Le kidnapping

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Le 23 février 2008, dix heures du matin. J’ouvre mon ordinateur comme tous les jours, et je consulte mes courriels. Je suis saisi, sans voix. Un, intitulé « Alerte alerte », attire mon attention. Il émane d’un oncle de Rachel au Congo. Il me demande assez brièvement d’informer ma femme : sa propre fille, restée au pays, vient d’être enlevée quelques jours auparavant par des inconnus à la sortie de l’école. Maintenant il ne peut plus garder le secret. Nous sommes victimes d’un enlèvement crapuleux. Il ne sait pas ou n’ose pas prévenir Rachel directement, et me demande de transmettre le message.

Oh non ! Jessie a été kidnappée… Quels sont ces malheurs qui nous frappent ? Elle aurait pu tomber malade, mais ça se serait soigné. Mais un enlèvement… Qu’allons-nous faire ? Comment réagir ? J’informe d’abord Rachel, ainsi que mon père et les personnes autour de nous. Rachel de son côté appelle son oncle, qui lui répète ce que nous venons de comprendre. Peut-être ajoute-t-il quelques détails, mais ils sont à ce moment-là inutiles, et ils ne feront pas revenir l’enfant.

Tout se bouscule, s’affole dans ma tête. J’ai trente-cinq ans. Habituellement je prends mes décisions seul. Mais là, il va s’agir d’information, en situation de crise. J’appelle mon père. Nous discutons longtemps : comment réagir, les options possibles, les motivations des ravisseurs, etc. Tout y passe à une vitesse incroyable. Un être humain en détresse ou en danger mobilise inconsciemment de très fortes capacités psychiques qui le rendent extrêmement opérationnel, pragmatique. C’est ce qui se déroule dans mon cerveau. Dans de telles circonstances, notre esprit enclenche deux réactions paradoxales. Il surchauffe, et nous perdons tout discernement, comme si nous étions sur une autre planète. Pourtant, en même temps, naît en nous une capacité à voir beaucoup plus clair, à distinguer de nouvelles solutions, nous devenons, par un coup de baguette magique, ce que nous n’étions pas auparavant. Notre efficience augmente. Ainsi durant les jours et semaines qui suivent, nous parvenons à établir les rôles de chacun, les recours, les actions à mener pour récupérer Jessie vivante.

Comment ce drame est-il arrivé ? Des gens du quartier avaient-ils repéré que les filles n’étaient confiées qu’à leur grand-mère, et en déduisaient que leur mère vivait en Europe ? Partant de là, les enfants devaient rapporter une rançon conséquente. C’est d’une hypothèse parmi tant d’autres. L’oncle nous a expliqué qu’à la sortie de l’école, Jessie marchait avec une copine, Vanessa, une dizaine de mètres derrière leur cousine. Une voiture s’est arrêtée à leur niveau, un homme en a jailli. Il a brièvement parlé aux filles qui sont ensuite entrées à l’arrière. Le véhicule a redémarré.

Nous restons sous le choc pendant plusieurs jours. Je prends par téléphone, par courriels, différents contacts. Mon père fait de même. Le ministère des Affaires étrangères est joint. Pour ma part, je suis dégoûté : ils ont laissé les filles au Congo bien plus que la durée légale de deux ans maximum de séparation avec les parents. Nous avions déjà signalé divers accidents, et voilà ce qui arrive, ce qui nous arrive… Je pressentais un malheur, sans savoir lequel… Et maintenant, que font les agents des Affaires étrangères ? Je n’ai pas beaucoup d’interlocuteurs. Mon père obtient de son côté un contact avec une personne chargée des Actions extérieures, Jean-Jacques Beziat. À partir de son nom, je réalise une recherche rapide sur la Toile, sans trop trouver d’information significative. Il nous met directement en contact avec l’attaché de sécurité auprès de l’ambassade de France à Kinshasa. C’est un colonel français, un ancien de la gendarmerie, le colonel Bertrand Levallois. Nous commençons par un contact téléphonique. Notre correspondant au Quai d’Orsay nous avait préalablement expliqué que leur rôle ne consistait qu’à aider les Français. Or l’enlèvement étant celui d’un enfant de nationalité congolaise qui vit au Congo, c’est-à-dire sans lien avec la France, ils ne devraient pas suivre cette affaire. S’ils le font, ce n’est que par empathie ou humanité. J’intègre ce qui m’a été présenté par ce responsable parisien qui confirme mes communications avec le colonel basé à Kinshasa. Notre contact est bon, et il se poursuivra durant de nombreuses semaines. J’apprécierai toujours le côté reposé de cet homme, qualité extrêmement utile lors de notre terrible parcours.

Mais il nous faut revenir à l’essentiel : Jessie a été enlevée. Nous devons évoquer toutes les possibilités un peu comme lors d’un remue-méninges. Notre cerveau est depuis plusieurs jours en ébullition. J’ai créé rapidement quelques pages Web sur lesquelles je raconte le kidnapping. Cette médiatisation nous aidera-t-elle à récolter des fonds ? Je l’espère. Avec Rachel et ma famille, nous passons en revue d’abord ce que nous savons, puis toutes les hypothèses.

Je reprends les faits les uns après les autres. Jessie a été kidnappée un lundi soir alors qu’elle revenait de l’école avec sa cousine Mamy qui marchait quelques mètres derrière. Mamy a vu une voiture s’arrêter à la hauteur de Jessie et discuter avec elle. Puis un homme est sorti de l’arrière. Il a fait entrer la copine de Jessie et Jessie avant de reprendre place aux côtés des filles. Le véhicule a démarré. Dans de nombreux pays d’Afrique, il est fréquent de voir des personnes s’entasser dans les taxis. Les enfants se sont retrouvées coincées entre deux hommes.

Mamy s’est rendue en pleurs à la maison, où elle a tout raconté à sa grand-mère. La nouvelle s’est très vite répandue dans la famille, jusqu’à l’oncle Barnabé. Le monde s’est écroulé sur eux : ils avaient la responsabilité, la charge de nos enfants. Comment nous prévenir, qu’ils venaient d’en perdre un ? L’oncle a immédiatement pris contact avec la police locale, qui l’a aiguillé vers une brigade spécialisée. Chaque jour il ira prendre des nouvelles. La famille a trop peur de nous révéler la vérité. Plus ils hésitent à communiquer avec nous, plus le temps passe… L’oncle m’a finalement adressé en fin de semaine un courriel succinct dans lequel il m’informe de la disparition de Jessie deux jours auparavant. C’étaient en réalité quatre jours, mais il n’avait aucun courage à ce moment pour afficher son irresponsabilité. Avec Rachel nous avons tout de suite voulu dédouaner la famille sur place, et les rassurer.

Ce qui importe maintenant est de retrouver l’enfant saine et sauve. Mamy a vu Jessie monter dans une voiture. Nous savons donc qu’elle a disparu, mais qu’en ce moment elle est vraisemblablement vivante. Dans ce malheur qui s’abat sur nous, nous avons tout de même un peu de chance pour nous concentrer sur sa récupération saine et sauve. Car si Mamy n’avait pas assisté à la scène, et que Jessie n’était pas rentrée à la maison, nous aurions eu plusieurs doutes : aurait-elle été victime d’un accident, et la famille chercherait dans tous les hôpitaux de la ville, serait-elle tombée dans le fleuve ? Nous éprouvons une sensation tout de même étrange : la savoir enlevée peut nous rendre beaucoup plus opérationnels. Nous réfléchissons sur toutes les motivations possibles d’un kidnapping.

J’avais découvert lors de mon passage à Brazzaville qu’il existait également le cas d’enfants enlevés pour être revendus comme esclaves. On m’avait parlé du golfe de Guinée, au Togo ou au Bénin, où des enfants étaient attrapés par des oncles, des voisins, puis partaient vers le Congo-Brazzaville. S’il s’agissait de filles, elles finissaient comme bonnes à tout faire dans des familles aisées, et si c’étaient des garçons, ils étaient envoyés dans des ports vers Pointe-Noire pour pratiquer cette pêche au large, dangereuse. Le business d’enfants esclaves est une réalité taboue. Ce commerce remet en cause notre humanité. Mais, notre inconscient collectif préfère continuer à taire ces agissements. Sur le même fonctionnement, en France ou en Europe, durant les dernières décennies, des faits de pédophilie étaient passés sous silence au détriment des enfants, pour ne pas craqueler le vernis de notre société.

Une autre motivation des enlèvements, tout aussi horrible, consiste à capturer de jeunes personnes pour en extraire des organes. Ceux-ci seront revendus à quelque clinique privée afin de sauver la vie d’un autre enfant, fils ou fille d’un commanditaire fortuné. Le trafic d’organes est également un sujet tabou. Il ne doit pas être confondu avec les dons d’organes, prélevés sur des personnes décédées. Ici, les enfants ou les adolescents sur lesquels des parties de leur corps seront extraits sont en vie ; c’est une condition pour des organes sains. Souvent ceux qui font l’objet de tels prélèvements sont livrées à une mort rapide. De telles ponctions sont également opérées sur des adultes, mais pour ce qui nous concerne, nous réfléchissons sur le risque couru par Jessie.

Dans ces deux hypothèses, la simple connaissance, par les ravisseurs, de l’existence de sa famille en France modifierait leur plan : ils percevront beaucoup plus d’argent avec une demande de rançon plutôt qu’avec la revente qu’ils avaient prévue. Je pose ces possibilités sur un site Web que je dédie à l’enlèvement de Jessie.

Il existe une autre situation que nous ne pouvons pas évoquer publiquement, mais seulement entre nous, en famille en France : et si l’enlèvement consistait en une fausse histoire, montée par la famille au Congo ? En l’occurrence l’oncle Barnabé nous ferait croire que Jessie aurait été enlevée, et qu’il suivrait l’affaire avec la police locale. Qu’entre-temps, les ravisseurs auraient demandé une rançon. Une fois que nous l’aurions payée, il prétendrait que Jessie viendrait d’être libérée saine et sauve.

En réponse à cette folle supposition, Rachel doit se rendre impérativement sur place. Là, elle pourra considérer la réalité ou non de l’enlèvement. Si jamais elle s’apercevait d’incohérences, alors elle m’en tiendrait informé. Et dans l’hypothèse d’un coup monté par la famille à Kinshasa, elle rétablirait la situation en prétextant, par exemple, que grâce à la police Jessie a pu être libérée sans que nous ayons de rançon à verser. Être acculé à la rechercher de pires suppositions, les plus impensables les unes que les autres, est triste. Mais nous voulons retrouver Jessie vivante.

Nous devons considérer toutes les hypothèses, aussi incroyables qu’elles puissent être. Cependant nous nous focalisons tout de même sur le plus probable : d’un jour à l’autre, les ravisseurs vont appeler pour réclamer de l’argent contre la libération de Jessie. Rachel et moi ne possédons plus rien depuis ces dernières années durant lesquelles tout a été dépensé pour maintenir le contact avec les filles au Congo. Nous irons emprunter ailleurs. Je trouverai bien. J’insiste auprès de Rachel : tout paiement doit être effectué contre la certitude que Jessie est bien vivante. Il faut que les ravisseurs nous présentent au moins une « preuve de vie ». Quelques mots de Jessie au téléphone pourraient suffire. Nous saurons reconnaître sa voix, même si celle-ci est tremblante ou apeurée. Son timbre vocal demeure unique. Car je n’envisage que la libération de Jessie. Je ne veux pas entendre d’autres hypothèses néfastes. Nous ferons notre devoir. Nous prévoyons de payer le montant de la rançon qui nous sera demandée, même si nous devons nous endetter pour de nombreuses années, nous voulons l’enfant vivante. Je l’annonce à Rachel, qui est d’accord avec moi.

Pourtant une crainte m’effleure l’esprit. Je ne sais pas pourquoi, mais je dois insister :

— Rachel, nous allons nous débrouiller pour payer l’argent demandé. C’est pour que Jessie reste vivante. Ne blague pas au moment du versement de la rançon, tu donnes la totalité.

Il est bizarre que je doive préciser à Rachel de tout payer. Alors je poursuis en évoquant cette fois non plus elle, mais la famille :

— Je sais que de ton côté il n’y a pas de problème, mais si jamais ce n’est pas toi qui paies, si c’est quelqu’un qui t’accompagne, alors sois vigilante… Imagine qu’à cause d’imbéciles — et c’est le mot — la rançon n’est pas payée et au moment de libérer Jessie, les kidnappeurs lui font quelque chose de mal. Ils disent que la rançon est incomplète et ils lui coupent une main avant de la rendre… Et ça pourrait être pire… Donc pas de blague… On va se débrouiller pour obtenir l’argent, mais assure-toi que la totalité soit donnée !

Nous ne sommes pas en train de nous demander quelle solution nous allons trouver : nous « savons », en nous, que nous allons sortir Jessie de là. Peu importe comment, mais nous aurons les réponses au moment venu. Notre certitude de réussite nous fait pousser des ailes : nous sommes prêts à nous battre. Peut-être que d’autres personnes resteraient anéanties dans un cadre similaire, mais pas nous.

J’inclus Rachel dans cette manière gagnante de penser. Je souhaite l’entraîner à se motiver, bien que je ne la sente pas trop adhérer : il est normal qu’elle s’interroge au sujet de ce que Jessie est en train de subir. Comment est-elle traitée ? Des viols peuvent se dérouler, le sida nous inquiète également… Vont-ils lui couper un doigt pour nous l’envoyer ? Et sa sœur aînée Carole, ne l’oublions pas. Que se passe-t-il dans sa tête ? Nous ne cessons de penser aux enfants.

Nous nous organisons : Rachel va se rendre sans moi à Kinshasa, avec Nicolas et Océane. Je reste en France pour plusieurs raisons. D’abord il ne faudrait pas que je sois vu à Kinshasa, si les ravisseurs apprenaient qu’un Blanc vient d’arriver, la demande de rançon exploserait… Et puis je suis beaucoup plus utile ici en France, où je vais continuer à prendre différents contacts : encore le ministère des Affaires étrangères, banques pour emprunter, différentes recherches pour comprendre le mécanisme des enlèvements et des versements d’argent.

Ma mère s’est proposée pour garder Océane et Nicolas pendant que leur maman irait seule en Afrique. Rachel préfère avoir les enfants à ses côtés, et sera très attentive à eux. Ils vivront dans un hôtel. Nous réservons les trois billets d’avion et nous nous rendons à Marseille à l’Institut Pasteur pour les vaccinations obligatoires contre la fièvre jaune. Rachel prépare les valises, chargées à bloc de vêtements divers ou cadeaux qu’elle apportera à sa famille. Le jeudi 28 février, Rachel et les enfants arrivent à Kinshasa.

Depuis la France, et contrairement à mes espérances, je n’avance pas beaucoup. Il est hors de question pour ma banque de nous établir un prêt sans capacité ou garantie de remboursement. Elle me redirige vers le Trésor public. En vain. Ils ne m’accordent au téléphone que quelques secondes. Je reprends contact avec le ministère des Affaires étrangères : quelques mois plus tôt, un navire de croisière français, le Ponant, avait été arraisonné au large des côtes somaliennes. Plusieurs Français étaient retenus prisonniers. Une rançon avait été versée et les otages et le bateau avaient été libérés. On prétend qu’elle aurait été acquittée par l’armateur : je doute de la générosité d’un homme d’affaires qui débourserait une somme égale à la valeur de son navire en pure perte. Je penche plutôt pour une rançon payée par l’État français.

Le responsable des Affaires étrangères qui nous suit au niveau de Paris me laisse un message presque lapidaire sur mon répondeur téléphonique :

— Oui, bonjour monsieur Aubert. Ici Jean-Jacques Beziat du ministère des Affaires étrangères. J’ai bien reçu votre « demande de rançon et participer au rassemblement de la somme »… Voilà… je voulais vous joindre pour vous dire que, par principe, le gouvernement français ne participe jamais et ne paie jamais de rançon. C’est un principe qui est retenu dans tous les cas. Voilà. Si vous voulez, vous pouvez me rappeler demain matin à mon bureau. Bonne soirée, au revoir.

Par politesse je joins M. Beziat le lendemain. Nous n’en sommes qu’au stade des discussions, et rien ne m’empêchera de reprendre contact ultérieurement.

J’expédie toute une série de courriels autour de moi, et notamment à des humanitaires, dans le cas où certains aient été confrontés de près ou de loin à ces enlèvements. Je reçois une réponse qui cite indirectement un commissaire de police français :

Moi je te dirai qu’il ne faut surtout pas donner de rançon, parce que sinon c’est le début de la fin et tu n’as pas fini d’en payer, des rançons… C’est la méthode utilisée en France pour les enlèvements. Jamais les rançons ne sont payées, mais des remises sont organisées par la police pour interpeller au moins un des auteurs : celui qui vient la chercher. Il n’y a que dans les films que les voyous envoient un inconnu qui n’a rien à voir avec eux chercher 10 kg de billets. Et ça suffit : l’idée est de retourner les choses et d’avoir à son tour comme un otage qui ne voudra pas endosser seul la mort de la victime. Il fera donc tout son possible pour que ses complices libèrent l’otage ou alors qu’ils sont interpellés à leur tour. Du coup, en France, il n’y a plus d’enlèvement véritablement crapuleux, mais des enlèvements dits « communautaires » dans les milieux asiatiques ou turcs par exemple, et qui correspondent en fait plus à des règlements de comptes. Sinon, dans les années 70 les Italiens ont longtemps payé, mais cela a suscité une véritable vague. Ce n’était pas la solution.

Moi je te dirai que, si tu paies, après il te faut tout de suite plier bagage. Et si tu ne paies pas, ne cherche pas à régler le truc tout seul… En même temps, je comprends que ce soit difficile de s’en remettre à la police zaïroise…

Effectivement il va être délicat de déléguer l’affaire aux forces congolaises. Je n’ai pas confiance en eux. Non pas en suspectant d’éventuelles malversations, mais simplement en imaginant ces policiers congolais… Je leur accorde l’intention de libérer Jessie. Mais comment ? J’en vois certains, du style cow-boy, avec la très forte envie d’en découdre avec les ravisseurs, et prêts à se lancer dans une fusillade au cours de laquelle eux-mêmes ne sont pas certains de sortir vivants. Alors n’évoquons pas le sort de Jessie dès que quelques coups de feu seront tirés.

Puis il y a d’autres fonctionnaires, sérieux et volontaires, mais pas assez formés à ce genre d’action. La peur au ventre est suffisante pour perdre un combat.

Et enfin nous redoutons les agents intéressés uniquement par l’appât du gain, d’une prime de notre part, y compris si nous ne promettons rien : cette catégorie de policiers, peut-être la plus représentative dans la ville, consistera pour nous en un fardeau. Ils ne sont nullement concernés par leur fonction, ni même par la libération de Jessie et ils peuvent faire capoter les discussions.

Il nous faut éviter tout accrochage, nous paierons donc, comme nous l’avions décidé, pour retrouver l’enfant vivante. Et nous nous tiendrons à distance de la police. J’en informe Rachel. Elle me répond que c’est l’oncle Barnabé qui gère ça. Mais je n’aime pas. Il paraît qu’ils ont créé un petit groupe de policiers exclusivement dédié à la recherche de Jessie. Des affiches sont placardées en ville avec la photo de Jessie. Ces démarches ne m’enchantent guère. Mais, dans notre situation extrêmement délicate, nous ne pouvons pas nous permettre de rejeter les idées ou les actions d’un d’entre nous. L’oncle va jusqu’à me faire parvenir le numéro de téléphone du capitaine de police chargé du suivi de l’affaire, et pour que je sois rassuré, me demande de le contacter. Je ne réponds pas à sa requête et à nouveau je recommande à Rachel la plus grande prudence avec la police.

Le lendemain je cherche sur la Toile des informations sur le colonel français Levallois. J’apprends qu’il a entre autres comme mission de former des policiers congolais. Là, je vois en lui une personne beaucoup plus sûre, qui pourra nous donner des avis et des conseils sur notre façon d’agir. Rachel va le rencontrer sur place.

Une autre difficulté, de taille, surgit : comment les ravisseurs vont-ils pouvoir entrer en contact avec notre famille sur place, en sachant que Jessie ne connaît aucun numéro de téléphone ? Et pour cause, la grand-mère se faisait continuellement voler les téléphones portables que nous lui envoyions. Du coup elle n’en avait plus. Rachel espère que l’autre enfant, de son côté, connaîtra, quant à elle, le numéro de ses parents…

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