Deuxième temps - 2.

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 Eve, de mère anglaise et de père américain, passait une vie paisible en compagnie de son mari, Himleek. Installés depuis peu à Boston, le couple avait investi dans la construction d’un tout nouveau centre hospitalier.

Depuis leur rencontre, Him avait retrouvé goût à la vie, et s’était pleinement épanoui dans son métier. Ses talents de médecin étaient reconnus dans le monde entier, et quand il n’était pas à Boston, monsieur Loak se trouvait quelque part en Europe ou en Asie.

L’hôpital demandait une somme de travail astronomique au couple. L’infrastructure était l’une des plus grandes du pays, ses services les plus performants du continent. Sobrement nommé « Grand Boston’s Hospital », il accueillait des cas cliniques inédits, et possédait un centre de recherches élaboré.

La vie suivait son cours pour Him, et malgré les cauchemars récurrents, il se considérait chanceux et remerciait son dieu de lui avoir offert une paisible destinée. Chaque soir, après le dîner, il priait de toutes ses forces, en guise de gratitude.

La vie du couple était douce et calme, un repos amplement mérité pour ce médecin de guerre. Néanmoins, les prières d’Himleek ne suffirent pas à son dieu.

En 1959, Eve et Him profitaient d’une chaude soirée d’été pour se promener sur une plage de sable blanc, perdus dans pays au sud de l’Europe. Him plongeait son regard dans celui de sa femme, cet instant paraissait suspendu, comme si le temps avait cessé de s’écouler.

Pour Eve aussi, le temps semblait s’être arrêté. Pourtant, elle se sentait faiblir, comme aspirée vers le sol, puis s’effondra, inconsciente. Sans perdre son calme, Him effectua les gestes de premier secours, afin de lui venir en aide. Il priait, la suppliait de lui envoyer un signe de vie.

Rien.

Eve Loak passa les derniers jours de sa vie au Grand Boston’s Hospital, sans qu’aucun médecin ni chercheur, ne puisse trouver les raisons d’un tel mal.

Rien de tel ne s’était produit dans le monde entier, une maladie inconnue, jamais vue auparavant. La patiente était vivante, mais dans un coma permanent. Ce qui inquiétait Himleek, c’était la spontanéité de ce trouble. Il avait pris soin de dissimuler ce cas clinique des médias, et recherchait jours et nuits la cause et la raison, en vain.

Eve laissa son âme s’envoler en 1960, abandonnant Himleek, désespéré.

Plus aucun dieu ne pourrait lui rendre celle qu’il a tant aimé. La science ne valait plus rien pour lui. Le médecin n’exerçait plus son métier, il ne croyait plus en son dieu, il n’aimait plus la vie.

*

 Dix années précédant le décès d’Eve, Him rencontra pour la première fois celui qui allait remettre en question, pas seulement sa propre existence, mais celui de l’humanité tout entière.

La démission de Loak du Grand Boston’s Hospital n’avait pas ternit une seule fois sa réputation d’excellent médecin. Il était encore averti de la progression des équipes médicales et tenu au courant des avancées scientifiques.

Un matin, en 1970, Himleek avait reçu les résultats cliniques surprenants d’un enfant né quelques heures plus tôt.

Ce qui avait attisé la curiosité de l’ancien médecin, ça n’était pas le prénom hors du commun qu’avait choisi la mère de l’enfant, mais bien les données époustouflantes recueillies par les équipes médicales du Grand Boston’s Hospital. Il posa la feuille sur un coin de la table, s’assit, et murmura dans sa moustache :

« Bienvenue dans ce monde étrange, Ragamore. »

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