Retour sur le maire

14 minutes de lecture

Je ne dois pas m’éloigner de l’essentiel : il m’est impératif de me concentrer sur les difficultés que je rencontre avec Rachel. Je réponds ainsi à cette lettre que je viens de trouver il y a quelques jours, signée Ricardo.

Rachel doit tirer des ficelles, et faire appel à différentes personnes susceptibles de l’aider. L’administration peut lui apporter un certain soutien : elle est étrangère, en théorie ne connaît pas bien nos lois (ce qui m’apparaît faux en pratique, car certains étrangers sont bien mieux renseignés que les Français sur plusieurs sujets), et, en tant que femme, serait en position de relative faiblesse.

Ce secours prodigué ne devrait pas aller à l’encontre de certains faits : que l’administration soit attentive à aider des victimes et non leurs bourreaux.

Ainsi je dois, par honnêteté intellectuelle, accorder au maire le bénéfice du doute : peut-être ne détiendrait-il pas la totalité des éléments qui lui permettraient de se faire une opinion exacte, peut-être que les policiers municipaux ne lui ont simplement pas transmis le détail de l’opération de ces derniers jours ?

Mon courrier reprend rapidement l’obligation du premier magistrat à veiller à la tranquillité publique et à lutter contre les éventuelles violences au sein d’un couple. Il s’agit là d’un rôle qu’on appelle « police administrative ». D’une manière générale, lorsque des voies de fait sont évoquées, les cas vont au-delà de simples disputes conjugales : il existe un risque qu’il convient de prévenir à défaut de le réduire.

J’enchaîne ma lettre par le détail des constatations des policiers municipaux dans la nuit du 31 mars, que je reprends. Je conclus en lui demandant de vérifier auprès d’eux mes allégations. Notre maire est connu pour sa promptitude à répondre aux sollicitations de ses administrés. Les jours et les semaines passent sans que rien me parvienne.

Je sais faire assez facilement abstraction de difficultés, sans amalgame. Ceci fait partie des enseignements que je considère comme importants et que je transmets à mes enfants : si quelqu’un réalise une mauvaise action, c’est le geste qu’il convient de condamner, et non pas la personne. Ainsi, tout le monde a le droit à l’erreur. Nous pouvons faire preuve de différences de jugement, suivant nos cultures, notre vécu, nos habitudes, sans forcément encourir une quelconque condamnation morale. Nous ne devons pas être remontés contre quelqu’un, mais contre des actions. Et notre colère, même si elle est petite, ne doit être cantonnée qu’aux seules activités litigieuses.

Avec Ricardo, les choses peuvent sembler quelque peu différentes. Certes, il m’apparaît prendre part à notre contentieux, au-delà de la réserve qui devrait s’imposer. Mais, lorsqu’il s’agit de juger de ses actions en tant qu’élu de la ville, je dois faire abstraction de son engagement envers Rachel.

Ricardo est un homme politique critiquable, en France, comme il doit en exister quatre ou cinq sur le territoire. Il est connu pour certains excès. Je n’ai pas effectué par le passé plusieurs missions humanitaires à l’étranger pour, lors de mon retour en France, accepter des dérives locales.

C’est dans l’objectif de tendre vers une meilleure démocratie locale que je me suis inscrit, il y a un peu plus d’un an, au sein de l’association Istr’action. Jusqu’à présent nous distribuons des tracts et tenons des réunions publiques d’information. Je ne fais pas partie du bureau, mais juste des adhérents actifs, qui soutiennent la cause avec ardeur.

Istr’action est une association « loi 1901 », statut qui lui interdit toute manœuvre politique. Pourtant, parmi les membres, plusieurs poussent à la création d’un parti local, capable de renverser le maire. Il s’agit alors de monter une seconde structure parallèle, qui, elle, aura le statut de parti politique.

Nous voilà en avril, à moins d’un an des prochaines élections municipales. Si nous décidons de batailler, il convient de poser les bases sans attendre.

À l’occasion d’une de nos réunions, un tour de table est organisé. Chacun précise son engagement, soit dans le simple mouvement associatif, soit dans la structure politique. Certains choisissent les deux. Lorsque vient mon tour, je livre mes pensées :

— Jusqu’à présent seule l’action citoyenne m’a intéressé. Et dans ce sens, je continuerai à me battre contre tous les excès de notre maire. Mais je dois me rendre à l’évidence : Istr’action ne s’attaque qu’aux conséquences. Je ne dois pas me bercer d’illusions, laisser Ricardo entamer un nouveau mandat, et chez Istr’action, continuer à m’escrimer contre les dérives. Combattre le mal à la racine, c’est entrer dans l’action politique. Voilà mon choix.

Au fond de moi-même, j’éprouve quelques scrupules : ma décision de lutter contre Ricardo est-elle vraiment sincère ? Ne serais-je pas un tantinet de mauvaise foi ? À l’inverse, je préfère qu’il en soit ainsi : lorsque j’avais adhéré à Istr’action il y a un peu plus d’un an, Ricardo n’était pas encore entré en jeu en faveur de Rachel. Mon choix était totalement libre, désintéressé. Et maintenant, la décision de privilégier l’action politique n’est qu’une application d’une logique élémentaire : attaquer le problème à sa base.

Dans le groupe politique qui va se monter, je n’entends bien sûr qu’apporter de l’aide par ma personne. Je reste en retrait des décisions du bureau qui se formera. Dans tout groupement, il faut des gens qui agissent, et d’autres qui réfléchissent pour le mouvement. J’aime assez cogiter, mais pour l’instant je me contenterai de suivre la ligne de conduite décidée par les autres.

D’autant qu’en ce moment je dois plutôt me focaliser sur un autre sujet : Rachel.

À la mi-avril, je reçois une lettre du Pôle insertion du département qui, étrangement, affirme que j’aurais refusé de me présenter à une de leurs convocations, et retire cinquante pour cent des allocations que la famille perçoit. Après m’être renseigné, il s’agit d’un des organismes qui s’occupent de gérer les emplois. Normalement, il n’y aurait pas de raison qu’ils me suivent puisque j’ai déjà un travail, à mon propre compte. S’agit-il d’une convocation pour Rachel à laquelle elle ne se serait pas rendue ? C’est possible.

Cette lettre est datée du mois dernier. Il arrive qu’au sein d’une administration les courriers restent en attente avant de transiter par différents services préalablement à l’envoi.

J’interroge Rachel qui me répond ne pas savoir. J’appelle l’office en question. Mon interlocuteur semble évasif : il aurait sous ses yeux une convocation qui m’aurait été adressée en recommandé. Mais je n’ai jamais reçu de telle convocation. Rachel aurait-elle signé à ma place la lettre présentée par notre facteur ? C’est possible, mais j’en doute. Au fond de moi-même, j’éprouve un sentiment étrange. Cette action-là ne profite pas à Rachel. Au contraire, elle en subit la pénalité.

Je reste quelques semaines circonspect avant d’engager une nouvelle démarche administrative : début mai j’expédie au Conseil général, responsable du bon fonctionnement de ses agents, une lettre recommandée.

Un nom m’est revenu à l’esprit : ne s’agirait-il pas d’une mesure de rétorsion de Mme Ruben ? Cette assistante sociale qui soutenait Rachel n’aurait-elle toujours pas digéré ma récupération de la gestion du budget familial il y a deux ou trois mois ? Cela m’apparaît possible. Mais si je poursuis cette hypothèse alors cet agent administratif aurait produit ou créé une fausse convocation ? Elle aurait rédigé la lettre recommandée, et juste avant de me l’envoyer, elle l’aurait déchirée, ne conservant que le talon ? Je reconnais pousser ma théorie un peu loin. Pour l’instant je vais attendre la réponse du Conseil général qui devrait clore cet imbroglio.

Je ressens toujours cette impression, ce sentiment étrange, comme quoi des choses sont en train de se mettre en place contre moi. Je n’arrive pas à en qualifier l’ampleur. Avec du recul, j’appréhende un tantinet mieux le risque.

Trois semaines se sont écoulées depuis la dernière altercation avec Rachel, qui avait vu la municipale débouler. J’avais alors pressenti un danger, mais sans pouvoir vérifier s’il était ou non fondé.

Un détail troublant m’effleure pour la première fois : quand Rachel se changeait, dans notre chambre, elle était en petite tenue, culotte et soutien-gorge. Entre notre dispute et ce moment où Rachel s’habillait, ne s’était écoulé qu’environ deux minutes maximum si j’inclus le temps que nous avons mis à parcourir plusieurs pièces de la maison. Les émotions les plus fortes émanaient de Rachel : elle était à l’origine des mots intenses de la dispute, de la casse de vaisselle et de ma fuite soudaine qui a dû la surprendre. J’étais bouleversé, mais elle l’était encore plus que moi.

Dans cet état extrême, il n’existe pas de comportement unique. Nous pouvons avoir la tête vidée, nous asseoir longtemps devant la télévision sans entendre ce qui s’y dit. Nous pouvons ressentir la nécessité de sortir, prendre une bouffée d’air frais. Nous pouvons également éprouver le besoin de boire plusieurs verres, pour nous laisser aller…

La réponse de Rachel, sortir, que ce soit dans des bars ou chez une amie, est pleinement adaptée à la situation. Je pense qu’elle voulait peut-être à la fois s’amuser et changer d’air.

Or, je me heurte à une difficulté : le temps. J’envisage deux hypothèses, toutes deux incohérentes. Soit, chez Rachel, la pulsion, l’envie de s’extirper, de partir, est forte et c’est dans les quelques minutes qu’elle quitte le domicile sans prendre soin de se changer : à quoi bon « se faire belle » lorsque l’esprit est encombré de tracasseries dont il faut vite se débarrasser ? Soit faire semblant de vouloir sortir, sans en avoir la réelle envie, comme si tout était inventé. Cette dernière présentation s’apparente plus à la conclusion d’une réflexion, qui n’est pas soudaine, mais préméditée.

Rachel immédiatement après la dispute est descendue dans la chambre se changer. Elle ne tremblait pas, ne perdait pas la tête ; elle était sereine, et froide. Ce geste m’apparaît faux, irréel, contre nature. Je sais qu’il est possible que je me trompe. Pourtant, avec les jours qui passent ma conviction se renforce : Rachel était clairement en train de simuler une altercation. Cette altercation n’existait pas dans son esprit. C’était un faux-semblant, une apparence de dispute conjugale. La vaisselle cassée n’était là que pour faire croire à un accrochage.

Je prends de plus en plus conscience que je devais, ce jour-là, me retrouver un couteau planté dans le ventre. Une fois mort, Rachel m’aurait glissé une autre lame entre mes mains et déclaré à la police qu’elle n’a fait que se défendre.

Nous devons nous séparer, divorcer. Je ne peux pas accepter que Rachel continue de vivre à mes côtés. Jusqu’à présent j’ai évité plusieurs écueils. Mais combien de temps vais-je encore tenir ?

Au détour d’une conversation, Rachel m’apprend que les services municipaux lui ont accordé la semaine dernière un appartement dans le quartier du Prépaou à Istres. Alors qu’il est difficile d’obtenir des logements sociaux de plus de deux ou trois pièces, c’est un cinq-pièces qui lui est octroyé. Elle rajoute qu’elle n’a pas l’intention d’aller y habiter, et qu’elle entend toujours rester dans notre maison.

Je me procure dans un magasin de bricolage une nouvelle serrure. Le lendemain mardi, jour de marché, Rachel sort pour quelques courses. Je démonte le système de ma porte et y place ma dernière acquisition.

Elle ne peut plus rentrer dans la maison : à son retour elle s’aperçoit que l’emplacement pour la clé a changé. Elle sonne, sonne, sonne encore à la porte. J’ouvre une fenêtre du rez-de-chaussée. Elle est hystérique, certainement parce qu’elle vient de saisir ce qui vient de se passer. Elle demande à rentrer. Je refuse. Elle réitère sa sollicitation au prétexte de récupérer ses affaires : je lui passerai tout ce qu’elle veut par la fenêtre, mais maintenant elle doit aller habiter au Prépaou…

Ma maison reste ouverte aux grandes filles, qui pourront aider à déménager les affaires de leur mère. J’ai d’ailleurs préparé quelques cartons remplis de ses habits et de ses chaussures. Elle peut aussi prendre tous les matelas qu’elle veut.

Lorsque je m’adresse à Rachel par cette fenêtre, je sens une colère sourde s’exprimer en elle. J’ai même un doute, je me demande s’il ne lui traverse pas l’idée de sauter par la fenêtre vers l’intérieur de la maison. Ses yeux, son visage, transpirent la haine, la rage. Je tiens bon.

Puis, elle se montre tantôt conciliante, me jure de sortir aussitôt après. Je sais qu’il n’en est rien. Je ne dois rien céder pour ne pas être irrémédiablement cuit, foutu.

Après avoir cherché les enfants à midi aux transports scolaires, nous allons, pour une fois, manger chez ma grand-mère. Je leur explique qu’en raison du marché, je fais aujourd’hui une exception, et que leur mamie aime bien les avoir de temps à autre. Quant aux autres jours, je leur préciserai le programme au fur et à mesure.

Le lendemain, le mercredi, j’emmène comme à l’accoutumée les enfants aux diverses activités extrascolaires.

Jeudi matin, au réveil, j’ouvre les volets de la chambre des enfants. En face, un petit commerce vient de s’ouvrir. L’enseigne reprend une palette de couleurs arc-en-ciel : « Le grenier de Rachel ». Exactement devant mon domicile : qu’est-ce que cette nouvelle histoire ? J’espère, et cela m’apparaît probable, qu’il ne s’agit que d’un curieux hasard. Sinon Rachel n’a ni fin ni cesse de me harceler.

Dans l’après-midi, je reçois un appel téléphonique :

— Monsieur Aubert ? Ici le commissariat de police.

— Oui ? Bonjour…

— J’ai face à moi votre épouse qui me dit que vous l’empêchez de rentrer chez elle.

— Ouh là là… Elle habite au Prépaou, et moi, en centre-ville. Le seul endroit où je ne veux pas qu’elle aille, c’est chez moi. Depuis l’année dernière, un juge aux affaires familiales lui avait donné trois mois pour quitter ma maison, maintenant c’est fait !

— Vous avez un document ?

— Oui, je peux à la fois vous le faxer et me rendre dans vos bureaux si vous souhaitez des éclaircissements.

La policière enchaîne sur les affaires de ma femme que je ne voudrais pas, selon elle, restituer. Je démens, et lui dis que ses cartons attendent dans le couloir, et que je peux même les emmener au bas de son immeuble, ce qu’elle a refusé. Je me rends ensuite à l’hôtel de police pour faire preuve de ma bonne foi.

Les grandes filles continuent à habiter chez moi. Je me retrouve avec quatre enfants. Elles ont leurs habitudes, et m’aident bien aux tâches ménagères. Le premier week-end, Rachel me déclare qu’elle ne peut pas prendre les enfants faute de mobilier. Une association va l’aider à s’équiper assez rapidement.

Rachel n’accepte pas cette nouvelle situation, mais elle doit s’adapter : nous ne pouvions pas rester indéfiniment dans le précédent contexte. Maintenant j’envisage une éclaircie durable, en tout cas pour les parties que je maîtrise.

Si des manœuvres existent en sous-main, je dois les désamorcer. Les assistantes sociales ne sont pas les personnes que je redoute le plus. Je pense plutôt au maire. Celui-ci était informé depuis l’année dernière de l’histoire du faux rapt. Nous sommes en matière criminelle. Et en dépit de cela, il a abondé vers Rachel. Je n’en saisis pas les raisons. En absence de réponse de sa part à mon dernier courrier, la version qui prévaut demeure celle de Rachel, moralement persécutée par son mari.

Aujourd’hui je ne crains plus trop pour ma personne. Si j’éprouve une quelconque inquiétude, elle repose sur les enfants. Je n’ai pas réussi à obtenir un passage conjoint devant un psychiatre, avec Rachel : ceci m’avait été refusé il y a un an par le juge. Alors revient le rôle de Ricardo : sa posture. Il demeure premier magistrat de la ville, ce qui le rend suffisamment important pour que je désamorce tout risque de ce côté.

Le changement de situation de Rachel est suffisamment récent pour que je doive vite parvenir à diminuer tout danger : la mairie n’a aucune raison de la soutenir, à moins de faire courir un éventuel drame aux enfants.

La notion de risque ne signifie pas forcément qu’il existe un danger imminent et certain. Le « risque », par définition, n’est qu’une probabilité. Tout au long de notre vie, nous prenons une succession de mesures en vue de prévention de ces risques. De nombreuses actions sont d’ailleurs totalement automatisées. Ainsi nous regardons à droite et à gauche avant de traverser, juste dans l’hypothèse où nous n’aurions pas entendu un véhicule arriver. Nous nous attachons aussi systématiquement avec la ceinture de sécurité quand nous rentrons dans une voiture. Et pourtant les probabilités que nous ayons un accident grave au cours de notre vie sont minimes. Nous pouvons passer une existence entière à avoir mis la ceinture pour rien…

J’utilise comme moyen de prévention contre l’administration ce que les juristes appellent un « référé-liberté » : il s’agit d’un écrit détaillé, un « mémoire », dans lequel j’expose le danger, que je présente assorti à des droits fondamentaux. Ces notions peuvent être assez larges. Je vise essentiellement l’intérêt supérieur des enfants.

Ce type de recours a l’avantage d’être jugé extrêmement rapidement, puisque dans les quarante-huit heures le tribunal administratif rend une ordonnance. Alors qu’habituellement les échanges sont limités à des écrits, dans ce genre d’affaires le tribunal peut convoquer les parties à la barre.

Dans les quelques heures après avoir envoyé ma requête, je reçois un courrier électronique de mon avocate qui m’informe qu’elle se désolidarise de mon divorce, puisqu’elle est l’avocate attitrée de la mairie d’Istres.

Le jour de l’audience, un autre avocat qu’elle vient plaider pour la mairie. Les salles sont habituellement vides. Je m’installe vers les bancs avant. Dans mon dos, un homme, la cinquantaine, est présent. Je pense que nous ne serons que deux à passer. Cela change des audiences d’autres tribunaux, durant lesquelles il est fréquent de voir vingt ou trente cas appelés dans une seule demi-journée.

Le juge entre. Nous nous levons selon l’usage. L’homme dans mon dos ferme derrière nous la porte.

— Non, vous devez la laisser ouverte, déclare le juge. L’audience est publique.

Dans ma tête se précise l’idée que cet homme est bien venu pour plaider sa propre affaire en personne, puisqu’il ne semble pas connaître les coutumes.

Mon cas est appelé en premier. Je précise les atteintes, le risque. J’insiste sur tout ce que la police municipale, qui dépend du maire, a pu constater. L’écrit que j’avais soumis détaillait bien les points de droit abordés, ainsi que l’exposé de mes demandes : dix-sept pages au total, bien que certaines étaient assez aérées. L’oral permet au juge qui m’interroge de mieux cerner ma requête.

À la barre, je suis assez volubile. Je parle avec les mains. Nous sommes dans le Sud, mes gestes font en quelque sorte partie du paysage.

Quand mon exposé et la défense de la mairie sont arrivés à la fin, juge et greffiers sortent. Je fais de même. L’homme derrière moi n’était donc pas venu exposer une quelconque affaire. Ce n’était non plus pas un de ces touristes des tribunaux puisqu’il ne maîtrisait pas les pratiques. Mais qui était-il ?

L’ordonnance est rendue dans la foulée, le temps de rentrer de Marseille vers Istres. Le tribunal ne voit ni l’atteinte à un droit fondamental ni l’urgence. Je suis débouté. J’ai la possibilité de faire appel, mais dans quel intérêt ?

Même s’il ne revient pas sur le document qu’il a écrit à Rachel, Ricardo ne pourra plus affirmer qu’il se contentait d’aider une femme sans défense : non, maintenant il sait.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
Coffre-à-histoires
Viens me voir, humain. Tu ne peux pas résister, n'est-ce pas ? C'est normal. Je suis le roi de l'hypnose.
1
0
0
1
Défi
IvanO55
J'ai vu ce défi, et je me suis dit :
"tiens, je n'ai jamais écouté"
donc j'ai décidé de noter ma réaction à, chaud de "Time" de Hans Zimmer, j'espère que vous apprécierez !
4
8
28
2
Raelka
Aujourd'hui, le stylo me démangeais. J'avais en tête d'écrire un énième roman que je ne terminerait sans doute pas et reléguerais dans un dossier dédié aux cas comme celui-ci. Mais mon stylo, poussé par mon état d'ennui profond me laissant seul avec moi-même, en avait décidé autrement.
Je partage donc ici les quelques vers sans rimes et sans règles qu'il a dépeint de son ancre noire.

♣ Aussi publié sur mon compte Wattpad dans mon recueil "Les maux des mots" ♣
4
2
3
1

Vous aimez lire lionel ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0