Une histoire presque ordinaire

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Un homme normal, ordinaire, voilà comment je me qualifierais. En tout cas il y a quelques années.

Je travaillais dans le secteur de la construction, du bâtiment, sur plusieurs chantiers, souvent en plein air. J’avais également reçu une formation commerciale, et de là, j’étais passé du métier de technicien à celui de commercial en produits de constructions. J’aurais pu vendre des assurances, ou des articles de santé. Peu importe, j’avais commencé dans une branche, et c’est dans ce domaine que j’ai continué.

Mes chefs, mes patrons étaient relativement satisfaits de moi. Je ne faisais pas d’excès, je travaillais juste consciencieusement.

Après deux employeurs successifs, j’ai souhaité à nouveau changer de métier. En réalité nous ne changeons pas de métier, nous changeons d’emploi, très souvent dans le même domaine. J’étais fait pour les études techniques, avec ou sans vente de ces services, la technicité et la connaissance du secteur professionnel demeuraient. Les petites annonces allaient me faire rencontrer mes nouveaux employeurs : après la région parisienne et l’Alsace, Dieu sait où j’allais prochainement me retrouver…

Une annonce a attiré mon attention : une association recherche un technicien en hydraulique pour des chantiers en Albanie ou au Kosovo. Nous sommes début 2000, la guerre interethnique de l’ancienne Yougoslavie vient de prendre fin, le pays est dévasté, il faut porter secours. Les États voisins pauvres bénéficient également de ces aides.

La mission est ponctuelle, de quelques mois. Cette courte action, pour aider d’autres personnes, est pleinement compatible avec le futur que j’envisage. Sauf que l’association ne me répond pas positivement : mes connaissances techniques sont relativement légères pour ce programme hydraulique.

L’humanitaire, à la fin des années 1990, a pris le tournant de la professionnalisation. Nous sommes loin du temps où un peu de bonne volonté suffisait pour secourir les autres, du courage ou de la témérité pour partir vers de nouvelles contrées. Depuis, pour prétendre aider autrui, nous devons avant tout montrer de solides connaissances dans notre spécialité. Il est aujourd’hui hors de question d’envoyer des bricoleurs sur des programmes humanitaires qui représentent jusqu’à des millions d’euros.

Ces structures étaient à la base de simples associations « loi 1901 ». Depuis, elles ont acquis un savoir-faire, utilisent des méthodes, qui en font aujourd’hui des partenaires actifs, efficaces et privilégiés pour les bailleurs de fonds sociaux, tels les programmes humanitaires de l’Union européenne ou du ministère des Affaires étrangères. La France, comme d’autres pays, participe à hauteur d’une fraction négligeable de son PIB pour assister des pays dans le besoin. Ainsi, des aides sont versées à ces associations indépendantes qui s’engagent sur des programmes précis et ciblés. Ces structures professionnelles non lucratives ont acquis le statut d’Organisation non gouvernementale, ou ONG.

Je n’ai pas pu postuler au programme hydraulique en Albanie, mais l’ONG vient tout de suite me proposer une mission en Irak. Ce pays dirigé par Saddam Hussein est maintenu sous embargo par les Nations Unies. Il faut répondre aux besoins vitaux de la population, notamment en matière sanitaire. Je vais être envoyé pour une mission de huit mois pour réhabiliter des hôpitaux et des centres de santé.

Avant le départ, je dois être formé au siège parisien, tout comme d’autres futurs expatriés. Rendez-vous est pris pour une semaine de stage intensif.

Mon existence, jusqu’à présent tranquille, va doucement basculer vers un monde parallèle.

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