Chapitre 22 : Le blond et son colosse

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Voilà plus d'une vingtaine de secondes que Flint pénétrait l'arrière-train de son mari à une puissance et une vitesse hallucinante. Poussant des grognements sonores, alors qu'il empoignait les poignées d’amour de son partenaire, l'ex-golem couina de plaisir à chaque instant. Ils étaient nus comme des vers, sous la douche. Gabriel s'était appuyé contre le mur opposant les robinets, alors que l'eau chaude éclaboussait le dos de son époux.

— Ouah… ! gémit le colosse. T’es en forme... ce... soir !

— Je vais te défoncer, tu vas voir ! grogna le grand blond.

Le pauvre guerrier bedonnant ignorait ce qui s'était passé entre celui-ci et sa mère, mais après leur repas, Flint entra dans une transe étrange… Il maudissait sa mère pour les avoir mis dans une situation aussi cruelle, aussi embarrassante. Il lui en voulait aussi pour la présence de Perséphone et de son groupe. La seule solution qui lui venait à lui à cet instant était de faire l’amour avec son partenaire. Sûrement, cela lui permettrait de se défouler un peu ?

Il prit donc la main de Gabriel et l’emporta dans leur chambre. Ils se déshabillèrent rapidement et prirent leur bain ensemble, comme ils avaient l'habitude de le faire depuis plusieurs années. Le capitaine profita de cet instant pour susurrer des mots doux à l’oreille du gros barbu, jusqu'à ce que ce dernier lui demande de le prendre. Le blond semblait plus obsédé que d'habitude. Ses mains parcouraient les voluptueuses formes de son partenaire au menton bien garni, jouant avec ses rondeurs et ses cuisses.

— Oulah, mon chou... je ne vais pas disparaitre, hihi ! couina Gabriel, se faisant chatouiller dans les côtes. Oh ma déesse ! Ah... Oh... Mmm...

Flint venait tout lâcher à l'intérieur de son partenaire, mais ne s'arrêta pas là pour autant. Il continua sa danse de va et vient, caressant l'énorme panse de Gabriel. L’ex-golem haleta de plaisir à chaque mouvement dans postérieur. Il adorait passer des moments intimes avec son mari, plus que tout. Le blond murmura à son oreille :

— C’est bien, mon toutou... tu t’amuse ?

— Ouaf ! confirma le colosse, de bonne humeur.

— C’est comme ça que je t’aime.

Il lui bécota le bas de la nuque, puisque celui-ci était trop grand pour qu'il puisse atteindre son visage. Il donna une tape dans la cuisse de son gros partenaire qui gloussa. Gabriel portait fièrement son collier à chien, avec un petit médaillon où on avait inscrit son prénom. Ce n'était pas son costume complet de chien, mais celui-ci portait souvent cet accessoire pour faire plaisir à son mari.

De toute manière, le colosse pouvait très bien se transformer en hybride canine, s'il le souhaitait. Il l'avait déjà fait à de nombreuses reprises et portait de moins en moins l'ensemble qu'il s'était acheté dans une boutique de lingeries érotiques. Parfois, il prenait même l'apparence d'un énorme bouvier bernois et se couchait aux pieds de Flint, rien que pour le plaisir d’avoir un maître rien qu’à lui. C'était l'une des races préférées du gros guerrier.

— Ton ventre est plus rond que d'habitude, commenta Flint dans sa transe. T'as décidé de lâcher la diète ? Ça te fait bien…

— Et comment ! Ouf... J'en... profite... oh... maintenant... ah... qu'on est... aaaaaaah !

Le grand blond enfonça les fesses de son mari encore plus fort et se lâcha en lui, encore une fois. Le corps de Gabriel était si chaud qu'il ruisselait de sueurs. Il n'avait pas besoin de l'eau chaude de la douche pour dégoutter.

— Retournes-toi, ordonna le plus maigre des deux.

Il retira son membre endurci du derrière de son partenaire et l’empoigna par le bras pour l’aider à se virer. Le guerrier gigota de satisfaction et se retourna tranquillement vers son mari, posant son doux regard sur celui-ci. Ce dernier lui passait déjà du savon liquide sur le torse, alors que Gabriel opta pour employer un shampoing dans les cheveux de son partenaire. Ce rituel amoureux se faisait ainsi, plusieurs fois par mois. Depuis qu'ils étaient à bord du vaisseau, ils le faisaient moins souvent car Randell vivait avec eux.

Le colosse remarqua que son partenaire de vie n'était pas dans son état normal. Les traits de son visage étaient plus sombres, comme s'il souffrait.

— Eh ? Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda le plus grand des deux.

Il leva le visage de Flint d'un doigt et remarqua qu'il avait les lèvres tremblantes. Le blond enfonça son visage dans le torse de son meilleur ami et pleura sans se retenir. Incertain de ce qui avait poussé celui-ci à réagir de la sorte, le gros guerrier décida de nettoyer rapidement les cheveux du blond, avant de le serrer dans ses bras.

— J'ai tué ma mère... hoqueta l'homme aux cheveux dorés.

— Hein ? Mais non... Elle est toujours vivante, on l'a même vu passer dans les couloirs, plus tôt... Qu'est-ce que tu racontes ?

— Tu ne comprends pas... j'ai coupé les ponts avec elle. Elle n'existe plus pour moi. Elle est morte, tu m'entends ? C'est une traîtresse... Une manipulatrice... une g...

Il sanglota de plus belle. Gabriel venait de comprendre qu'il avait eu une dispute avec Athéna. Ensuite, il avait choisi de faire l'amour avec celui-ci pour se changer les idées. Le gros barbu soupira avant de rouler les yeux.

— Tu n'arrêtais pas de te plaindre d'elle dernièrement, expliqua le châtain. Je le sentais bien que tu allais finir par péter un câble.

— Nous ne sommes... que ses pions... brailla le blond.

Le guerrier prit une grande inspiration par les narines. Il relâcha le tout, doucement. Ils avaient eu cette conversation plusieurs fois au cours des dernières semaines. Il avait déjà deviné que les récentes révélations concernant les manipulations psychiques avaient perturbé son mari. Ce qu'il ignorait, par contre, allait bientôt lui faire grincer des dents. Flint lui dévoila donc la conversation et comment Hypnos était responsable d'une rupture entre Scottie et Wyatt. Ensuite, il lui raconta toute la haine qu'il avait déversée sur sa mère, tandis que le colosse lui savonnait le dos.

— Il vaudrait mieux qu'on se tienne loin d'elle pour quelque temps, soupira Gabriel.

— Tu déconnes, rechigna le blond. Je ne veux plus rien savoir de cette femme. Je veux m'en aller loin d'ici et ne plus jamais regarder en arrière.

— Tu manquerais à ton devoir, chéri.

— Je n'ai plus de pays, ni de nation, ni de planète à protéger, protesta son interlocuteur. Je n'ai que vous et je m'en fiche du reste !

L'ex-golem était conscient que Flint avait de plus en plus de crises d'anxiété, dernièrement. Ce qu'il avait dit à sa mère était suffisant pour déclencher l'une d'entre elles. Il faudrait qu'il en parle à Cassandra, afin qu'elle puisse rectifier la dose d'antidépresseurs qu'elle fournissait au grand blond. Elle se souvenait exactement du médicament qu'il prenait à l'époque, mais celle-ci n'avait rien d'une psychiatre. La guérisseuse se fiait toutefois à ses cours et à la grandeur et le poids du capitaine, afin de lui préparer des ordonnances en fonction de ses besoins. Pharmacienne à temps partiel, soigneuse et docteure, elle n'avait pas de temps libre pour elle, dernièrement. Les passagers du Célestia pouvaient se compter heureux de l’avoir parmi eux. Beaucoup de gens avaient besoin de ses services.

— Écoute... fit Gabriel.

Il mit ses mains sur les épaules légèrement musclées de son époux et le fixa droit dans les yeux. Celui-ci n'avait d'autre choix que de lever son visage vers lui.

— Cette crise va passer, continua-t-il. Prends une grande respiration.

L'ex-golem répéta l'action qu'il avait faite, un peu plus tôt, et Flint l'imita, pour laisser de l'air entrer dans ses poumons. Un instant plus tard, ils relâchèrent le tout, en même temps. Ils recommencèrent une autre fois.

— Je m'assurerais que ta mère ne vienne pas te déranger pour quelques jours. Laissons les choses se calmer et après, on verra ce qu'on pourra arranger. D'accord ?

Le blond hocha la tête, silencieusement. Il cessa de pleurer. Son cœur était rempli de rage, mais surtout de désespoir. Comment une mère pouvait agir ainsi envers ses enfants ? Ou plutôt une déesse envers ses créations ?

— Pourquoi nous a-t-elle trahis ? pensa Flint.

Ces mots, il se les répétait constamment depuis une demi-heure. Gabriel serra son époux contre lui, afin de le réconforter. Au bout d’un moment, le capitaine de la Septième Brigade plaça une mèche folle derrière l’une de ses oreilles et lui dit :

— Je m'ennuie de Nash. Lui, au moins, ne nous prend pas pour ses esclaves. J'imagine qu'il serait aussi offusqué que moi d'apprendre ce qu'elle a fait.

— Tu l'as dit toi-même, ta mère manque d'expérience avec les humains. Les règles sont tellement différentes chez elle que la plupart des dieux doivent en baver lorsqu'ils doivent interagir avec eux. La bonne nouvelle, c'est qu'ils ne sont pas tous comme ça… enfin, comme elle. Il y a des gentils dieux comme il y en des mauvais…

— Je me répugne...

L'homme aux yeux bleus trembla, horrifié. Il se prit les épaules, en se penchant légèrement vers l'avant. Celui-ci avait envie de disparaître, honteux de ses actes. Pour lui, le simple fait d'être l'enfant d'une déesse aussi problématique, le rendait malade. Sa conscience lui murmurait des méchancetés car il s'en voulait d'avoir hurlé ainsi à sa mère. On avait élevé Flint dans la politesse, mais ce dernier avait toujours conservé un brin de malice, en grandissant. Cette soirée était donc pour lui, un événement dont il ne se remettrait pas de sitôt. Gabriel lui caressa le dos, essayant de réconforter son époux de son mieux.

— Alors quoi... ? Est-ce qu'on est destiné à imiter ces dieux irresponsables et cruels pour ensuite ruiner l’existence des mortels ? questionna Flint. Allons-nous devenir aussi fous et manipulateurs que ma mère… ?! Je ne veux pas finir comme elle !

— Rien ne t'oblige à suivre sa voie. Te souviens-tu des nombreux messages qu'on nous avait laissés au départ, quand nous venions à peine d'arriver au nouveau monde ? La plupart d'entre eux nous disaient...

Il n'avait pas besoin de mentionner le reste. Le blond hocha la tête.

— Ils disaient que nous devions gérer l'humanité différemment, de ne pas forcément employer la méthode du Saint Royaume...

— Voilà, répondit Gabriel. Nana savait que l'ancienne méthode était démodée parce qu'elle en faisait partie depuis plusieurs siècles. N'oublie pas qu'elle fait partie d'un groupe révolutionnaire, là-bas. Elle n'a jamais eu une once de méchanceté en elle. Elle est seulement horriblement maladroite. Tout comme toi, elle a peur. Vous êtes pareils sur plusieurs points. Vous improvisez constamment quand vous ne savez pas comment régler vos problèmes. C'est un peu ça, la tâche d'un dieu.

Réalisant son erreur, Flint figea sur place. Comme toujours, le colosse agissait comme seconde conscience pour lui. Le capitaine se tourna contre un mur de la douche, se dégageant de son époux, pour ensuite se cogner la tête à quelques reprises. Gabriel était surpris de le voir agir ainsi.

— Abruti ! Crétin ! Monstre ! grogna celui-ci.

Le colosse décida de fermer les robinets car ils avaient déjà passé beaucoup de temps sous la douche. Ils attendraient un peu avant d'utiliser d'autre eau pour se rincer. Après tout, cette eau appartenait à tout le monde à bord du Célestia.

— Écoute, chéri. Je connais Nana depuis plus longtemps que toi. Il est vrai que ce qu'Hypnos a fait, sous ses ordres, est vraiment répugnant, mais n'oublie pas que nous ne sommes pas formés pour combattre l'armée du Saint Royaume. J'y ai vécu moi-aussi et je sais parfaitement où elle veut en venir. Leur monde a été construit autour d'une puissante masse de création, donc tout part de cet endroit. Le reste de l'univers a été construit à partir du vaste château où ils vivent tous.

— Qu'est-ce que ça change... ? Je ne comprends pas...

— C'est compliqué à expliquer, mais disons que la création est mère de tous les éléments. Pour cette raison, la magie est très puissante, là-bas. Le mana est beaucoup plus abondant. Tous ceux et celles qui y vivent depuis de nombreuses années ont acquiert beaucoup d'expériences et de connaissances magiques. Voilà pourquoi notre nouveau Conseil s'inquiète. J'ai vécu aux côtés d'Athéna en tant qu'assistant. Je la comprends...

Flint ferma ses yeux, secoua ses poings de chaque côté de sa tête et grogna.

— Merde... pourquoi faut-il toujours que tu compliques ma relation avec ma greluche de mère ? Je déteste que tu aies toujours raison ! Raaaaaah...

— Je n'essaie pas de la défendre. Je comprends parfaitement pourquoi tu es en colère. Je t'explique seulement pourquoi certains dieux agissent comme ils le fond. Tu as le droit de lui en vouloir. Seulement, n'oublie pas que tu es son dernier espoir. Elle a tant désiré que les choses changent au Saint Royaume...

— Arrête... bordel, couina le blond. Je vais mourir de honte...

Le grand blond se mit à pleurer encore une fois et enfonça son visage dans la grosse poitrine de son partenaire, qui le cajola.

— Chéri, combien de fois vais-je devoir te le dire ? Je t'aimerais pour l'éternité, mais tu es un imbécile. Il va vraiment falloir que tu fasses quelque chose pour régler ton mauvais tempérament. Peux-tu me promettre de faire un effort ?

Flint gémit et produisit un son inaudible que Gabriel traduisit comme une réponse positive. L'ex-golem savait que son mari ne tiendrait probablement pas à cette promesse, car il rechutait souvent dans ses vieilles habitudes. Seulement, le blond savait qu'il avait mal agit et s'en voulait à mort.

— Tu ne trouves pas qu'il commence à y avoir un modèle qu’on vit tout le temps, avec toi ? taquina le gros guerrier. Tu commets toujours ce genre de bêtises et c'est toujours moi qui te fais la morale... Pfft... T'es incorrigible, chéri.

Le capitaine leva son visage vers son époux et fronça des sourcils en retroussant ses lèvres. Il boudait comme un gros bébé, un tic qui ne le quittait jamais.

— C'est parce que c'est ainsi depuis toujours, grogna le blond en essuyant ses larmes. Je ne sais pas pourquoi nous sommes toujours mariés. Je ne fais que te causer des migraines et beaucoup de soucis. Tu mérites tellement mieux...

— Oh ne dis pas de sottises. Tu as besoin de moi autant que moi j'ai besoin de prendre soin de quelqu'un. Cette relation m'a toujours convenu et ce n'est pas sur le point de changer. Tu seras toujours mon petit lapinou en sucre.

Le gros barbu se pencha vers son époux et frôla son nez à celui de ce dernier. Ce petit rituel existait depuis qu'il avait grandi aux côtés des quadruplés. Flint, plus jeune, portait toujours un pyjama à motifs de lapins et avait aussi un capuchon avec de longues oreilles. Ce présent lui avait été offert par l'une des servantes du palais.

Le grand blond rougit en se souvenant de cette période.

— En même temps... il n'y a pas deux types comme toi dans l'univers... déclara-t-il en posant ses mains autour de la taille du colosse. Je serais misérable sans tes précieux conseils... et ton accueillant tour de taille…

Gabriel s'esclaffa à cette dernière remarque. Il décida de s'amuser un peu avec son époux et lui donna un léger coup de ventre. Le blond rebondit sur lui et recula un peu dans la baignoire. Tous les deux jouèrent ainsi, pendant un moment. Finalement, ils s'embrassèrent tendrement. Tout cela avait excité le gros barbu, qui recommença à agir tel un gros toutou pour son maître.

— J'en veux encore, dit l'ex-golem, en regardant son époux.

— T'es gourmand, ce soir... gloussa le plus petit.

— Mm hmm !

Le colosse souleva sa grosse panse, révélant ce qu’il désirait. Flint comprit parfaitement où ce dernier voulait en venir, alors il s'agenouilla et s'exécuta. Pendant plusieurs secondes, le blond bécota la peau autour de son dessert, faisant gémir Gabriel de plaisir. Il posa enfin sa langue au membre de celui-ci, qui s'endurcit autour de ses lèvres. Ce baiser ne dura pas, car le blond se retira afin de faire durer le plaisir plus longtemps. Il caressa les parties intimes de son partenaire tout doucement de ses doigts fins. Le sexe de celui-ci devint encore plus dur.

— Ohhh... couina le gros barbu. Encore... prends-moi...

Flint hocha la tête, tout en caressant le ventre de son partenaire. Il se pencha à nouveau et cette fois, il téta le tout, tout en continuant d’exciter ses parties avec ses doigts. Enfin, Gabriel éjecta tout ce qu'il avait à l'intérieur de la bouche de l’homme aux cheveux dorés. Il poussa un gémissement de satisfaction, ayant obtenu son orgasme. Le colosse était si séduit par son mari qu'il en désirait toujours. Cependant, tous les deux étaient épuisés par cette journée.

— T'as bien fait ça, dit le blond en se relevant. Bon chien…

Il grattouilla la barbe de son époux qui ferma les yeux et couina de plaisir. Celui-ci tapa du pied dans la baignoire, un peu comme le faisait un véritable canin, lorsqu'on touchait un point sensible sur leur corps. Le capitaine sourit et serra son gros partenaire contre lui. Gabriel posa son menton sur la tête de son bien aimé et lui caressa le dos. Ils demeurèrent dans cette position pendant un moment, avant de réactiver la pompe à eau chaude. Il était temps pour eux de continuer à se laver.

¤*¤*¤

Après la douche, le couple sortit de la baignoire et s'essuyèrent tranquillement avant de retourner dans leur chambre. Randell ne dormirait pas avec eux, ce soir-là, car Artael avait déjà opté pour passer du temps avec son petit-fils. Flint avait donc profité de l’occasion afin de passer du bon temps avec son mari. Il remercia son père en silence, d'avoir pris soin du gamin.

Alors qu'il cherchait des vêtements propres à se mettre, l'ex-golem s'assit au bord du lit et regarda son partenaire. Il s'allongea un peu et appuya ses mains vers derrière sa tête, profitant du spectacle. Celui-ci adorait admirer le corps ciselé du grand blond.

— Joli cul, dit ce dernier. Je le mangerais tout cru.

Flint gloussa. Il choisit un short blanc et un tee-shirt noir pour le reste de la soirée. Il sortit les sous-vêtements préférés de l'ex-golem qu'il lança dans sa direction. Gabriel les rattrapa rapidement et se leva pour les enfiler. La plupart des gens ne dormait pas encore. Malgré tout, le couple appréciait de passer une soirée très intime dans leur chambre et l’un comme l’autre espérait veiller un peu plus.

— C'est quand même étonnant qu'avec toute la technologie du vaisseau, on préfère toujours se laver à l'ancienne... remarqua le blond. Beaucoup d'entre nous, d'ailleurs.

— Mm hmm ! fit le colosse.

À bord du Célestia, ils pouvaient utiliser des machines spéciales afin de modifier leurs apparences ainsi que les petits défauts liés à leurs santés respectives et même régler des imperfections superficielles. Une autre option leur permettait de faire disparaître leur soucis hygiéniques avec une seule commande ; un choix incroyable pour les gens qui n’aimaient pas se laver. Cependant, les passagers pouvaient aussi prendre une douche de manière plus traditionnelle. Ils se servaient du même système que celui de leur planète précédente, malheureusement détruite.

— C'est beaucoup plus amusant de le faire comme ça, reprit le barbu.

— J'avoue que je n'ai pas autant de plaisir que quand je prends un bon bain avec toi... D'ailleurs, faudrait qu'on pense à en prendre un, la prochaine fois. Nous deux, assis dans la grande baignoire... en amoureux... avec des bulles...

— C'est vrai qu'avec des chandelles, ça serait romantique, mais je doute que l'on ait assez d'espace avec ma grandeur... et mon tour de taille.

— D'où l'intérêt d'en prendre un ! De toute façon, tu as ton pouvoir : tu peux très bien modifier ton apparence si tu le souhaites et moi je pourrais faire pareil avec la machine de notre appartement. Tout ça peut facilement s’arranger.

— Pfft... ! Si tu insistes, on le fera demain.

— Entendu, mon mignon.

Après s'être préparés, tous les deux s'installèrent sous les couvertures de leur lit et s'enlacèrent. Cette journée fut longue et pénible pour Flint ; un peu moins pour son partenaire et certains de leurs amis. Le gros guerrier avait tué quelques créatures violentes sur la planète d'Acrylos alors qu’ils avaient rencontré ces bêtes pendant une cueillette de légumes sauvages. L'un d'entre eux avait même failli défigurer le pauvre Lucas qui évita l’alien, de justesse.

— Il faut qu'on se lève demain pour l’entraînement, remarqua Gabriel.

— Je n'ai pas envie d'y aller, déclara Flint.

— Je sais, mais notre groupe a besoin de ça.

— Dans ce cas, j'irais m'éduquer avec Thanatos ou Perséphone.

Incrédule, le guerrier fixa son mari.

— Jamais je n'aurais cru que tu dirais cela de toute ma vie. Tu leur fais enfin confiance ?

— Non. Mais je ne peux pas supporter ma mère et je n'ose pas m'approcher du type qui m'a presque fait tuer Wyatt. Je finirais bien par trouver une solution...

Déçu que ses paroles à propos d'Athéna n'aient pas vraiment amélioré quoi que ce soit pour le cas de son mari, Gabriel s'avoua vaincu. Habitué de jouer l'intermédiaire pour son partenaire, ainsi que toutes les personnes concernées dans ses nombreuses disputes, l'ex-golem se dit que les choses finiraient par s'arranger.

— Pourquoi tu fais cette tête, bébé ? fit le blond, clignant des yeux.

— Tu n'as pas l'air d'avoir retenu toutes les nombreuses opinions que j'ai de Nana.

— Avec tout le respect que je te dois, mon amour, laisse-moi prendre mes propres décisions. Tu me connais assez bien pour savoir que j'ai besoin de temps, non ?

L'homme à l'épaisse barbe hésita un moment. Il finit par conclure que son époux avait raison d’un hochement de tête. Il reprit une position confortable, se disant que Flint comprendrait pourquoi il insistait tant à les réconcilier. Ce que le grand blond ignorait, le colosse le savait. Athéna avait toujours eut le désir de fonder une famille, bien avant de rencontrer Artael. Malheureusement pour elle, le destin ne joua pas en sa faveur et bien des années plus tard, elle payait encore pour ses erreurs.

— Tu sais qu'elle t'aime, n'est-ce pas ? interrogea Gabriel.

— Sans doute, mais elle s'y prend mal.

— Ça fait à peine un mois que vous vous côtoyez. Laisse-lui un peu de temps.

— Peut-on changer de sujet ?

L'ex-golem souffla des narines.

— Une vraie tête de mule, celui-là ! songea celui-ci. Mais bon, j'abandonne. Il a vraiment besoin de repos. J'essaierais de voir comment il se sent, demain matin.

Quelques minutes plus tard, Flint s'endormit, le visage enfouit dans la poitrine gauche de son mari. Gabriel n'arrivait toujours pas à dormir. Il alluma une lampe près de son lit et lut un livre, de sa main libre. Il jeta un coup d'œil du côté de son masque qui lui permettait de respirer durant la nuit, il avait oublié de mettre un peu d'eau dans la machine, mais se dit qu'il en aurait assez pour dormir. Son livre de recettes le divertirait un peu. Un quart d’heure plus tard, il réalisa enfin qu'il se sentait fatigué, lui aussi. Il décida donc de se coucher.

¤*¤*¤

Quelques heures plus tard, alors que tout le monde dormait, le colosse se réveilla pour aller aux toilettes. Il se lava les mains et réalisa qu'il avait faim. Il n'avait pas beaucoup mangé pour le souper de la veille. Celui-ci décida d'enfiler une robe de chambre rose à sa taille, puis de pantoufles noires. Sortant de sa chambre en silence, l'homme se dirigea vers le réfectoire où la Septième Brigade passait la plupart de son temps.

Il remarqua qu'il y avait une lumière d'allumée dans la pièce. Quelqu'un cuisinait au milieu dans l'obscurité silencieuse. Quelques tintements de cuillère en bois retentirent sur le bord d'une casserole, lorsque l'ex-golem passa par la porte.

— Athéna ? Que fais-tu réveillée à cette heure ?

Il s'avança, laissant l'accès se refermer derrière lui.

La déesse tourna son regard vers le guerrier, affichant une expression défaitiste. La dernière fois qu'il l'avait vu ainsi, ce fut dans les vidéos que Nash partagea au reste du groupe. Le colosse compris qu'elle n'allait pas bien. Elle avait préparé plusieurs contenants où elle rangeait des déjeuners pour tout le monde. Il y avait des étiquettes partout. Gabriel comprit qu'elle essayait de les encourager pour la session d'entraînement.

— Flint m'a tout raconté, expliqua-t-il en s'appuyant au comptoir. Si tu veux mon avis, laisse-le ruminer quelque temps. Il ne réalise pas la chance qu'il a, d'avoir une mère si compréhensive et généreuse que toi.

— C'est gentil de dire ça, mais j'ai bien peur qu'il ne me fera plus jamais confiance après ma dernière gaffe, dit-elle, faiblement. Il ne veut déjà plus que je m'approche de vous...

Elle baissa son regard, déprimée.

— Artael est du même avis. Il a l'intention de parler à notre fils dans la matinée, si possible. Je lui ai dit de laisser tomber, car je ne veux pas qu'il s'embrouille avec lui... mais bon, c'est un Markios... une vraie tête de mule.

Gabriel esquissa un sourire en entendant la dernière expression.

— Ne t'inquiète pas, tout le monde le pense, dans la Septième Brigade. On finit par s'y habituer. Leur entêtement était reconnu à travers toute la ville de Baldt. Même Sarah pouvait se montrer persistante lorsqu'elle voulait venir en aide à l'église.

— J'ai un peu ce problème, moi aussi, lui informa la déesse en rougissant.

— Pas qu'un peu. Vous avez tous ce petit côté qui nous indique clairement qu'on ne doit pas se foutre de votre gueule. Je me souviens encore des nombreuses disputes que tu avais avec les délégués des autres factions...

L'ex-golem gloussa, repensant à sa vie d'assistant. La mère des quadruplés blanchit comme un drap, se remémorant la fois où elle avait manqué de respect à un dieu hindou, car il avait osé se moquer de son père. Elle ne se souvenait plus de son titre. Cet événement se déroula de nombreux siècles plus tôt. Quelque temps après la fameuse crise d'Athéna, Zeus lui avoua qu'il était dans le tort et qu'elle s'était énervée pour rien.

— J'ai un vague souvenir de ce jour-là, avoua-t-elle à Gabriel. C'était quoi l'accusation, déjà ? Tout est si loin, dans ma tête.

— Des nouvelles recrues de ton père ont chassés sur les terres sauvages réservées aux divinités hindoues. Tu t'es obstinée que c'était faux, mais il t'a répondu que si. Tu étais jeune et tu ne pouvais pas supporter qu'on s'en prenne à si à notre Roi. Pour cette raison, tu t'es mise à insulter Monsieur Shiva, qui n'avait rien dit d'insultant.

— A... ah bon !? Maintenant je sais pourquoi il a refusé de m'adresser la parole à la mort de Papa. Et dire que j'aurais pu éviter cette gaffe...

Elle recouvrit son visage, de honte. Les œufs, cuisant dans la panne à frire, commençaient à sentir un peu le brûlé. Lorsqu'elle réalisa cela, elle sursauta.

— Laisse, je vais t'aider, déclara le colosse.

Rapidement, l'ex-golem contourna le comptoir et empoigna une spatule avant de tourner l'omelette. Athéna se tassa promptement et décida de préparer quelques sandwichs. Elle avait déjà fabriqué quelques plats végétariens pour Cassandra, s'assurant d'utiliser le livre de recettes qu'Artael lui avait conseillé.

— En tout cas, ça m'étonne de voir que tu aimes autant la cuisine, remarqua la déesse. Toi, qui ne pouvais pas supporter de cuisiner, durant ton emploi avec moi.

Le barbu sourit, puis sortit une autre panne à frire afin d'y mettre des saucisses. Pour le prochain quart heure, ils cuisinèrent assez de nourriture afin de nourriture toute la Septième Brigade. Ils échangèrent de petites anecdotes, ce qui changea les idées de la princesse. Le colosse se félicita d'être venu en aide à sa vieille amie.

Une fois le repas terminé et mis en boîtes, ils laissèrent le tout reposer sur le comptoir afin de laisser la nourriture refroidir. Ensuite, ils rangèrent les contenants dans le réfrigérateur, avec des noms sur chacun d'entre eux.

— Flint compte louper ta session, en se levant, dit Gabriel en tartinant deux rôties qu'il venait de sortir du grille-pain. Il compte demander ta sœur ou son mari de le prendre leurs groupes. Je tenais à t'en avertir maintenant.

— J'avais mes doutes, après tout ce que tu m'as dit...

— Laisse-lui quelques jours. Je suis certain qu'il viendra te présenter ses excuses.

Elle expira en se coulant un verre d'eau.

— Le pire dans tout ça, c'est que je ne lui en veux même pas. Comment pouvais-je deviner qu'il souhaitait participer à toutes nos conversations importantes ?

— C'est quand même le seul capitaine restant de toutes les brigades existantes. Il se sent dépassé par nos récentes aventures, à vrai dire. Bref, celui-ci voudrait se rendre utile.

— Je comprends... Shayne vient souvent nous aider dans nos rencontres, parce qu'il est l'un de nos généraux. Je devrais peut-être en parler aux autres.

Concerné, Gabriel se tourna vers son amie.

— Es-tu certaine que c'est ce que tu veux ? Parce qu'il n'est pas en état de collaborer avec toi. Je ne voudrais pas qu'on jette de l'huile sur le feu...

La princesse gonfla ses poumons en fixant vers le haut. Il avait raison : attendre que la situation se calme serait la meilleure des solutions pour l'instant.

— Donnons-lui une semaine pour digérer tout ça, rectifia-t-elle. Ensuite je proposerais au Conseil de lui offrir une place pour le mettre à l'essai.

— Merci, Nana. Tu nous aides beaucoup.

Posant ses tartines sur le comptoir, le colosse essuya ses mains sur sa robe de chambre, puis donna un énorme câlin à son ancienne patronne. Celle-ci huma l'odeur de vanille sur ses vêtements et se rappela à quel point il avait toujours aimé cette odeur. Elle sourit.

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É. de Jacob

Le chemin vers la Lumière, c’est l’amour,
C’est l’amour.
Si tu souffres de l’agression de tes idées noires,
Si tu croupis dans la prison de tes ténèbres en plein jour,
Si tu ne vois plus la lueur au bout de ton désespoir,
Sache que ton chemin vers la Lumière, c’est l’amour.
Apprends à changer ta vision du réel.
N’accorde pas prise aux reproches,
Ni à ta condamnation personnelle.
Du renouveau de ton âme, tu approches.
D’abord, pour les autres et toi : ton pardon ;
Des remords et des regrets : ton absolution ;
Ton apprentissage de l’amour : ta solution ;
Laisser derrière toi le passé, ta résurrection.
Le chemin vers la Lumière, c’est l’amour,
C’est l’amour
La foi en la Divinité te paraît peut-être stupide,
Car tu es persuadé qu’il s’agit d’un monde irréel.
Si une personne t’en parle, tu t’éloignes d’elle,
Tu ne veux pas du tout entendre ces ritournelles.
Mais laisse-moi te dire que la Divinité n’est pas religion ;
Que tu peux entrer en contact avec Elle simplement,
Sans rites, sans dogmes, sans menaces de punitions
Sans obligations, ni restrictions, ni peur du châtiment.
De même que, si tu commences à converser avec Elle,
Elle te répondra, et tu ressentiras alors pour Elle
Un amour illimité qui te fera sentir tout autre.
Ne crains rien, tu n’as pas à devenir apôtre.
Converse avec le ciel, les nuages et les esprits,
Une merveilleuse et magique musique, tu verras,
Commencera à te combler d’une immense joie,
Sur le chemin illuminé de l’amour inédit, infini.
Le chemin vers la Lumière, c’est l’amour,
C’est l’amour.
Mais peu importe que tu refuses ce lien divin,
Si, au moins, tu recherches dans les nuages et le ciel,
Le réconfort bienfaisant de la Lumière spirituelle,
Alors, tu auras, à mes yeux, emprunté le bon chemin.
Le chemin vers la Lumière, c’est l’amour.
Voilà la merveilleuse voie de ta guérison,
La magnifique route inversée de tes désillusions.
Le chemin vers la Lumière, c’est l’amour.
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É. de Jacob
Ce recueil ne représente à mes yeux qu'une tentative, car je ne me suis jamais adonné jusqu'ici à l'écriture de la poésie. Il s'agit uniquement d'un exercice visant à me garder alerte en attendant qu'une histoire supplémentaire ne se profile dans les méandres créateurs de mon cerveau.
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docno
La suite du "Murmure du violon".
L'histoire du violon mystérieux ne pouvait pas en rester là !

Quel est le véritable pouvoir du cristal alchimique ?
D’autres personnages démoniaques vont-ils surgir pour s’en emparer ?
La douce Mégane seule et abandonnée va-t-elle faire une carrière internationale ?
Ophélie a-t-elle réellement changé ?
Est-elle capable d’être une mère et une épouse ?

Des voyages dans des endroits fabuleux et réels d'un luxe inouï.
De l’intrigue. Du complot. De la trahison. De l’amour aussi.

Le jet privé vous attend ainsi que des personnages incroyables… Tatiana, le père DiPaoli, Mr Jean...
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