Passé, présent, cher lecteur

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Le passé n’existe pas. Certes, il a existé, mais n’est plus qu’un souvenir, un vague sentiment. La seule chose qui existe est le présent. Quant au futur, sa concrétisation est quasi certaine, le futur va avoir lieu, bien qu’il y ait toujours une petite part de doute.

La notion la plus ardue à assimiler demeure celle de ce passé qui n’existe pas. La très grande majorité des gens est incapable d’intégrer aisément que le passé a disparu, il n’est plus… Les souvenirs ne sont que des connexions entre nos neurones, pas une réalité. Les photographies du passé ne consistent qu’en des bouts de papier, rien de concret derrière. Notre culture, essentiellement tout ce que nous avons appris durant des années, ne relève que d’impressions liées à un comportement que nous devons adopter pour nos actions présentes ou futures. Tout se situe dans notre tête.

Les connaissances acquises s’appliquent au présent : une partie de ce que nous avions précédemment appris a été perdue avec le temps, et aujourd’hui nous ne pouvons prétendre être au fait de ce qui a été oublié. Notre savoir cumule aussi plusieurs expériences, reçues à des époques différentes de notre vie.

J’ai donc décidé d’écrire au présent, quand la majorité des auteurs s’engagent au passé. L’histoire qui suit est vraie, et les choix et les actions qui en découlent ne peuvent être montrés que sous l’éclairage du moment où ils produisent. Je ne tire aucune analyse d’un contexte complet qui m’était alors inconnu : si j’ai fait des erreurs, c’était uniquement parce que je ne disposais pas de toutes les informations.

Cette façon d’appréhender les situations au temps présent est mienne, bien que des comportementalistes la signalent déjà depuis longtemps. Elle est l’un des postulats de la PNL, la programmation neurolinguistique, et antérieurement, dans la sémantique générale.

L’extraordinaire de nos vies ne consisterait-il pas à voir des détails incroyables dans nos existences ordinaires ? Ma vie est classique, un peu comme la tienne, nous avons certes des différences, mais nous sommes les mêmes personnes. Nous sommes des adultes, nous comprenons ce que « vie » signifie. Nous connaissons les obstacles, ceux que l’on passe, ceux que l’on contourne, et ceux qui nous font rebrousser chemin. Nous avons tous le sens des responsabilités. Nous savons lire, écrire, compter, manger au restaurant, à la cantine, ou en plein air à l’occasion d’un pique-nique. Nous avons appris à dire « bonjour », « au revoir », « merci », même si nous ne le faisons pas toujours, notamment lorsque nous sommes mal lunés. Mais au-delà de ça, nous savons vivre en société, car la société, c’est nous !

Nous sommes restés les enfants, sans distinction sociale, ces enfants qui étaient les uns avec les autres en cour de récréation, ces mêmes enfants qui se disputaient puis se réconciliaient quelques instants plus tard. Ces enfants insouciants, qui sautaient, couraient, riaient, faisaient des blagues, et pleuraient aussi.

Puis nous avons grandi. À plusieurs occasions, nous croyons ou pensons avoir perdu ces repères sociaux qui en fait n’ont jamais existé. Ce sont souvent ces « grandes personnes », selon l’expression du Petit Prince de Saint-Exupéry, qui créent de telles barrières. L’âge ne nous a nullement ouvert les yeux sur des distinctions sociales, mais au contraire a posé des obstacles. Les informations télévisées, les journaux, la publicité et même les élections nous font croire qu’il faut prendre parti lors de choix de société. Quelle est l’importance de ces avis que l’on nous demande ? Elle est relative. Je m’égare, ce n’est pas l’objet du présent livre.

Je voudrais, lecteur ou lectrice, te faire retrouver ces pensées enfantines, ces découvertes d’un autre monde. Peut-être celui-ci apparaîtra-t-il sombre ou obscur au fil des lignes, mais non ! Ce n’est qu’une vision, qu’un point de vue à un moment donné. Faut-il écrire, sur l’intonation de nos enfants, que « les gentils gagnent toujours à la fin » ?

L’humanité, si elle n’était pas bonne, aurait depuis des millénaires périclité. Nous nous souvenons et nous nous souviendrons beaucoup plus facilement des actions mauvaises. Serait-ce une prédisposition de notre cerveau pour y remédier ? Mais cette mémoire sélective ne saurait annuler les faits, les actes et tous les agissements positifs réalisés par notre société. Nous parlions d’école, n’est-ce pas là un bon enseignement ? Quand nous sommes malades, nous évoquons le médecin ou l’hôpital, mais ceux-ci sont créés pour annuler nos maladies. Nous nous plaignons parfois de la justice ou de la police, mais ces institutions existent pour éviter des troubles majeurs. Nous voyons le mal, présent à quelques occasions, et nous oublions de voir le bien, constamment autour de nous.

Dans l’histoire, ou les histoires que je vais détailler, plusieurs situations révoltantes vont apparaître. Pourtant, ne cherche pas à lire le dernier chapitre : dès à présent, je t’informe que la fin sera heureuse, enfin, je le souhaite ainsi, ce n’est qu’une note d’espoir.

Quand nous croyons que le ciel nous tombe sur la tête, il nous appartient d’engager des vérifications. Dans quel contexte sommes-nous ? Et qui sont les auteurs, ou dans une moindre mesure, les participants, de cette situation ? Est-ce par une volonté délibérée ? Non, plutôt par un simple concours de circonstances, aidé très souvent de notre négligence, humaine.

Mon fils m’a demandé si le diable existait. Il penchait pour cette possibilité. Nous sommes chrétiens non pratiquants. J’ai affirmé que si Dieu existe, ce Dieu qui a construit notre monde, il est inconcevable qu’Il ait créé les êtres fondamentalement mauvais. Ceci est valable, quelle que soit la religion. Et si du mal est sur notre Terre, c’est que le Bien n’est pas allé jusqu’au bout, non pas que le Mal ait été créé.

— Mais, Papa, le diable est mentionné dans la Bible…

— Si tu veux parler de la Bible, parlons-en, mais regardons-la dès les premières pages. D’accord ?

— Oui.

— Tu as lu que Dieu avait créé le monde en six jours, et que dès le septième, Dieu s’était reposé. Plus tard, il y a l’histoire d’Adam et d’Ève qui sont renvoyés du Paradis. N’allons pas plus loin.

La science a ultérieurement établi qu’il a fallu des milliards d’années pour que l’humanité prenne place, après les dinosaures. Nous allons prendre le résumé de la Bible : si l’on s’arrête, par exemple, au quatrième ou au cinquième jour, le monde est imparfait. Certes… Le mal, si c’est le terme exact, est présent non pas à cause d’une volonté de transgression, dans l’hypothèse de l’existence du diable, mais simplement parce que le Bien n’a pas fini d’être correctement mis en place.

— Fiston, poursuis-je, je peux t’assurer que si Dieu existe, et qu’il a voulu établir le Bien, Lui qui est tout-puissant, n’a certainement pas créé le diable, ni même des anges qui pourraient être déchus. C’est que nous, simples mortels, préférons croire en l’existence de forces maléfiques au lieu de remettre en question nos propres fonctionnements défaillants. Eh oui, il est plus facile de critiquer une situation d’un trait en disant qu’elle est mauvaise, plutôt que de prendre son temps pour distinguer ce qui est bien de ce qui ne l’est pas, et ce qu’il nous incombe de corriger.

L’erreur appartient souvent au passé, une fois que nous l’avons comprise et réparée. Si nous ne faisons pas ce travail, nous sommes alors en train de nous égarer à nouveau.

L’analyse de nos propres défaillances doit mettre à la lumière nos erreurs, ou celles de nos sociétés, pour qu’elles soient corrigées. Mais il est ô combien plus facile de prétexter puis d’admettre et de faire reposer la faute sur les autres !

Le chemin de la vérité, du bien, est difficile. Comme toute voie, il comporte un début, et mène plus loin. C’est là où nous devons nous rendre. Nous sommes les auteurs de nos vies. Nos routes sont sinueuses, parsemées de pièges, d’embûches, mais nous avons le devoir d’aller au bout.

Pour y parvenir, nous devons regarder nos difficultés, voir si leur situation incroyable est en réalité cohérente avec le contexte existant. Le sportif, mais également le médecin, le commercial et de nombreuses autres professions savent dépasser ces obstacles.

La force est dans l’être humain. Cette force, cette puissance, est en toi, lecteur, lectrice.

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