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« Vous connaissez un certain Elyan ? » demanda Steve.

La mère du barman se stoppa un instant dans sa lecture. Elle regarda un petit moment son fils, puis jeta un bref coup d'œil à son mari avant de tourner la page.

« Je ne pense pas, soit plus précis. » répondit-elle

Exactement quatre jours s'étaient écoulés depuis que le châtain avait mis les pieds chez Elyan. Il n'arrivait pas à se sortir de la tête le garçon ; entre son adorable personnage, son visage très agréable à admirer, et cette bague, ses pensées étaient rivées sur lui. Il s'affala dans le canapé aux côtés de sa mère et Seth vint réclamer quelques caresses.

« Celui qui m'a amené à l'hôpital.

  • Pas vraiment », répondit-elle alors les yeux rivés sur le papier sans pourtant réellement lire.

Elle ne voulait pas lui révéler qu'il aurait été un merveilleux gendre. Et même s'ils n'avaient échangé ni mot ni regard, le père en pensait tout autant. Ils avaient été contre la décision de l'auteur après l'accident, ils l'avaient trouvée égoïste, irréfléchi, mais malheureusement compréhensible. Le jeune homme avait voulu se protéger, et offrir à Steve une vie comme il l'entendait.

« Il aurait une petite amie ? souffla le châtain en secouant la tête de son chien.

  • Comment ça ? », se risqua Anne.

Le garçon se détacha du chien pour regarder sa mère. Il la connaissait depuis toujours, et il voyait bien qu'elle se forçait à la discussion. Steve n'en fit pas la remarque et se contenta de poursuivre.

« Hier on a bu ensemble et je l'ai raccompagné chez lui, il avait une alliance. » admit l'homme.

Un haut de cœur s'empara de la femme. Elle avait respecté la décision du blond, et prenait régulièrement de ses nouvelles. Il disait aller bien, reprendre des couleurs et se faire à l'idée que son amour devait cesser. Mais cela ne semblait pas le cas : il se rattachait à ce qu'il voulait fuir.

« Eh bien que le bonheur lui sourit », intervint son père en posant une main réconfortante sur l'épaule de sa femme.

La conversation prit fin à ces derniers mots et Steve sortit promener son chien.

« C'est stupide », se disait-il à lui-même.

Pourquoi Elyan ne quittait-il pas ses pensées ? Pourquoi l'obnubilait-il à ce point ? A chaque fois qu'il fermait les yeux il apercevait son visage proche du sien sans pourtant arriver à le toucher. C'était la première fois qu'il se savait attiré par un homme.

Après de longues minutes à marcher dans les rues, il se rendit comptes qu'il avait pris la direction de chez le blond. Il avait traversé le parc, été passé devant son bar et venait d'entrer dans le quartier. Son chien tira, et ce fût le premier flash qu'il eut. Comme un vieux souvenir, un songe passa devant ses yeux : celui de l'auteur et lui en train de promener le chien.

« Seth doucement. » ordonna-t-il à son chien.

Il avait le souffle court, l'esprit embrumé, mais il parvint à reprendre contenance lorsque ses yeux se posèrent sur la silhouette qui parlait à Anderson.

Chiara. Que faisait sa sœur ici ? De loin il les vit se perdre dans une douce étreinte avant qu'elle le salue d'un au revoir. Assez curieux et un brin jaloux il alla à la rencontre de l'auteur.

« Tu connais ma sœur ?

  • Steve ! » sursauta-il.

C'était à la fois la voix du châtain, et l'adorable chien qui venait de lui sauter dessus qui lui avait foutu la frousse. Il ne répondit pas à sa question et s'effaça pour le laisser entrer chez lui.

« Entre, je t'en prie. »

Si le barman avait hésité un instant, il se fit tirer par son Samoyède qui entra à sa guise. A peine fut il détaché de sa laisse qu'il partit s'emparer de jouet, à croire qu'il les appropriait déjà. Même si c'était le cas.

« Seth ! » le sermonna-t-il en le rappelant au pied.

Une ombre passa sur le visage d'Elyan, mais le bouclé ne la remarqua pas.

« Laisse, ce n'est pas grave. Ce sont des affaires pour chien de toute manière. »

Il proposa au plus grand de s'asseoir, lui servant au passage un verre d'eau avant de s'expliquer.

« Chiara est journaliste, elle m'a interviewé il y a quelques temps, répondit-il.

  • Tu savais que c'était ma sœur ? Vous aviez l'air proches, suspecta le barman
  • On est devenu de bons amis », admit l'auteur.

Elyan évitait son regard, car il savait qu'il ne pourrait plus lui cacher la vérité. Chiara l'avait peut-être interviewé, mais c'était parce que Steve et lui s'étaient mis ensemble que leur relation amicale avait fonctionné.

« Je suppose que j'ai dû oublier. »

L'homme se pinça les lèvres en même temps que la sensation d'un coup de couteau venait le frapper au ventre.

« Tu vas quelque part ? » demanda soudainement l'invité.

Avec curiosité les yeux du châtain s'étaient posés sur les trois valises et les cartons que contenait la pièce. Si maintenant la maison semblait rangée, Steve n'appréciait pas vraiment l'idée d'un départ de cet homme.

« Oui, je vais allez voir ma famille pendant un moment, dit-il avec un sourire adorable.

  • Un moment ? Répéta le châtain essayant de masquer son irritation.
  • Je ne sais pas pour combien de temps. »

Le plus grand ne savait pas réellement pourquoi il se sentait démuni que quelque chose de précieux comme il ne savait pas pourquoi il refusait que cet homme s'en aille.

Elyan n'était pas du même avis. Deux envies contradictoires s'offraient à lui : celle de fuir, et celle de l'embrasser. Il se rendait bien compte qu'inconsciemment Vermand cherchait des réponses, mais il ne pouvait les lui donner. Ils devaient tout deux répartir à zéro, et c'était pour cette raison qu'il s'apprêtait à quitter la ville pour quelques années. Il finit par se lever lorsque son portable sonna, et Steve en profita pour vérifier que son chien ne fasse pas de bêtise. Seth était dans le panier, mordillant avec bonheur un doudou en tissus. C'était un bon chien.

Soudain son regard s'attarda sur un énième cadre retourné. Sa curiosité était à son apogée, et il tendit la main vers lui. Mais alors qu'il s'apprêtait à découvrir une chose à laquelle il n'aurait jamais pensé, Elyan le stoppa brusquement.

« Ne touches pas ça.»

Sa voix était lourde, terriblement en colère.

« Désolé, je ne pensais pas que...

  • Sors de chez moi s'il te plait. » demanda-t-il.

Le barman leva la tête vers l'auteur et le désespoir qu'il put lire dans ses yeux fit trembler son cœur. Ses doigts s'accrochaient à la bague avec panique, tout son être frissonnait. Les larmes innombrables roulèrent sur ses joues et tombèrent sur le sol froid dans un son terrifiant.

« Laisse-moi ! » s'emporta-t-il.

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