Chapitre 23 : Le souhait d'Artael

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Les entraînements commencèrent tels que prévus le 28 juillet 3918 AD. Tous les membres de la Septième Brigade se rendirent à la salle sportive après s'être préparés pour les prochaines heures. Flint brilla par son absence. Celui-ci décida de prendre le portail pour se rendre à Acrylos, où il partit cueillir d'autres légumes frais pour son équipe. Le vaisseau ne partirait pas avant d'avoir rechargé ses batteries, alors il profita de cette occasion pour explorer un peu la planète volcanique.

— Cette planète est chaude, mon doux !

L'homme à la chevelure dorée venait de monter une colline à un kilomètre de la zone où il était arrivé. Les scientifiques dans la salle des machines lui ordonnèrent de revenir avant l'heure du midi, il ajusta donc sa montre en conséquence. Le capitaine avait emporté avec lui un sac à dos dans lequel il transporterait les aliments.

Il jeta un coup d'œil sur sa bague magique avec laquelle plusieurs personnes, à bord du vaisseau, s'amusaient. Il aurait pu y mettre de la nourriture, s'il le souhaitait, mais le système de stockage avait une certaine limite quant au nombre d'objets que l'on pouvait y entreposer. Il possédait déjà une collection de bricoles, des armes, des morceaux d'armures et même quelques friandises que Scottie lui avaient préparés. Flint se dit qu'il devrait tôt ou tard, y faire le ménage. Pour le moment, il avait pour simple mission de récolter d'autres légumes sur cette planète.

— Espérons que j'y trouverais les mêmes tomates qu'hier... miam !

Il avait l'habitude de se parler tout seul lorsque personne ne l'observait. Parler dans le vide lui permettait de garder son calme, une habitude qu'il avait adopté de son époux. Habituellement, Gabriel le suivait comme un chien de poche. Se retrouver sans la présence de son bien-aimé, pour quelques heures, allait lui faire un peu de bien. Il avait besoin de tranquillité et de se rendre utile, puisqu'il refusait catégoriquement de voir sa mère. Celui-ci éprouvait toujours de la difficulté à lui pardonner.

— Tiens bon, mon Flint. Plus qu'une dizaine de minutes et t'aura atteint les bois...

Et il disait vrai, car cela lui prit une dizaine de minutes avant de trouver une série d'arbres, au nord des plaines qu'il venait de traverser. Ce secteur approchait les trente-sept degrés Celsius, ce jour-là. L'humidité étant pire que la veille, il ôta son chandail et le stocka dans sa bague magique, préférant se promener en tee-shirt.

Le grand blond croisa le même genre de fauve qu'ils croisèrent durant la veille. Il l'aveugla avec un jet de lumière bien placé et fit fuir ce denier en lui brûlant les moustaches. La bête le laissa tranquille par la suite. Le capitaine n'avait guère envie de se battre. Il avait simplement besoin de se promener un peu.

— C'est dommage qu'il n'y ait pas de formes de vies intelligentes, ici. J'aurais bien aimé rencontrer quelqu'un. Luna deviendrait folle d'en apprendre plus sur les autres cultures, si c'était le cas. Je l'imagine déjà qui sort son calepin afin de prendre des notes...

Il gloussa tandis qu'il grimpa une autre colline, trouvant des branches de persil ayant mutés avec l'environnement de ce monde.

À vrai dire, Acrylos avait déjà été visité par les anges, d'après les dieux qui se trouvaient à bord du vaisseau. Ce monde fut transformé grâce au pouvoir du puissant noyau de création. Pour cette raison, ces terres étaient fertiles. Cependant, cela faisait plusieurs millénaires qu'on avait abandonné ces lieux. Athéna craignait que les plantes ne soient plus comestibles ou bien toxiques à cause de l'atmosphère ardente. Il y avait des cendres volant depuis plusieurs directions.

Le monde entier était un gigantesque volcan en éruption. Flint n'avait pas peur de mourir de la lave, puisque se trouvait sur une surface très élevée. Les nombreuses transformations de ce monde avaient fait en sorte que le sol était plus fertile que jamais. Il n'y avait presque pas de lacs et de rivières, cependant il existait de nombreuses cavernes souterraines, d'où la plupart des plantes tiraient toute cette eau.

Alors qu'il marchait le long d'un ruisseau de lave, un peu plus tôt, le capitaine fit un poisson étrange bondir à la surface. Les espèces aquatiques de cette planète évoluèrent tellement qu'elles devinrent résistantes à la chaleur. Il serait donc impossible pour les passagers du vaisseau de consommer leur viande, car rien ne pouvait les faire cuire.

— La magie des dieux est trop bizarre, mais bon, je m'en fous. Au moins on va manger !

D'après Hypnos, il n'y avait aucun danger que les représentants du Saint Royaume puissent localiser l'emplacement exact du Célestia, puisque cette planète fut abandonnée il y a fort longtemps. L'équipage du vaisseau pouvait donc y revenir quand ils avaient besoin d'y récoler des ingrédients. La veille, la divinité albinos s'assura même de scanner Acrylos avec les machines de leur gigantesque véhicule. Ils ne trouvèrent aucun signe de vie angélique, ni de satellites à proximité. Si des appareils avaient autrefois existé à cet endroit, la lave avait tout détruit.

Le blond trouva enfin ce qu'il cherchait. Il se pencha près d'une énorme pierre, où poussaient du persil en abondance. Leurs feuilles avaient une couleur légèrement violacée, ce qu'il ne comprenait pas. Cependant, ça avait la même odeur et la même saveur que ce qu'ils trouvaient autrefois sur Aeglys.

Flint Markios ? fit une voix.

Le capitaine leva sa bague magique en l'air et vit qu'elle brillait. Il appuya sur la gemme et un hologramme miniature apparut devant lui. Il s'agissait de l'un des techniciens, situés à bord du Célestia. L'homme aux yeux bleus cligna des yeux.

Monsieur, je suis désolé de vous déranger, mais votre père souhaiterait vous parler et vous avez bloqué votre messagerie instantanée. Nous avons été obligés d'utiliser le serveur d'urgence pour vous contacter.

L'épéiste se mordilla la lèvre supérieure et soupira. Il savait exactement à quoi s'attendre, si son père souhaitait lui parler. L'image de l'hologramme changea rapidement, pour laisser place au patriarche de la famille Markios.

Veux-tu me dire à quoi tu joues ? Depuis quand désobéis-tu aux ordres de tes supérieurs ? Ta mère est dans tous ses états à cause de toi... Elle n'arrive pas à se concentrer sur son cour et Luna a offert de l'aider.

— Tu me déranges pour ça ? Franchement, tu pourrais me laisser respirer un peu.

Je t'interdis de me parler sur ce ton, répliqua son père calmement. Maintenant, explique-moi ce qui ne va pas. Je veux savoir ta version des faits.

Le grand blond passa une main dans ses cheveux et lui expliqua mot pour mot la raison de sa frustration avec la déesse. Quand il eut terminé son monologue, Artael se prit le menton et réfléchit pendant un instant.

Je comprends, dit-il. C'est exactement ce que ta mère m'a expliqué, hier soir. Elle n'a pratiquement pas fermé l'œil de toute la nuit.

— Bah, tant mieux pour elle. Ça lui servira de leçon de nous trahir ainsi.

L'ex-président plissa des yeux. Les paroles de son fils commençaient à sérieusement l'agacer. Il se dit qu'il valait mieux ne pas le provoquer, alors il opta d'adopter une approche différente avec celui-ci.

Peu importe. En tant que ton supérieur direct, je te recommande de prendre cet entraînement à cœur. Je t'ai déjà négocié une place avec le groupe d'Hypnos. Il a dit oui.

— T'es sourd ou quoi ? Ce mec est responsable de ce que j'ai fait à Wyatt !

Est-ce vraiment la raison pour laquelle tu en veux à ta mère ?

— Bah ouais ! À cause de vos récentes décisions, vous avez poussé l'un de mes amis à bouts et vous m'avez forcé à me défendre. Comment suis-je supposé lui pardonné après ça ? Vous auriez dû nous faire plus confiance et nous dire dès le départ que nous devions apprendre à maîtriser cette capacité. Ça nous aurait évité un massacre !

Pourtant, il n'y a personne de mort à cause de ces illusions

— Je m'en bas les couilles.

Le père de Flint était sidéré par le langage vulgaire de Flint, qui l'avait appris dans les ruelles de Baldt. La langue des rues, telle qu'on l'appelait, n'avait rien de charmant. Les anciens citoyens de cette ville s'en servaient pour insulter les autres ou bien pour exprimer leur frustration. Au palais présidentiel, normalement, on se faisait sévèrement gronder pour employer des termes aussi grossiers.

T'as quel âge, maintenant ? Trente et un ? Tu te comportes toujours en adolescent.

— Ouais et toi tu couches avec une félonne, alors nous sommes deux à être déçus.

Mes affaires de cœurs ne te concernent pas. Je suis assez grand pour prendre mes propres décisions. À t'entendre, tu as l'air à t'opposer au retour d'Athéna dans ma vie. Tu sais que j'ai longuement pleuré sa mort ?

— Fais ce que tu veux. De toute manière, je suis assez vieux pour me débrouiller sans mes parents. J'ai passé l'âge à me cacher derrière vous.

Dis l'homme qui passe son temps à employer Gabriel comme un bouclier humain.

— Ça n'a rien à voir ! Gabriel et moi, nous sommes comme ça ! On se protège, quoi.

Ce n'est pas du tout où je voulais en venir et tu le sais. Tu as tendance à toujours remettre tes problèmes à ton époux et celui-ci, qui a un grand cœur, ferait tout pour t'aider. Cependant, même les anges et les dieux ne vivent pas éternellement, alors je te le dis en tant que père : l'un de ces jours, tout ceci te sautera au visage et tu le regretteras.

Le blond en avait plus qu'assez que son père lui faisait des morales sur son mariage et sa manière de gérer certaines situations. Il se frotta la bouche, en réfléchissant.

Mais bon, nous savons tous les deux à quel point Gabriel est follement amoureux de toi, poursuivit son père. J'aimerais néanmoins que tu réalises ceci : parfois, je trouve que tu abuses de sa gentillesse. Il était autrefois un ami de la famille et maintenant il en fait partie. N'oublie pas tous les sacrifices qu'Athéna et lui ont faits pour nous. Nous leur devons Aeglys, après tout, et notre libre-arbitre dans cette guerre spirituelle.

— D'accord, je veux bien reconnaître que Maman est une tacticienne hors-pair. Cependant, elle n'y connaît rien aux humains et nous prend souvent pour des cons. Elle devrait nous impliquer plus souvent dans les décisions de votre nouveau Conseil. Baldt était une nation démocratique, nous n'avons jamais le droit d'assister à vos réunions et...

Artael pouffa de rire si fort que cela fit sursauter le capitaine. Celui-ci cligna des yeux et pencha sa tête d'un côté. Il n'aimait guère cette sensation.

— Te moques-tu de moi, Papa ? questionna-t-il.

Non, répondit celui-ci. Seulement c'est la première fois que je t'entends parler de politique de manière si passionnée. Je pensais que t'en fichais, pour être honnête avec toi. Se pourrait-il que tu souhaites devenir conseiller ?

— Je ne vois pas le problème.

Le mage recouvrit sa bouche en étouffant un gloussement. Cela embêta Flint.

Mon fils, poursuivit l'ex-président. Nous avons de la difficulté à te faire remplir des rapports de missions et de nous les remettre à temps. Crois-tu réellement que nous pourrions te donner un passe-droit, sous prétexte que tu es de notre famille ? Je te laisserais bien une chance, mais tu manques d'assiduité.

— Bah, ça se travaille...

Le capitaine se passa une main derrière la nuque et regarda dans une direction que son père ne pouvait voir, depuis sa position.

Ça fait des années que nous essayons de t'apprendre à ranger ta chambre ou à être à l'heure dans nos nombreux rendez-vous. Désolé Flint, mais je ne crois pas que l'on puisse te faire confiance pour le nouveau Conseil. En toute sincérité, tu es un excellent guerrier et capitaine de brigade, mais tu n'as pas l'étoffe d'un politicien.

Le concerné grogna en secoua sa tête.

Par contre, ta mère m'a mentionné ce matin qu'elle aimerait que vous puissiez assister à nos réunions en tant que témoins, de temps à autres. Nous serions prêts à te prendre à partir de la semaine prochaine.

L'épéiste ne répondit rien. Cela inquiéta son père.

Allons, Flint. Tu me boudes ?

Le grand homme aux cheveux dorés retourna son regard vers Artael.

— Ce n'est pas à toi de me dire ce que je peux être et ce que je ne peux PAS être ! Tu n'as aucun respect pour les rêveurs tel que moi ! Sans rêves, nous n'aurions pas d'inventeurs ! Sans inventeurs, nous n'aurions pas des gens comme Athéna qui se tuent à créer de nouvelles choses, dans l'unique espoir de nous faciliter la vie !

En terminant cette phrase, le capitaine réalisa un détail important.

— Oh... tu as fait exprès de me provoquer, c'est malin.

Artael esquissa un sourire.

Je te connais mieux que quiconque, mon fils. C'était pour moi la seule façon de te faire réaliser à quel point ta mère travaille très dur pour nous. Et veux-tu savoir pourquoi j'ai décidé de te parler ainsi, ce matin ?

Flint haussa les épaules.

Parce que vous êtes pareils.

Le blond n'appréciait pas de se faire comparer à la femme qui l'avait mis au monde.

— Bordel de couilles, lâcha le grand blond. Gabriel m'a dit la même chose hier.

Parce que vous êtes tous les deux des êtres révolutionnaires, compléta l'ex-président. Partout où vous passez, la perception des gens évoluent. Vous ne laissez personne indifférents par vos actions et vos décisions. Ton côté à te mettre le nez partout où il ne faut pas, toutefois, ça vient de moi. Tu as hérité, tout comme tes frères et ta sœur, de ma curiosité maladive. Le plus marrant, toutefois, serait que vous avez tous développé mon entêtement légendaire, ainsi que le sens du devoir de votre oncle Nash.

— Grosso modo, vous avez fait de nous des individus parfaits pour cette cause.

Exactement. Ce n'est pas pour rien que nous vous avons élevé de manière si peu conventionnelle. Je reconnais que j'ai mes torts en tant que parent, puisque je travaillais beaucoup pour notre nation... Par contre, afin d'honorer la promesse que j'ai faite à ta mère, avant de mourir, je devais m'assurer que vous deviendriez des héros.

Flint haussa des sourcils.

— Des héros ? répéta celui-ci.

Mon souhait le plus cher a toujours été de vous pousser vers la voie de la justice et de vous former à devenir des gens qui se battraient pour le bien-être de tous. Voilà pourquoi j'ai tant insisté que tu sois entouré des brigadiers, dès ton plus jeune âge. Tu as fini par vouloir en devenir un... et regardes-toi aujourd'hui. Tu es le chef de ta propre brigade.

Dérouté, le grand blond recula sa tête en grimaçant de dégoût.

— Alors, toi aussi tu nous as manipulés ? Et depuis notre jeunesse en plus ? Décidément, je ne peux plus faire confiance à personne.

N'est-ce pas ce que tu fais à tous les jours avec Gabriel et la plupart de tes camarades ? Un peu de manipulation dans le but de faire un peu de bien, n'est pas un crime. Nous devons tous nous protéger parfois et il arrive que nous manipulions nos pairs sans le vouloir ou sans même nous en rendre compte. C'est un mécanisme de défense très commun. Plus tôt tu accepteras cette facette de ta personnalité, plus vite tu comprendras qu'il y a de bonnes, comme de mauvaises raisons de manipuler des gens.

— Tu... tu n'as pas tort en fait. Je n'ai jamais réellement prit la peine de réfléchir à tout ça. Même si je trouve ton raisonnement tiré par les cheveux. En tout cas, il y a un peu de vérité dans tout ça. Je comprends mieux pourquoi tu as fait tout ça pour nous...

Très bien. Dans ce cas, pourrais-tu revenir au vaisseau qu'on en discute un peu, autour d'une tasse de thé ? Gabriel nous a préparé des petits déjeuners avec ta mère et tu es le seul qui n'a pas touché à son repas.

Le blond hésita, puis hocha la tête.

Dans ce cas, je t'attends. Active le portail pour retourner à bord du vaisseau.

— Compris.

Artael mit fin à la communication. Le capitaine pressa alors sur la gemme de sa bague et activa le menu holographique qui se dressa sous ses yeux. Il appuya sur le bouton de portail d'urgence, celui qui le ramènerait à son père. Un instant plus tard, une voix robotisée se fit entendre à travers le menu.

DEMANDE DE SAUVETAGE ACTIVÉE. VEUILLEZ PATIENTER.

— Toujours aussi bruyant, ce truc...

Rapidement, le corps de Flint se désintégra à travers une sphère lumineuse, entourant ce dernier. Quelques secondes plus tard, il se matérialisa à bord du véhicule.

¤*¤*¤

Quelques heures après l'entraînement intensif de la Septième Brigade, tous les représentants présents dans la salle sportive se séparèrent afin de se rendre aux vestiaires. Seul Lucas opta de se diriger à son dortoir, en compagnie de la guerrière albinos.

Non seulement on les avait entraîné à repousser des ondes psychiques avec leurs propres facultés mentales, mais Shayne Wolfe avait décidé de tous leur faire reprendre leurs exercices physiques. Le pauvre Gabriel grogna faiblement, durant plusieurs activités, mais se décida de tricher et modifia son apparence afin de ressembler à un athlète musclé. Shayne gronda celui-ci et lui fit reprendre ses rondeurs.

Non, non, non. Pas de ça avec moi. Tu assumes tes formes, comme tout le monde ! avait-il dit. Maintenant, fais-moi vingt pompes.

Le colosse bouda et se croisa les bras avant de s'exécuter. Il ne parvint même pas à en faire quatre, avant de s'essouffler. Il s'écrasa au sol et bouda.

Suite à l'entraînement, les hommes se rendirent à leurs vestiaires, comme prévus. Ils devaient se doucher afin d'éliminer les sueurs qu'ils avaient accumulées. Ensuite, ils auraient le privilège d'aller se reposer au jacuzzi, comme récompense. Les femmes se trouvaient du côté opposé de la grande salle sportive, avec leurs propres douches.

— Fait chier, mes muscles me font mal... brailla l'ex-golem, alors qu'il se passa une savonnette sur l'un de ses bras.

— Ça t'apprendra à ne pas les entretenir comme il faut, déclara son voisin de gauche.

Le châtain tourna son regard vers l'elfe basané qui lui adressait la parole. Shayne était plus petit que lui, mais arrivait toujours à lui faire peur. Gabriel déglutit et rougit timidement. À sa droite, Scottie et Wyatt s'amusaient en se lançant des bulles de savon.

— Hé ho, vous deux, nous ne sommes pas dans une cour de récré, fit le Général Wolfe.

— Ça va, on s'ennuie tellement à bord du Célestia, fit le gros guerrier. Laisse-les jouer un peu. Comptes-tu te joindre à nous pour le jacuzzi ?

L'ex-vampire fit non de la tête.

— J'ai déjà promis à Cassandra que j'irais l'aider à l'infirmerie. Elle aimerait me montrer... un nouvel ensemble... Mmm... Euh...

Il baissa son regard vers le bas et se tourna brusquement afin de cacher ses parties à ses compagnons. Gabriel pouffa de rire.

— Ne me dis pas que les sarraus t'excitent !

— Ouais, et alors ? Moi je ne te critique pas de porter ton collier de chien.

— M-mon collier... ? fit l'ex-golem.

Instinctivement, il posa sa main sur l'accessoire qu'il avait oublié d'enlever, depuis la veille. Il rougit, réalisant que tout le monde à bord du vaisseau avait pu le voir se promener avec ce dernier, durant une bonne partie de la matinée.

— Il a une valeur sentimentale pour moi, bouda celui-ci.

Scottie s'approcha et mit une main sur l'épaule de son ami.

— Ouais, c'est bien ce qu'on s'est dit hier, lorsqu'on vous a entendu faire vos trucs.

Il lui fit un clin d'œil. Le gros barbu rougit, se souvenant que la chambre de l'éclaireur et du mage se trouvait à proximité de la leur.

— Si ça peut te consoler, j'en ai un pareil, déclara Wyatt. Je le porte en privé, par contre !

— Ah ! Êtes-vous aussi des adeptes du jeu de rôle canin ? questionna le guerrier adipeux.

— Nah. J'aime seulement le cuir.

— Oh misère... soupira Shayne.

Ce dernier s'était attendu à tout, sauf de discuter de sexualité avec ses camarades. Il tenta de penser à autre chose que sa compagne en tenue de docteure. Il l'imagina aussitôt dans un accoutrement d'infirmière et grimaça de plaisir. Il se donna une claque au visage et se tourna vers le robinet de sa douche afin de s'éclabousser avec de l'eau froide.

— Va te soulager, mec, fit Scottie en pouffant de rire. On est entre frères d'armes, ici. On ne te jugera pas.

— Oh ça va, je sais très bien que je suis entouré par des homos ! gronda Shayne.

— Mais c'est qu'il est susceptible, le lapin...

— D'ailleurs, j'ai cru remarqué qu'elle est plus longue que la mienne, déclara le mage. La honte quoi ! Je me suis fait battre par notre général.

— Pfft, même celle de Flint dépasse la tienne, répondit Gabriel en rigolant.

— Quoi !? Merde... Comment fonctionnent les machines, déjà ?

— Toi, n'y penses même pas, implora l'éclaireur, déçu.

Le colosse haussa ses épaules et se tourna vers ses compagnons.

— Bah, vous avez vu la mienne ? Elle est minuscule. On s'en fout, quoi. L'important, c'est ce qu'on en fait, pas à quoi elle ressemble.

Il mit ses mains sur ses hanches, dévoilant son corps fièrement à ses amis.

Scottie baissa son regard pour observer le membre de son ami cuisinier.

— Mais elle n’est pas si mal, en fait... gloussa celui-ci.

— Tu vois ? s'esclaffa le guerrier bedonnant. Chaque homme est différent ! C'est ce qui est bien, je trouve ! Si tout le monde naissait avec les mêmes formes, bonjour l'ennuie !

Shayne secoua sa tête et jeta un coup d'œil par-dessous son épaule.

— Vous êtes vraiment bizarres, déclara-t-il.

— Dis plutôt que tu es jaloux de notre affection pour les queues, rétorqua Scottie avec un sourire malicieux. Tu ne sais pas ce que tu manques.

— Je vais perdre ma carte membre des alliés si vous continuez à me provoquer...

Il fusilla ses collègues de travail, horrifié. Il se rinça rapidement, et s'éloigna, tremblant de tout son être. Le pauvre elfe hétéro s'était sentit de trop dans cette conversation. Il se dit qu'il valait mieux pour lui d'aller se changer dans un compartiment vide, avant de se rendre à l'infirmerie. À mi-chemin vers sa destination, il repensa à Cassandra dans son uniforme d'infirmière et ressentit une érection encore plus forte que la précédente.

— Meeeeeeeeerde, vous m'avez perverti, bande de cons ! brailla-t-il à l'attention de ses camarades. Je vous jure que vous me le paierez aux prochains entraînements !

Gabriel, Scottie et Wyatt éclatèrent de rire en même temps, trouvant la situation hilarante.

Le gros guerrier décida de se rincer et se dirigea vers une petite table où il avait posé ses vêtements, tout près des douches. Il enfila un maillot de bain, puis décida de se rendre au jacuzzi. Le couple l'imita et vinrent le rejoindre, un moment plus tard.

— Dommage que Flint ne soit pas avec nous, fit l'éclaireur. J'aurais trop aimé voir sa tête avec Shayne ! Faudra raconter ça aux filles !

— Ouais, Kylie rirait à en pisser dans ses petites culottes, ajouta Wyatt.

— Dégueu.

L'homme aux cheveux bleus grimaça de dédain, avant de se laisser couler dans l'eau chaude, jusqu'à la nuque. Il se trouva près de la grosse panse du guerrier, assit au bord de l'eau. Il flotta accidentellement jusqu'à lui et se cogna sur le ventre.

— Hé ho, n'essaie pas de me le voler, plaisanta le mage.

— Dis plutôt que tu veux l'essayer toi aussi, pouffa Gabriel.

— Nan. Sans vouloir te vexer, je préfère Flint.

— Tu as bon goût, dans ce cas !

Le gros barbu se laissa tomber dans l'eau afin de rejoindre son ami Scottie. Il fit déborder le bain chaud, à cause de son tour de taille.

— Inutile de te dire que tu prends toute la place, pouffa l'éclaireur. Les filles ne vont pas vraiment s'amuser...

— Bof, je ne compte pas rester longtemps. J'ai envie d'aller nous cuisiner un repas gastronomique pour célébrer cet entraînement !

— Dis plutôt que tu veux faire plaire notre général.

— Bah, qu'il s'habitue. Je suis comme la science m'a créé !

Scottie rougit en écoutant les paroles de son grand ami. Il était impressionné de le voir si bien dans sa peau, malgré le fait qu'il avait tant d'imperfections. Tout comme ses amis dans la Septième Brigade, il avait remarqué les nombreux changements en Gabriel. Du jour au lendemain, l'homme timide se transforma en quelqu'un de fier et très amical.

— Tu l'as dit, Gab ! formula le jumeau Sanders, amusé.

— Mm hmm ! Et je ne changerais pas pour tout l'or de l'univers.

Le gros guerrier décida qu'il était temps de partir préparer le dîner. Il se rinça rapidement et se leva devant le regard de l'éclaireur, dont le regard ne quittait pas l'énorme bedon de celui-ci. Il observa ce dernier qui s'éloignait, perdu dans ses pensées.

Afin d'attirer l'attention de son époux, Wyatt claqua les doigts devant ses yeux.

— À quoi penses-tu ?

— Je me demande si Flint et lui seraient ouverts pour tu sais quoi...

— Oh... ça ? Je ne sais pas si ça serait une bonne idée... Notre capitaine doit s'en vouloir de m'avoir entaillé...

— Ce n'est que du sexe, après tout. Je suis sûr qu'il dira oui...

Le mage gloussa et plongea aux côtés de son époux, qu'il embrassa sur la nuque. Scottie laissa faire ce dernier, esquissant un sourire. L'idée d'inviter Flint et Gabriel dans un ménage à quatre n'avait fait qu'éveiller en lui de nouvelles idées, concernant son propre couple. Il se tourna vers Wyatt et posa ses lèvres sur les siennes, sortant la langue.

¤*¤*¤

Le capitaine de la Septième Brigade et son père se trouvaient au réfectoire habituel où ils avaient pris l'habitude de prendre tous leurs repas. Randell coloriait dans un coin, tandis que père et fils buvaient un thé et un café, respectivement. Ils avaient passé quelques heures à discuter des récents événements à bord du Célestia et tout ce qui concernait la guerre des anges et des démons. Artael informa le grand blond tout ce qu'il savait, jusque-là. Cela rassura Flint que son père ait décidé de tout lui expliquer.

— Donc, si on résume bien ce que tu viens de me dire : le Conseil pense qu'on ne pourra pas combattre les dieux du Conclave... dans notre état.

— C'est ça. Voilà la raison pour laquelle nous devons essayer de renforcer vos résistances mentales. Une fois que nous aurons pénétré leur système solaire, rien ne nous dit qu'ils n'auront pas déjà lancé une attaque envers nous. La puissance du Conclave dépasse tout ce à quoi vous vous êtes opposés par le passé.

— Gabriel m'a déjà prévenu à ce sujet. Nous ne devrions rien craindre tant et aussi longtemps que nous aurons les esprits élémentaires avec nous, n'est-ce pas ?

— J'ai bien peur que non. Même Dia et sa fratrie ne pourront rien faire contre les puissantes illusions auxquels vous pourriez être confrontés. D'après Athéna, il y a de fortes chances que ton oncle et votre amie louve soient déjà des prisonniers de guerre. Nous devrons donc tout faire pour les libérer de leurs cachots.

Flint se frotta le front, essayant de réfléchir.

— Et nous devrions arriver dans combien de temps, déjà ? Un mois ?

— C'est plus ou moins le cas, si nous décidons d'augmenter la vitesse. Toutefois, ni Perséphone, ni Hypnos ne souhaite nous mettre en danger. Pour cette raison, nous allons ralentir le vaisseau et nous arrêter à quelques reprises sur des planètes où nous pourrons récupérer des ingrédients ou bien nous entraîner.

— J'ai l'impression que nous perdons un temps précieux. Ça fait déjà trois semaines que nous errons dans l'espace sans signe de vie de nos proches. Ils seront peut-être tous morts, à notre arrivée. Et tu l'as entendu toi-même de la bouche de Maman : le noyau de création ne pourra pas supporter davantage de résurrections, à ce rythme. Nous allons devoir en trouver un nouveau pour le remplacer.

À cet instant, Randell tourna son visage vers son père et son grand-père.

— Pourquoi ne vous servez-vous simplement pas des simulations de la salle des machines ? Vous y gagneriez un temps précieux...

Le grand blond se tourna vers son fils et cligna des yeux.

— Tu nous écoutais ?

— Bah ouais. Nous ne sommes que trois dans cette salle. Et ce n'est pas parce que je suis un gamin que je ne sais rien... J'ai conservé quelques souvenirs de mon ancienne forme.

Randell fixait toujours son cahier à colorier, alors qu'il discutait avec Flint.

— Souviens-toi de la base lunaire, Papa. Vous avez passé beaucoup moins de temps que tu ne l'imagines, dans ces incubateurs. La réalité virtuelle est la solution à tous vos problèmes. Ainsi, votre nouveau Conseil pourra vous entraîner de manière plus avancée.

Bouche bée, le capitaine regarda son père, qui était tout aussi choqué que lui. L'ex-président et son fils au tempérament farouche en avaient presque oublié qu'en leur présence, se tenait un garçon qui fut autrefois l'un des plus puissants mages de Baldt. Il avait peut-être un petit corps, désormais, mais celui-ci semblait avoir conservé toute son intelligence. Finalement, les deux hommes plus âgés trouvèrent son idée excellente.

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