Un environnement délabré

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Les portes se referment sur moi. Parquet et police ont bouclé mon affaire jusqu’à ce que je sois étouffé. Ils disposent de trop de pouvoirs.

Les capacités de l’esprit, de mon esprit restent limitées. J’ai eu l’occasion de bénéficier de trop de sursauts pour en espérer un nouveau. En boucle dans ma tête je sais que je m’en sortirai, même si, en exagérant, cela me prenait cinq ou dix ans. C’est en imaginant les situations possibles futures que nous parvenons à les créer. Toujours ? Il n’est pas bon de douter.

Je pense au monde, là où je vis. Oui, en France nous sommes aidés. Nous recevons une bonne éducation, des soins lorsque nous sommes malades. Nous avons des routes en relatif bon état. Tiens, je deviens matérialiste. Quand j’étais au Congo ou dans d’autres pays je vantais la justice et la police en France. Quel regard dois-je maintenant porter sur nos institutions ? Quand nous vivons au cœur d’un système, il est assez difficile de porter un regard objectif.

La PNL a introduit le principe de la dissociation : nous devons nous voir nous-mêmes dans le cadre qui nous entoure, mais avec une certaine distance. Nous pouvons nous imaginer regarder une photographie assez large de nous-mêmes au cœur de cet environnement problématique. Ensuite, depuis l’extérieur, en fixant cette image, parce que nous venons de nous dissocier nous devinons, avec nos connaissances, ce qui va se passer.

Comme lorsque nous regardons un film, nous connaissons, au fond de nous-mêmes, la suite des événements. Pour qu’un personnage d’une histoire se sorte de situations embarrassantes, nous pouvons être tentés, en regardant l’écran, de suggérer au personnage tel ou tel comportement, pour qu’il sorte d’un mauvais pas. Lorsque nous étions enfants, nous avions tendance à crier à tel héros de faire attention à un danger par exemple. Puis nous avons grandi et nous savons que ceci ne sert à rien. Mais il nous reste cette capacité à concevoir une suite logique des faits.

Lorsque nous nous regardons, de manière dissociée, nous percevons mieux les ressources à appliquer.

La dissociation existe également en matière d’hypnose. Nous pouvons nous voir quitter notre corps, comme si notre esprit s’envolait. Ce n’est qu’une vue de l’esprit, une imagination, une hallucination, car notre esprit ne peut pas s’envoler puis revenir dans notre enveloppe corporelle.

Ces situations peuvent faire peur lorsque la dissociation est involontaire : certains vont se croire mourir, d’autres vont évoquer un phénomène paranormal, alors qu’il n’en est rien. Si notre peur est contrôlée, alors nous pouvons nous regarder sereinement, et objectivement trouver de nouvelles ressources à mettre en œuvre pour sortir de nos difficultés.

Sans pousser aussi loin la dissociation, je me contente pour l’instant de regarder l’environnement dans lequel je me trouve.

Une guerre éclate en Ukraine. La Russie, à l’origine du conflit, sait que les Occidentaux n’interviendront pas. Il s’agit d’une manière d’estimer qu’un État, lorsque ses intentions sont pures, possède la puissance de faire régner l’ordre. Un blanc-seing est laissé à la France lors d’intérêts mineurs en Afrique. On se moque des détails, d’une intervention au prétexte d’humanitaire lorsque les intérêts, faussés, sont limités. Le droit d’ingérence n’est souvent qu’un simulacre. Une partie de bluff s’ensuit.

Dans le cas de l’Ukraine, les dirigeants russes savent que nous ne sommes pas à la hauteur. Alors la Russie attaque. La ligne de défense ne repose sur rien. Nos gouvernants m’apparaissent corrompus, au moins par leur esprit. Alors, en notre sein-même, nous faisons naître, de mauvaise foi, des motivations pour ne pas défendre ces populations. Ceux qui avaient réussi une révolution propre, sans sang versé lors des révolutions orange, sont maintenant accusés, par nous-mêmes, d’être instrumentalisés par des fascistes. Tout est affaire de regard.

Je vois chez nous nos faiblesses. Un peuple a besoin de travail. Ceci ne manque pas chez nous, et pourtant nous ne parvenons pas à atteindre cet objectif. Je me remémore que c’est possible, mais nié par nos gouvernants. Le plein-emploi n’a jamais potentiellement disparu en France, mais alors pourquoi nos dirigeants le refusent-ils ?

Il en est de même avec la lutte contre la criminalité. Demander l’application de l’amende pénale, lorsqu’un délinquant s’acquitte d’une somme dix fois supérieure à ce qui a été tenté d’être volé, réduirait radicalement bonne majorité des délits.

Je ne suis pas tendre avec nos dirigeants malgré l’alternance des régimes. Tantôt à droite, tantôt à gauche, aucun ne propose de s’attaquer aux racines du mal.

J’établis un parallèle avec un système mafieux. J’imagine un parrain. Dans la ville les adultes expliquent à leurs enfants que l’homme qui les protège est « bon ». En effet, lors de la majorité des petits délits il fait régner l’ordre. Ce parrain doit être respecté.

Aucun ne doit mettre en question les activités annexes de ce malfrat, sinon il est tué. On reprochera au contrevenant d’avoir manqué de respect, de n’avoir pas suivi les règles.

Ceci prévaut également dans diverses communautés où un patriarche investi d’un pouvoir ancestral décide de ce qui est bien et de ce qui est mal.

Chez nous, il en est de même. J’ai osé demander réparation pour le faux rapt dont nous avons été victimes avec ma famille. Le parquet force pour obtenir mon musellement. Je ne m’en sortirai pas, je suis fini.

Certains accentuent leur combat quitte à ce qu’ils s’y consacrent exclusivement. Ce n’est pas une vie, en tout cas pas celle que j’attends. Je suis forcé une fois de plus de ralentir.

J’avance toujours, mais un peu plus lentement : je sais que j’atteindrai mon but un jour ou l’autre.

Ceux qui s’opposent à moi peuvent souvent croire qu’ils ont gagné, ne voyant plus en moi de trop forte opposition. C’est par erreur qu’ils tentent de me placer dans leur système cartésien de « gain » ou de « perte ». Il s’agit de leur vision, pas la mienne. Ce n’est non plus pas une réalité, juste une subjectivité, la leur. Je persiste à appliquer le principe de la PNL qui pose qu’il n’y a pas d’erreur ou de défaite, mais de l’apprentissage. Et je progresse.

Des initiatives telles que la lotocratie peuvent renverser ou au moins ébranler notre système politique actuel, mais là encore je laisse à d’autres le soin d’entrer dans cette voie. Pour ma part je ne vois pas là d’issue à court terme.

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