Brazzaville : nouvelle mission

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Je viens d’obtenir une affectation au sein d’une grosse association : l’organisation est active en France depuis un ou deux siècles, ainsi que dans de nombreux pays où elle dispose de structures décentralisées.

Pour la mission à laquelle je vais participer, la France envoie des dons, qui seront traités sur place par le personnel local. Il n’y a de notre part strictement aucune immixtion dans la manière dont l’activité sera gérée. Je ne serai là-bas qu’en tant que soutien, et éventuellement pour valider que tout est correctement planifié.

Mon association insiste sur ce point :

— Lionel, ton rôle sera d’être présent en tant qu’appui sur place. Le personnel local dépend de la structure locale, pas de nous. Ils connaissent mieux que toi leur métier, tu ne dois montrer aucune ingérence. Tu seras simplement là en complément. Bien sûr, si tu as des propositions, des idées, elles seront les bienvenues, mais elles ne devront pas être imposées. Tu dois faire preuve de respect, de compréhension, et surtout de diplomatie.

C’est parfait pour moi, j’apprécie beaucoup ce type d’approche. Me voilà donc parti pour au moins six mois. Ma chef de mission sait que je suis marié, je vais prendre un logement pour toute ma famille, nous voyagerons tous sur place.

Le départ pour cette mission est quasi immédiat. Tout s’enchaîne rapidement. Je suis dans l’avion pour Brazzaville.

En France, Rachel galère avec ses démarches administratives. Se rajoute la demande de passeport pour notre bébé. Tous deux me rejoignent un peu plus tard. J’ai commencé à travailler sur place, à m’imprégner de la situation du pays.

L’attitude de la France au Congo-Brazzaville n’est pas médiatisée. Elle est pourtant tout aussi grave dans la forme, en ce qu’elle montre des participations étrangères aux changements de régime. Le « Congo-Brazza » est indépendant de la France en théorie depuis les années 1960. Dans les années 1980 et 1990, trois personnalités politiques émergent : Lissouba, président congolais, qui entend remettre en cause la faible indemnisation du Congo par les sociétés pétrolières qui exploitent son sous-sol. Il songe à évincer la compagnie française Elf au profit des Américains. Denis Sassou-Nguesso sera également un temps président, puis ne sera pas réélu. Bernard Kolélas à la tête de son parti sera Premier ministre.

Après sa défaite à la présidentielle de 1992, Sassou semble se retirer de la vie politique. Il se rend en France, où il est mis en contact avec la banque privée d’Elf. On raconte qu’elle lui procure des fonds pour acheter des armes. Des expéditions sont réalisées par avion depuis Le Bourget, ou par navires vers les ports du Gabon et de l’Angola. Arrivé sur place, le matériel de guerre est directement entreposé dans sa résidence personnelle à Brazzaville. Il engage des mercenaires, surnommés les Cobras, entre autres d’anciens soldats du Zaïre de Mobutu.

En juin 1997, il provoque un incident dans un village du nord : il monte sur une chaise à porteurs réservée traditionnellement au chef local. Les villageois protestent. Un opposant est exécuté. D’autres échanges de coups de feu portent à douze morts ce passage de Sassou. Plus de trois mille habitants fuient après son départ. Il redescend ensuite dans sa villa à Brazzaville où il se réfugie.

Le procureur de la République congolaise demande à entendre Sassou. À ce moment-là, la garde personnelle de ce dernier, au prétexte de la légitime défense, sort son arsenal et engage de violents combats. À leur issue, Sassou prend le pouvoir. La France, satisfaite de son arrivée, le soutient.

Mais le président se crée de nouveaux opposants, notamment dans la région du Pool, à l’ouest de la capitale. Il cumule plusieurs stratégies pour réduire cette résistance : des groupuscules de petits voyous se créent, et sèment la terreur dans les villages voisins. L’insécurité constitue un élément phare dans des manœuvres d’oppression.

La guerre civile prend différentes formes. Sassou va avoir l’idée tordue de faire enlever par ses mercenaires les toits des maisons de ces villages. Il est impossible pour des familles de vivre durant une saison des pluies sans abri. L’eau qui pénètre dans les habitations va pourrir la nourriture et fragiliser les murs. Voilà comment contraindre une population à abandonner ses villages et fuir sans forcément tirer de coups de feu.

Pour faire régner la terreur, il s’en prend également à l’entourage de ses adversaires. En avril 1999, il prétend pardonner le principe de la rébellion. Il annonce que les familles des opposants, exilées dans la capitale voisine, Kinshasa, peuvent revenir. Le premier retour, mille cinq cents personnes, se déroule bien devant les caméras.

Mais une fois les médias partis, que va-t-il se passer pour les réfugiés suivants ? Plus de trois cents personnes, des hommes, des femmes et des enfants, sont attendus et encadrées à leur arrivée sur le port de Brazzaville, le « Beach ». On n’entendra plus parler d’eux durant des années, jusqu’à ce qu’un jour, un conteneur soit découvert échoué dans les rapides du fleuve : dedans, les restes d’humains, qui, à l’époque, ont été entassés vivants puis jetés au fond de l’eau.

Brazzaville est une toute petite ville, comparée à la géante Kinshasa voisine. Les deux Congo diffèrent sur leur histoire, leur superficie, leur potentiel aussi. La population du Congo-Brazzaville atteint les trois millions et demi, soit la moitié des sept millions d’habitants de la capitale d’en face, Kinshasa… Quand le géant voisin éternue, les Brazzavillois doivent trembler…

Ces deux villes sont les deux capitales les plus proches du monde, juste séparées par le fleuve. La taille et le débit de celui-ci sont démesurés : aucun pont ne relie les deux rives, il faut prendre un bateau. Certainement un jour sera construit un gigantesque ouvrage d’art aux fondations suffisamment solides.

Pour l’instant, nous nous contentons avec Rachel d’un dîner devant l’Hôtel de Ville de « Brazza », dont la perspective s’ouvre sur le cours d’eau et la capitale voisine. Des voitures, réduites à la taille de fourmis, circulent au loin, de l’autre côté. L’air est un peu chaud, mais un léger vent rend la soirée agréable. Nous discutons de ces pays, et nous souhaitons revenir, plus tard, tous au Congo-Kinshasa. Je n’ai pas oublié Mbandaka. Nous mangeons du poisson, accompagné d’une bière, en toute simplicité. Nous nous sentons bien, le temps d’une pause.

Le lendemain je reprends mon travail. Nous devons aider un de ces villages en zone rebelle. Lors de mes précédentes missions, être Français facilitait notre accueil. Ici, c’est quelque peu différent, non pas à cause des liens de l’époque coloniale, mais parce que la France avait permis à Sassou de s’installer et le protégeait.

Je m’intéresse assez à la géographie, à l’histoire et aux actualités récentes. J’entends cependant montrer une réticence à certaines situations particulières : nous, les humanitaires, allons aider des populations sinistrées, mais nous ne devons pas être utilisés dans une idée tout autre, par exemple déclencher une guerre.

Ma réflexion personnelle, cette fois, repose sur ce qui s’est passé en Irak ces dernières années. Lorsque j’y travaillais, je voyais des gens subir à la fois un dictateur, mais aussi un embargo. Certaines ONG telles que Médecins Sans Frontières refusaient d’y aller afin de maintenir une pression sur Saddam Hussein. Mais d’autres, comme c’est souvent l’optique de la Croix-Rouge ainsi que ma tendance, se donnent comme unique raison celle d’aider les populations avant tout.

Nous refusons que des missions humanitaires servent d’argument favorable à la guerre, fût-elle présentée « propre ». Un exemple se retrouve avec l’Irak : les Américains annoncent qu’ils vont y combattre, et qu’ensuite ils débloqueront des fonds pour que des programmes humanitaires voient le jour. Je n’aurais pas accepté une telle justification.

Là, au Congo-Brazzaville, nous œuvrons à partir de financements qui proviennent pour moitié de donateurs privés et pour la seconde moitié d’un fonds français pour des actions humanitaires. Je trouve hypocrite l’État français, qui d’un côté de participe indirectement à la mise en place d’un dictateur, puis de l’autre, prétend réparer certains dégâts causés par lui… Je ne m’étais pas bien renseigné avant de partir. Nous allons aider des villageois. Le chef local et les humanitaires avaient préparé le terrain pour un bon accueil.

Les rebelles se font appeler les Ninjas. Tous ces noms, de Ninjas ou de Cobras, prêteraient à rire si l’on oubliait qu’il s’agit d’assassins. Cela dit, il n’existe pas une catégorie de « méchants ». La cruauté n’est pas inhérente à la nature humaine. Elle relève plutôt d’actions pour lesquelles les notions du bien et du mal ont été annihilées.

Je me contente du minimum relationnel pour parvenir à réaliser convenablement mon travail. Il m’arrive donc de discuter voire, suivant la causerie, de rire avec des gens, peut-être des meurtriers. J’indique juste que je ne peux pas cautionner de telles agissements, et que mon travail d’ailleurs s’oppose à toutes les exactions, fussent-elles révolues. Une fois ce cadre est posé, je suis libre de converser.

On m’a raconté avec beaucoup de détails, et même avec une imagination parfois débordante, la guerre du Pool. À l’origine, un homme se disait religieux et prétendait soigner les fous à Brazzaville : le pasteur Ntumi. Il les embrigadait et formait autour de lui un petit groupe de fidèles. En parallèle, un trafic de drogue et d’armes légères s’établissait. Ntumi montait tranquillement en puissance. Il tirait sa force de l’attachement et de l’obéissance de ceux qui le rejoignaient. À eux se sont ajoutés un nombre important d’anciens Ninjas de Kolélas, aujourd’hui désœuvrés.

Puis vient le moment de passer à l’étape suivante. Les versions narrées divergent sur l’origine des individus qui ont tenté de mettre la main sur le pasteur : étaient-ce des fonctionnaires de police, des agents administratifs, ou des hommes chargés de récupérer un paiement, eux aussi voyous ? Ils étaient trois. Ces hommes ont été capturés et tués. Leur tête a été tranchée et plantée sur des manches en bois, enfoncés sur la voie de chemin de fer. Les cheminots pilent le train avant de heurter ces têtes. Les wagons sont dévalisés. Les rebelles se cachent dans la forêt ou dans les villages alentour. Ils sortent pour commettre leurs exactions puis retournent à la clandestinité.

Le gouvernement ne parvient pas à réduire ces groupes de rebelles. Cette situation est opportune, car les pillages restent cantonnées à ces villages majoritairement hostiles à Sassou. Le mouvement prend plus d’ampleur. Sans recourir à des armes sophistiquées, de simples fusils de chasse font l’affaire. Des bandes, qui toutes prêtent allégeance au pasteur, se forment dans les villages et vont attaquer les villages voisins. Des hommes, des femmes, des enfants sont tués par ces nouveaux brigands. Bizarrement, la population locale se fait piller et tuer par ses propres jeunes… De bien étranges rebelles…

Pendant ce temps, la fortune du pasteur Ntumi s’accroît considérablement. Il vit dans la clandestinité, mais ses avoirs bancaires explosent. Lors des attaques de villages, si des femmes lui plaisent, il les épouse. On le décrit maintenant plus de cinquante fois polygame. Mais quelle vie mène-t-il, quelle existence ? Certes, il a acquis de l’argent, et autour de lui fourmillent des fidèles et ses femmes. Était-ce la destinée qu’il s’était lui-même tracée auparavant ? Ou s’est-il laissé entraîner vers un engrenage qu’il ne maîtrise maintenant plus ?

La folie meurtrière revêt l’apparence de ce que nombreux appellent une « guerre civile ». Les civils ne font jamais la guerre, mais la subissent. Certains voient l’occasion de revanche contre des frustrations internes : des gens prennent maintenant les armes pour attaquer leur ancien voisin.

Quelques dangers existent toujours, mais souvent mineurs, un peu comme des soubresauts. Nous hiérarchisons les risques. Dans la très grande majorité des cas, nous maintiendrons la mission. Si nous constatons une montée en puissance des menaces, alors nous appliquons un plan de sécurité.

L’évaluation du danger repose sur des éléments objectifs et mesurables. Par exemple, nous ne prétendrons jamais, au seul motif d’avoir entendu des coups de feu, de replier une mission. La sécurité s’établit sur une échelle de trois ou quatre niveaux. Des prémisses avant chaque violence sont analysées : des bruits courent-ils dans la ville, des rumeurs d’insurrection ? Même lorsque certains groupes prétendent prendre le pouvoir par la force, ils doivent auparavant lancer des informations pour effrayer la population : quand les gens ont peur, ils deviennent beaucoup plus vulnérables.

Un exemple m’a frappé : l’analyse des événements préalables au génocide rwandais. Durant les mois qui l’ont précédé, la radio Mille collines déversait des messages de haine, traitant de cafards les membres de l’une des deux ethnies du pays. Même si les massacres ont été réalisés avec des armes ordinaires pour le pays, essentiellement des machettes, d’autres ont été commandées par caisses entières stockées à proximité de l’aéroport. Une prétendue démarcation entre les « pros » et les « contre » génocide n’existe pas. Certains peuvent assez rapidement se déclarer contre l’autre ethnie, sans jamais franchir le pas du meurtre. D’autres peuvent s’affirmer ouvertement racistes, mais si cette haine devait les conduire à l’inadmissible, alors ils agiraient tout de même pour protéger ces gens qu’ils n’aiment pas. Parmi les employés qui participaient à la logistique de réception des armes, plusieurs ont été choqués d’apprendre ce qui se tramait. Combien de temps ont-ils gardé sur leur conscience ce lourd secret ?

Des bruits, des signes avant-coureurs, percent toujours avant les plus terribles tragédies : des gens, plus nombreux que ce que nous voudrions bien imaginer, savaient ce qui était en marche.

Au Congo, alors que nous nous rendons une nouvelle semaine à l’intérieur du pays, des informations contradictoires nous parviennent : tantôt les rebelles ninjas présents à Brazzaville, autour de trois mille combattants, vont rejoindre leur chef dans le Pool, tantôt c’est Sassou qui prévoit de les chasser de la capitale. Peu importe l’élément déclencheur, nous devons nous attendre à monter d’un cran dans les niveaux de sécurité ainsi qu’à prendre des mesures pour notre protection. Nous sommes vendredi, le 4 x 4 en retour du déplacement hebdomadaire me laisse à la maison, et continue sa route pour déposer les autres travailleurs. À peine quelques minutes plus tard le véhicule revient :

— Lionel, des coups de feu viennent d’éclater. Sassou a bloqué l’unique carrefour qui relie le quartier Makélékélé avec le centre-ville. Des Ninjas, dans leur fuite, ont tué un commerçant chinois. Tu as ton téléphone portable, préviens ton siège à Paris, et organise ta sécurité et celle de ta famille. Nous, nous connaissons quelques endroits où nous cacher le temps que le calme revienne.

J’applique les consignes. Les procédures sont rodées : les valises sont prêtes et entreposées dans le couloir. Le portail est fermé à clé. Le principal risque demeure celui de recevoir des balles perdues : j’interdis à tous de s’afficher devant une fenêtre. Nous nous installons dans les pièces arrière.

Dans la rue, quelques habitants fuient en tous sens, certains avec un matelas-mousse sur la tête. Les gens se sentent forcés de courir, sans savoir où… Comme si la seule idée de se mouvoir vers un point inconnu allait les soustraire au danger.

Soudain nous entendons un hélicoptère. Je me rappelle que Sassou utilisait ces matériels volants pour mitrailler les populations depuis les airs. Quand j’étais à l’intérieur du pays, des enfants avaient dessiné sur des murs ces engins se livrant à des tirs aveugles et fournis. Je trouve dans la maison un placard protégé par un dessus en béton : c’est là que je demande à tous de s’y serrer, ou du moins de se positionner à proximité. Puis nous laissons le temps s’écouler. Je perds alors toute notion de durée. Quelques heures ? Le silence revient peut-être. Par intermittence. Nous passons la nuit. Nous dormons. Le quartier est calme. Nous restons méfiants.

Le lendemain, le carrefour a été à nouveau ouvert. Mais avons-nous l’envie ou le besoin de nous rendre en centre-ville ? Les jours suivants, le travail reprend plutôt paisiblement.

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