Chapitre 25 : Le premier assaut

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Rassemblés sur le pont, Athéna, Perséphone, Thanatos, Hypnos et Artael étaient en état d'alerte. Le vaisseau se faisait attaquer par des humanoïdes encapuchonnés, depuis l'extérieur. En face d'eux, une grande et large silhouette frappait la vitre centrale de toutes ses forces, avec une grande hache.

— Je n'y crois pas ! On dirait Gabriel ! lâcha l'ancien président. Croyez-vous que ce soient les clones de nos collègues ?

— Sans aucun doute, répondit le Dieu de la Mort. L'ennemi s'est emparé d'eux.

— Oh miséricordes, râla son épouse. On a déjà de la difficulté à gérer nos troupes et maintenant on doit se ramasser avec ça ? Vous voulez tous qu’on se fasse tuer, ou quoi ?

— Persie, ce n'est pas le moment de râler ! lui reprocha sa sœur.

La Reine des Enfers se croisa les bras et haussa son pif, fièrement. Même si celle-ci fut un atout important dans l'apprentissage des soldats, cette dernière conserva une attitude particulièrement hautaine. Cela avait le don de froisser son aînée.

— Très bien, très bien, rechigna la brune. Que dois-je faire ?

— Le vaisseau ne tiendra pas longtemps, il nous faut renforcer nos champs de forces !

Athéna se tourna vers Artael. Celui-ci avait compris où elle voulait en venir.

— Très bien, je me rends dans la salle des machines, tout de suite.

Elle vit celui-ci s'éloigner et sourit brièvement avant de poser son attention sur Hypnos.

— Y a-t-il un moyen de forcer à partir avec tes sorts ?

Le dieu albinos secoua sa tête.

— Je ne crois pas, formula ce dernier. Leurs esprits sont vides de toutes âmes. Ils sont contrôlés à distance par une force malveillante.

— Donc, ce sont des marionnettes... ?

— En quelque sorte.

La Princesse de l'Olympe leva les yeux vers le plafond et serra un poing devant elle. L'alarme du vaisseau commençait à lui donner un mal de tête, mais il lui fallait calmer ses troupes. Plusieurs ingénieurs et personnes, aux commandes de la salle de pilotage, paniquaient sous les coups de haches du clone.

— Madame ! Que fait-on ? demanda un jeune homme en face de celle-ci.

— Mettez le jus dans les moteurs ! Nous devons essayer de les fuir !

— Tout de suite, Madame !

— Ne me décevez pas, timonier !

C'était un brave type, sans histoire. Il n'avait jamais demandé à se retrouver dans une telle situation. Toutefois, cet individu répondait aux ordres de sa déesse depuis le tout premier jour où il posa ses yeux sur elle. Rapidement, celui-ci grimpa au rang de pilote.

Athéna baissa nerveusement ses yeux vers le microphone qui se dressait devant elle. Celle-ci prit une grande respiration et appuya sur un bouton, afin de l'activer.

— Équipage du Célestia, ici votre capitaine qui vous parle ! Nous sommes présentement attaqués par des individus à capes noires ! Les combattants sont priés de se rendre dans la salle des machines et de veiller à ce que rien n'y rentre ! Membres de la Septième Brigade, rejoignez-moi sur le pont ! Quant aux enfants, vos parents ont la permission de vous protéger dans vos chambres !

Le vaisseau bouscula et la demoiselle à la chevelure blonde perdit son équilibre. Elle tomba dans les bras de Thanatos qui se tenait derrière celle-ci. Timidement, elle se releva.

— Les boucliers sont tombés, capitaine ! lança une ingénieure à leur droite.

— Merde ! grogna Athéna. Thane, tu permets ?

Elle se tourna vers le Dieu de la Mort qui la jaugea d'une expression étrange. La dame pointait son arme d'une main. Il hésita un moment, avant de lui tendre son épée.

— Si vous n'êtes pas des dieux, quittez cette pièce et verrouillez la porte derrière vous !

— Mais Madame ! hésita le timonier, sous le choc.

— C'est un ordre ! insista la blonde.

Tous s'exécutèrent sous la directive de leur capitaine, à part Perséphone, Thanatos et Hypnos. Les trois divinités firent apparaître leurs armes, à l'exception du brun. Ce dernier fit jaillir une magie obscure de son corps, prêt à combattre. La vitre principale de la pièce éclata. Au lieu d'être expulsés dans l'espace, comme prévu, les quatre dieux maintinrent leurs positions grâce à un puissant sortilège de Perséphone.

La grande figure bedonnante et aussi imposante que Gabriel se posa en premier à bord du pont, écrasant la chaise du pilote, au passage. Il se releva rapidement avec un sourire narquois. Athéna se doutait bien que cette histoire de clones disparus leur causerait tôt ou tard des problèmes ; jamais elle ne s'était imaginé que ça serait ce jour-là.

— Tout ça ne vous rappelle pas quelque chose ? s'exprima la Reine des Enfers, d'un air cynique. Une jolie invasion à Baldt, par exemple ?

— Ça va, ça va, soupira son mari. Pas besoin de me rappeler que j'ai commis d'innombrables bêtises avec mes expériences !

— Je te signale que ces clones, c'était ton idée !

— Oh, mais je dis ça, je dis rien...

Thanatos toisa son épouse. L'envie pressante de lui coller une baffe lui venait à l'esprit, mais il se retint. Il posa alors son regard sur le colosse en face de lui.

— Vous vous querellerez plus tard ! lança Athéna en contournant son siège de capitaine.

L'arme en main, elle bondit en direction du grand type bedonnant, portant toujours sa capuche. Il poussait des grognements et des bruits ressemblant à ceux de zombis. Celui-ci ne comprenait pas ce qu'ils se disaient tous, mais secouait quand même sa hache en direction de la princesse. Quelques secondes plus tard, deux autres individus rejoignirent celui-ci. L'un tenait une épée ténébreuse dans sa main, alors que l'autre avait plutôt l'air d'une jeune femme avec un bâton métallique.

— Shayne et Misaki, songea la blonde. L'ennemi sait exactement comment combiner leurs forces et leurs faiblesses, je n'y crois pas...

Elle cligna des yeux avant de poursuivre verbalement :

— Soyons prudents !

Le clone au bâton fit apparaître des morceaux de pierres de ses doigts et les envoya vers sa cible d'en face : Thanatos. Celui-ci désintégrer ces roches avec une sphère magique aussi sombre que ses vêtements. Athéna reconnut l'élément du néant, jumelé à celui des Ténèbres. Elle n'aimait guère lorsque celui-ci se servait de cette magie, mais pour le moment, celle-ci ne pouvait pas s'en plaindre.

— Attention avec ce truc, remarqua Hypnos, à son meilleur ami. Nous sommes à bord d'un véhicule ! Ce n'est pas un terrain de jeu !

— Je sais, pardonnez-moi ! répliqua sèchement le brun.

Pendant ce temps, Perséphone échangeait quelques coups de fleurets avec celui qui se faisait passer pour Shayne Wolfe. Elle maintenait une posture assez ferme, une main derrière son dos. Concentrée, elle renvoyait tous les coups à son adversaire.

— Oh ho ho ! Il y a longtemps que je ne me suis pas amusé comme cela avec un ennemi ! fit la Reine. Par ici mon mignon, je vais faire de toi qu'une bouchée !

Cela déconcentra Thanatos, qui lui jeta un air dégoûté, avant de se faire frapper au visage par le bâton de leur adversaire. Le clone de Misaki Megumi avait profité de la distraction pour le faire trébucher. Elle lui fit ensuite apparaître une énorme pierre au-dessus de sa tête, plus tranchante que son sortilège précédent.

Hypnos, incapable d'utiliser ses illusions, s'avança rapidement afin de protéger son ami. Lance en main, il planta son arme dans le corps de la figure encapuchonnée et projeta un faisceau lumineux dans celle-ci, afin de la propulser hors de la salle des commandes. Le clone tournoya rapidement dans l'espace, sous leurs yeux ébahis.

Athéna traça un pentagramme magique dans les airs, se protégeant avec l'épée dans sa main droite. Aussitôt, une pluie de flèches lumineuses fonça tout droit vers le colosse, dont le capuchon se déchira. Cela dévoila à la déesse qu'il s'agissait effectivement de Gabriel, du moins, de son corps d'origine. Elle grinça des dents.

— Désolé, mon vieil ami, mais je n'ai pas le choix !

La Princesse de l'Olympe planta l'épée dans le pentagramme et les flèches devinrent une multitude d'épées de lumières aux teintes différentes. Le grand homme barbu encaissa chaque coup, mais se couvrit avec ses bras jusqu'à ce qu'il s'effondre au sol. Le corps de l'ex-golem baigna dans son sang, sous le regard angoissé d'Athéna.

— Ne t'en fais pas pour ça, déclara Hypnos, derrière elle, comme s'il avait deviné l'inquiétude de son homologue. Leurs véritables corps ont cessé d'exister le moment où le néant les a tous tués. Le plus important, ce sont...

— Ce sont leurs âmes, je sais, trancha la blonde. Merci.

Hypnos sourit à cette remarque, mais se rendit compte que Perséphone avait parlé trop vite, un peu plus tôt. Le clone du Général Wolfe l'avait repoussé dans un coin de la pièce. Elle se prépara à parer un coup violent, lorsque le Célestia fut pris de violentes secousses.

¤*¤*¤

Le portail de la salle des machines s'activa et un grand homme bedonnant vêtu d'une armure apparût. Traînant une charrette avec ses bras puissants, telle fut la surprise lorsqu'il vit plusieurs armes se poser sur lui. Dans la plus grande confusion, Gabriel Markios se rendit compte que l'alarme du vaisseau était active.

— Mais que s'est-il passé ici ?! grogna celui-ci, furieux.

— Baissez vos armes ! tonna une voix, derrière les soldats.

Le colosse n'eut pas besoin de tourner sa tête vers la source pour reconnaître Artael, accourant à son secours. Le gros barbu lâcha les manches de la charrette et accueillit le mage à bras ouverts, comme s'il ne l'avait pas vu depuis longtemps.

— Mais Artie, c'est quoi ça ?

— Nous sommes en train de nous faire envahir par vos clones, répondit l'ex-président. L'ennemi a finalement décidé de passer à l'action.

— Oh non... ! Je dois prévenir Flint et les autres !

Gabriel se couvrit la bouche d'une main, surpris.

— Concentre-toi plutôt à protéger la porte. Je dois réactiver les boucliers du Célestia. Peux-tu faire ça pour moi ?

Le guerrier à l'armure de fer hocha la tête, puis fit apparaître sa grosse hache avant de se positionner devant l'unique entrée et sortie de cette salle. Il était entouré d'une dizaine de volontaires, tous armés et portant d'équipements solides. Gabriel remarqua que plusieurs démons de races mineures étaient apparus à bord de l'énorme véhicule.

— Ils ont employés les grands moyens pour nous retrouver, ma parole ! s'exclama celui-ci. Ça dure depuis combien de temps, tout ça ?

— L'alarme s'est déclenchée, il y a dix minutes ! dit un homme à sa droite.

— Faudrait peut-être contacter l'équipe sur Dickens, non ?

— Pas la peine, intervint Artael, depuis un ordinateur. Je leur ai déjà envoyé des messages avant que tu n'arrives.

— Dans ce cas, ils ne vont pas tarder à revenir, se dit le colosse pour lui-même.

Et il avait raison, car peu de temps après s'être placé au centre de la formation, la porte métallique, les séparant au couloir, fut défoncé par un ogre vêtu d'une armure épaisse. Trop grand pour le vaisseau ce dernier devait pencher as tête d'un côté. Il était équipé d'un lourd maillet solide que celui-ci secouait dans tous les sens.

— Non, mais comment sont-ils entrés ?! lâcha un soldat, près de Gabriel.

Le guerrier bedonnant déglutit et recula en bloquant le coup de maillet. Il fonça alors dans l'ogre et lui trancha le ventre avec son arme. Pendant ce temps, plusieurs gobelins, squelettes et chauves-souris cyclopes entrèrent dans la salle des machines. Gabriel comprit rapidement que leur objectif était de rejoindre le portail. Pourquoi ? Il n'en avait aucune idée, mais sa seule hypothèse fut que l'ennemi voulait ouvrir un passage vers leurs quartiers généraux. Dans un élan désespéré, le colosse revint sur ses pas et hurla son cri de guerre. Cela paralysa plusieurs de leurs ennemis, de peur.

— Ne les laissez pas traverser le portail ! ordonna-t-il aux soldats.

— À vos ordres, Monsieur Markios ! répondit une jeune femme.

— Inutile de leur dire que je ne suis pas leur supérieur direct, se dit Gabriel. Ils ont besoin de quelqu'un pour les diriger, autant remplir ce poste.

Le gros barbu avait assez traîné avec des capitaines et des figures d'autorités qu'il se sentait d'attaquer pour gérer un petit groupe de miliciens et de soldats. Celui-ci indiqua aux trois porteurs de boucliers et de lances de bloquer l'entrée alors qu'il ordonna aux archers et mages de se placer près du portail. Finalement, les gens armés d'épées et de dagues le rejoignirent derrière la barricade humaine.

Les monstres qui réussissaient à entrer dans la salle des machines se faisaient tous éliminer, un par un. Finalement, il ne restait plus rien. Curieux, Gabriel sortit au couloir et regarda à gauche, puis à droite.

— Le système de sécurité a verrouillé le passage ! héla celui-ci par-dessus son épaule.

— Logique ! répondit Artael, depuis son ordinateur. Le toit a été défoncé dans l'aile ouest du vaisseau. Nous allons devoir le réparer une fois le bouclier arrangé !

— Nous, nous sommes en confinement forcé ?

— Oui, mais au moins, nous pouvons veiller sur le noyau de création, d'ici.

Le colosse hocha la tête et posa sa grosse hache à terre. Il prit une grande respiration et se frotta la barbe. Comment avait-on pu les repérer si facilement ? Quelqu'un les avaient-ils trahis ? Il ordonna aux soldats de soigner leurs blessures et se dirigea vers la pièce adjointe où se trouvait le noyau — leur réacteur. Ce dernier était toujours intact et il n'y avait aucune trace de l'ennemi, tout près. Toutefois, celui-ci se dit qu'il valait mieux rester vigilant, car il était fort possible que les monstres tentent d'entrer par-là.

Le Célestia se mit à pivoter dans tous les sens, Gabriel dû s'agripper à une rambarde afin de l'empêcher de tomber. La pièce du noyau était plus petite que celle du portail, mais le centre nerveux du vaisseau s'y trouvait. Sur le coup, le guerrier s'inquiéta pour l'équipage. Une fois la panique passée, il sortit sa tête vers la salle des machines.

— Tout va bien !? lança ce dernier, vers Artael.

— Ne vous en faites pas ! s'exclama l'ancien président. Le champ de force est de retour !

Tous poussèrent des soupirs de soulagements. Gabriel remarqua que la charrette remplie de légumes et de plantes sauvages avait été renversé par les secousses. Il grogna pour lui-même, sachant qu'il devrait tout ramasser avant l'arrivée de Flint et du reste de son groupe. Il se pencha rapidement pour ramasser une étrange courgette rouge, roulant à ses pieds. Après quoi, l'homme rangea sa hache dans sa bague magique.

— Les couloirs sont-ils sécuritaires ? demanda l'un d'entre eux.

— Par encore, répondit Artael. Le noyau est en train de réparer tout ça. D'ici quelques minutes, vous devriez pouvoir sortir d'ici.

— Ah merde, je ne peux pas endurer cette odeur... ! se plaignit l'une des guerrières, près de l'ogre éventré. Auriez-vous une bonbonne de parfum, les gars ?

Ses compagnons haussèrent des épaules alors que Gabriel roula des yeux. Quant au mage blond, ce dernier tapotait encore sur son clavier. Peu à peu, l'énergie fut rétablie à travers tout le vaisseau et les confinements furent levés à travers tous les étages. Cependant, il reste encore plusieurs bestioles à tuer.

Le colosse se fraya un chemin vers l'aile ouest du Célestia, lorsque les ouvertures des couloirs s'ouvrirent. Il trouva une dizaine de gobelins qui s'en prenaient à Cassandra et quelques infirmières. Il sortit sa hache à nouveau et fonça vers ses adversaires.

— Ça va Cassie ?! Rien de cassé !?

— Ouais ! Ne t'en fais pas pour moi, Gab. Il s'est passé quoi ?!

Elle se trouvait à quelques mètres de lui, alors ils durent élever la voix, un peu. Aux côtés de la soigneuse, Luna Kelly brûla vif un mort-vivant dont la tête roula près des pieds de sa partenaire de combat. Pour la première fois depuis un bail, ils avaient ressentis les forces du mal. Tous les trois savaient que cela ne présageait rien de bon.

— T'as des nouvelles de Flint ? demanda la magicienne en sortant de l'infirmerie.

— Négatif, répliqua Gabriel. Les communications sont bloquées.

— Nous devrions fouiller le deuxième étage et le rez-de-chaussée, dans ce cas !

— Bonne idée, je viens avec toi !

Le colosse jeta ensuite un coup d'œil rapide à l'elfe.

— Ça ira, avec tes patients ?

— Ne vous en faites pas pour moi. Estelle et Kylie sont avec nous.

Gabriel songea alors à son fils, il se demandait s'il était en sécurité. Comme si elle avait deviné la question de son collègue, Cassandra ajouta :

— Randell est avec Lucas et Misaki. Ne t'en fais pas pour lui.

— T... très bien, dans ce cas !

Le guerrier imposant et la magicienne s'enfoncèrent aussitôt plus loin dans l'aile ouest et montèrent au deuxième étage, qui était éloigné et plus petit qu'au premier. Là-bas, on pouvait y retrouver les chambres des membres les plus hauts gradés de tout l'équipage, mais ces dernières étaient vides. Toutefois, les deux brigadiers détectèrent des démons mineurs sur place et combattirent contre ces derniers.

À leur grande surprise, ils furent attaqués par une figure encapuchonnée. L'individu pointait son épée en direction du colosse. Gabriel fronça des yeux, trouvant cette grandeur et cette largeur étrangement familière. Lorsque l'ennemi tenta de lui planter son arme dans son armure, il fut arrêté par les grosses mains du brigadier. Luna s'empressa d'ôter la capuche recouvrant le visage de leur agresseur et sursauta. L'adversaire profita de cette opportunité pour enfoncer son arme dans le ventre de la magicienne.

Un filet de sang sortit de la bouche de Luna, qui n'avait pas compris ce qui s'était passé. Elle leva les yeux dans les airs, avant de s'effondrer sous le regard horrifié de Gabriel. Celui-ci, fou de rage, empoigna la tête du blond et lui brisa la nuque. Ce fut lorsqu'il vit le corps de l'ennemi lui adresser un regard vide qu'il poussa un cri, horrifié.

¤*¤*¤

Estelle et Kylie, patrouillant à travers le couloir, entendirent le hurlement strident de Gabriel. La première réaction de sa fille fut de se tourner en direction des escaliers du deuxième étage, mais son épouse lui mit une main sur l'épaule, afin de l'empêcher de bouger. De petites créatures aux regards globuleux sortaient des ombres afin de les entourer. Elles étaient encerclées.

— Fais chier ! Le bouclier n'a pas fonctionné ! râla la punk.

— Au contraire, dit Artael en sortant de la salle des machines. L'ennemi est seulement plus rusé. Il se sert d'une vielle tactique de portails magiques pour transférer ses hommes.

Le puissant mage fit apparaître plusieurs chaînes lumineuses qu'il fit claquer de chaque côté des jeunes femmes. Il élimina presque une dizaine de ces créatures aux yeux fluorescents, tandis que sa petite fille planta une dague dans le ventre de celle qui bondit dans sa direction. Kylie n'eut aucune difficulté à tuer la plupart d'entre elles.

— Dans ce cas, il y a un traître parmi nous, s'ils ont accès à ce vaisseau ! grogna celle-ci.

— Sûrement, mais pour le moment, nous devons trouver la source de leurs apparitions. Rendons-nous au rez-de-chaussée. J'ai des doutes que le hangar soit bien protégé.

— À vos ordres, Chef !

Estelle hésita un moment, puis se tourna vers l'infirmerie. Cassandra lui fit signe d'y aller, d'une main. D'autres brigadiers étaient venus à leurs renforts, alors elle ne s'inquiétait pas. La petite blonde accepta donc de partir en compagnie de son grand-père et de sa compagne. Ils descendirent rapidement les escaliers les plus près et se retrouvèrent près de l'entrée du hangar.

Déjà, le trio put remarquer un homme, ou bien une femme, portant une cagoule pour recouvrir son visage. Cependant, c'était une petite personne qui leur lança des flammes, aussitôt qu'elle les vit. Artael reconnut rapidement le style de combat de son ancienne protégée, la magicienne Luna. Déconcerté, il se souvint de ce qui s'était passé sur le pont.

— Il s'agit d'un clone, dit-il, essayant de garder son calme. L'un des corps disparus des incubateurs. Si j'ai bien saisis la gravité de la situation, l'ennemi s'est emparé de vos anciennes carapaces charnelles pour les manipuler...

Estelle grinça des dents, reconnaissant les formes de son mentor féminin. Elle dressa donc un champ de force autour d'elle et de Kylie Sanders. Déjà, un puissant jet de feu vint les entourer. Le double de Luna ne les laisserait pas partir vivants de ce couloir.

— Nous devons l'éliminer ! réagit Artael.

— Mais t'es fou !? Il s'agit du corps de Luna ! rugît la journaliste.

— C'est faux. Nos véritables corps n'existent plus depuis nos morts respectives. Ce ne sont que des coquilles qui représentent nos âmes angéliques. Luna existe déjà ailleurs.

— Dans ce cas, nos corps d'emprunts n'auront servi à rien ! grommela Kylie.

— Pas vraiment, répliqua l'ancien président. Ceux dans lesquels Athéna vous a réincarnés étaient marqués par les machines du Saint Royaume, afin de vous retrouver plus facilement. Luna a donc frappé deux pierres d'un coup, sans le savoir.

Accablée par les propos d'Artael, Kylie se tourna vers son supérieur.

— Comment ça !? Et c'est maintenant qu'on nous le dit ?

— Elle m'avait envoyé un rapport avant de sortir de la salle des machines, par un messager. Ne vous en faites pas, elle vous en parlera plus tard.

Estelle et son épouse étaient si déconcentrées par les paroles du mage, qu'elles ne virent pas la fissure dans le champ de force. Ce dernier éclata et la petite blonde fut propulsée à quelques mètres de ses camarades. La punk fit apparaître son bouclier dans sa main gauche et fonça tout droit en direction de la fausse Luna.

Le patriarche de la famille Markios prit une grande respiration avant de lancer une pluie de flèches de lumières en direction de la personne encapuchonnée. Le corps possédé s'agenouilla, mais dans une tentative désespérée, essaya de jeter une dernière attaque vers Kylie. La guerrière dévia la boule de feu avec son bouclier et enfonça son épée dans la gorge de leur ennemi. L'individu s'effondra à ses pieds. Elle retira le capuchon, dévoilant une chevelure légèrement mauve, avec des teintes blondes.

— Ça veut dire que ces salauds utilisent tous nos corps comme des pantins !? s'exclama celle-ci. Je n'en reviens pas à quel point les dieux peuvent être répugnants.

— Et encore, ils ne savent pas entièrement se servir de vos pouvoirs, remarqua Artael.

Il darda un regard autour de lui et essaya de repérer d'où venait la source du mal. Au fond du couloir, il ressentit une énergie malsaine et fit signe aux jeunes femmes de le suivre. Estelle n'avait rien de grave, seulement elle était un peu secouée.

Finalement, ils trouvèrent un portail ténébreux, d'où sortaient des démons mineurs à un intervalle de quelques secondes. Le puissant mage s'empressa d'éliminer la source magique, coupant tout accès à l'ennemi de les rejoindre par ce passage. Estelle et Kylie s'occupèrent d'abattre les bestioles. Artael ne repéra plus rien d'anormal à cet étage, alors il vérifia dans les chambres, au cas où il n'y aurait pas des victimes.

Ils finirent par rebrousser chemin jusqu'au premier étage. L'alarme principale s'était arrêtée, peu à peu, tout semblait revenir en ordre. Cependant, ils entendaient toujours les hurlements du colosse depuis le deuxième étage. Quelques soldats s'étaient rassemblés près des escaliers, en compagnie de Cassandra qui essayait de les calmer.

— Mais que se passe-t-il ?! interrogea Estelle. Pourquoi mon père hurle-t-il comme ça ?

L'elfe haussa des épaules.

— Je n'en sais rien, mais il refuse qu'on s'approche de lui pour le moment. Il s'est montré très hostile envers l'une de mes infirmières et ne fait plus que pleurer... Crois-tu pouvoir le raisonner ?

La petite blonde hocha la tête, avant de foncer à travers les soldats qui leur bloquait son chemin. Elle grimpa rapidement les marches de l'escalier, menant au deuxième étage. La guérisseuse quant à elle, soupira de soulagement.

— Circulez, je vous prie, ordonna cette dernière, d'une manière posée. J'ai besoin que vous alliez me chercher ceux et celles qui ont été blessés par cet incident.

Pendant ce temps, Estelle arriva enfin à destination. Elle vit que Luna s'était appuyé contre un mur. Cette dernière était en train de refermer sa propre blessure, alors que Gabriel pleurait à chaudes larmes, un peu plus loin. La journaliste remarqua qu'il tenait entre ses mains, le corps inanimé de Flint, ou plutôt, le double de celui-ci.

— Oh Flint ! se lamenta le colosse. Pourquoi t'as fait ça... !? Pourquoi t'as essayé de la tuer ?! JE NE COMPRENDS PLUS RIEN !

La blonde soupira et se tourna vers Luna.

— Il est comme ça depuis combien de temps ?

— Depuis une dizaine de minutes...

— Laisse-moi faire. Je vais essayer de le calmer.

— Bonne chance.

Estelle n'avait pas besoin de chance, puisqu'elle savait qu'il ne s'agissait pas vraiment du véritable Flint. Son père à la chevelure blonde était toujours vivant, quelque part.

— OH FLINTOUNET ! QUE VAIS-JE DEVENIR SANS TOI !? OUAAAAH !

Ça en devenait presque embarrassant pour la pauvre journaliste qui devait observer son autre figure paternelle, dans cet état. Elle s'approcha finalement et mit une main sur son épaule, afin qu'il prenne connaissance de sa présence.

— Papa, arrête de pleurer, dit-elle. Ce n'était pas lui.

— SI ! C'ÉTAIT MON CHÉRI ! J'AI TUÉ MON BÉBÉ... ! OOUAAAAAAAAH !

Le pauvre ex-golem pleurait tellement que sur son armure métallique, on avait l'impression d'y voir des chutes y couler de manière naturelle. Estelle roula des yeux et tira l'oreille de son père. Celui-ci grimaça de douleur avant de se tourner vers sa fille.

— Eh ! Mais qu'est-ce que tu fais ? pleurnicha Gabriel.

— C'est un clone ! insista sa fille. C'est l'un des corps laissé derrière, avant de partir en mission ! Tu comprends maintenant ? Ce n'est pas Papa ! C'est son double !

— Ah... ah bon... ? renifla le colosse.

— C'est ce que je me tue à te répéter depuis une minute.

Le guerrier bedonnant cessa de pleurer aussitôt, puis laissa tomber le cadavre du clone. Il se leva et essuya ses larmes. Estelle lui expliqua alors qu'il s'agissait d'un coup de l'ennemi, qu'ils avaient été victimes d'une embuscade. Tout ceci n'était qu'une déclaration de guerre envers Athéna et ses alliés, d'après elle. Son père opina du chef, réalisant qu'elle avait raison sur toute la ligne. Celui-ci observa ensuite celle-ci s'approcher de la magicienne, afin de l'aider à se relever.

— Donc, nous nous sommes fait avoir... fit Luna. On va devoir redoubler de prudence.

— C'est aussi ce que je crois, répondit la petite blonde. Partons rejoindre Grand-Mère. Elle pourra sûrement nous en dire plus sur la situation !

Les deux autres approuvèrent cette demande, mais Gabriel hésita un moment. Il posa son regard sur le cadavre de celui qui aurait pu être son mari et ressentit un bond dans sa poitrine. Il avait frôlé l'arrêt cardiaque. Celui-ci espérait, plus que tôt, que le véritable Flint n'avait rien de grave et qu'il lui reviendrait sain et sauf. Sans plus attendre, ils partirent tous les trois du deuxième étage. La guerre ne faisait que commencer...

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Le chemin vers la Lumière, c’est l’amour,
C’est l’amour.
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Si tu ne vois plus la lueur au bout de ton désespoir,
Sache que ton chemin vers la Lumière, c’est l’amour.
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Ni à ta condamnation personnelle.
Du renouveau de ton âme, tu approches.
D’abord, pour les autres et toi : ton pardon ;
Des remords et des regrets : ton absolution ;
Ton apprentissage de l’amour : ta solution ;
Laisser derrière toi le passé, ta résurrection.
Le chemin vers la Lumière, c’est l’amour,
C’est l’amour
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