Chapitre 4 : Une mise à mort (partie 3)

4 minutes de lecture

Ledit « maître » me saisit le poignet et me tira vers le fond, dans les coulisses. À l'intérieur se trouvaient un grand nombres de costumes, accessoires et miroirs permettant de se préparer aux spectacles. Du moins, qui permettaient de se préparer aux spectacles.


Il me traîna devant l'un des psychés et m'assis, d'une main puissante sur mon épaule. Mon cœur se serra douloureusement. D'habitude, c'était mon père qui posait sa main ici, et ce geste avait le pouvoir de me réconforter ; alors que maintenant, mon père avait sûrement rejoint le ciel.


Ou tout du moins, je l'espérais. Tout comme j'espérais que ces êtres n'étaient pas de vrais anges, mais juste de créatures maléfiques. Débarquée d'où, je n'en savais rien, mais j'avais l'espoir de le découvrir pour les y renvoyer.


Quelque chose me tira par les cheveux, me ramenant à la réalité.


Les ampoules du miroir avaient été allumées, projetant une lumière blafarde sur ma peau qui avait pâli de mon séjour souterrain et je pouvais voir mon kidnappeur tenir fermement la masse emmêlées de mes cheveux dans sa main.


― On va commencer par se débarrasser de ça, annonça-t-il, comme pour lui-même.


Dans son autre main, il tenait un couteau avec lequel il entreprit de couper grossièrement mes cheveux. Les mèches incoiffables et épaisses cédèrent rapidement, jonchant le sol autour de moi. Il redressa me tête, me forçant à me regarder.


Dans les films ou les livres, l'héroïne est toujours adorables quand elle pleure alors que dans mon cas, mes yeux bruns étaient rouges et tout bouffis.


Quand il eut fini sa tâche, je n'avais plus qu'un carré de cheveux fous. Ç'aurait été trop beau qu'il me les coupe correctement. En voyant mon regard vide mais hanté, il eut un sourire satisfait.


― On ne veut pas de combat de fille qui passent leur temps à se griffer et à se tirer les cheveux. On veut des vrais combats, avec du sang. Bon, j'aurais pu faire mieux, mais Charlotte pourra arranger ça.


Un frisson remonta le long de mon échine jusqu'à hérisser le moindre poil de mes bras. Ils voulaient du sang ? Je m'y attendais un peu, mais l'entendre rendit la chose bien plus réelle, tangible..


― Allez, viens.


Je me levais avec des gestes d'automates. J'écrasais sous mes pieds ces cheveux que j'avais eu tant de mal à faire pousser et entretenir. Ils étaient comme mon ancienne vie que j'abandonnais définitivement.


Une fois de retour sur la piste circulaire envahie d'enfants se battant avec hargne, il me tira sur les gradins et m'y assis. L'éclairage me brûlait les yeux.


― Bien. Donc tu es mon nouveau combattant, comme eux.


De sa main à la peau pâle, il désigna les autres.


― Je vais te donner une arme et ensuite tu t'entraîneras. À longueur de journée. Le but est que d'ici à ce que les premiers combats soient organisés, tu parviennes à te battre assez bien pour en gagner et te faire apprécier du publique.


La transpiration perla tout le long de mon corps sous la chaleur de cet éclairage artificiel.


― Pour gagner c'est très simple, continua-t-il. Il te suffit de tuer ton adversaire. Et se sera plus simple pour les premiers combats puisqu'on a décidé qu'ils seraient double.


Cette dernière information passa à mille lieu de moi. « il te suffit de tuer mon adversaire ». J'avais arrêté de respirer à cette annonce. C'était peut-être facile pour des espèces d'anges psychopathes d'assassiner des innocents devant leurs enfants avant de les clouer sur les murs des maisons comme des trophées, mais pas pour moi.


En revoyant le spectacle de toutes ces personnes décapitées, des larmes roulèrent le long de mes joues sans que j'ai besoin de cligner des yeux. Une main s'abattit alors sur mon crâne, et mon « maître » tourna mon visage vers le sien.


― Je ne vais pas entraîner une pleurnicheuse, alors tu as intérêt à arrêter bien vite de pleurer et ne plus jamais le faire. Je n'en ai rien à faire de tes petits problèmes, je veux juste que tu saches te battre. Et appelle moi Maître à partir de maintenant.


Nous étions tellement proches que je pouvais sentir son haleine. Ses yeux noirs comme un puits d'encre ne me lâchaient pas, menaçants.


Mes larmes se tarirent sous la menace, même si je sentais que d'autre étaient prêtes à prendre le relais.


― Maintenant que tu as compris, on va chercher ton arme, déclara-t-il.


Je me relevai et le suivis, tête baissée pour ne pas croiser le regard des autres. Le bruits des rires se mêlait à celui des armes s'entrechoquant. Il se dirigeait vers les autres anges, un sourire naissant aux lèvres.


― Mes amis, je vous présente ma nouvelle trouvaille, Juliette de Lys !


Les autres le félicitèrent en me détaillant.


― Grande, os assez résistants, bon équilibre, pas maigrichonne, pas de lunettes, gauchère et pas de problèmes de santé.... Pas mal, il manque plus qu'à développer ses muscles. Où tu l'as dégotée ? s'enquit une créature à la largeur d'épaule effarante.


J'entendis vaguement mon kidnappeur raconter comment je vivais sous terre comme un ver de terre et les autres s'exclamer que c'était absolument inimaginable, mais j'étais trop abasourdie pour y prêter attention. Comment ce monstre avait-il put me décrire comme ça ? Comment avait-il vu que j'avais un bon équilibre, ou pire, que j'étais gauchère ?


― Je pensais lui donner une lance, qu'en pensez-vous ?


― Avec ses grands bras, elle aura encore plus de portée et ses muscles sont assez longs pour lui donner une bonne détente, commenta le baraqué dont les ailes étaient tacheté de rouge sang, pas idiot.


L'approbation de son choix fit sourire d'avantage mon Maître.


― Tu la mettras en duo avec lequel de tes combattants ? reprit un ange aux ailes vert pomme zébrées de pourpre.


― J'avais pensé à Alex, mais ils ont les mêmes points forts donc je pense casser le duo Charlotte-Sacha pour la mettre avec Charlotte.


Me battre avec Charlotte ou contre elle ? Je me voyais mal affronter une petite fille aux traits si innocents. La simple idée de devoir la blesser avec une lance me retournait le ventre.


― Bon, on va bien voir ce qu'elle vaut, dit mon Maître.


― On attends ça avec impatiente, répliqua baraqué en se frottant les mains.


Au moment où je me retournais, je vis son regard salace me parcourir de haut en bas. Mon cœur rata un battement.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
8
6
0
0
Défi
Rémi Silvergold
Défi "Désolé, oui, mais pourquoi ?". Enjoy !
2
3
0
0
Epic Whale
Toutes les histoires ont une fin. Sauf les mauvaises.
Heureusement, Eve-Lyne et Soane sont là pour arranger cela.
Du moins est-ce ce qu'ils vont essayer de faire après vingt ans d'entraînement.





Je suis preneuse de toutes les critiques, conseils ou avis que vous avez à me donner !
Rythme d'écriture assez lent.
27
54
506
82

Vous aimez lire Furet on fire ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0