Je ne comprends pas, donc j’écris

8 minutes de lecture

Il me faut impérativement obtenir des éclaircissements. Je rédige une nouvelle lettre à l’attention de ce ministère.

Madame la Ministre,

Je vous avais contactée l’année dernière au sujet d’obstacles du Parquet d’Aix-en-Provence dans le cadre d’un prétendu rapt d’enfant et demande de rançon en 2008, affaire dans laquelle je suis victime. Mais laissons cette ancienne affaire de côté, ce qui vient de m’arriver est pire, et je souhaiterais que nous puissions nous concentrer uniquement sur les derniers événements.

En août 2012 je suis convoqué au commissariat d’Istres par un agent qui m’informe avoir reçu des instructions du Parquet pour me faire taire ! Eh oui, dans le Sud, certains estiment plus facile de faire taire les victimes plutôt que d’enquêter…

M. Grandbois avait répondu à un de mes courriers en 2013. Je l’appelle par téléphone le 10 avril 2014 et nous discutons une dizaine de minutes.

La question que j’ai posée à M. Grandbois était la suivante :

Comment la plainte que j’ai déposée contre l’agent de police qui m’a convoqué peut-elle prospérer au Parquet, si ce même Parquet est à l’origine des instructions illégales qui ont été données ? Soit il n’y aura aucune enquête, soit une enquête tronquée…

J’ai évoqué un second fait qui me dérange dans cette affaire. Je suis en procédure de divorce et nous avons reçu la visite d’une experte, Mme Pons, désignée par le JAF. Or, avec mon épouse, nous nous dirigeons vers un divorce à l’amiable, et nous n’avions pas besoin de cet expert. Nous le lui avons signalé et elle est partie. Huit mois plus tard, je reçois un rapport d’enquête sociale, accablant. Et dans ce rapport figure la mention :

« [M. Aubert] affirme que [son épouse] aurait fait enlever sa fille aînée (alors au Congo) par des amis à elle, pour qu’il paie une rançon, qu’elle aurait ensuite partagée avec eux. Il aurait découvert l’arnaque avant de payer. »

Plusieurs interrogations m’ont assailli :

Pourquoi la mention du rapt dans une enquête sociale ? Tentative de réponse : le Parquet aurait-il demandé à cet expert de « renforcer » par écrit une fausse version (faux intellectuel) en disant que j’avais payé consciemment, ce que je démens vigoureusement.

Pourquoi ce rapport sort-il au bout de huit mois ? J’ai trouvé sur le Net une information selon laquelle cet expert serait membre d’une loge maçonnique d’Aix, loge à laquelle appartiendraient des magistrats ou autres intervenants en Justice. Lorsque j’ai évoqué la franc-maçonnerie, j’ai senti la voix de M. Grandbois fléchir (sous réserve que ce soit bien lui qui ait été mon interlocuteur). Il me précise qu’il me répondra par courrier. Courrier que je n’ai jamais reçu…

On ne m’envoie pas un courrier, mais « des hommes de main » ! J’ai reçu exactement un mois plus tard la visite d’un groupe dont un homme qui a fracturé d’un coup de pied ma serrure et qui est rentré chez moi… Est-ce un curieux hasard ou est-ce ainsi que certaines personnes au sein de la Chancellerie demanderaient qu’on réponde aux victimes dérangeantes ? Dehors dans la rue stationnait un véhicule administratif immatriculé dans les Alpes-Maritimes, avec deux policiers en civil en planque…

Le piège était grossier : après avoir fracturé ma porte, ces policiers pensaient que j’irais porter plainte. Là seraient intervenus les deux policiers qui étaient en planque, qui auraient assuré que j’inventais. Police et parquet se seraient retournés contre moi, pour dénonciation mensongère et m’auraient condamné (gardons à l’esprit qu’en 2012 la policière m’avait promis que si je continuais, j’aurais de 6 mois à 5 ans de prison pour dénonciation calomnieuse ou de faits imaginaires). Le Parquet se serait fait un plaisir du même coup de faire disparaître ma plainte de 2008 et deux plaintes de 2013 qui visent des policiers…

J’ai porté plainte en juin auprès de la DGPN contre ces policiers et demandé que les enregistrements des caméras de vidéosurveillance soient visionnés. Depuis cette plainte, personne n’est venu me demander des détails sur le type de véhicule, sa plaque d’immatriculation, sa couleur, ou encore des détails sur l’écharpe portée par l’homme qui a fracturé la serrure. J’étais naïf de croire que la police allait enquêter dans une affaire dépassant tout entendement…

Madame la Ministre, avec tout le respect que je vous dois, les faits que je dénonce, s’ils sont avérés, sont d’une gravité extrême : s’il vous plaît, ne soyez pas tentée, par facilité ou parce que cette affaire vous embarrasserait, de les nier ou de les passer sous silence. Vous avez les moyens de vérifier.

J’ai eu une conversation téléphonique le 10 avril de 10 h 01 à 10 h 12 sur le poste no 62.85. Ce jour-là, vous aviez des problèmes avec les transferts d’appels, et M. Grandbois a discuté avec moi depuis un poste qui n’était pas le sien. M. Grandbois a été surpris quand j’ai parlé de la franc-maçonnerie. Vous pouvez vérifier les appels sortants dans le quart d’heure après que nous avons raccroché : a-t-il appelé le Parquet général (puisque ce sont des policiers des Alpes-Maritimes qui sont intervenus à mon domicile, il s’agit du ressort du parquet général et non pas du parquet d’Aix) voire des dirigeants maçons aixois ?

Il est également possible qu’il ait traité mon dossier quelques jours plus tard. Vous avez accès via l’informatique à la date et l’heure de son action. Vous pouvez alors vérifier les conversations téléphoniques qui ont précédé et qui ont suivi le moment durant lequel il « s’occupait » de mon cas.

Les doutes sur la volonté réelle de M. Grandbois apparaissent dès sa lettre d’août 2013. M. Grandbois utilise le conditionnel par rapport à ma plainte : « classement sans suite de la plainte que vous auriez déposée ». Puis il m’oriente vers un recours auprès du Procureur général.

Or, j’ai lu depuis que M. Grandbois serait un juriste de bon niveau. Sa réponse de 2013 ne « colle » pas avec le niveau qu’on lui prête. Je n’avais pas besoin d’une plainte : -1- il y avait flagrance (la rançon n’a été payée que 3 semaines après qu’un colonel a commencé à nous suivre) et -2- en matière de crime le parquet a l’obligation d’enquêter. B.A.BA d’une première année en droit pénal ? Nous nous référons aux articles 68 et suivants et 79 du Code de procédure pénale.

Même en évoquant l’hypothèse étrange avancée par l’enquêtrice sociale, celle d’un commencement d’extorsion, le parquet aurait dû agir, car le commencement d’une infraction est tout aussi punissable que l’infraction elle-même. Là encore nous ne quittons pas le B.A.BA du droit pénal ! cf. les articles 121-4 et 121-5 du Code pénal.

Je ne peux pas croire que M. Grandbois ait involontairement commis de telles erreurs élémentaires dans sa lettre de 2013. Non ! Ce qui m’apparaît, c’est qu’en 2008, après l’extorsion, l’État a eu conscience d’avoir commis des fautes, notamment au niveau du ministère des Affaires étrangères. Des fonctionnaires ont alors établi de fausses déclarations laissant croire je ne sais quoi… La réalisation de ces fausses attestations est prescrite depuis 2011. En 2012, quand je transmets de nouveaux éléments, certaines personnes au sein du Parquet pensent devoir continuer à couvrir ces « faux d’État ». L’appartenance de ces personnes à une loge maçonnique influente les conforte dans leurs actions. Ils se croient « tout permis », et surtout couverts… Ils n’hésitent pas à me faire convoquer, moi victime, dans un commissariat pour m’intimer de tout stopper. Et là, je réagis. Je refuse de signer le PV de la policière.

Je persiste auprès du Parquet. Je vous écris. Ils ne sont pas habitués. M. Grandbois tente la manœuvre de faire croire que le refus proviendrait du Parquet général. En réalité non, c’est une machine qui se met en branle contre moi. La franc-maçonnerie a un rôle là-dedans : quand on appartient à un réseau, on se sent déchargé de certaines responsabilités, voire, paradoxalement avec les principes maçons, de réflexion. La bêtise laisse croire à ces gens qu’ils peuvent tout se permettre. C’est oublier qu’une victime tire une force supérieure des injustices qu’on lui fait subir, et qu’un jour ou l’autre, la vérité surgira.

Alors dans leur bêtise ces gens « en réseau » persistent à étouffer l’affaire : d’abord la lettre de 2013 de M. Grandbois, puis l’instruction de me faire taire par tout moyen : là, le parquet général fait appel à des policiers de Nice. Au fait pourquoi les Alpes-Maritimes ? 3 heures de route nous séparent ? Et il y a le Var au milieu… Un doute me vient à l’esprit : ces gens-là n’auraient-ils pas déjà usé du même mode opératoire il n’y a pas si longtemps ? Des innocents seraient-ils en ce moment en train de croupir en prison ? Je reconnais là un peu m’égarer…

Madame la Ministre, s’il vous plaît, vous avez quelques moyens pour éclaircir les faits. Je vous saurais gré de faire jaillir la vérité, quelle qu’elle soit, nous en profiterons tous, dans un État de droit.

Quant à la question que j’avais posée à M. Grandbois, de savoir auprès de quel parquet porter plainte dans l’hypothèse selon laquelle des membres du parquet d’Aix, ou du parquet général seraient impliqués, M. Grandbois m’a apporté une réponse implicite : si l’obstacle à une enquête provisionnait, en amont, d’un agent de la Chancellerie, alors le Parquet de Paris serait maintenant compétent.

En vous remerciant pour votre attention,

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma très haute considération.

Je signe ma lettre. Auparavant, lorsque j’écrivais un courrier relativement important, je le soumettais à un de mes proches, pour un avis. Mais, depuis, je ne procède plus ainsi. Je mûris ma lettre, la tape, et laisse passer un jour ou deux avant de la relire et l’expédier.

Si j’avais montré mon texte à quelqu’un avant de l’envoyer, on m’aurait dit qu’il ne faut pas écrire ainsi à un ministre. Plusieurs de mes mentions choquent, et il pourrait convenir, pour les autres personnes que moi, de passer sous silence plusieurs faits, par exemple les liaisons avec les francs-maçons. Mais également la phrase, même interrogative, relative au doute, à l’utilisation d’un même mode opératoire qui aurait entraîné l’emprisonnement d’autres innocents fâche les gens qui la lisent. Évoquer, de la part de certains fonctionnaires de ce ministère, des erreurs ou des carences grossières sur des sujets enseignés en première année de droit en faculté ne doit pas plaire non plus…

Alors pourquoi écris-je tout cela ? Parce que les faits qui sont la cause de mon mécontentement sont considérablement plus révoltants. Si une personne apparaît plus choquée par le ton de ma lettre plutôt que par les faits qui y sont dénoncés, alors cette personne, au fond d’elle-même, cherche un prétexte pour se voiler la face. La majorité des gens a peur.

Il s’agit d’une crainte au fond de nous-mêmes, profondément enfouie. Ce qui m’arrive remet en cause notre notion de relative bonne sécurité. La partie inconsciente de notre cerveau cherche toujours à privilégier notre bien-être, même si c’est au détriment de notre morale. Celle-ci relève de notre entendement, de notre réflexion. Or notre inconscient lui est supérieur.

L’homme ordinaire refoule, censure des informations troublantes à longueur de temps : malheur à moi qui m’apprête à troubler cet ordre établi pour la majorité d’entre nous.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Rayeuse
Ecris Simone est un collectif d'autrices féministes qui lance des défis sur instagram
https://www.instagram.com/ecrissimone/?hl=fr

Je me lance donc dans cette aventure et essayer de répondre au mieux au thème et contraintes imposées. Je rajouterai d'autres textes libres sans aucun rapport avec les défis. Donc oui, ceci est un recueil de nouvelles/textes courts sur une cause qui me tient à coeur !
2
3
0
5
Défi
Sagittaire
Réponse au défi 'Un cauchemar' de Jed D .
1
4
0
3
Défi
beatrice

A toi, mon père, qui m'a quittée à l'aube de tes soixant-dix printemps
A toi, mon fils, qui m'a souri à l'aube de mes vingt- cinq printemps
Aux quatre vents, sur tes montagnes d'auvergne, tu voyages, mon père
Au pays de soleil- levant, tu as décidé de faire ta vie, mon fils
Comme la lumière du soleil illumine la terre, vous avez réussi à éblouir mon triste coeur
Merci.



6
15
22
1

Vous aimez lire lionel ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0