Haïti

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Nous restons quelques jours à Paris, avant de redescendre sur Istres. La société de mon père collectionne les dettes, et n’a plus les moyens, depuis quelques mois, de me rémunérer. Nous reprenons donc notre vie, ensemble, dans le Sud. Les filles doivent aller à l’école. À cause de leur âge, seule Jessie est admise en juin en classe de CM2, au primaire. Durant l’été, l’académie décide qu’à la rentrée Jessie intégrera la sixième, et Carole la cinquième, toutes les deux au collège.

Les enfants ont accumulé beaucoup de retard scolaire. Je suis capable de les épauler dans leurs études. Mon activité, à mon compte, est pleinement compatible avec le soutien que je leur apporte. Je travaille tôt, dès six heures du matin. En fin de journée, quand les filles rentrent de classe, je pourrais me consacrer à elles.

Mais la situation est autre. Avec Rachel nous savons qu’elles ont vécu des périodes horribles, et nous souhaitons avant tout qu’elles regagnent leur sérénité. Nous concevons alors de les laisser plus longtemps devant la télévision. Nous nous disons aussi qu’entendre continûment la langue française débitée pour un étranger n’est pas néfaste.

Par rapport au traumatisme qu’elles ont subi au Congo, nous décidons de ne pas les envoyer chez un psychologue, car elles ne connaissent pas cette profession, et le dialogue serait faussé. Elles ne comprendraient pas cette sorte de docteur qui parle d’un sujet tabou, de ses raisons, ou alors qui leur demande à leur tour de narrer ce qui pèse sur leur cœur. Nous nous appliquerons nous-mêmes à veiller à leur bien-être.

Le calme est revenu dans notre foyer. Nos quatre enfants vivent en harmonie. Mais chacun à sa façon : les deux grandes ne parviennent pas à dépasser leurs mauvais résultats scolaires, n’apprennent pas leurs leçons et ne font pas leurs devoirs. À plusieurs reprises, je surprends Jessie qui prépare des notules à cacher dans sa trousse pour les examens. Sa mère laisse faire, peut-être parce qu’elle ne comprend pas l’enjeu d’une bonne éducation pour ses enfants. Elles refusent également une activité physique ou musicale complémentaire. Nous pensons avec Rachel que ces différences s’expliquent par leur vécu : elles ont découvert des choses incroyables qui les ont fait directement entrer dans le monde adulte. Dès lors, leur scolarité doit être reconsidérée.

Nicolas est en maternelle tandis qu’Océane reste avec Rachel : les places en crèche peu nombreuses sont réservées aux parents qui travaillent. Le soir après l’école je laisse tantôt Nicolas jouer, tantôt j’évoque ce qu’il a appris ou réalisé dans la journée. C’est un garçon très curieux, ouvert d’esprit. Je l’encourage lorsqu’il feuillette des livres ne serait-ce que pour les images.

Nous habitons une petite maison qu’auparavant ma grand-mère louait. Maintenant elle nous la laisse pour nous aider. Nous ne sommes qu’à quelques minutes à pied de chez elle et elle est contente. Rachel lui rend régulièrement visite souvent accompagnée des enfants. Elle considère ma grand-mère comme la sienne et ne tarit pas d’éloges en sa faveur :

— Tu es « ma » mamie, la plus merveilleuse.

Elle évoque également avec les mêmes termes mon grand-père décédé quatre ans plus tôt.

Avec Rachel nous pouvons enfin commencer à envisager notre avenir. Elle m’avait rencontré quand j’étais agent humanitaire. Elle aime bien me voir aider les autres à l’occasion de missions. Je songe à repartir d’ici quelque temps. Nous pourrons le faire tous ensemble. J’ai acquis un peu plus d’expérience. Et je peux postuler des postes de chef de mission locale, sur des durées de deux ans ou plus, dans des capitales. Nous trouverons des écoles françaises où laisser notre progéniture. Les enfants de familles d’expatriés ont la chance de découvrir une autre vie et s’épanouissent différemment. Nous voyons là une circonstance favorable pour partir à nouveau.

Depuis que je suis redescendu dans le Sud, à défaut de pouvoir exercer dans l’humanitaire, j’ai intégré en tant que bénévole une association de défense des consommateurs. Habituellement, ce sont des retraités qui consacrent une partie de leur temps à aider les autres. Mon approche diffère. Je me rends chaque vendredi matin à la permanence. Je suis censé programmer à l’informatique, mais à mon compte, je compense cette demi-journée par le week-end. Rachel commence à se plaindre de me voir travailler sans arrêt. Pourtant, je relativise : je suis présent avec les enfants quand ils rentrent de l’école. Lorsqu’elle veut que nous sortions le vendredi ou samedi soir, nous le faisons… Rachel n’est pas limitée par notre rythme de vie.

Je conseille à Rachel d’acquérir maintenant plus d’indépendance : de travailler, ce qui lui procurera un peu d’argent. Certes, une partie ira en remboursement de la rançon, mais elle conservera une part pour elle-même. Elle pourrait également passer son permis de conduire. Elle rechigne. Je n’insiste pas. En février, Antoine et sa famille, avec qui nous étions partis au Congo pour monter une fabrication de parpaings, heureux de nous voir tous enfin ensemble, nous invitent au ski. Quel beau cadeau, pour Carole et Jessie également, que de découvrir la neige. J’achète alors une Renault Espace d’occasion dans laquelle nous rentrons à six personnes. Nous voilà partis pour une semaine dans une station du Massif central, suffisante pour tous nos enfants. Au retour du ski, je suis contacté par une association humanitaire.

Cette ONG demande que je passe des tests pour préciser mes aptitudes. Pour l’instant je ne postule que pour de très courtes périodes. Un violent séisme vient de secouer Haïti, qui a vu la disparition de plusieurs centaines de milliers de victimes. J’y pars pour deux mois. Des morts étaient directement liées au tremblement de la terre, d’autres ont péri durant leur sommeil, ou n’ont pas eu le temps de sortir. Beaucoup d’autres décès se sont produits alors que le calme était revenu et que l’on croyait le danger définitivement écarté : de temps en temps des maisons disparaissaient à l’occasion d’un glissement de terrain, à la suite des pluies qui venaient gorger un sol déjà fragilisé. Les canalisations sanitaires détruites répandaient des pandémies. Tout allait trop vite. Des citadins de la capitale Port-au-Prince allaient se réfugier en province dans des familles rurales. Les quelques nourritures ou graines qui auraient dû être semées l’année suivante étaient dévorées.

J’obtiens un poste de responsable logistique pour une base en province. Les situations sont assez pénibles, et les expatriés se succèdent au terme de très courte durée. En deux mois je dois installer l’essentiel de la logistique du centre. Un autre jeune expatrié, de formation ingénieur, travaille sous mes instructions. Je dépends d’une Française, chef locale, ainsi que du responsable logistique pays basé à la capitale. Je reste à Port-au-Prince trois ou quatre jours, le temps d’être briefé.

Il ne s’est pas passé deux jours que depuis le petit bureau j’entends une conversation au sujet du référencement de tôles qui me laisse dubitatif. L’acheteuse, une expatriée française, discute avec notre chef commun, le responsable logistique pays :

— Arthur, cette société m’a retourné ses prix pour les tôles. Ils sont plus chers que les autres, mais elle me dit que leur qualité est supérieure. Dans notre base de données interne, nous n’avons qu’un seul article « tôle ». Est-ce que j’en crée un nouveau, est-ce qu’on le détaille, qu’est-ce que je fais ?

— Tu laisses comme ça, et tu rentres ses prix. Tant pis pour lui s’il est plus cher.

Les tôles, je les connais. Lors de mon dernier travail salarié en Alsace à la fin des années 1990 j’étais responsable-produits pour des fixations de tôles. Certes, les tôles ondulées françaises, que nous voyons en bardage sur les devantures des zones commerciales, ne sont pas les mêmes que celles d’Afrique. Mais je sais calculer les règles d’arrachement des tôles, lorsque celles-ci s’envolent dans des bourrasques et viennent tel un couperet tuer quelqu’un. Ou alors qui laissent, pendant un cyclone, une maison sans toit et tout son intérieur est attiré hors de l’ouverture béante. À tel point que dans les Antilles françaises l’usage des tôles est très fortement encadré et réglementé, voire interdit. Nous sommes à Haïti pour secourir les gens, et non pas pour faire semblant de les avoir aidés. Avec prudence, je me glisse dans la conversation :

— J’ai déjà travaillé à plusieurs reprises sur les tôles. Lors de ma dernière mission, c’est plus de dix mille que nous avions livrées en pleine forêt congolaise. J’ai également été propriétaire d’un négoce de matériaux pour le bâtiment au Congo, dans lequel je vendais différents types de tôles.

Je poursuis en détaillant les différences de qualité, de longueur, d’applications.

Les deux m’écoutent attentivement. Puis Arthur tranche :

— Marie, tu ne laisses qu’une seule référence : « tôle ».

Je viens de sortir de mon rôle. Je ne suis à Haïti que pour organiser la logistique de notre base locale. J’ai trente-cinq ans, quand la moyenne d’âge des expatriés doit osciller entre vingt-cinq et trente ans. Je n’ai pas beaucoup plus. J’ai déjà participé à des missions à l’étranger, tandis qu’au moins pour deux d’entre eux, c’est une découverte. Dans le privé, en dehors de l’humanitaire, je suis à mon compte, avec mon propre travail. Les autres expatriés, quant à eux, doivent enchaîner habituellement les missions. Je parle avec tous les travailleurs sans condescendance. Je m’intègre bien avec la population locale et après le travail, le soir, nous jouons au billard.

Ma chef hiérarchique me convoque alors que cela ne fait que quelques jours que je m’installe à la tâche. Dans son bureau, porte fermée, elle m’informe que Paris ne lui a jamais demandé son avis sur ma candidature, qu’elle aurait rejetée. Elle poursuit qu’elle fera comme si je ne suis pas là, déléguant la majorité des tâches à mon subalterne. Je ne comprends pas vraiment les raisons de ce discours. Je l’expliquerais un peu par l’orgueil blessé de ma chef et par la stupidité qui fait oublier à certains chefs d’équipe que nous devons avoir un résultat de groupe, même si nos personnalités divergent.

Pendant deux mois j’impose quand même ma place, mes idées, ma façon de travailler. Si certaines prérogatives ont été déléguées au second expatrié, j’en profite, car il s’agit d’un gain pour le service logistique, et je me consacre à d’autres actions.

Je communique relativement peu avec ma famille, en France. D’abord Rachel ne sait pas bien lire, et n’a pas de boîte courriel. Le coût des communications téléphoniques est assez élevé. Le décalage horaire entre les deux côtés de l’Atlantique complique également nos échanges.

Océane doit être baptisée. Nous avions arrêté depuis longtemps la date. Malheureusement, je ne serai pas présent. Le dimanche, à l’heure venue, entre onze heures ou midi, il est cinq heures du matin à Haïti. Le soleil est déjà levé. Je me rends à la messe dans une église, en plein air, sans toit suite au séisme. Ma famille me fait parvenir quelques photos.

Ma grand-mère éprouve le besoin de m’informer d’une anecdote. Alors qu’elle était en ville, elle a été abordée par un individu qui lui a prétendu d’être de la famille. Elle s’est sentie obligée de le faire venir jusqu’à la maison. Elle ne sait plus si elle lui a donné ou non de l’argent au moment de partir. Nous en discuterons peut-être de vive voix lorsque je rentrerai en France.

À l’issue de la mission, ma chef établit un rapport, que nous devons signer conjointement. J’indique que je souhaite repartir avec l’ONG, tandis que ma supérieure s’y oppose. Le contenu du document est truffé de mensonges, de réalisations passées sous silence. Je refuse de le signer. Sitôt en France, je prends contact avec le siège parisien et demande qu’il soit corrigé à partir de faits objectifs que je prouverais, comme des photos ou des rapports d’activité intermédiaires.

Quand j’étais à Haïti, Rachel avait pour la première fois depuis notre mariage, cherché et trouvé du travail : des heures de ménage, à mi-temps, dans une enseigne hôtelière. Son contrat stipulait un certain nombre de chambres à nettoyer par heure. Elle a travaillé trois semaines avant de démissionner : l’objectif chiffré était impossible à atteindre. Or, son salaire était basé sur la quantité de chambres, par facilité de calcul pour l’employeur… Elle a perçu à peine plus de trois cents euros pour trois semaines de travail. Elle me montre ses gains ainsi que les horaires qu’elle faisait.

Elle était exploitée, rémunérée pour un faux mi-temps à cent euros la semaine, au prétexte d’un calcul qu’une chambre se nettoie et se prépare en dix ou quinze minutes seulement.

L’être humain laisse toujours derrière lui des erreurs qui peuvent se retourner contre lui. Il en est ainsi avec cet employeur qui était une structure spécialisée dans la mise à disposition de personnel de nettoyage pour des hôtels. La cupidité et l’appât du gain ne lui causaient aucun remords pour exploiter et sous-payer ses travailleurs. L’imbécillité pousse les gens à agir sans trop savoir pourquoi. Non satisfaite de rémunérer ses salariés nettement en dessous des minima légaux, cette société voulait aussi contrôler les allées et venues des dames de ménage : il leur était demandé d’émarger un registre d’entrées et sorties. J’ai obtenu de l’hôtel, détenteur d’un exemplaire de ce registre, une copie. Une seule heure de travail sur trois était payée… J’ai accompagné Rachel devant le Conseil de prud’hommes, et là, un accord amiable a été signé. Rachel a récupéré un second chèque de huit cent cinquante euros.

De mon côté, je reprends contact avec le siège parisien de mon ONG. La discussion dure six mois avant de capoter. Je saisis le Conseil de prud’hommes pour harcèlement et journées supplémentaires impayées.

Ma grand-mère m’appelle pour un autre tracas : elle va régulièrement chercher de l’argent liquide à sa banque et elle le place dans une enveloppe puis dans un caisson à côté de ses livres de comptes. Or, depuis quelques semaines, elle a l’impression d’être volée de quelques centaines d’euros. Cette situation me tracasse. Si ma grand-mère me la signale, c’est qu’elle est certaine d’un vol, et peut-être plus que ce qu’elle m’indique. Je lui demande si elle a bien vérifié : je lui suggère d’inscrire sur l’enveloppe le montant d’argent contenu à chaque date lorsqu’elle prélève des billets. Dans la semaine, un premier manque de deux cents euros apparaît.

— Mamie, es-tu sûre d’avoir écrit tes propres retraits, sans rien avoir oublié ?

— Oui, oui, je suis presque sûre d’avoir toujours tout noté.

Il suffit d’une fois, d’un simple oubli, pour partir sur une mauvaise piste. Ma grand-mère continue de marquer ses retraits. Huit jours plus tard, deux cent cinquante euros ont disparu, en plus de l’argent qu’elle a mentionné avoir pris pour elle-même. Nous listons les personnes qui peuvent venir à la maison : ma grand-mère, moi-même, ma mère, Rachel, un voisin, un jardinier occasionnel ainsi qu’un inconnu qui se planquerait dans l’attente que ma grand-mère aille faire ses courses.

Je propose d’investir dans une petite caméra que je cacherais. Entre-temps je place mon propre caméscope derrière son téléviseur. Sa durée d’enregistrement atteint à peine les deux heures. À chaque sortie de sa maison, ma grand-mère m’appelle pour déclencher manuellement l’appareil. Pendant plusieurs jours nous ne filmons qu’une pièce qui reste vide. Je ne peux pas tout enregistrer, je rencontre quelques ratées avec cet appareil. Ainsi, un jour alors que deux centaines d’euros sont à nouveau subtilisées, je n’obtiens rien… L’argent vient encore d’être perdu.

Cinq jours plus tard, j’ai mal positionné le caméscope et je ne retrouve aucune image. Seul le son. Et des billets ont disparu… J’écoute l’enregistrement.

J’y entends Rachel qui parle avec Océane. Je suis abasourdi. Rachel vole, bien que je n’en aie pas la preuve formelle, elle pourra dire qu’elle n’a rien pris, que c’est quelqu’un d’autre. Et cette hypothèse sera possible. Il nous faut une image indiscutable, quitte à encore perdre de l’argent, dont ma grand-mère demandera le remboursement à la voleuse.

C’est trois cents euros qui sont subtilisés une semaine plus tard. Rachel apparaît sur la vidéo, allant se servir directement dans la caissette. On entend deux autres voix : Carole qui va aux toilettes, et Océane. Rachel se faisait toujours accompagner par des enfants au prétexte d’aller dire bonjour à Mamie. Si celle-ci était absente, alors Rachel en profitait pour puiser quelques billets. Le montant qui était prélevé m’abasourdit : entre huit cents et mille euros par mois. Pourtant nous ne manquions de pas grand-chose… Certes, nous ne roulons pas sur l’or, mais, en nous serrant un peu la ceinture, nous ne faisions pas face à de grosses restrictions. Ce qui me choque le plus est que ma grand-mère est celle qui a payé la plus importante part pour la libération de Jessie, et c’est elle qui maintenant se fait voler !

Je pense que ma grand-mère a peur. Elle ne peut rien craindre de Rachel pourtant. J’insiste en rappelant qu’il s’agit de ma femme et je suggère de lui demander de rembourser cet argent. Il n’a pas été utilisé dans des dépenses liées à notre foyer. Ma grand-mère refuse, elle ne veut pas de restitution. Elle souhaite que je ne parle à personne de cette histoire. Elle entend faire cadeau à Rachel de toutes les sommes dérobées à la seule condition qu’elle ne recommence pas.

Depuis ce jour Rachel cesse d’elle-même toute visite auprès de ma grand-mère, qui n’est plus sa « Mamie adorée ».

Je me replonge sur ma programmation informatique. La coupure avec la mission haïtienne de deux mois seulement m’aura causé un peu plus de retard notamment en prospection de clients. Les rentrées d’argent sont nettement insuffisantes. Quand j’ai cessé de travailler avec mon père, sa société me devait plus de vingt mille euros. Nous avons accepté cette situation pour plusieurs raisons. Il nous avait aidés sans rechigner en payant une part de la rançon de Jessie. Il fallait tenter de relever sa société sur le plan commercial qui était l’un de mes domaines. Et dans l’hypothèse où sa société fermerait, les dettes relatives à un travail commercial seraient payées en priorité. Il me manque vingt mille euros en trésorerie, je ne peux me retirer aucun salaire, je n’ai aucune réserve de côté. Et mon principal client me lâche.

En redescendant dans le Sud, il me faut vite retrouver d’autres clients. Mon programme de suivi commercial est une grosse application vendue hors options à partir de huit mille euros. Je m’attelle rapidement à le peaufiner et à prospecter.

Je rappelle aussi à Rachel, malgré l’événement qui vient de se produire, que nous avons une dette envers ma famille. L’argent que je retire de mon programme doit servir à rembourser. Je lui remémore que les jours avant son départ en urgence, nous avions décrété tout faire pour la libération de l’enfant, quitte à nous endetter durant de nombreuses années.

Je redoute également la taxation des organismes sociaux : j’avais déclaré l’argent que j’étais censé avoir reçu l’année dernière, ces vingt mille euros toujours inscrits sur ma comptabilité comme des factures en attente. Les contributions pour les organismes de santé et de retraite avoisinent six mille euros. Sauf que je n’ai pas perçu d’argent, et l’on voudrait me taxer sur des sommes que je n’ai pas touchées… Ces organismes forts de leur puissance ou de lois ambiguës n’étudient pas ma situation et diligentent un huissier qui vient sonner à ma porte…

J’ai exercé tous les recours qu’il fallait devant le Tribunal de la Sécurité sociale. Mais l’huissier demeure prioritaire pour saisir toute garantie de paiement avant que la juridiction ne tranche. Je ne vois d’autre solution que de me déclarer travailleur pauvre, sous la protection du revenu de solidarité active, le RSA, afin d’éviter toutes les contraintes de ces agents ministériels.

Je suis amer. Je dois chercher à vendre plus et mieux mes services. C’est normal. C’est une question d’état d’esprit gagnant. Celui qui s’inscrit au RSA perd ses volontés de conquêtes. Pourquoi l’État, en permettant aux organismes sociaux de retirer des taxes sur de l’argent jamais gagné, porte-t-il un tel coup contre les petits entrepreneurs ?

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