Prologue

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 Ce soir-là, Max Uppert louchait devant un gigantesque bijou.

Ignorant le sifflement strident de l’alarme déclenchée peu de temps auparavant, il avait enfin réussi à mettre son plan à exécution.

La salle était immense, sombre et parsemée de points rouge vif, provenant des caméras que son équipe avait pris soin de désactiver avant que Max n’entre en scène. Mais il manquait un détail : l’alarme. Le cœur palpitant, il commença à sortir hâtivement de son sac à dos une sorte de boîte aux proportions complètement démesurées afin d’y introduire cette merveille qui n’avait rien à envier aux plus incroyables trésors des anciens temples incas et égyptiens. C’est avec précaution qu’il y enfouit le joyau.

Le voleur, haletant, s’apprêta à rejoindre son complice posté à l’entrée du bâtiment. Mais ce dernier débarqua sans prévenir, par la porte blindée forcée quelques minutes plus tôt.

Le pas pressé, des gouttes de sueur perlaient sur son front. L’acolyte fit un signe de tête à Max : les autres les attendaient. L’énorme bijou à peine déposé dans sa boîte, Uppert se précipita vers la sortie, ce seul trésor suffirait à les rendre riches toute leur vie.

Soudain, dans l’ombre, une immense silhouette barra la route du jeune homme. Ce vigile, pourtant bien amoché, avait trouvé la force de se relever.

Ni une ni deux, Max Uppert lui sauta au cou. Une strangulation bien effectuée suffirait, pas besoin de le tuer. Mais le garde, plutôt coriace, en avait décidé autrement. Il lui asséna un violent coup de poing sur la tempe. Sonné, Uppert tituba un instant avant de reprendre ses esprits, il était dans une situation délicate, et loin d’avoir l’avantage sur le colosse.

Tout à coup, un petit bruit métallique retentit dans la pièce. Le complice pointait le vigile, tremblant de tout son corps.

Plus un bruit. Sans un mot, il tira.

Le complice avait visé juste : le vigil s’écroula au sol, inerte. Max Uppert aussi.

La camionnette sensée s’enfuir avec le pactole démarra au loin dans un vacarme assourdissant. Un bruit de sirène approchant se distinguait des alarmes rugissantes.

Le tireur s’agenouilla, à côté du voleur, qu’il venait de tuer.

Il approcha sa main tremblante du corps, et effleura les joues abîmées de Max Uppert.

Ce soir-là, Ragamore Ramvel sentit à nouveau son teint devenir livide et son cœur se serrer dans sa poitrine.

Ce soir-là Ragamore Ramvel perdit une nouvelle fois connaissance.

*

 Kelly Gavor, inspecteur de renommée mondiale, connu pour avoir résolu toutes les enquêtes qu’il a un jour entreprit de résoudre, quitta sa voiture tout juste garée sur le parking réservé aux visiteurs.

C’était dans cette immense prison perdue au milieu du désert Sud-Américain que les plus grands criminels étaient incarcérés. Parmi les détenus, l’homme qu’il cherchait à rencontrer.

Il avait déjà entendu parler de celui-ci, il y a bien longtemps. Condamné à perpétuité, le prisonnier avait, selon les matons, un don.

D’un naturel rationnel, l’inspecteur avait hâte de rencontrer ce mystérieux individu qui, il l’espérait, allait pouvoir l’aider dans son enquête.

Gavor parcouru une dernière fois ses notes, prises rapidement avant de prendre le premier avion de Boston, à destination de l’Amérique du Sud.

« Incarcéré depuis quinze ans / condamnation à perpétuité / individu mystérieux / difficile à prévoir / aucun compte rendu sur le détenu : tentative de fuite, etc… / évite le contact / regard troublant / … »

Une fois à l’accueil, Gavor fut escorté jusqu’à la cellule de l’homme désormais présent dans tous ses rêves et cauchemars, et n’hésita pas à poser des questions au garde qui l’accompagnait. Ce dernier ne tarda à lui expliquer brièvement la situation.

« Rag’ est enfermé dans une cellule spéciale, c’est un département de la prison à part, mais il n’y a que lui pour l’instant. Le patron dit que s’il existe un cas comme lui, il ne peut pas être le seul, il en existe d’autre comme lui dans le monde ».

Kelly apercevait une sorte de sas au fond du long couloir. L’ambiance, plutôt lugubre, mettait mal à l’aise l’inspecteur, pourtant habitué des centres pénitenciers.

Une fois au bout du couloir, devant une porte lourdement protégée, le garde s’arrêta.

C’est en appuyant sur une multitude de boutons, le visage crispé, que le maton invita Gavor à passer le seuil.

L’inspecteur pénétra seul dans le nouveau bâtiment. Un couloir encore plus long et plus lugubre que le précédent se présentait devant lui. Il plissa les yeux dans l’espoir d’y apercevoir le fond, en vain.

En recherche d’une quelconque indication, il leva la tête.

Un panonceau se dressait au-dessus de lui :

« Bâtiment C / Compartiment 4 - DEPARTEMENT SPECIAL : IRRATIONNEL ET SURNATUREL – Cellules occupées : 001 / 499 »

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