Hypnose

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Je viens de tomber sur une vidéo qui circule sur la Toile : Hypnotisée en moins de cinq secondes. Le titre est racoleur, j’en conviens. Au-delà, nous voyons une rue animée, et la voix d’une personne, un hypnotiseur, interroger le cameraman :

— Tu es prêt ? Là, choisis un groupe.

— La fille avec le bonnet, avec le pompon…

— Ça marche ! conclut l’hypnotiseur.

Il s’approche des trois jeunes, serre les mains de chacun en terminant par la demoiselle au couvre-chef. Arrivé à elle, il lui abaisse la tête et glisse un mot à son oreille. Nous percevons :

— Un, deux, trois, collée au sol…

Et il s’éloigne. Le cadreur continue de filmer. Les deux camarades de la fille restent interloqués :

— Qui c’est, ce type ? Viens…

— Je ne peux pas, le type m’a bloqué les pieds… répond-elle.

La scène dure encore quelques secondes. L’hypnotiseur revient, et, en trois mots, libère l’adolescente. Avec des yeux grands ouverts, elle retrace devant la caméra les événements. Ébahie, sa bouche entrouverte entre peur et surprise, elle se regarde faire quelques pas de côté, et constate qu’elle a repris ses mouvements. Le clip se termine sur le slogan « Street Hypnose, l’hypnose à la rencontre de la rue ».

Certes, il s’agit là d’un hypnotiseur professionnel, d’une personne qui pratique cet art depuis des années. La curiosité me pousse sur son site Web. Pêle-mêle, des liens s’y trouvent. Quelle rubrique attire le plus mon œil ? Comme sur l’ensemble de son site, je ne lirai pas tout, et me contenterais de retirer ce qui m’apparaîtra un petit résumé utile.

Un document au titre accrocheur, La Voix de l’inconscient, devenir hypnotiseur en quelques minutes seulement, est disponible en téléchargement. Je l’enregistre pour le regarder plus tard à tête reposée. Toujours sur la page d’accueil, un encart revient sur la vidéo de l’hypnose rapide que je viens de visionner, cette fois accompagné de quelques explications.

L’auteur, Jean-Emmanuel Combe, est à l’origine du mouvement d’hypnose de rue en France. Il pratique à Toulouse, mais ces hypnotiseurs essaiment un peu partout en France et à l’étranger.

Jean-Emmanuel précise le contexte de la réalisation d’une telle vidéo. D’abord ce n’était pas la première fois qu’il hypnotisait ce groupe de jeunes. Ceux-ci avaient déjà eu affaire à ses talents. Il précise que quelques heures auparavant la fille venait de se faire hypnotiser, et qu’en conséquence elle était donc beaucoup plus réceptive. Quant au choix de cette fille, l’hypnotiseur savait qu’en demandant au cameraman de désigner une personne, il verrait avant tout la seule qui se distingue, « la fille au bonnet », quand tous les autres, dans la rue, ne portaient rien sur la tête. Toujours selon Jean-Emmanuel ce choix était quelque peu dicté par de la psychologie.

La relative facilité de parvenir à de tels résultats m’interpelle. Je me plonge dans le livret et l’étude de l’hypnose : maintenant, je franchis une nouvelle étape.

Lire une cinquantaine de pages avec quelques illustrations éparses est aisé, mais les « quelques minutes » mentionnées dans le titre me font douter de sa réalité. De toute manière, même si au lieu de minutes s’il s’agit d’heures, de jours ou de mois, le résultat est tellement époustouflant que je désire m’y engager.

L’hypnose y est présentée assez simplement. Il n’y aurait, à lire le fascicule, que trois ou quatre étapes à respecter : l’induction qui consiste à dire « dors », l’approfondissement de l’état de transe, souvent à travers un décompte où l’on se sent plonger plus profondément et enfin les jeux hypnotiques au cours desquels on nous demande de réaliser certaines actions qui dépassent tout entendement normal.

Le maître mot de l’hypnotiseur consiste juste à croire ce qu’il fait : si nous disons que nos pieds sont collés, alors nous les croyons impossibles à déplacer. Les hésitations d’un apprenti hypnotiseur sont ressenties par toute personne en train d’être hypnotisée. Nous pensons que nous ne pouvons pas capter le doute dans les yeux de quelqu’un, et pourtant si ! Dans ce cas, l’hypnose ne prendra pas.

Il faut « savoir » que l’hypnose va marcher pour que cela fonctionne. Jean-Emmanuel ajoute qu’un débutant doit commencer par faire semblant, en attendant d’avoir un peu plus d’expérience. Il utilise l’expression anglaise « Fake it until you make it », soit « fais semblant jusqu’à ce que tu réussisses ».

Avant de procéder, un hypnotiseur doit tester son sujet. Si le test n’est pas concluant, c’est parce que la personne n’a pas la volonté consciente ou inconsciente de poursuivre, et il est alors inutile d’insister.

Parmi ces tests certains sont physiologiques, c’est-à-dire qu’ils dépendent de notre constitution physique et non pas de la capacité de l’hypnotiseur à captiver son sujet. L’expérience la plus probante consiste à faire serrer les mains d’une personne, les doigts entrecroisés, puis à sortir les deux index qui s’alignent droits côte à côte. L’hypnotiseur écarte ces deux doigts de deux ou trois centimètres, et feint d’y poser, sur chaque face, un aimant. Il raconte alors au futur hypnotisé qu’il exerce une attirance des doigts, irrésistible.

L’application de ce test est que les phalanges se rapprochent, non pas par la volonté ou la parole de l’hypnotiseur, mais simplement par les tendons des doigts… Il est difficile de les garder écartés. La personne qui les maintient éloignés lutte en réalité contre sa propre physiologie. Et si elle lutte déjà, il ne sert à rien de vouloir poursuivre l’expérience. Dans ce cas, nous trouvons un prétexte quelconque pour nous arrêter.

À partir des doigts collés, deux enchaînements s’offrent à l’hypnotiseur : soit déclarer que les doigts sont alors soudés, impossibles à séparer, soit poursuivre sur un autre test, qui n’est plus physiologique, mais qui relève cette fois pleinement du lâcher-prise.

En tant que débutant, je continue ainsi. J’écarte les mains du futur hypnotisé, bras tendus, paumes à la verticale dirigées l’une vers l’autre. Je déclare poser un aimant sur chacune des faces, le même aimant que celui des doigts. Les mains doivent se rapprocher, peut-être par à-coups. Lorsque les doigts se touchent, je peux engager une induction avec l’ordre « Dors ! ».

Je n’en suis qu’à la lecture, à la théorie, bien loin de tenter une quelconque pratique de la chose. Tout ceci me laisse pensif, évasif, pas trop dubitatif, plutôt circonspect : y arriverai-je un jour ?

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♣ Aussi publié sur mon compte Wattpad dans mon recueil "Les maux des mots" ♣
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