant en sorte de faire comme si je n'avais rien vu. En sois cela ne me dérangeait, ni ne me choquait qu'un type du gang du quartier soit chez Erin , mais cette sortie plutôt inattendue me faisait douter sur la nature évidente de sa visite. Reprend-toi Damon.

Sans même me voir, celui-ci monta dans sa voiture et partit dans un grincement de pneus. Du coup je me demandais vraiment si je devais faire demi-tour. Puis en repensant à ce qui m'attendait si je rentrais maintenant je traversais la rue d'un pas assuré et arrivais sur son palier. Là, le peu de courage qui avait entamé mes jambes deux secondes plus tôt, c'était comme évaporé et je manquais de tomber. Pourquoi me sentais-je ainsi ? Je ne comprenais pas ma réaction peut-être exagérée. Je toquais. La bille au fond de ma gorge me brûla soudainement l'œsophage.

  • j'arrive La voix mélodieuse m'indiquait qu'elle était de bonne humeur. Du moins je l'espérais.

La porte s'ouvrit à la volée. Ce qui me sauta directement aux yeux furent les cheveux manquant sur la tête d'Erin . Mais à peine avais-je eu le temps de me faire cette réflexion que dans une bourrasque mémorable, la porte d'entrée se referma dans un bruit sec.

De bonne humeur était peut-être un mot un peu trop fort. Moi qui craignais une réaction exagérée de sa part, j'étais servie. Niveau exagération, Erin battait des records. Je mis quelques secondes à me rendre compte de la situation très gênante dans laquelle je me trouvais en ce moment même.

Je toquais de nouveau.

  • Dégage ! Cria la jeune fille juste derrière la porte.

  • Tu ne te demandes même pas pourquoi je suis là ? J'attendis une réponse mais en vain. Je ne sais pas ou dormir cette nuit et.....

La porte se rouvrit aussi vite qu'elle s'était fermée.

  • Quoi ?

J'aurais dû partir finalement.

  • Franchement tu crois que je vais marcher dans une blague aussi naze ?

  • Ce n'est pas une blague.

  • Ce n'est pas le moment Damon j'ai d'autre chose à faire !

Elle allait refermer la porte, mais cette fois je posais ma main dessus.

  • Je te promets que c'est vrai.

  • Comme si tes promesses avaient une quelconque valeur.

  • C'est bon tu ne vas pas remettre ça sur le tapis.

Je commençais à en avoir marre de toujours entendre le même disque. Oui tu t'es foutu de ma gueule, tu voulais juste coucher avec moi et blablabla....C'est pas comme si je l'avais baisé cette fille !

  • Oui c'est bon je sais.....

  • ça a l'air de vraiment te toucher au plus profond de toi ce que tu m'as fait. Ironisa-t-elle.

  • Mais je ne t'ai rien fait ! c'est ça que tu ne comprends pas ! Je t'ai quitté, point barre ! M'énervais-je

Elle eut une seconde de silence.

  • Attends de quoi tu parles ?

  • Tu le sais très bien. Fis-je, agacer de devoir insister autant.

  • Je te parle de ta petite vengeance de ce matin.

  • Attends-je ne comprends plus là.

  • Mais bien sûr. Tu ne vois jamais, nous avions parlé comme on ne l'avait jamais fait ce week-end et je pensais que tu étais un minimum humain pour ne pas aller tout raconter à l'école. Mais c'était visiblement plus fort que toi. Non seulement tu me fais un coup comme celui-là, mais en plus tu vas raconter à tout le monde que j'ai participé à des orgies ! Enfoiré.

  • Quoi ?! tu te....

Impossible de finir la phrase que j'avais commencée, la porte s'était de nouveau refermée devant-moi. Pourquoi croyait-elle donc que j'étais l'instigateur de cette rumeur ? Je voulais bien me faire insulter quand cela était justifié, mais qu'elle m'accuse d'une rumeur que moi-même je trouvais immorale me gênait et m'énervais

Je frappais de nouveau sur la porte d'entrée.

  • On n'a pas fini de parler, viens là !

  • Va donc voir tes potes ! Bonne nuit ! Dit-elle derrière la porte.

  • Je ne peux pas, ils me poseraient des questions.

La porte s'ouvrit de nouveau, mais cette fois dans un grincement long et grave. Elle s'adossa à celle-ci ayant maintenant un visage tout à fait serein, peut-être même inquiet.

  • Comment ça ?

  • Je me suis embrouillé avec mon paternel.

  • Vu ton caractère ça ne m'étonne pas.

  • Ecoute, je soupirais. Je n'ai rien dit du tout. Je ne pourrais jamais balancer un truc comme ça sur quelqu'un et si vraiment je l'avais fais, crois-moi je ne serais pas venu ici.

  • Et pourquoi tu es venu alors ?

  • Je....je sait que ça paraît bizarre que je vienne comme ça alors qu'on ne se parle pas et que tu ne peux pas me voir. C'est juste que je sais que tu n'aimes pas beaucoup parler de toi et...et moi non plus alors je me suis dit que tu ne chercherais pas à savoir.....

Elle m'écoutait attentivement essayant soudainement de comprendre ou était le don Juan. Moi-même je le cherchais en ce moment, mais il était sûrement parti en courant à l'autre bout du pays. Puis elle referma la porte. Je soupirais... Pourquoi est-ce que j'avais eu une idée pareille ? Je le méritais bien après tout. Quel crétin.

Il ne me restait plus qu'à traîner les rues, en attendant une certaine heure pour être sûr que mes parents soient bien couchés et que je rentre la queue entre les jambes en m'aplatissant d'excuse demain matin. Un programme qui ne m'enchantait pas.

  • Hey ! Attends !

Je me retournais alors que je remontais la rue, les mains dans les poches. Erin trottina jusqu'à moi. Ayant mis un jean troué et un pull.

  • Qu'est-ce que tu fais ? Dis-je sans comprendre.

Moi je voulais rentrer, et non qu'elle sorte.

  • On va boire un verre, quelle question.

Erin

Ma conscience, m'avait crié de ne pas faire ça ! mes principes hurlaient au scandale et ma dignité fabriquait une corde pour se pendre, mais pourtant j'étais bel et bien dehors, en face de Damon . Pourquoi était-il venu chez moi ? Aucune idée, il ne voulait pas me le dire et je ne voulais pas savoir. Mais Damon Atkins avait frappé à ma porte. Oui, oui Damon Atkins et non pas l'arrogant, le dragueur et l'égoïste de Damon Atkins. Alors, même si je n'avais pas envie de connaitre la raison de sa visite, je voulais néanmoins en apprendre plus sur ce garçon puisqu'il avait laissé tous ses défauts chez lui. Et puis je devais l'avouer, cela me faisait une raison pour ne pas commencer à me morfondre chez moi.

  • Boire un verre ?

  • Oui, tu crois sincèrement que je vais te laisser rentrer chez moi comme ça ? Qui me dit que tu n'as pas un flingue dans tes poches ou un truc du genre ? Je préfère te faire boire pour que tu avoues.

Il eut comme un sourire sur ses lèvres bien que je sois très sérieuse. Je décidais de tourner sur ma droite même si ça me faisait faire un petit détour afin que Damon comprenne que c'était moi qui dirigeais la marche. Je ne tenais pas à retourner dans ce bar près de mon lycée.

  • Pourquoi tu marches aussi vite ?

  • J'essaye d'éviter qu'on ne nous voie ensemble.

  • Quoi ?

Je l'entendis s'arrêter de marcher. Je me retournais.

  • Si tu as honte de moi, tu n'as qu'à le dire ! S'énerva-t-il.

  • Le fait de traîner avec toi m'apporte souvent des ennuis. La preuve, regarde la nouvelle coupe de cheveux que Marlow m'a faite.

Finalement, il se remit à marcher de nouveau, mais cette fois-ci d'un pas plus soutenu. Bientôt nous arrivâmes devant un petit bar qui était assez vide. Je le fréquentais de temps en temps quand le silence de ma maison ne me suffisait plus.

J'entrais, une petite sonnette retentit avertissant de mon arrivée. Je saluais de la main le barman, un vieux moustachu très sympathique et automatiquement je me dirigeais vers la table la plus éloignée de la porte. C'était devenu une habitude. Essayer de me camoufler parmi la foule . Je m'assis, en face de Damon . Le moustachu revins vers moi m'apportant une bière.

  • Il prendra la même chose que moi s'il vous plaît

Enfin seuls, Damon regarda autour de lui, inspectant les lieux.

  • Alors c'est ça ton coin tranquille ?

  • Mon coin tranquille ? répétais-je.

  • L'endroit où tu viens faire une pause quoi.

  • Non, c'est juste que c'est le bar le plus proche de chez moi.

  • Une fille aussi mystérieuse que toi doit bien avoir un endroit pour réfléchir.

  • Mystérieuse moi ? Je ne suis pas mystérieuse, tu pauses juste les mauvaises questions.

  • Et quel genre de question il faut poser alors ?

  • Celles que personne ne pose.

Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais que nous entrions dans un petit jeu de questions/réponses qui allait encore me coûter cher.

  • Oui mais si je pose les bonnes questions qu'est-ce qui me garantit que tu répondras ?

  • Absolument rien.

Il sourit. Je voyais dans ses yeux qu'il était piqué par la curiosité. Pourtant, comme il l'avait dit tout à l'heure, je n'aimais pas parler de moi, et lui était dans le même cas. Autant dire que nos sujets de conversation allaient être limités.

  • C'est quoi cette histoire avec Marlow ?

  • Oh ! apparemment un de ses amis, ou devrais-je dire espion, nous a vus ensemble samedi. Et elle m'a bien fait comprendre qu'il ne valait mieux pas que je recommence.

  • Quelle folle tordue ! Souffla-t-il. Elle est persuadée que je suis sa chose.

  • il ne fallait pas la mettre dans ton lit aussi.

  • Mais je n'ai même pas couché avec elle, c'est ça le pire. Je me suis vite rendu compte des emmerdes que ça m'apporterait.

La bière de Damon fut servie.

  • Et ce n'est pas moi qui ai colporté cette rumeur stupide.

  • C'est bon je te crois. Pas besoin de te justifier.

  • Et sinon... c'était qui se gars qui est sorti de chez toi à moitié nu ?

Merde ! merde et merde.

  • Je rêve où tu essayes de trouver les bonnes questions ?

  • Je rêve où tu essayes d'éviter ma question ? renchérit-il.

Il sourit. Nous étions bel et bien rentrés dans un petit jeu verbal du chat et de la souris. J'aurais tout simplement dû dire oui quand nous sommes arrivés et j'aurais pu être tranquille. Ce type avait une tendance malsaine à vouloir tout savoir sur les autres.

  • Ce type c'est Elijah . Pourquoi ?

  • Comme ça. Dit-il à demi-sourire.

  • Je vois ce que tu es en train de faire Atkins et ça ne marche pas

  • de quoi ? Dit-il faussement innocent.

  • Tu cherches une question à laquelle je ne pourrais ou ne voudrais pas répondre et ensuite tu essayeras de me faire cracher le morceau.

- Putain, mais comment tu arrives à deviner ce genre de truc. À chaque fois tu captes ce que je veux faire c'est chiant !

  • C'est mon super pouvoir caché.

Il but une grosse partie de sa bière en une seule fois.

  • À mon tour maintenant. Qu'est-ce qui t'a amené ici ce soir ?

  • Je te l'ai dit .

  • Je veux des détails.

  • Je ne veux pas en parler je t'ai dit.

Tiens, comme cela était satisfaisant de voir que nos rôles étaient soudainement échangés. Moi non plus je n'avais pas vraiment envie de connaître ses raisons. Mais ses questions commençaient à devenir dérangeantes et par esprit de contradiction je lui demandais moi aussi certaines choses que je savais dérangeantes pour lui.

  • Tu croyais sincèrement que je n'allais pas demander un minimum d'explication ?

Il me dévisagea un moment.

  • Bon ok. Mon père est un connard insupportable.

  • Tu tiens de ton père ? Je souris pour lui montrer la blague.

  • Très drôle. C'est juste qu'il n'est quasiment jamais là et les seules fois où il est présent il me bassine avec Harvard.

  • Effectivement ton père a des ambitions pour toi.

  • Mais je n'ai pas du tout envie de reprendre son cabinet d'avocats.

  • Et qu'est-ce que tu veux faire alors ?

  • J'aimerais être professeur de langues. J'ai le niveau, je le sais. Le seul souci c'est mon père.

J'en restais bouche bée. J'avais du mal à voir Damon en prof. Donnant des punitions, corrigeant des copies. J'aurais bien eu envie de rire, mais étonnement je ne trouvais pas cela drôle. Oui, Damon Atkins était un élève excellent, il avait largement les capacités pour devenir professeur. Et que son rêve lui soit aussi accessible devait être dur pour lui, car la seule barrière qui l'en empêchait était son père.

  • Tu n'as qu'à le lui dire.

  • Plus facile à dire qu'à faire. Alors ton verdict ?

  • Quel verdict ?

  • Eh bien, je peux rester chez toi cette nuit ou pas ?

  • Pour que tu me sautes dessus ? Hors de question.

Le garçon en face de moi redevint soudainement Damon Atkins . Un regard arrogant bien que le reste du visage soit impassible, son menton posé sur ses mains jointes. Vraiment je ne m'habituerai jamais à son changement si soudain de comportement.

  • Entre nous on sait tous les deux que tu me laisseras entrer. Tu ne m'aurais jamais fait venir sinon. Et habituellement une proposition à venir dans ton lit ne m'aurait pas déplu, mais je ne préfère pas passer derrière Elijah si ça ne te dérange pas.

J'étais tout simplement choquée. Il venait à la fois de me vexer par ses propos mais également de dire la vérité. Je ne voulais pas être seule aujourd'hui, même si cela impliquait de traîner avec Damon.Fier de lui, il commanda deux autres bières blondes.

  • Ok tu marques un point pour cette fois.

  • Ravis de te l'entendre dire. Et toi tu as idée de ce que tu veux faire plus tard ?

Les questions devenaient un peu trop personnelles pour moi. Je détestais ça et c'est pour cette raison que j'évitais de trop communiquer avec les autres. Mais je ne pourrais manifestement pas y échapper ce soir.

  • Tu sais qu'il nous reste encore deux années à l'école on a le temps d'y penser plus tard.

  • Tu dois bien savoir si tu continues les études après le lycée ou pas.

  • Non, c'est sûr que non.

  • Alors tu as une idée de ce que tu veux faire au moins ?

  • Je vais me prendre un petit boulot et continuer ma vie.

Il se tut pendant quelques secondes. Puis posa sa bière.

  • Enfin Erin , ne me dit pas que tu n'as pas la moindre idée, la moindre ambition pour ta vie.

  • Eh bien, si.

  • Je ne te crois pas.

Je laissais doucement tomber ma tête en arrière contre le dossier du siège.

  • Tu es fatigant Atkins .

  • Et je ne compte pas te lâcher.

  • Je peux très bien te laisser dormir dehors si tu continues.

  • Oui, tu pourrais....

.....Mais je ne le ferais pas. Ce garçon était tout aussi intuitif que moi visiblement et il savait quels mots et quelles attitudes à avoir pour me faire parler.

  • Pendant un temps... je voulais devenir médecin.

  • C'est cool ça.

Cool....tout dépendait du point de vue. Je me retenais évidemment de faire cette remarque. Nos bières arrivèrent coupant la conversation.

  • Tu comptes retourner à l'école demain ?

  • Non je ne pense pas. Je n'ai pas envie de me faire reluquer comme un monstre.

  • T'as déjà plein de boulot à rattraper et on est qu'au début de l'année.

Je soupirais, je le savais bien et cela n'arrangeait rien de ne pas venir. Mais je n'avais ni la force,ni l'envie d'entendre des horreurs sur moi. Celles que je faisais étaient déjà bien suffisantes.

  • Peut-être que tu devrais aller plus en cours que de traîner derrière la moto de ce Punk.

  • Pourquoi tu détestes autant l'Hydra ?

  • Les raisons sont pourtant évidentes non ? ce sont des dealers, drogués, un gang qui ne cherche que la bagarre et qui recrute de plus en plus jeune ses nouveaux membres.

Ils étaient tellement plus que ça. Tous des marginaux, des gens cherchant leurs voix, certains l'ayant trouvé. Ils étaient bien plus que des mauvais gars.

  • Pense ce que tu veux.

  • Je le pense. Et je le dis ces personnes ne sont rien de plus que de la merde sous mes chaussures.

  • Cette merde comme tu dis m'as apporté plus que personne. Et je te rappelle que ton frère est dans le lot.

  • Comment peut-on se dire un jour, tiens-je vais rentrer dans un gang et faire des conneries qui me mèneront directement en prison ?

Je soupirais, il ne pouvait pas comprendre, personne ne le pouvait à part l'Hydra elle-même.

  • Tu sais je peux comprendre ton point de vue, mais quoi que tu dises je sais que ce sont des gens bien.

  • Pourquoi tu penses ça ?

  • En fait, Tyron m'a sauvé la vie. S'il n'avait pas été là je ne serais pas en face de toi à l'heure qu'il est.

J'avais malgré moi fermé le clapet de Damon . Je ne pouvais pas supporter qu'on dise du mal de l'Hydra et encore plus quand il s'agissait de Tyron . Je lui devais la vie. Ma vie, bien qu'elle soit si insignifiante et pitoyable. Je venais de jeter un froid. Et je serais bien partie en courant.

  • Je ne savais pas.

  • Personne ne le sait. Mais je ne dirais rien de plus à ce sujet Damon .

  • Comme tu veux. Mais il n'empêche qu'il faudra que tu retournes à l'école et vite.

  • Je sais.

  • D'un autre côté ça ne doit pas être cool d'entendre que tu es une salope et une traînée toute la journée.

Un petit rictus sortit de ma bouche. La chose la plus redoutée m'arrivait, il commençait à me prendre en pitié. Je haïssais ça. Je ne méritais la pitié de personne.

  • Il n'y a que la vérité qui blesse Atkins , tu devrais le savoir toi qui est si susceptible jusqu'au bout des ongles.

  • Tu as tellement peu d'estime de toi....

La phrase qu'il venait de prononcer me fit me taire. Tout d'abord, car encore une fois il lisait en moi comme dans un livre ouvert, et ensuite car il venait de dire cette phrase plus pour lui que pour moi.

Nos conversations continuèrent durant plusieurs heures, jusqu'à la fermeture du bar. Nous avions bu un peu trop de bière et mon envie d'aller faire pipi me poussa à courir jusqu'à la maison.

  • Dépêche ! je vais me pisser dessus !

Damon marchait tranquillement derrière moi me forçant à l'attendre à chaque coin de rue. Il faisait vraiment tout pour me faire chier.

Finalement, j'ouvrais ma porte en trombe et je courrais aux toilettes. En redescendant Damon était dans le salon, regardant autour de lui.

  • Rien n'a changé depuis la dernière fois....

C'est vrai, je ne me souvenais plus que je l'avais invité chez moi une ou deux fois. Bien sûr je l'avais fait dans le dos de mes parents, sinon Damon ce serait fait étriper. Non rien n'avait changé depuis qu'il était évenu. Il devait sûrement penser que je vivais comme une poubelle, les seringues et autres drogues encore sur la table.

  • Viens avec moi, je vais te mettre un matelas dans ma chambre.

  • Je peux dormir sur le canapé

  • non, je préfère t'avoir à l'œil.

  • Je vois, la confiance règne.

Je détestais l'idée qu'il dorme dans ma chambre, mais je préférais l'avoir sous surveillance. Le scénario-catastrophe s'imposait à moi. Lui dormant sur mon canapé, se réveillant en pleine nuit cherchant les toilettes, et sans comprendre entrant dans la chambre de mes parents. Rien que l'idée me révulsait. Je ne voulais pas prendre le risque qu'il rentre dans leur chambre. Cet endroit était pour moi presque sacré et je ne supporterais qu'il le bafoue par sa présence.

  • Je n'ai pas de fringues à te prêter pour la nuit.

  • Pas grave.

Il m'a par la suite aidé à faire son lit qui était à même le sol. Avant d'aller nous coucher nous fumâmes une dernière cigarette dans la cuisine.

  • Je suis crevé je n'irais pas au lycée demain. Me dit celui-ci.

  • Tu vas avoir des problèmes.

  • J'appellerais pour dire que je suis malade. Il fit une pause. Où que tu m'as donné une MST.

  • Tu es con.

Je lui mis un léger coup de poing dans le bras. Son sarcasme était tout de même bien drôle parfois.

La soirée avait été longue et mouvementée. J'avais tellement envie de m'endormir, mais avec lui dans ma chambre. Je savais que je ne dormirais que d'un œil. Je pris une douche rapide et me mis en pyjama. En voyant mon reflet dans le miroir quelque peu embué, je fus agréablement surprise. Je n'avais pas aussi mauvaise mine que je le pensais, pour une fois, je n'avais pas des yeux de panda, et je trouvais mes joues étonnamment roses. Je soupirais. Je savais que j'avais tort de ne plus voir mes anciens amis, la preuve en était que ce soir pas une seule fois je n'avais pensé à Elijah, où plutôt à ce que j'avais fait avec Elijah.

Me renfermer sur moi-même n'était pas une bonne chose, mais je ne pouvais pas supporter d'avoir la moindre parcelle de joie et de stabilité dans ma vie. Je ne le méritais pas, je ne pouvais plus vivre comme avant comme si je n'avais rien fait.

  • Mais bordel DAMON!

En retournant dans ma chambre j'avais surpris Damon en caleçon sur son lit, couché sur le ventre en train de regarder son téléphone.

  • Quoi ?!

  • Habille-toi merde ! tu n'es pas au Club Med ici.

  • C'est bon ce n'est pas comme si j'étais moche et dégueulasse.

  • Mais....mais ce n'est pas la question !

  • Je ne vais pas dormir en jean merde !

J'abandonnais. C'était trop gênant. Je me jetais sous ma couette et faisais bien attention à lui tourner le dos.

  • Maintenant éteint la lumière.

Le noir tomba sur la pièce. Et enfin je me rendis compte que ma journée était dans mon top dix des journées les plus désastreuses de ma vie. Une nouvelle rumeur allait me pourrir l'existence pendant un moment, j'avais reçu ce que je peux appeler une maltraitance capillaire, j'avais couché avec Elijah et pour finir Damon Atkins était à côté de moi presque nu. Je partais vraiment en cacahuète et même moi je ne pouvais rien faire pour arrêter le massacre.

Je sentis une larme couler de mes yeux. Mon corps était trop habitué à déverser son flot de larmes à cette heure-ci. J'essayais de les retenir mais elles coulaient tout de même silencieusement m'étonnant des réserves que j'avais. À force de pleurer j'allais mourir de déshydratation.

  • Erin ....

Le chuchotement de mon prénom me fit sursauter. Je me mettais sur le dos et tournais la tête vers Damon bien que je ne le vois pas.

  • Tu dors... chuchota-t-il de nouveau.

  • Non. Fis-je d'une voix normale.

  • Je me demandais un truc.

  • Tu n'arrêtes jamais de te poser des questions toi.

Il rit. J'entendis ses draps bouger.

  • Pourquoi tu as teint tes cheveux ?

Je souris. En voilà une question pertinente. Une question que très peu de personnes m'avaient posée.

  • J'avais treize ans. J'étais dans ma période rebelle. Je voulais faire de l'équitation, pendant des mois j'ai supplié mes parents qui ont catégoriquement refusé. Alors un jour pour me venger je suis rentrée les cheveux teints en roses.

  • Okey.

Fut la seule réponse que je reçus en retour. Je n'avais jamais partagé cette histoire avec personne et maintenant que je la disais à voix haute, j'avais envie de la continuer.

  • Ma mère l'a trouvé tellement chouette que la semaine suivante elle m'avait acheté plusieurs couleurs d'avance.

  • Et ton père ?

  • Il a mis trois jours à s'en rendre compte. Je leur ai dit que je teindrais mes cheveux tant que je n'aurais pas ce que je voulais. Alors ma mère m'a dit que je ne ferais jamais d'équitation car mes cheveux étaient trop magnifiques ainsi.

Je sentis des doigts s'entrelacer dans les miens qui dépassaient du lit.

  • J'aurais aimé les connaitre. Ils devaient être cool.

Je refermais mes doigts autour des siens.

  • Ouais ils les étaient

Combien de temps sa main resta fermée sur la mienne ? Aucune idée, mais je m'endormis en sentant la chaleur de sa main dans la mienne.

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