Au travail

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Notre cerveau a besoin d’entraînement, d’exercices, nous devons le faire travailler pour le muscler. Les puzzles, les sudokus sont des prétextes ludiques, tandis que la réflexion pour la résolution de problèmes plus importants est, elle aussi, tout aussi bénéfique.

Je m’oriente vers un sujet que j’avais enterré en 2008, puis à peine exhumé en 2011 : l’emploi pour tous ceux qui veulent réellement travailler. À l’époque je n’avais pas eu d’appuis extérieurs. Tant pis, cette fois je vais m’engager toujours seul.

À Istres, combien de personnes veulent réellement travailler à temps plein ? Des statistiques précises existent sur le nombre de demandeurs d’emploi, sauf que je n’ai pas de grande confiance dans ces nombres présentés par l’administration, toujours comme si quelque chose m’échappait, comme si la réalité était différente.

Je dois réfléchir, penser aux gens que je connais, à nos discours sur l’emploi, même autour d’un verre. Certains cherchent effectivement du travail et n’en trouvent pas, d’autres œuvrent au noir, ou alors font semblant de chercher, mais, au fond d’eux-mêmes préfèrent rester chez eux devant la télévision.

Les statistiques présentent à Istres deux mille demandeurs d’emploi. Je m’efforce de visualiser ces emplois à créer. Deux mille… Non, je sens quelque chose qui cloche, cela ne correspond pas. Je tente de me souvenir ce que les médias locaux présentent comme une opportunité d’emplois, pour notre ville. Trente, cinquante ou cent cinquante créations de postes sont de temps en temps désignées comme une aubaine pour la ville lorsqu’un nouvel employeur s’installe et recrute.

Je reprends le projet soumis à Ricardo trois ans plus tôt : je tablais entre cent et cinq cents nouveaux emplois pour un coût allant de 500 000 à 2,5 millions d’euros. La mairie qui vient d’être construite a coûté vingt millions. Pour l’emploi, j’opte pour un coût dix fois inférieur. Dix fois moins cher que sa mairie, ce nombre me plaît, et il correspond à quatre cents emplois. Pour donner une impression de réflexion, alors que ce n’est pas trop le cas, j’utilise le principe des seuils psychologiques. Au lieu du chiffre rond quatre cents je privilégie trois cent cinquante : cette légère complication émane-t-elle d’un calcul bien réfléchi ? Non. Je conclus pourtant sur trois cent cinquante emplois pour un coût de deux millions d’euros.

Je m’attaque à la réalisation d’un nouveau tract que je placerai toujours sur les pare-brise. Dans la colonne de gauche du feuillet, je présente la nouvelle mairie pour vingt millions, et dans la colonne de droite trois cent cinquante emplois pour dix fois moins. Je conclus dans la nécessité de monter un mouvement citoyen. Je ne suis plus épaulé par une structure politique, je suis maintenant seul, isolé. Pour des raisons légales, je suis tenu de laisser mon nom, mais il est tout petit.

Je débute par une distribution sur les plus gros parkings de la ville, très souvent au pied d’HLM. Cette situation est une aubaine, car dans les milieux populaires se croisent à la fois de forts travailleurs et des personnes présentées comme assistées, au prétexte d’avoir perdu l’accès à l’emploi. Proposer à tous ceux qui le veulent un travail, voilà une idée qui doit motiver les électeurs déçus des politiques inefficaces qui se succèdent. Mais au fur et à mesure que j’égraine mes tracts, je cogite. Je vois la Ligue nationale en train de monter, car elle apparaît aux yeux d’une bonne partie des Istréens comme peut-être le seul choix crédible pour se battre contre l’imposant maire sortant.

Parizeau, ce nouveau candidat de la Ligue à Istres est jeune, la trentaine. Il est présenté comme un intellectuel bardé de diplômes. Son image reflète un certain calme, tranchant avec l’attitude des dirigeants historiques du parti, plutôt habitués à des dérapages verbaux et à des polémiques.

Dans mon tract, je l’attaque essentiellement pour les idées qu’il représente : le basculement de la ville dans l’escarcelle de la LN ne constituera aucune avancée pour les Istréens qui n’a pas de réel projet pour les habitants. Se débarrasser du maire actuel n’est pas suffisant.

Tout doucement une idée commence à prendre forme dans mon esprit. Je sais que le projet du plein-emploi ne coûte absolument pas cher. Sa mise en place est facilitée par l’étalement dans la durée entre les premiers bénéficiaires qui se rueront et d’autres, beaucoup plus sceptiques. Le premier obstacle réside dans l’incompréhension :

— Il y a obligatoirement une erreur, ce n’est pas possible de réduire aussi facilement le chômage, affirment la majorité des gens.

L’inconscient collectif refuse d’admettre que la société française est abusée depuis des décennies, voire des siècles. Cela perdure avec des décideurs, souvent des hommes politiques, sans imagination, sans vrai esprit critique. Ils ne sont capables que de lancer des polémiques minables. Ils sont impuissants.

Alors cet inconscient collectif va cacher cette réalité. Comment ? En usant de n’importe quelle raison, souvent intellectuellement empreinte d’une légère malhonnêteté et de mauvaise foi.

J’ai lancé mon initiative personnelle, bien sûr, mais cette solution ne me plaît pas beaucoup, je ne suis pas intéressé par la politique. Je vais quand même retourner discuter avec les partis politiques traditionnels pour leur présenter mon projet : celui qui le lancera sera sûr de remporter les élections.

Un jour de marché, je discute du plan pour l’emploi à l’improviste avec Jacques. Nous étions ensemble dans l’association politique contre Ricardo. Je présente le projet, qui semble susciter de l’intérêt. Alors que j’ai promis d’être rapide et succinct, notre discussion dure plus d’une demi-heure. Je lui laisse un exemplaire de la proposition de 2011.

Les échanges que j’ai eus avec différentes personnes attentives me donne un nouvel espoir. Je reste quelques jours à réfléchir dessus. Là encore des idées germent dans mon esprit. Je n’aime pas la Ligue nationale, et encore moins tous ces intellectuels qui prônent les idées fascistes les plus horribles. Certains peuvent voter LN avec une légèreté, par exemple pour simple amour de la patrie, ou avec un discours raciste plus lié à leur méconnaissance de l’étranger qu’à une idéologie. À mes yeux, ceux qui votent ainsi pourraient être excusables.

Mais au fait, qui suis-je pour juger des opinions des autres, et du vote de mes compatriotes ? Le vote extrême n’a jamais été catalogué parmi les délits, mais parmi les libertés. Pourtant, cet état des faits dérange la majorité d’entre nous. Je ne dois pas redouter les suffrages, mais une certaine intelligentsia qui manipule les foules.

L’intellectuel Parizeau ne m’apparaît pas faire partie de ces immondes idéologues. Il était encarté au Rassemblement républicain ces dernières années, puis il s’est radicalisé. Il demeure professeur en sciences politiques. Serait-il un de ces hommes intelligents à qui je pourrais présenter mon projet ? Peut-être. Je m’interroge sur l’utilité d’une Ligue nationale qui donnerait du travail essentiellement aux minorités ethniques, aux jeunes désœuvrés de nos banlieues, à tous ces gens que la Ligue n’aime pas. Cette évocation me fait sourire.

Lors de mes missions humanitaires, j’ai avalé de pires couleuvres, travaillé pour des régimes qui tuent leur propre population. La Ligue nationale est tout de même éloignée de cet extrême. Je me résous à contacter Parizeau.

Nous nous rencontrons à midi à une terrasse autour d’un café. Il s’est renseigné sur moi :

— Tu veux me parler de lotocratie ? me lance-t-il.

Je lui réplique avec le sourire :

— Ah non ! La lotocratie est réservée pour de grandes représentations des citoyens, pas à un niveau local où les gens se connaissent mieux. Et puis il faudra des décennies pour faire évoluer les idées. Donc, non…

Je suis assez surpris que Parizeau ait mené des investigations sur la Toile. Je devine que la Ligue est intéressée par une meilleure représentativité des Français : la LN pourrait facilement retirer ainsi une ou deux centaines de députés, soit cent fois plus que ce qu’ils obtiennent avec le système actuel.

Je précise brièvement l’objet de ma rencontre, nous abordons quelques banalités afin d’instaurer un climat un peu plus propice à la discussion. Je trouve Parizeau assez méfiant à mon égard, mais je le comprends, il vient d’être parachuté dans la ville, sous une étiquette qui lui vaut de nombreuses inimitiés, dont la mienne. S’attend-il à un piège de ma part ?

Je poursuis mes présentations. En m’adressant à un membre de la Ligue, je sais que je dois mettre en avant certains arguments plus que d’autres : devant mon interlocuteur il me faut opposer les valeurs du travail contre celles de l’assistanat, et je m’y emploie. J’insiste alors sur l’importance du labeur, en calant mon discours sur la nécessité de remettre les Français à l’ouvrage. Je rappelle qu’une France ne peut être forte que par ses travailleurs. Je lui cite le cinquième article du préambule de notre Constitution qui pose l’obligation de travail pour tous les Français : il ne s’agit pas de travailler uniquement dans le secteur privé, une France forte doit l’être avec des gens qui travaillent, des parents qui montrent aux enfants qu’on ne reste pas assis sur un canapé toute la journée devant la télévision. Il s’agit d’une éducation implicite : le salut se trouve dans le travail. Rien ne sert d’apprendre à l’école la fable sur le Laboureur et ses enfants si nos filles et fils ont à leur maison l’exemple que l’on peut vivre simplement d’aides sociales. Je m’efforce de trouver des arguments susceptibles de faire mouche auprès de mon détracteur.

J’évoque également le libéralisme en l’opposant à tout dirigisme étatique. Notre monde a changé, il est devenu libéral et nous devons nous adapter. Libéral signifie juste que nous sommes plus libres que dans un système dirigiste. Mes propositions s’adressent à des volontaires, personne n’est forcé, et par là, les associations sont plus facilement enclines à accepter ces nouveaux bénévoles qui s’engagent dans leur travail, alors qu’ils y rechigneraient s’ils y étaient contraints.

Quelques hommes politiques proposent de temps en temps de n’accorder des aides sociales qu’à ceux qui donneraient, par exemple, cinq à dix heures de leur temps pour des actions d’intérêt général. Je ne questionne pas Parizeau sur ce point, car je me doute qu’il abonde dans ce sens. Je balaie directement ces propositions que je qualifie de dirigistes, ce à quoi nous devons nous opposer, là, à nouveau. J’insiste avec pragmatisme : nous ne pouvons pas contraindre toutes les personnes qui déclarent être au chômage à travailler cinq heures par semaine auprès des mairies, par exemple, car nous n’avons pas de travail précis ni d’encadrement à proposer à tous.

En revanche, si seuls les vrais chômeurs se mettent à prospecter eux-mêmes des tâches utiles, adaptées à leurs connaissances ou leurs formations, alors ils trouveront du travail, étalé dans le temps. Il ne faut aucunement chercher à contraindre les gens, nous n’avons pas ce droit. Chaque individu doit être regardé avec respect. Il ne doit pas exister pas d’un côté des travailleurs, privilégiés, et d’un autre des demandeurs d’emploi, sous-estimés. Chaque personne qui demande à travailler doit pouvoir être entendue.

Je me surprends moi-même avec les propositions que j’avance, car elles demeurent susceptibles de plaire à la Ligue. Notre conversation s’ouvre, nous évoquons également d’autres sujets, divers. Nous citons Tocqueville et nous nous amusons en doutant que les hommes politiques locaux l’aient lu alors qu’ils prétendent gérer les citoyens.

Je suis satisfait de cette rencontre qui me laisse de l’espoir pour relancer le travail pour tous. Le soir j’expédie à Parizeau un petit courriel faisant état de notre entrevue et demandant, une fois qu’il aura lu les documents que je lui ai laissés, si l’on pouvait ultérieurement approfondir ce thème.

Quatre jours passent. Alors que je traverse ma rue, je vois deux skinheads, ces têtes rasées aux idées néonazies, accompagnés d’un homme de quarante ou cinquante ans, en blouson militaire, à l’apparence d’un baroudeur qui semblerait diriger une quelconque opération. Ils sont devant la permanence de la Ligue. Je n’aime pas ça, j’ai le sentiment qu’à l’échelle départementale, dans certaines villes présentées comme susceptibles de basculer, des opérations musclées pourraient être enclenchées.

Deux jours plus tard, au matin, des graffitis racistes trônent sur la façade de la LN. Pour moi, aucun doute, la Ligue veut se faire passer pour victime et va profiter de ces mentions racistes sur son mur. Nous nous éloignons des propositions pour l’intérêt des citoyens, et nous retombons dans le travers de la division entre Français, les uns contre les autres. Je laisse sur la Toile une mention de mon amertume, et j’en informe Parizeau. Notre dialogue se rompt.

Notre rencontre m’a cependant laissé de l’espoir, et j’entends approfondir la divulgation des propositions sur le travail pour tous. Je réalise un site Web très sommaire, avec des questions-réponses simples. Le projet est assez aisé à mettre en œuvre : un Istréen qui veut travailler démarche n’importe quelle association, de son choix, à Istres ou dans une autre ville. Il explique à l’association qu’il va travailler en tant que bénévole, que l’association n’aura rien à débourser, qu’il s’agit pleinement de bénévolat. Sa structure doit juste lui donner une activité utile. Je sais qu’il existe de nombreux organismes qui ont un grand besoin de travailleurs, que des emplois sont à pourvoir. Je conçois également qu’il n’y aura pas de ruée des demandeurs d’emploi, mais un étalement entre ceux qui y croient tout de suite, et d’autres, plus sceptiques ou méfiants, qui attendront six mois ou un an avant de s’impliquer.

Le but est que les volontaires prouvent à la mairie leur volonté de travailler et la mettent devant le fait accompli. Le discours que ces bénévoles pourraient tenir serait :

— Je cherche à travailler, avec un contrat dans le secteur privé. Et en attendant, je me rends utile à la société. Ceux qui ont des contrats dans le secteur privé ramènent dans leur foyer au minimum un millier d’euros chaque mois. Moi, non, je vis avec une indemnisation inférieure, celle de Pôle emploi ou le RSA. La mairie d’Istres peut-elle compléter mon indemnisation jusqu’au niveau des autres travailleurs ? Parce que la mairie a maintenant la preuve que je suis un vrai demandeur d’emploi, contrairement à d’autres qui disent rechercher du travail, mais s’abstiennent de travailler bénévolement. Je suis une victime du chômage, pouvez-vous, s’il vous plaît, indemniser ce côté « victime » ? Merci.

Je m’efforce de faire cohabiter une certaine simplicité et des calculs prétendus complexes, en offrant en téléchargement les vingt ou trente pages du projet présenté en 2011. Pour rendre la forme attrayante, je rajoute une vidéo. Je me filme à l’aide d’un petit caméscope et poste le montage sur un réseau social.

Voilà une dizaine de jours que ma présentation est en ligne lorsque ma sœur, Alexandra, vient nous rendre visite, depuis Paris. En famille nous abordons différents sujets. À l’occasion d’une discussion, elle me demande des précisions sur mon éventuel engagement dans les municipales et surtout sur les projets que je défends pour la ville. Je réponds par l’emploi. Surpris, il me questionne davantage.

Alexandra imagine tout de suite ce projet dans son village en lointaine banlieue parisienne, en en soumettant l’idée aux candidats. Je ne suis pas défavorable à ce que de petites communes mettent en place ce projet, sauf que je ne pourrais pas le suivre sans perte de temps, au détriment de pouvoir me concentrer sur des villes plus grandes. Ma réponse est mitigée. Alexandra reste intéressée. Elle critique ma vidéo qui donne une image d’amateurisme et me propose d’en faire une nouvelle, avec des questions et des réponses entre elle et moi. Je gribouille sur un papier quelques idées à développer, toujours assez succinctement pour ne pas lasser.

Alexandra a apporté un nouveau souffle à mon projet. Tandis que l’ensemble des personnages politiques ont abdiqué en matière de lutte contre le chômage, mes proches prennent le temps de vérifier les calculs que je propose sont séduits par la possibilité d’un plein-emploi réel.

À Istres, les listes électorales sont sur le point de se clore. J’abandonne l’idée de monter un mouvement : je n’en ai pas les capacités, ni l’envie. Je ne dois pas m’engager dans une telle voie. En revanche j’ai toujours l’intention de faire des propositions utiles. Si un parti politique existant, quel qu’il soit, veut en reprendre certaines idées, qu’il le fasse. Une liste de gauche qui entend se détacher de la ligne prise par Ricardo est en train de se mettre en place. Je rencontre certains de ses membres. Ils m’annoncent avoir consulté des juristes et des avocats qui ont déclaré mon projet irréalisable ou illégal. Lorsque je questionne pour connaître les points concernés afin de corriger mes propositions, on me répond qu’il s’agit d’avocats qui ont de longues années d’expérience. Je n’obtiens aucune autre information.

Je rage intérieurement, mais me fais vite une raison. Ce type de réponse, entièrement dogmatique puisqu’elle repose sur la qualité des personnes qui s’expriment sans même étudier les idées. Cette attitude m’est déplaisante au premier abord. Pourtant, en y réfléchissant, elle me conforte dans le projet : si les propositions que j’affiche étaient erronées, leur inexactitude m’aurait tout de suite été signalée. Or, ce n’est pas le cas. Je pensais également que la droite défendait les idées d’une économie libérale, avec la nécessité, pour cette économie, de maintenir un certain niveau de chômage au sein de la population. Mais je constate que la gauche, aussi, ne fait pas d’effort pour les personnes sans emploi. C’est un peu comme si cette situation permettait aux partis de gauche d’exister, drapés dans de beaux draps tout théoriques.

Sans citer aucun texte de loi, aucune jurisprudence, on m’oppose la crédibilité d’avocats en matière du droit du travail. Je sais pourtant que j’ai réussi à faire prospérer une question de constitutionnalité dans ce domaine, alors que je doute que ces avocats réputés à gauche n’y soient un jour arrivés, quand bien même ils auraient essayé.

Une idée me vient à l’esprit : on me dit implicitement que je n’ai pas autant d’expérience en matière de droit du travail que des avocats. Je vais contacter des syndicats et leurs conseils juridiques, toujours en matière d’emploi. Cette fois je ressors la QPC que j’avais déposée quelques mois plus tôt.

Je décroche mon téléphone et je joins les services juridiques des sièges des trois principales organisations syndicales françaises. Je leur expose qu’une Question est en cours d’étude devant la Cour de cassation, et l’enjeu étant que des travailleurs précaires puissent gagner dix pour cent de salaire supplémentaire, ce qui est loin d’être négligeable pour ces travailleurs pauvres. Les syndicats peuvent se joindre à ma Question. Certains d’entre eux me demandent des précisions que je fais parvenir par courriel. D’autres déclarent qu’ils vont me rappeler.

Je ne reçois rien dans les jours qui suivent, mais ce n’est pas grave, je me fais à l’idée de ne rien attendre de ces syndicats. En revanche, à Istres, face au refus de personnes de gauche, je me conforte que je progresse sur le thème de l’emploi. À ce stade, la droite et la gauche m’apparaissent à un niveau égal dans l’incompétence et la méconnaissance des enjeux économiques et sociaux.

J’apprends que la liste du candidat de droite, Patel, vient de subir des défections. Chaque colistier doit demander auprès du maire une attestation d’inscription sur les listes électorales. Il semble que Ricardo ait usé de son pouvoir, ou d’intimidations, pour faire changer d’avis certains Istréens qui lui ont réclamé ce document. Le Rassemblement républicain est seul parti auquel je n’ai pas présenté mes propositions sur l’emploi. Nous nous rencontrons, avec Patel, durant une demi-heure, peut-être une heure. Ses propositions sont déjà closes, mais il évoque la possibilité de réaliser une action en parallèle. Je suis toujours convaincu qu’un candidat qui propose de manière crédible un emploi massif sur la commune sera élu. Je rejoins sa liste.

Les semaines nous rapprochent de la date de l’élection. Bien qu’arrivé tardivement par rapport aux autres colistiers, je participe à cette campagne. Mon projet est passé aux oubliettes, sauf deux lignes sur un tract spécifique à un quartier plus touché par la problématique de l’emploi.

Nous perdons les élections. Ricardo arrive avec une dizaine de points d’avance sur le candidat de la Ligue.

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