Fin heureuse

3 minutes de lecture

Il me faut conclure mon livre. Une fin malheureuse ne m’intéresse nullement.

Je mets à profit les enseignements de la programmation neurolinguistique. Je peux recadrer mes objectifs, et je vais m’y appliquer.

Je sais que la justice, la vraie, n’existe pas chez nous. Voilà ma faute. J’ai longtemps cru ce que l’on me racontait. Or, ce n’étaient que des paroles, pas la réalité. Je dois assimiler le contexte dans lequel je vis, et ne pas aller contre l’impossible.

Je pense à nouveau à cette notion de « conscience ». Je ne sais pas à quel moment elle est apparue chez l’homme, lorsqu’il s’est séparé de l’animal, de son ancêtre singe.

Dans l’Ancien Testament, après la métaphore de la création du monde en sept jours, lorsque Adam et Ève sont chassés du Paradis, ils viennent d’atteindre la conscience, ou une première conscience : ils sont nus. Avant d’avoir croqué dans le fruit défendu, ils vivaient en harmonie. Puis ils ont acquis, est-il prétendu, la conscience du bien et du mal.

Je m’interroge : comment pouvaient-ils savoir qu’être nu ne serait pas bien, si ce n’est par la fabrication d’une notion abstraite ? Parce que le serpent qui les a tentés leur a préalablement affirmé qu’ils atteindraient cette connaissance. Ensuite ils ont mangé le fruit et leur esprit a décidé que la nudité leur était néfaste. Elle ne l’était pas auparavant, pourquoi le serait-elle après ?

Dieu prétend les punir en les envoyant sur Terre. Leur tourment m’apparaît initialement lié à leur esprit, à cette notion erronée de conscience.

La conscience nous est utile quotidiennement, à la condition qu’elle ne nous aliène pas et qu’elle ne porte que sur des futilités. Je maintiens une plus grande confiance dans notre inconscient. Le reste ne consiste qu’en des mots creux.

Je vais reprendre une existence plus calme. Je poursuivrai mon affaire, mais plus lentement, beaucoup plus lentement, sans lâcher prise, juste en sachant qu’à terme je parviendrai à mon objectif.

Aujourd’hui je recadre mon action. Je reprends mon travail, ma programmation informatique.

Je n’abandonne pas l’idée de poursuivre ces policiers qui participent au système dans lequel je me trouve.

Je me fixe un critère vérifiable pour savoir quand j’estimerai que mon affaire est résolue : je décide de ne plus me couper les cheveux jusqu’à ce qu’au moins un de ces policiers passe devant un juge.

Avoir les cheveux longs va devenir pour moi une contrainte, peu importe. Ce n’est non plus pas très joli pour un homme, sauf si je m’accorde le style d’un hypnotiseur.

Ce critère nouveau, de cheveux longs me guidera, me rappellera que mon affaire n’est pas réglée. Ce sera le futur.

Pour l’instant je profite du fait que les mots ne reflètent pas forcément la réalité.

Peut-être que cette histoire serait fausse. Peut-être aurai-je rêvé qu’on me voulait du mal. Sur la Toile je ne retrouve pas le nom de Ricardo. Il n’a probablement jamais existé. Les prétendues défaillances de notre système politico-judiciaire pourraient n’être que des impressions, subjectives, auxquelles il convient de ne pas accorder trop d’importance. Quant à l’hypnose, il n’est pas prouvé qu’elle existe : certains parlent d’une éventuelle complicité entre les volontaires, des comédiens, et l’hypnotiseur. Peut-être tout cela ne serait qu’un rêve, duquel il m’est facile de m’extraire.

Grâce au pouvoir des mots, j’ai toujours la possibilité de rédiger n’importe quoi, et en l’occurrence ce qui me fait plaisir.

Je m’autorise à écrire les mots « une fin heureuse ». Je m’arrête là.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Didi Drews
Un monde étouffé par son quotidien gris.
Une ville couverte de suie.
Au large des eaux, par-delà les parterres de menthe, la commune de Val-de-Nelhée bourdonne comme à son habitude, entre les tensions latentes et les crimes sanglants. L'équilibre se trouve toujours.
Les eaux sont là pour ça.
Jusqu'à ce qu'une série de meurtres vienne brouiller les cartes.




Image de couverture par Free-Photos de Pixabay
368
692
1235
374
Poppy Bernard
Texte ouvert aux avis et relectures :)

Sainte Morfesi n'est pas un pensionnat ordinaire. Nichée au bord de Roìsin, une île battue par les vents et les assauts de l'Empire voisin, l'école résiste à sa manière.

Les enseignants sont intenables, une oie sauvage garde les lieux, les élèves complotent contre le gouvernement et le cuistot s'obstine à transformer en saucisse tout ce qui lui tombe sous la main.
Ajoutez à cela un nouveau directeur tyrannique, et vous comprendrez pourquoi personne ne veut y mettre les pieds pour enseigner les langues, poste vacant depuis des mois.

Pourtant, une jeune femme se présente au portail le jour de la rentrée. Elle s'appelle Billie, a des cailloux dans ses chaussures et parle avec un accent étrange.
Billie sait que, comme dans toutes les écoles pour filles du monde, Sainte Morfesi abrite autant de fantômes que d'élèves. Encore faut-il les retrouver, car le vieux pensionnat ne délivre pas ses secrets sans en exhumer d'autres...
99
132
696
140
meggiej.14
Scénario dramatique + coming of age

Il se passe en deux temps, tout d’abord dans les jours modernes avec Nova, une adolescente neurodivergente frappée par une drame familial et qui fugue pour explorer la grande ville pour la première fois. Elle va y vivre son premier amour, de belles amitiés mais aussi découvrir que la vie peut être très injuste. Ensuite, avec Seb, jeune garçon neurodivergent aussi, dans les années 70, qui débute des études classiques dans un séminaire et qui se rapproche d’un des Frères. Il découvrira comment les différences et l’intelligence peuvent être à la fois un cadeau et un fardeau.

TW: abus sexuel (pas très graphique); fugue; pédophilie (pas très graphique)
9
21
62
42

Vous aimez lire lionel ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0