LLinôrah

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Vous imaginez-vous naître en étant déjà détesté ?

Dans le monde, nous croyons savoir avec certitude qu'il y a des méchants et des gentils. Dans les contes les beaux princes braves et généreux vont tuer les affreuses sorcières viles et sournoises -ou parfois juste déjouer leurs plans diaboliques, parce que tuer ce n'est pas dans leur façon d'être- pour sauver les magnifiques princesses aux cœurs purs. Toutes les histoires que l'on se raconte visent à nous montrer qu'il est mal d'être mauvais, qu'il est bien d'être bon, on nous visse dans le crâne qu'un héros est pur et désintéressé, qu'il fait ce qui lui semble juste par pur altruisme, que le vilain de l'histoire n'est qu'un pur égoiste cherchant le pouvoir et la richesse au détriment des autres.  Nous dépersonifions les personnes qui agissent contre le bien commun, un être perfide n'appartient à aucune race, à aucun peuple, à aucune patrie, à aucun groupe sociale, car nous ne pouvons pas accepter avoir autant de point commun avec lui, lui ressembler. Il n'y a pas de demi-mesure, on ne peut faire le bien par le mal.

On ne comprend pas les personnes qui sont de nature cruelle, on ne les aide jamais, on les repousse souvent et parfois on les tue. Nous n'avons pas de pitié pour ces êtres en souffrance. Mais finalement pourquoi sont-elles si « méchantes » ? Il n’y pas particulièrement de vilainies ou de gentillesse innées, ce sont l’expérience et l’éducation qui nous font être ce que nous sommes. Ce sont les autres qui nous façonnent, volontairement ou non. Un jour on nous dit que personne nous aimera parce qu'on est horrible, dans tous les sens du terme, qu'on est pouri de l'intérieur, alors pour ne plus décevoir les gens, on maintient cette version de nous même, et le lendemain on redouble d'effort pour maintenir l'étiquette que l'on nous a collé.  

C’est ainsi que LLinôrah est devenue ce qu’elle est. Haïe dès son plus jeune âge, elle n'a pas eu d'autre choix que celui d'évoluer dans un monde d'antipathie et d'aversion dont elle serait la souveraine. Elle ignore tout de ce qu’est la « tendre enfance » dont elle entend si souvent parler. D’ailleurs, elle ne connaît pas non plus le mot tendre lui même et encore moins douceur.

Il est vrai que c’est une abomination pour certains mais pour d’autres cette créature aussi étrange que fascinante est quasiment un être divin si elle n’est pas vue comme totalement divine, créatrice du monde, ses appellations étant nombreuses. Aujourd'hui, on la connaît pour sa cruauté et ses méfaits, ou, pour les Fells, pour ses succès et sa dévotion pour son peuple. Mais personne ne la perçoit comme une être sensible, comme quelqu'un qui a souffert ni comme une adulte née d'une enfance horrible. Demandez à un Ellemaën (hormis les Fells) ce qu'il en pense : « cette chose » est de loin la pire des « monstruosités ». Jamais vous ne les en entendrez parler d'elle de façon agréable, ils n'évoquent jamais son nom.

Pour les Frontaliers, c'est un peu plus doux, ils ne la portent pas dans leurs coeurs, n'ont pas de respect pour elle et serait prêt à lui déclarer la guerre si elle les menacait. Pour les Humains, s'ils la connaissent, ils n'en entendent que du mal, il n'y avait aucune chance pour qu'ils l'apprécient. Cependant, il y a un peuple qui l'aime d'un amour tordu et complexe : les Fells. Elle est leur Reine adorée, vénérée et idolatrée.
Chaque Fell serait prêt à mourir pour elle, pire encore, à tuer sa propre famille si elle le lui demandait (ce qui est déjà arrivé, par pur sadisme). N'est ce pas là le paroxysme de l'amour, non, celui de la soumission à une seule et unique entité ? Mais les Fells aiment-ils ? En sont-ils capables ? L'amour perce-t-il le poitrail de ses êtres pourris de l'intérieur ? Il faut croire que si c'est le cas, ils ne voient la vie qu'à travers Llinôrah.

Cependant, à sa naissance il y a très longtemps, les Fells ne l'aimaient vraiment pas...

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