Chapitre 42 : Le début d'une nouvelle ère

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Trois jours plus tard, au milieu de l’après-midi, Luna se trouvait au parc d’Élysia et observait les photos que Misaki lui avait envoyées par courriel. Ils étaient tous en congé depuis la mort de Troyd, afin de récupérer des récents événements.

La guerrière avait décidée de profiter de cette pause pour se rendre sur Terre, afin de retrouver ses petits. Bien entendu, cela sema la panique au Conseil qui ne voulait pas qu’un ange se mêle à la vie commune des mortels, mais Artael lui accorda son souhait. Les souvenirs de Sakura, Yuki, ainsi que leurs parents adoptifs, leur avaient été rendus. Misaki serait désormais autorisé à visiter ses enfants durant ses temps libres, afin de passer du temps avec eux.

Luna vit que Conrad Sanders avait deux yeux, sur l’une de ces photos. Ainsi donc, la réincarnation de l’arbalétrier borgne s’était faite avec son corps entier. Elle sourit. Ruby, quant à elle, attendait leur premier enfant, même si elle aimait beaucoup Sakura et Yuki comme les siens. Sur ces images, la magicienne vit que Daichi aussi faisait partie de leur vie familiale, en tant que voisin. Comme eux, il était policier. La guerrière albinos était heureuse de retrouver sa fille et son fils, cela paraissait sur toutes les photos. Elle avait enfin vécu ce moment qu’elle désirait le plus dans l’univers. Luna ne serait pas étonnée à l’idée qu’elle ne revienne plus après cette visite. Misaki avait beaucoup pleuré d’être séparée de ses bébés, après tout.

— Elle est belle quand elle sourit, dit Lucas à la gauche de la magicienne.

La jeune femme sursauta. Elle était assise sur un banc de parc, observant les images qu’elle avait ouvert dans son ordinateur portable. Poussant derrière elle, un grand arbre au feuillage épais lui donnait assez d’ombre pour qu’elle puisse bien voir ce qu’elle faisait. Lucas Markios s’était approché, par curiosité.

— Ah, te voilà toi, dit Luna. Je pensais que tu aurais apprécié de la suivre sur Terre.

— J’aurais pu, oui, mais ma place est ici, auprès de ma famille. Misaki comprend. Je respecterais sa décision, quoi qu’il advienne.

— Ça fait des années qu’elle est avec nous, qu’on partage ses rires et ses pleurs, ses moqueries et j’en passe. J’ai du mal à imaginer la Septième Brigade sans elle.

— Oui, mais votre brigade n’existe plus qu’en souvenirs. Peut-être est une bonne chose. Cassandra et Shayne comptent bientôt passer plus de temps avec leurs enfants, au Saint Royaume. Nous allons devoir continuer nos voyages sans eux. Estelle, Wyatt, Kylie et Scottie vont faire pareil.

— Le Célestia II va être vachement vide sans eux…

— Je sais, mais c’est la vie. Tout change en un clignement.

— Crois-tu que nous vivrons de nouvelles aventures, tous ensemble ?

— Sans aucun doute. Seulement, je crois que la plupart d’entre nous ont bien mérité leurs repos. Votre dernière simulation a beaucoup affecté tout le monde…

Luna savait qu’il disait vrai. Nash était à l’écart du groupe depuis l’exécution de son frère et certains d’entre eux soupçonnaient qu’il comptait s’enivrer, comme sa version virtuelle. Ils avaient optés pour lui laisser quelque temps seul. Ils interviendraient un peu plus tard, ce jour-là. Cassandra avait déjà deviné ce qui lui ferait plaisir et pour cette raison, s’était rendu à l’église, un peu plus tôt.

La magicienne posa son regard sur Shayne et les triplés. L’ancien général de l’armée baldtienne jouait au chat et à la souris avec eux, tandis que la plupart de leurs esprits élémentaires se reposaient dans l’herbe. Éclipse la chauve-souris était perchée sur une branche d’arbre, au-dessus de Lucas, alors que Kelvin avait décidé d’aller chasser un casse-croûte, dans les plaines. Cette vision paradisiaque donnait presque envie de pleurer à la jeune femme.

— Tout ceci est trop beau pour être vrai, soupira-t-elle. J’ai l’impression que nous sommes toujours au beau milieu d’une illusion.

Lucas roula des yeux et pinça Luna sur l’épaule.

— Aïe ! C’était quoi, ça ?! reprit-elle.

— Est-ce que tu vois la même chose ?

Elle cligna des yeux et réalisa pourquoi il avait fait ça. C’était bel et bien leur réalité. Elle sourit. Cette paix, ils l’avaient gagné avec leurs propres mains et leurs efforts à arrêter tous ces démons, tous ces criminels et plus encore. La magicienne avait été habituée à une vie si chaotique que ce calme lui était perturbant. Elle avait besoin de résoudre de nouvelles énigmes, de nouveaux conflits, sans quoi elle se sentait inutile.

Au bout d’un moment, Lucas s’assit à côté d’elle.

— Tu sais, il nous reste encore tout plein de mondes à explorer à travers l’univers. Nous avons tout notre temps pour profiter de ce qui nous entoure. Mon frère envisage même nous emmener dans d’autres dimensions grâce aux portails. Je suis sûre que tu auras encore tout plein d’aventures à vivre avec nous.

Luna esquissa un sourire et opina du chef.

— Je sais, il m’en a déjà parlé, dit-elle. C’est pour ça que je travaille sur un nouveau projet depuis notre retour à la réalité.

— Ah bon ? Qu’est-ce que c’est ?

— Tu te souviens de mon programme X12 dans la simulation ? Je l’ai récemment converti pour en créer une version condensée. Il fera désormais partie du vaisseau en tant que membre de l’équipage. Pas vrai, Minerva ?

Luna baissa son regard vers son ordinateur portable, où il y avait un microphone près de la webcam. Une fenêtre s’ouvrit afin de de leur montrer l’image d’une sphère bleutée avec des rayures étranges qui l’entouraient. Lucas n’arrivait pas à décrire ce que c’était, mais il avait compris qu’il s’agissait de l’intelligence artificielle.

Je ferais de mon mieux pour vous servir, maîtresse, dit une voix robotique.

— Non, non, non ! gronda Luna. Pas de maîtresse avec moi ! Mon prénom me convient parfaitement. Pourquoi t’acharnes-tu à m’appeler ainsi ? Grr…

La sphère bleutée clignota ce qui semblait être ses yeux et gloussa.

C’était une blague, Madame Kelly, répliqua-t-elle.

— Madame Kelly ? Oulalah, Minerva… va falloir que je vérifie ta base des données.

— Je vois qu’elle est en train de développer un sens de l’humour, remarqua Lucas. Je ne sais pas si c’est une bonne chose ou si on devrait craindre cela.

— Je commence à le penser aussi, soupira la magicienne. Mais bon, grâce à elle, nous pourrons détecter la présence de démons plus facilement et de nouveaux mondes. Elle aura accès à certaines commandes afin de nous protéger durant notre sommeil, et plus encore. Sa présence devrait faciliter nos voyages.

J’espère me rendre utile, avoua Minerva. Je compte mettre en pratique tout ce que j’ai appris lors de notre dernière simulation.

— Enfin, pas trop, quand même ! continua Luna. Souviens-toi que quelqu’un est mort pour nous avoir emprisonnés. Je ne veux pas que ça se reproduise.

— Évidemment, Mademoiselle Kelly. Je ferais tout en mon pouvoir pour que ça ne se reproduise plus. Vos sessions de simulations seront désormais protégées aussi par ma présence et le nouveau système que vous avez mis en place.

— Très bien. Dans ce cas, nous commencerons à faire quelques tests ce soir.

Lucas jugea qu’il valait mieux ne pas les déranger, alors il s’éloigna pour se diriger vers la cours de l’église. Il vit que Sarah avait commencé à ranger certains pots de fleurs. Le froid tuait de plus en plus des fleurs qu’elle avait plantées et il n’y avait plus tellement de légumes dans son jardin. L’hiver arrivait à grand pas, même les fermes se préparaient pour les premières neiges.

— Prête pour décembre ? demanda le jeune homme à sa sœur.

— Et comment ! Nous avons récoltés assez de pommes de terre et d’oignons pour faire plusieurs repas. J’ai déjà hâte au printemps… J’ai envie d’essayer de nouvelles graines que j’ai trouvées au marché, l’autre jour.

Lucas remarqua qu’elle ne portait pas sa robe de religieuse habituelle. Elle avait des vêtements simples qui lui rappelaient l’époque où elle n’avait pas encore prêté le serment de servir la déesse, c’est-à-dire leur mère.

— Tiens donc, pourquoi es-tu habillée en civile ?

— J’ai décidé de quitter l’église, dit-elle.

Le jeune homme cligna des yeux et se tourna vers sa sœur.

— Comment ? Je croyais que cette vie te plaisait.

— J’ai rempli mon devoir de servir notre mère jusqu’à ma mort, Lucas. Maintenant, je suis libre de mes vœux. Cependant, j’ai décidé de devenir son apprentie. Un jour, je compte lui succéder, comme Kyran succédera Papa.

— Est-ce vraiment ce que tu désires ?

Elle hocha la tête, puis posa ses mains sur la terre de son église. Ses vêtements étaient un peu crassés, mais cela ne lui dérangeait pas.

— La guerre m’a fait réaliser que j’étais beaucoup plus utile sur le terrain que cloîtrée entre ces murs. Je veux aider la population de ce monde autrement et je crois que Maman saura me guider à travers cette nouvelle voie.

Elle se releva avec l’aide de son frère et lui demanda :

— Et toi, que comptes-tu faire, désormais ?

— Je l’ignore… j’ai envie de passer un peu de temps avec Kyran et toi… mais je vais bientôt repartir avec Flint pour explorer l’univers. À mon retour, je crois que j’irais m’installer à Lanartis, à nouveau. Le roi et la reine me manquent.

— Ce sont de très beaux projets, j’espère qu’ils se réaliseront.

Les deux quadruplés continuèrent à discuter de tout et de rien, de bonne humeur.

Shayne passa devant la clôture de l’église avec ses enfants, alors qu’il poursuivait Derek et Soren dans leur petit jeu. Derrière lui, Maeve avait de la difficulté à les rattraper, étant moins en forme que ses frères.

— Attendez-moi ! cria-t-elle. Vous êtes trop rapides ! C’est pas juste !

— T’as qu’à t’entraîner plus souvent, na-na-na-na-né-reuh ! répliqua Derek.

— Méchant ! J’vais le dire à Maman !

Ils s’amusaient, sous les regards des passants qui profitaient de cette journée ensoleillée. Le grand elfe basané s’arrêta au milieu de la route pour prendre sa fille ses épaules, puis repartit à la poursuite des petits garçons. Il ne voulait pas lui faire de la peine, sachant qu’elle n’aimait pas perdre aux courses.

— Merci Papa, dit Maeve en embrassant la tête de son père.

— Pas de quoi, ma puce.

Ce fut à cet instant que Cassandra sortit de l’église, en compagnie du Père Shalom. L’ancien mercenaire se figea et les salua en hochant la tête, puis continua sa route. La guérisseuse le sourit en retour, heureuse de le voir si impliqué dans la vie de leurs enfants. Elle en oubliait presque la raison pour laquelle elle était venue voir le prêtre. Celui-ci se racla la gorge, ce qui la sortit de ses pensées.

— Oh, pardonnez-moi, Shalom. Partons, voulez-vous ?

— Je vous suis, Cassandra. J’ai bien hâte de voir sa réaction, lorsque je vais lui faire part de mon projet... J’espère que je ne le dérangerai pas.

— Croyez-moi, je sens que ça va beaucoup nous aider. Il a vraiment besoin de votre aide. Il refuse de nous parler, ni même de manger avec nous. Votre présence lui fera le plus grand bien, j’en suis certaine. Maintenant, suivez-moi. C’est par-là.

Aussitôt, la docteure et le prêtre prirent la direction du Célestia II. Quelqu’un de très important avait besoin de Shalom, plus que jamais. Sa santé mentale en dépendait...

¤*¤*¤

Nash était assis au bar du réfectoire du vaisseau depuis plus d’une heure. Après la mort de Troyd, il avait décidé de rester à l'écart des autres afin de réfléchir. Pour la plupart d’entre eux, ce qu’ils avaient vécu étaient des hallucinations corrompues de leurs passés, qu’ils avaient déjà oubliés. Pour lui, c’était un secret bien gardé de sa vie privée qui revenait au grand jour. Son frère l’avait forcé à revivre ce cauchemar : il avait autrefois souffert d’alcoolisme. Un détail que plusieurs de ses amis les plus proches ignoraient et dont il était peu fier.

Le châtain fixait une bouteille remplie de vin avec la ferme attention de résister. Plusieurs années s’étaient écoulées depuis son dernier verre. Tout ceci n’était plus qu’un vague souvenir pour lui, mais il se souvint des nombreuses nuits à passer dans sa chambre, à pleurer, ainsi qu’à boire en silence. C’était bien avant la formation de la Septième Brigade. Il n’y avait qu’Artael et le Père Shalom qui soient réellement au courant, dans le monde réel, ainsi que quelques membres des alcooliques anonymes de Baldt. Troyd avait quand même réussi à lui faire revivre tout ça. Il ne savait pas comment gérer toutes ces pensées, toute cette honte surtout. Pour lui, l’alcool avait été une échappatoire à son anxiété maladive. Il avait refusé de se faire traiter, jusqu’à ce que tout éclate durant la rébellion, en octobre et novembre 3913 AD.

Il se souvint que Shayne avait tout écouté alors qu’il conduisait la calèche. Repenser à tout cela lui donnait envie de boire un verre. Il voulait oublier. Ses antidépresseurs ne l’aidaient guère. Il ne se confiait plus à personne depuis des mois. Il ne voulait pas fréquenter de psychologue non plus, il n’avait pas envie que tout cela recommence, mais il était en train de rechuter dans la dépression. Nash avait besoin d’aide.

— Il se faisait abusé et je n’ai rien fait… marmonnait celui-ci pour lui-même, en prenant les bordures du comptoir. Comment ai-je pu ne pas m’en apercevoir ?

Nash prenait très mal d’avoir participé à la déchéance de Troyd. Trop jeune pour comprendre qu’il était en détresse depuis tout ce temps, qu’il gardait un terrible secret et qu’il protégeait même leurs neveux de potentielles agressions. Troyd n’était pas un saint, il ne le serait jamais, mais il voyait son grand frère sous un nouvel angle et cela lui brisait le cœur. Nash savait qu’il ne le reverrait plus jamais, puisque cela avait été son dernier souhait avant d’être injecté avec la solution mortelle, mais il savait aussi qu’il avait failli à son devoir de veiller sur sa famille. Combien de fois Troyd avait-il voulu s’enlever la vie ? Le châtain avait compris qu’ils avaient tous les deux vécus des moments suicidaires. Ils auraient pu échanger, s’entraider… Mais non… le jumeau d’Artael avait opté pour le silence et la colère.

— Ce n’est pas de votre faute, Nash, dit la voix de Cerbères, près de sa hanche. Votre frère n’a fait que ce qu’il croyait juste. Oui, il a fait d’horribles choses par la suite, mais je crois que nous devrions respecter ses dernières volontés.

Le porteur hocha la tête et posa sa main sur la poigne de son épée. Bien sûr, il n’était pas vraiment seul puisque l’esprit ne le quittait jamais. Le doberman de la lumière et des ténèbres avait détecté la détresse de son maître tout de suite après qu’il soit sorti de l’incubateur. Il le suivit dans une salle vide où ils eurent une conversation après qu’on l’ait examiné. Nash était en état de choc ce jour-là et n’avait souhaité voir personne. Cerbères réussit malgré tout à s’approcher de lui et de garder silence, alors que le châtain lui caressa la tête.

— J’aurai pu l’aider, si j’avais su… il souffrait comme moi.

— Peut-être… mais il ne voulait pas se soigner. On ne peut pas soigner quelqu’un qui refuse ce genre de traitement professionnel… ni de se confesser…

— Je suis en partie responsable de l’avoir transformé en monstre. Il aurait pu être l’un des nôtres, mais j’étais trop aveuglé par le fait de prendre soin de Flint et des autres. Je n’ai pas vu sa propre détresse…

— Vous n’étiez que des enfants… Allons Nash. Vous ne pouvez pas tout prendre sur vos épaules. Je suis certain qu’il comprend votre douleur. C’est peut-être pour ça qu’il a choisi de garder cet horrible secret. Vous morfondre sur ce que vous n’avez pas fait n’est vraiment pas sain. Je crois que vous le savez mieux que quiconque…

— Oui, mais quand j’étais adolescent, j’aurai pu prendre soin de lui…

— Non. Ce n’était pas votre rôle. C’était à lui de prendre soin de vous, ainsi que votre père adoptif. Mais là je commence à saisir la gravité de la situation…

— Il fallait bien que quelqu’un élève les quadruplés ! Artael était constamment occupé à nous dénicher de l’argent et s’assurer que nous ne manquions de rien… La seule figure paternelle que j’ai eue dans ma vie était le Père Shalom. Mais tellement de choses se sont déroulées depuis ces années… Pourquoi tout est si compliqué ?!

Nash donna un coup de poing sur le comptoir et soupira. Il s’allongea vers l’avant et se plia les bras devant lui. Ce fut à cet instant que la porte du réfectoire s’ouvrit. Un vieil homme s’avança, alors que Cassandra l’encourageait d’un doux regard, derrière lui. Cet homme portait une soutane religieuse. Il s’était rasé la tête, mais avait toujours ce sourire bienveillant. Il faussa une toux. Le châtain se tourna et sursauta.

— Père Shalom ?! dit-il. Mais je… Vous n’aviez pas à vous déplacer pour moi…

— Je me disais bien que sa présence te ferait du bien, expliqua Cassandra, près de l’entrée. Je lui ai demandé de venir te rendre visite.

Cerbères était soulagé. L’initiative de la docteure permettrait peut-être à son porteur de soigner la plupart de ses maux. L’elfe sortit alors de la pièce, voulant accorder un peu d’intimité pour Nash et son père. Le doberman reprit sa forme animale et décida de suivre la guérisseuse, voulant faire pareil.

Le châtain déglutit alors que le prêtre vint s’asseoir à côté de lui, sur un tabouret. Il reconnut alors son sourire et sa joie de vivre naturelle qui le rassurait tout le temps. Shalom n’avait pas tellement changé.

— Combien d’années se sont écoulées depuis ma mort ? dit Nash. On dirait que ça fait une éternité depuis qu’on s’est vu, vous et moi…

— Je l’ignore. J’ai arrêté de compter, pour être honnête avec vous. Je savais pourtant que nous nous reverrions, un jour.

Le prêtre mit une main compatissante sur l’épaule de son fils, pour lui montrer son soutien. Le pauvre guerrier ne trouvait pas les mots pour le remercier de sa présence, mais le vieil homme décida quand même de le réconforter comme lui seul savait le faire. Il se mit à lui parler des conversations chaleureuses qu’il avait eu avec les gens de leur paroisse avant sa mort, jusqu’à ce qu’il décide de lui dire :

— … mais quelle ne fut ma surprise lorsqu’Athéna en personne est venue me demander de servir son église ! Bénie soit cette femme. Je n’ai jamais été si heureux de toute mon existence ! Cette ville est tout ce dont j’ai rêvé. Et c’est aussi grâce à vous si je suis ici. Sans vous, le Saint Royaume n’existerait peut-être plus, tel qu’on le connaît… Votre présence ici est un miracle, mon enfant…

Nash éclata en sanglots, plongeant dans les bras de son vieil ami. Shalom lui fit une accolade et lui chanta une berceuse de son enfance. Pendant un instant, le châtain retourna à l’époque de ses cinq ans, où le prêtre prenait soin de lui pendant que Mère Agathielle allait bientôt partir pour Lanartis.

— J’aurais voulu que vous m’adoptiez, Père Shalom, dit Nash.

— Je sais… je l’ai déjà deviné au fil des années, mais vous étiez déjà adulte quand je me suis rendu compte de votre détresse. Cependant… vous voyez... L’orphelinat avait beaucoup trop d’enfants. D’autant plus que mon statut ne me permettait pas d’adopter, légalement. Si j’avais su que le Président Knox était un tel monstre, je vous aurais trouvé de meilleurs parents !

Nash soupira. La tristesse qu’il ressentait semblait disparaître peu à peu. Entendre la voix du prêtre le rassurait. Il oubliait déjà la présence de la bouteille de vin. Il essuya ses larmes, puis se rassit sur son banc.

— Écoutez, mon enfant. Je ne peux peut-être pas réécrire votre histoire, mais sachez que vous serez toujours le bienvenu sous mon toit. Et qui sait… peut-être pourrions-nous aller camper et faire quelques parties de pêches ?

Le châtain cligna des yeux et gloussa.

— Des parties de pêches ? Je pensais que vous aviez peur de retomber dans le lac baldtien, après votre dernière chute !

— Oh, c’était il y a fort longtemps, mon ami… Mais j’ai toujours aimé le poisson… et il n’y a rien de mieux que de ramer un bon radeau au milieu de nul part. C’est si relaxant que je me sens en communion avec la nature et notre déesse.

— Je me souviens de la dernière fois que vous m’en avez parlée. Un énorme poisson avait bousculé votre bateau et vous avez fait la plonge… Vous avez failli vous noyer, en plus. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

— Mmm… Disons que vous ai jadis fait la promesse que nous irions pêcher ensemble. C’est maintenant ou jamais, de tenir à celle-ci !

— Cette promesse ? Mais j’étais encore tout jeune…

— Et alors ? Que font les pères et leurs fils à cet âge ? Ils vont camper et pêcher !

— Enfin, la plupart, si…

Nash pouffa de rire. Le Père Shalom prit alors l’une des mains de son ancien protégé et lui fit son plus beau sourire.

— Mon enfant, ça serait pour moi un immense honneur si vous acceptiez de venir avez moi pour cette activité entre amis. Je suis sûr que ça vous ferait le plus grand bien. Vos camarades m’ont beaucoup parlé de vous, ces derniers jours. Nous pensons que vous avez mérité ce congé.

L’épéiste esquissa un sourire, puis hocha faiblement la tête. Pour lui, c’était l’occasion en hors de renouer ses liens avec le prêtre, mais aussi de penser à autre chose que l’alcool. Il jeta un dernier regard vers la bouteille de vin, puis se leva de son tabouret. Il escorta donc le prêtre en dehors du réfectoire et tous les deux se dirigèrent à l’extérieur du vaisseau afin d’aller à l’église. Shalom avait déjà tout un équipement de camping et pêche de préparé, ainsi qu’un radeau dont il comptait se servir. Le châtain remarqua que Gabriel leur avait préparé plusieurs provisions. Il avait reconnu l’écriture du colosse sur des contenants en plastique. Il sourit.

Nash n’en revenait toujours pas que ses amis avaient tout fait ça pour lui. Il se promit qu’en revenant de ses vacances, qu’il les remercierait tous d’avoir veillé sur lui. Après tout, ils n’étaient plus coincés dans la fausse dimension ; ils ne craignaient plus aucun danger actuel. Le Saint Royaume n’avait connu aucun incident tragique depuis la guerre contre Satan, ce qui voulait dire qu’ils pouvaient se permettre de profiter de la nature, désormais. Bref, Nash retrouvait cette sensation de bonheur qu’il avait oublié au fil des dernières années. Fini les obligations de gérer une armée, fini cette période où il avait été le Roi de l’Olympe. Il pouvait enfin être lui-même, Nash Markios, l’oncle de Flint, l’ancien brigadier et l’homme qui aimait sa famille plus que tout. Ce soir-là, après un excellent repas, il fermerait les yeux et dormirait comme un bébé, en compagnie de sa figure paternelle.

¤*¤*¤

Le soir-même où Nash partit camper, Flint entra seul dans la chambre de Randell. Artael lui avait raconté dans les moindres détails ce que Troyd lui avait confié avant de mourir. La première chose qui vint à l’esprit du père lorsqu’il entendit ces mots fut d’en avoir le cœur net. Puisque son fils avait un jour été le grand ami de Virgile, celui-ci devait sûrement être au courant des crimes de l’ancien président.

Flint retrouva Randell à son bureau. Il faisait quelques devoirs pour le retour des classes. Il y avait une petite école à bord du vaisseau et les enfants de tout le monde y allaient. Les membres de l’équipage avaient pris soin d’engager des enseignants avant de partir en voyage, ne voulant pas que leurs progénitures prennent du retard dans leurs matières. Le grand blond vit que son fils faisait des problèmes de mathématiques, ce que lui-même n’aimait pas.

— Randy ? dit-il. J’ai à te parler… si tu le veux bien.

Le petit garçon haussa son regard vers son père. Sa chevelure était aussi brune que celle de Gabriel, mais son visage ressemblait beaucoup à celui de Flint.

— Oui, Papa ? Qu’est-ce qu’il y a ?

— Tu es au courant que ton grand-oncle Troyd vient d’être exécuté, pas vrai ?

Randell hocha la tête. Il portait les habits sportifs rouge et noir que son oncle Shayne lui avait offert pour son onzième anniversaire – du moins, ce fut le jour qu’il décida de se donner une nouvelle date de naissance. Le garçon n’avait rien d’un sportif, mais il s’entraînait parfois avec le grand elfe basané qui lui montrait comment se servir des armes. En retour, celui-ci enseignait ce qu’il connaissait de magies et de sciences aux triplés Appleseed-Wolfe.

— Avant de mourir, reprit Flint, Troyd a avoué que Virgile était un pédophile.

Aucune réaction. Le grand blond remarqua que le gamin était perdu dans ses pensées. Randell soupira et reprit l’apparence du vieil homme qu’il était autrefois, avec ses anciens vêtements. Celui-ci devait se dire qu’il serait plus approprié de lui parler sous les traits de la personne qu’il fut bien avant de devenir son fils.

— C’est vrai, répondit enfin le vieux mage. Mais souviens-toi que je n’avais aucun contrôle de mes faits et gestes avec Thanatos aux commandes. Après sa mort, j’ai pensé qu’il valait mieux taire cette affaire car je ne voulais pas créer une ambiance anxiogène parmi nous. Même si j’avais voulu l’empêcher de faire du mal à son fils adoptif, je n’aurais pas pu le faire.

— Alors c’est ce qui t’a poussé à collaborer avec Troyd, lors de la guerre ? Par culpabilité ? Avec toutes les horreurs qu’il a commises, je ne comprends toujours pas.

— S’il est devenu comme ça, c’est en partie ma faute. J’ai été trop faible pour repousser l’influence de mon ancien maître de mon esprit. Hélas, même en tant qu’espion pour la cause d’Athéna, je n’approuvais pas tous les faits et geste de ton oncle. La destruction d’Aeglys m’a sauvé d’un lourd fardeau. J’ai eu de la chance qu’Hypnos soit près de moi, quand c’est arrivé. C’est grâce à lui si je suis toujours là.

Flint hocha la tête, alors que son mari rentrait dans leur chambre. Le colosse sursauta lorsqu’il vit les anciens traits de son créateur, assis là où devait se trouver son fils. Il avait déjà compris de quoi ils discutaient. Il avança donc vers eux, les mains dans les poches et le visage assombri.

— Nous ne sommes vraiment pas obligé de faire ça, tu sais ? fit Gabriel en s’adressant à Flint. Randy a déjà vécu son lot de tragédies.

— Ne t’en fais pas pour moi, répondit le vieux mage. Flint a raison de s’inquiéter. Après tout, Virgile a bien essayé de violer les quadruplés. Ce que Troyd a dit est vrai. Il les a protégés quand tu dormais ou que tu étais occupé. Il a gardé ce secret trop longtemps, je dois dire.

— Mais… pourquoi n’a-t-il jamais rien dit ?

— Je l’ignore… ceci est une chose que Troyd a emporté avec lui dans sa tombe… ou plutôt, sa nouvelle vie. Tout ce que je sais, c’est que je suis coupable de sa démence par l’intermédiaire de Thanatos. J’aurais pu l’aider, si ce n’était pas de ma possession.

— Non. En aucun cas est-ce de ta faute, répliqua Flint. Le dieu qui se servait de ton corps agissait pour ses propres intérêts, alors que toi tu ne voulais que retrouver ta famille. Tu n’es pas responsable des actes de mon oncle. Par contre… j’ai l’impression que nous l’avons tous abandonné alors qu’il avait besoin de nous.

— Il a quand même tué Nash, grogna Gabriel.

— Je sais ! Mais cela ne m’empêche pas de culpabiliser. Il souffrait en silence.

Randell haussa les épaules en prenant une grande respiration.

— Malheureusement, mes chers parents, ce sont des choses qui arrivent. Nous ne pouvons rien y faire, autre que ne jamais répéter cette erreur avec nos proches.

— Troyd a quand même essayé d’agresser Lucas quand nous étions adolescents. C’est à cause de lui que nous avons perdu mon frère.

Le mage secoua la tête.

— Non. Il s’agissait de Virgile sous l’apparence de ton oncle. Ton grand-père s’y connaissait en potions. Il n’a eu besoin que d’un seul cheveu de Troyd et cela lui a permis de se transformer.

— Et comment se fait-il que tu saches tout ça ? lui reprocha Flint. Tu étais son complice pendant de nombreuses années…

— Tu as déjà toutes tes réponses, Papa…

Dégoûté, Flint se mit à faire les cents pas dans la chambre de Randell. Son fils et son époux l’observèrent pendant un moment. Quand il réfléchissait, il valait mieux ne pas l’interrompre. Au bout de quelques minutes, Gabriel s’adressa au vieil homme.

— Ça a dû être une expérience horrible de ne pas être en contrôle de ton corps, dit-il. J’imagine que tu voulais tout nous dire, n’est-ce pas ?

— Bien sûr… je mourrai à petits feux de l’intérieur, à chaque fois que j’étais témoins des agissements horribles de ces hommes. Mais Thanatos s’en fichait. Il ne voulait qu’agrandir notre armée de clones… Et bien sûr, Troyd était notre cobaye idéal, puisque son physique avantageux était parfait pour cette expérience…

— Oulalah, Randell…

Gabriel frôla la joue du vieux mage, pour lui démontrer son affection. Ce dernier avait les yeux larmoyants et prenait la main de son père. Il rajeunissait tout doucement, devenant un jeune adulte, puis un adolescent. Une fois enfant, il sauta dans les bras du colosse et éclata en sanglots.

Flint commençait à s’en vouloir d’avoir éveillé ces mauvais souvenirs chez Randell. Il s’approcha de son époux et prit son fils dans ses bras.

— Je ne veux plus revivre mon passé… hoqueta le garçon. Je ne suis plus ce mage…

— Je sais… répondit le grand blond. Tu es notre fils. Tout ça, c’est de ma faute.

— Peut-être qu’on devrait changer ton prénom, suggéra Gabriel. À force de t’appeler Randy ou Randell, tu dois te sentir mal à l’aise…

Le petit garçon hocha la tête et prit la main de son gros père qui le regardait avec tendresse. Il était temps pour le couple de décider comment ils appelleraient leur fils. Il lui fallait un nom propre qui ne soit rien qu’à lui, qui soit l’objet de toute leur affection. Ce fut à cet instant qu’un éclair traversa l’esprit de Flint.

— Mmm… Je crois que j’ai le parfait prénom pour toi ! Que penses-tu de Chris ? C’était celui de ton véritable père à Sylgea.

— Tu… tu connais son prénom ?! s’exclama le petit garçon, émerveillé.

Il se mit à pleurer de plus belle. Flint hocha la tête en posant sa main sur son épaule.

— Oui… Nous avons lu son journal et vu quelques vidéos de lui et de son partenaire Thomas, reprit le blond. Il a tenté de refaire sa vie après que ta maman et toi êtes partis… mais bon… je comprendrais si tu voulais quelque chose de différent.

— N… non ! couina l’enfant. Je veux garder ce prénom… Il est parfait pour moi !

— Le nom de mon grand-père ? remarqua Gabriel, ébahit. Eh bah… pourquoi pas ? Je crois qu’on n’aurait pas pu trouver mieux. Christopher Ryan Markios ou un truc dans le genre ? Ça aurait du style, avouez-le.

— Nan, nan, nan, rouspéta Flint. Chris tout court. C’est plus mignon comme ça.

— J’ai un nouveau prénom ! brailla le gamin, ému par la décision de ses parents.

Le couple avait compris que pour le jeune mage, c’était comme s’il revenait à la vie, encore une fois. Ainsi donc, Randell était devenu de l’histoire ancienne. Ils venaient d’enterrer cet homme pour de bon. Plus jamais il ne reviendrait hanter l’esprit de ce pauvre enfant qui ne souhaitait qu’une chose : vivre une expérience paisible aux côtés de ses nouveaux parents. À partir de ce jour, il porterait le nom complet de Chris Markios ; une nouvelle identité qu’il avait tant recherchée.

— Maintenant, va falloir qu’on avertisse tout le monde et qu’on change quelques trucs dans la base des données, mais je crois que ça fera l’affaire, expliqua Flint à son époux. J’ai hâte de voir la tête des autres lorsqu’on va leur faire la nouvelle !

— Et comment ! s’exclama le colosse. C’est comme si on donnait naissance à notre deuxième enfant ! Enfin… on se comprend.

Flint baissa son visage vers le petit garçon qui le serrait très fort. Il ne pleurait plus, il souriait et venait de fermer ses yeux.

— C’est dingue quand même, à quel point tu nous ressembles, continua le grand blond. T’as déjà une idée de ce que tu veux devenir plus tard, petit bonhomme ?

Chris opina du chef et se tourna vers son gros père avant de le pointer du doigt.

— Je veux être comme lui, grand et fort… dit-il en souriant.

Gabriel rougit timidement. Sûrement, son fils ne voulait pas développer un physique comme le sien. Ça serait absurde ! Mais il voulait prendre son exemple, au moins cela lui faisait plaisir à entendre.

— Mais non, je voulais dire… quel genre de métier tu veux faire ? questionna Flint.

— Je veux être comme Papa Gabriel, répondit l'enfant.

Le grand blond roula des yeux et serra le gamin contre lui. Gabriel sautillait presque de joie, sachant que leur fils le portait grandement dans son estime.

— Dans ce cas, Chris, je vais faire de toi un homme ! déclara le colosse. Tu vas voir ! Je vais tout t’apprendre ce qu’il y a savoir de mes recettes et plus encore !

Le capitaine du Célestia II n’eut pas d’autre choix que d’accepter la défaite. Après tout, Gabriel n’était pas un si mauvais exemple que ça, puisqu’il était un excellent cuisinier, en plus de pouvoir défoncer les murs de béton avec aisance.

La porte automatique de la chambre s’ouvrit un instant plus tard et Dia entra pour sauter sur le lit avec des pattes salles. Flint fronça des sourcils et la gronda :

— Ah c’est malin ! T’as mis de la boue partout !

Elle choisit de l’ignorer. Il soupira et lui caressa la tête, tandis que Gabriel et Chris les observaient en gloussant. Elle tenait dans sa gueule un os que lui avait offert un passant afin de le ronger.

Elle leva son regard vers son porteur, lâchant son os, et dit :

— On va où maintenant ? Est-ce que t’as une idée de notre prochaine mission ?

Le capitaine haussa les épaules.

— Pourquoi pas la Terre où vivent les enfants de Misaki ? proposa le colosse.

— Ah ouais… ça serait un bel endroit à visiter, se dit le grand blond.

Après tout , ils avaient l’éternité devant eux afin d’explorer l’univers et prendre des vacances, s’ils le souhaitaient.

Puisque Troyd avait été exécuté et que plus rien ne semblait menacer le Saint Royaume, ils pouvaient enfin partir sans interruption. Quelque temps s’écoulerait jusqu’à ce que le vaisseau spatial revienne au bercail, d’un très long voyage. Les aventures de Flint et ses amis étaient loin d’être terminées, mais cela, ils ne le savaient pas encore. Tout ceci n’était, après tout, que le commencement d’une nouvelle ère, une épopée remplie de mystères et de rebondissements. Où irait leur équipage par la suite ? Seul le Créateur le savait… car après tout, la vie était semée d’embûches qu’il fallait affronter, jour après jour.

FIN.

Annotations

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