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Steve devait s'excuser. Il faisait les cent pas dans la rue juxtaposée à celle d'Elyan avec Seth qui le suivait la langue pendante. Il n'avait pas pu se résoudre à y retourner sur le champ, mais il ne pouvait pas non plus partir sans lui avoir présenter son pardon. Il se sentait mal de l'avoir mis dans cet état là et de l'avoir laisser ensuite. Que pouvait-il y avoir sur cette photo ?

Il réfléchit un moment avant de faire le numéro de sa sœur. A en juger la proximité à laquelle elle se trouvait avec le jeune homme elle devait forcément avoir des réponses et il était sûr, qu'elle ne lui mentirait pas.

« Stevy ! Comment tu vas ? »

Le barman ravala sa salive. Pourquoi était-il si tendu à propos de cette affaire ?

« Bien, Chiara, il faut que je te parle.

  • Dis-moi tout.
  • C'est à propos d'Elyan. » avoua-t-il.

Un silence s'installa. Son mutisme répondait de lui-même : il était certain que quelque chose s'était passé avec l'auteur, et cela datait forcément d'avant l'incident. Il connaissait sa sœur mieux que personne, et lorsqu'elle était prise de court elle ne savait pas mentir.

« Tu le connais bien ? questionna-t-il.

  • Ça va, oui pourquoi ? »

Le timbre de sa voix ne mentait pas non plus, il avait vu juste.

« Pourquoi il a une alliance autour du cou ?

  • Si tu me demandes quelque chose d'aussi personnel c'est qu'il a dû se passer un truc non ? affirma-t-elle malgré l'intonation interrogative.
  • Ouais. » admit-il.

Il l'entendit souffler avec une légère pointe de tristesse.

« Je ne peux rien te dire, ce n'est pas à moi de le faire.

  • Chiara.
  • Steve, sa vie lui appartient, arrête de l'ennuyer. »

Sur ces mots elle raccrocha.

Pourquoi ne pouvait-il pas faire ce qu'on lui demandait ? Pourquoi ne parvenait-il pas à laisser cet homme tranquille ? Quelles étaient ces pensées qui se brouillaient dans son esprit ?

Sans vraiment y avoir pensé ses pieds l'avaient à nouveau guidé chez l'auteur. Il n'osa frapper à la porte, et attendit.

Il ne sût combien de temps il avait passé devant celle-ci, ses jambes étaient tendues et il commençait à avoir des fourmis aux pieds. Son chien s'était couché sur le sol, attendant la prochaine action de son maître. Dans une ultime hésitation le châtain repartit, marcha jusqu'au métro, le prit, ramena Seth chez lui (cela commençait à lui faire une belle marche) et refit demi-tour. Lorsqu'il fut encore dans la rue, il aperçut le blond en train de poser un carton dans sa voiture. Et quand ses beaux yeux bleus se relevèrent et qu'il croisa le regard troublé du châtain, sa pensée fût la même qu'à chaque fois.

Fuir.

Pourtant aujourd'hui serait différent. Le barman s'élança dans de grandes enjambées, prêt à le retenir.

« Elyan, attend s'il te plait. »

Sa voix se mourut sous l'émotion. Pourquoi détestait-il autant ces larmes ?

« Je veux juste m'excuser. » poursuivit-il.

Elyan était au bord du gouffre. Les larmes roulaient à nouveau sur ses joues et il tomba à genoux. Pourquoi fallait-il qui soit toujours si doux ? Ne pouvait-il pas le laisser là, à pleurer une bonne fois pour toute et tourner la page ? Que voulait-il ? Ses souvenirs s'étaient effacés, sa présence ne pouvait-elle pas en faire autant ? Il se détestait d'être aussi stupide, faible et encore tant amoureux.

Surpris et inquiet, Vermand s'empara du garçon. Celui-ci, tremblant, se laissa faire quand il le souleva avec assurance. Il se serra contre lui, la peur qu'il se débatte et s'enfuit loin de lui pendant qu'ils les ramenaient à l'intérieur.

Il le déposa avec délicatesse sur le canapé et prit soin d'aller fermer la porte. Lorsqu'il revint, Elyan avait le visage dans ses mains, abattu.

« Je suis désolé, je ne voulais pas te faire te sentir mal. C'était déplacé de ma place, surtout si tu n'es plus avec cette personne ou si elle est morte, je suis vraiment désolé. »

Ces mots n'arrangèrent pas les soubresauts du blond, il sembla même s'effondrer un peu plus.

« Excuse-moi.

  • Est-ce que tu peux me laisser maintenant ? » supplia-t-il.

Il avait levé ses yeux bleus vers lui : ils le suppliaient de partir, de foutre le camp et de le laisser en paix une bonne fois pour toute. Alors Steve se leva, fit un pas en arrière et allait enfin s'en aller quand il ne put contenir la vérité.

« Elyan, je... je veux être celui qui te fasse sourire, je veux être celui que tu regardes. C'est sûrement fou, mais te savoir amoureux d'une autre personne me rend malade. »

L'auteur le regardait les yeux exorbités et le boucle vint se saisir de son visage. Il essuya ses larmes, balaya sa tristesse et réchauffa son cœur d'un baiser sur le front.

« Je suis en train de tomber pour toi », avoua-t-il.

Le blond ne disait rien. Il était dans l'incapacité totale de maîtriser la situation qui se présentait à lui.

« Désolé, ça doit être gênant d'avoir une sorte de confession de la part d'un autre homme, mais c'est vraiment ce que je ressens. » ajouta le barman en s'écartant.

C'était vrai, depuis qu'il avait posé ses yeux sur lui il ne voulait plus le quitter. Depuis qu'il avait entendu sa voix et son rire, il voulait constamment l'entendre. Depuis qu'il avait frôler sa peau il la convoitait de plus belle.

« Non... » sanglota l'auteur.

Les sourcils du châtain se froncement avec perplexité. Que voulait-il dire par "non" ? Acceptait-il ou refusait l'amour naissant qu'il lui portait ? Était-ce autre chose ? Et sa réponse le surpris de plus belle.

« Tu as la chance de recommencer ta vie alors ne la gâche pas avec moi ! »

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