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Les larmes ruisselaient sur les joues d'Elyan. Elles ne s'arrêtaient pas, elles roulaient, glissaient, toutes plus grosses et chaudes les unes que les autres. Il semblait à la fois perdu, terrifié, en colère, et Steve tremblait, incapable de savoir comment le réconforter.

« Je ne suis qu'un obstacle à ton futur ! » disait Anderson en frappant vainement le torse du châtain.

Les yeux du barman s'agrandirent de surprise. Il bloqua d'une main les poings de l'auteur sur son torse et pris de l'autre son visage. Son pouce essuya une énième larme et il lui sourit avec chaleur.

« Ce que je ressens pour toi n'est pas une erreur. » assura-t-il.

Il comprenait à présent réellement ce qu'il éprouvait pour ce garçon. Ce n'était peut-être pas encore de l'amour, celui qui le consumerait de l'intérieur lorsqu'il penserait chaque instant à lui. Il savait avec assurance que cela le deviendrait vite. Le châtain était tombé sous le charme de ces prunelles, de sa voix, de son être et il comptait bien lui faire comprendre.

Elyan le regardait, les yeux brillants. Steve, tremblant, effleurait la peau de ses joues pour qu'il ne voit que lui dans le brouillard de ses doutes. Après ce regard brûlant échangé, il se saisit de ses lèvres. Cette caresse sonna comme une délivrance et l'auteur, bien que pris de court et troublé par ses émotions, ne résista pas. En un instant, tous leurs songes parurent s'envoler et ils furent emplis d'une sensation cotonneuse, presque amoureuse et un brin, luxurieuse. Le sang affluait dans leurs veines et le moindre effleurement que provoquait leur peau les rendait pantelant. Steve se pressa contre lui, passant sa main sous le bouton de la taille du jeans de son amant pour lui faire part de ses intentions.

Elyan se laissa faire, cependant quand Vermand se débarrassa du t-shirt de son amants, le bruit cinglant de l'anneau résonna au sol. La bague roula, et le blond se précipita dessus, l'esprit agité.

La respiration du barman se coupa, et il s'écarta maladroitement de l'homme se rendant compte de ce qu'il avait fait. Il avait cédé à la tentation, avait goûter à ces douces lèvres sans prendre en considération les sentiments de l'auteur. Même si Anderson ne l'avait pas repoussé, il avait déjà la boule au ventre qu'il s'en veuille à cause de lui.

« Je suis désolé, je n'aurais pas dû. Tu aimes encore cette personne et...

  • T-Tu n'y es pas du tout » le coupa-t-il.

La voix du blond tremblait, mais elle avait résonné dans la pièce fermement. Elyan rendait les armes. Il avait voulu recommencer une vie et en offrir une à Steve qui serait meilleure, et pourtant, il le choisissait encore. Il attrapa un des cadres photos à sa portée puis lui tendit.

Les yeux du grand s'arrondirent de surprise : la photo avait été prise l'année passée, à la plage, et il embrassait la joue du blond avec bonheur.

« Qu'est-ce que ça veut dire ? » souffla-t-il.

Son cœur battait à tout rompre, un mal de tête commençait à sa manifester et des semblants de flash lui revenaient.

« Tu as eu un accident il y a un peu moins de quatre mois. Et c'était après une dispute entre toi et moi. »

Steve n'écoutait plus vraiment Elyan parler. Il revivait de son chef ce souvenir douloureux. Il se revoyait à débattre d'un sujet qui avait terminé par n'avoir ni queue si tête.

« Je ne veux pas te laisser seul ! » s'écrit-il malgré lui.

C'était exactement ces mots qu'il avait prononcé juste avant l'accident.

« Je ... j'ai besoin d'un moment. » bredouilla le barman.

Le cœur de l'auteur se brisa encore plus lorsqu'il le vit se lever. Steve se massa les tempes essayant de faire le tri entre ces souvenirs flous et presque perdu, il ne les retrouverait probablement jamais, mais parfois il savait qu'ils apparaîtraient dans un songe, un rêve, une hallucination.

Les larmes coulèrent à nouveau des yeux de l'homme ; comment après tous ces pleurs pouvait-elles encore couler ? Il se recroquevilla sur lui-même. Il avait menti, fuit et maintenant subissait les conséquences. Celui qui l'aimait le quitterai de son plein gré cette fois.

« J'ai dit que je ne le laisserai pas seul. »

Anderson releva brusquement la tête.

« J'ai... j'ai comme des flashs. Ce n'est pas clair, mais je me souviens de toi. »

Vermand s'était avancé vers lui, la passion battant pour l'homme de ses anciens rêves et celui qui se tenait en face de lui.

« Je ne retrouverais peut-être jamais totalement mes souvenirs, mais du peu que j'ai, je suis sur de mes sentiments. Je veux rester avec toi. » se confia-t-il.

Elyan le regardait, les yeux rouges et brillants.

« Tu voudras de moi malgré ce que j'ai fait ? demanda l'auteur.

  • Evidemment. » répondit-il sans hésiter.

Steve le convoitait alors il s'approcha de lui et vint le pousser contre le dossier moelleux du canapé. Il voulait se rappeler de ce contact, sentir à nouveau cette chaleur qu'il avait oublié. Elyan quant à lui n'était pas sans reste. Il le revoulait aussi, plus que tout.

Ils se regardèrent un bref instant, grisé par le désir qui les consumait, et rendirent mutuellement les armes. Pour un moment, ils voulaient oublier leurs maux, problèmes, disputes, souvenirs et profiter de l'instant présent. Ils furent rapidement nus, l'un contre l'autre. Le regard que lui adressa le blond le laissa sans voix. C'était au-delà du désir et de la luxure, c'était un sentiment chaud, amoureux qui émanait de lui, et ces larmes, bien qu'elles soient tristes le rendait bien plus désireux. Puis il vint immédiatement s'emparer de ses lèvres en même temps que leur plaisir érigé. Les larmes aux yeux, ils s'embrassèrent encore, et encore, sans jamais penser à s'arrêter une fois, et par cet acte, se promirent d'affronter n'importe quel obstacle qui viendrait à se dresser en face de leur amour.

Le lendemain, Elyan se réveilla l'esprit brumeux. Il toucha instinctivement sa poitrine pour y trouver la bague, mais elle avait disparu. Paniqué il voulut se redresser. Il fut contraint de rester couché par un bras qui encerclait sa taille.

Steve les admirait depuis déjà de longues minutes, son amant, et l'anneau qui se trouvait à son doigt. Ses souvenirs ne lui étaient que partiellement revenu, toutefois, les sentiments qu'il lui portait étaient une évidence. Il lui avoua :

« Je suis content qu'on se soit retrouvé. »

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